‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 52 sur 444 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

quiss pour la distinction desquelles une règle générale est nécessaire , afin d'éviter les redites et de confirmer les déterminations par le rapprochement des exemples.

Le Terbe neutre , ainsi que le yerbe pronominal, exprime qu'un phénomène ou un fait a lieu par lequel le sujet passe d*un état à un autre. En cela consiste la synonymie des deux verbes ; mais elle ne s'étend pas au delà. Leur diflërence résulte de leurs noms mêmes.

Le verbe neutre n'est ni actif ni passif, mais simplement énonciatif. Il ne présente point d'agent , de cause ; il ne rappelle ni la manière d'agir, ni les degrés*, ni les progrès de l'action. Ce n'est point une action qu'il marque, mais un acte abstrait, inqualifiable,* sans durée, et indépendant de toute circonstance. Le verbe pronominal, au contraire, acquiert par le pronom une signification qui tient de celle du verbe actif : au lieu d'énoncer le fait simplement , en lui-même, il le montre s'accomplissant; il le représente dans toute son étendue, dans ses détails , dans sa manière , ses degrés , ses circonstances. Il est concret, descriptif, représentatif, analytique , circonstanciel ; il fait voir la chose ou la personne occupée à devenir ce qu'elle doit être , pendant qu'elle va ou est en train d'aller à un état nouveau. Il peint l'opération successive, le travail , les efforts , la révolution qui doit amener cet état , l'action reçue et les changements éprouvés par le sujet dans le temps de l'épreuve.

Purement énonciatifs ou qualificatifs, synthétiques et abstraits , leurs synonymes ayant des caractères tout opposés, les verbes neutres se distinguent encore des pronominaux en ce qu'ils conviennent dans les propositions absolues et générales , leurs synonymes n'étant de ■ mise' que dans les propositions relatives et particulières. On dit bien , tout passe et tout meurt ici-bas ; on ne tfïTait point, tout se passe et tout se meurt. L'homme meurt , c'est-à-dire est mortel , proposition absolue et générale ; et il en est de même de beaucoup d'autres dans lesquelles entre le verbe neutre : la beauté ou le temps "passe. Mais en disant d'une personne qu'elle se meurt ou que sa beauté se passe , j'applique le fait général à un cas particulier. Et lors même que les deux verbes font partie de propositions particulières , le verbe neutre conserve toujours quelque chose de son caractère de généralité. Un homme meurt , pâme , avance^ c'est-à-dire que le phénomène de la mort , de la pâmoison et de l'avancement a lieu en lui comme il a lieu chez les autres , comme il arrive d'ordinaire. Si on dit qu'il se meurt ^ qu'il se pdme ou s*avance , alors , les verbes étant relatifs à la manière font concevoir le fait comme ayant dans le sujet où il se passe quelque chose de spécial.

PASSER, SE PASSER. Se perdre, s'écouler, ne pas continuer à demeurer dans le même état, avoir une existence bornée.

En disant qu'une chose passe ^ vous énoncez simplement, d'une manière abstraite et synthétique , qu'elle est passagère , qu'elle a une courte durée ; c'est sa qualité ou son sort de finir bientôt. En disant qu'elle se paue , vous la représen-

tez d'une manière analytique et concrets , allant à sa fin , pendant sa décadence ou sa dégradation. Les fleurs et les fruits , les plaisirs , les biens de ce monde, la beauté, le temps, les couleurs, les saisons , les modes passent , c'est-à-dire , en général et sans fixer l'attention sur la manière et la durée de l'opération ou du changement, que toutes ces choses ont pour qualité de s'en aller , de finir , de cesser d'être. Quand on dit qu'elles se passent , on les montre pendant leur déclin , en train de s'en aller , se flétrissant , s'efTaçant , perdant leur lustre , leur forme , en un mot faisant l'action ou subissant les épreuves qui doivent amener leur fin. Avec le terme abstrait passer , qui fait abstraction de la durée , on emploie souvent les adverbes promptement , rapidement ; et , au contraire , se passer faisant voir la chose pendant sa dégradation , comporte d'autres modifications , comme insensiblement et peu à peu. La vaine joie passe comme un éclair; la peine se passe avec le temps et la réflexion. « U y a, dit Bouhours , des maux qui passent et des maift qui durent; les maux qui durent se passent à la longue. > a Les plùsiTs passent bien vite , passent en un moment. » Boss. « Un court délai nous semble long quand il se passe. 9 Id.

En second lieu , passer convient mieux dans les propositions générales , et se passer dans les propositions particulières ; la beauté passe bien vite , et la beauté de cette femme commence à se passer. Les maux passent , et votre mal se passe; le temps passe , et le temps de semer ou de recueillir se passe.

Enfin , la relativité de se passer apparaît avec évidence quand on se sert de cette expression en parlant du temps. Si on veut seulement exprimer la rapidité avec laquelle il s'échappe , on dit le temps passe , les jours , les années passent ; mais on dit qu'il se passe , quand on en parle avec rapport à l'usage que nous en faisons. La vie passe comme un songe, et pour la plupart la vie se passe à former des projets de bonheur , ou elle se paue laborieusement et longuement dans l'ennui. « Le temps passe , le temps s'écoule ; le temps se passe , le temps s'emploie , se consume. » Marm .

MODRIR, SE MOURIR. Subir l'événement de la mort.

£'un exprime cet événement d'une manière générale et comme un acte abstrait; l'autre peint l'action de mourir avec tout ce qui l'accompagne : il fait assister, en quelque sorte, à l'agonie du mourant; il retrace l'image de ses mouvements, de ses efforts, de la lutte qu'il soutient pour échapper. Un homme que la foudre ou un boulet prive tout d'un coup de la vie meurf , et ne «e meurt pas. Un phthisique qu'on voit et qui se voit approcher, chaque jour, du terme fatal, se meurt. Mes filles , soatenes voU« reine éperdue.

. Je me meurs, (Eslher). Rac.

c Je menteurs tout doucement. » Volt. « L'amour profane est toujours plaintif : il dit toujours qu'il languit et qu'il se meurt. 9 Boss. « L'abbé de Foiz se meurt ; il agonise , cela est pitoyable. » SÉv.

PAMER , SE PAMER. Tomber en pâmoison.

Pdmer est énonciatif et abstrait , se pâmer concret et descriptif. L'un sert à exprimer que le

SYNONYMES QUI ONT LE MÊME RADICAL

ftt i Uaa f mais sans indication de la manière et toctroonstanoes; l'antre &it qn'on est témoin (fane scène; il montre la crise dans son cours, dans ses progrès, il Tq>résente le sujet se débattant , ^oor ainsi dire , ayant de tomber. Sfa« , tm fitae de joie ainsi que de tristesie. Gosh. «'Ezèchid, an travers des ailes des chérubins, voit je w jaâ quoi de menreilleuz : il s'étonne , U st fémet û. tomlw sur sa foce. > Boss. < Yoyez les ciioses bien eiactement telles qu'elles sont , et soldez dans quel état pouvait être la tête d'un hooiae qui te pâme de plaisir en vous disant de fifdlles choses. » Lab.

?iKAOBBft, SB PANACHER.

« Des fleurs, des oiseaux panathent; c'est leur propriété que de prendre les couleurs ou les forases d'an panache. « Les femelles de ces pigeons ae poMcècal point. » Burv. c Les oiseaux , les floin m poMoeheni , lorsque , par le développenent ci l'énergie de cette propriété, ils prennent m 4|0>s couleurs ou ces Xormes. » Roub.

mSbr.senoikcib.

«Us choses sujettes à devenir noires noirciiwà : \t tant moircit au soleil. Les choses se notrcittcat lerajo'elles perdent leur blancheur et qa'dks àeriôuent noires : le temps se noireit à meseie qa^n se couvre de nuages épais et sombres. Un ot^ pourrait notretr tout d'un coup; il ne se neinil que par degrés. » RooB. imaSHBR, S'AMENDER.

9.tsi disant qu'une terre amende , vous la préseatei dans un état d'amélioration , vous considérez XfSti produit : en disant qu'elle â^ amende , ^oasla présentes dans le travail de l'amélioration , TOUS eoBBèétex tes efforts et ses progrès. » RoaB. On disUngwra de même , imiloltt muiandis , empirer et ^empint. « Nos affaires emptratetU à me d'oeîL » Las. « Il ne faut pas s'étonner si les choses empirèrtMt par la mort de Henri YIU. » RoK. < Les pfemiers hommes purent sentir combien Jenr état allait s^emptronl. » In. « Les maux da corps s'invétèrent , i^ empirent en vieillissant , et détruisent enfin cette machine mortelle. » J. J.

Tocun, cHANcm, hoisir; se pourrir,

SB CRAraR, SE MOISIR.

< u viande pourrir , les confitures chandeeeni , iepun aïoifil; ce sont des accidents que ces objets doivent éprouver , ou même qu'ils éprouvent actoeilement. La viande êe pourrit^ les confitures ir cfceacttseiif , le pain se moisit : ces objets sont sbrs dans la crise ou fermentation qui produit la pevritnre, la chancissure ou la moisissure. « Ron.

SKRAISSER , S'ENGRAISSER. Devenir gras.

twgreiuer signifie simplement et d'uqe ma- Biàre abstraite le fait de la substitution de l'embonpoiat à la maigreur; il est relatif au résultat, ffcs^raisser est relatif à la cause , au temps , au Innil, aux efforts, à tout ce qui est nécessaire pur amener le résultat; il vous peint à l'œuvre , MM«ii(praûsafil; il représente l'action continue, constante ^engraisser , et tous les changements nccessifs qui remplissent l'intervalle entre la ■maigreur et l'embonpoint. Les animaux engrais- Kst dans certains pâturages , et on les envoie s'y

en^rateier. — Distingnes de même amaigrir et f'ama^r.

ÉPAISSIR, S^ÉPAISSIR. Devenir épais ) plus épais.

Tous deux marquent le Dût de l'épaississement , mais chacun à sa manière. En employant épaissir , vous ne faites qu'énpncer le fait ; en employant s'^atfiir , vous le dépeignez , vous montrez le sujet en travail ou sans cesse occupé à' prendre de la consistance. Un instant peut quelquefois suffire à une chose pour épaissir; il lui iaut du temps pour ^épaissir. Il semble ensuite que l'un exprime un épaississement ordinaire, naturel ou périodique, qui n^ rien de spécial, et l'autre un épaississement accidentel , dont on remarque particulièrement k cause ou la manière. Le lait épaissit en se caillant; il s'épaissit quand on le bat pour en extraire le beurre. — On distinguerait pareillement sécher et se sécher y durcir et se dttrctr. On sèche d'ennui dans une prison ; c Otez aux hommes leurs divertissements , vous les verrez se sécher d'ennui. 9 Pasc. « En quelques minutes les œufs durciaenl dans l'eau bouillante; < Le tronc rude et noueux de ces arbres s'est durci par le nombre des années. 9 Fén. « Le bois du cerf ressemble au bois des arbres par la manière dont il crott^ dont il se développe, se ramifie, se durcit , se sèche et se sépare. 9 Buff.

ROUGIR, SE ROUGIR. Ces deux verbes se disent également de ce qui prend une couleur rouge.

Jtotiptr signifie le fiiit d'une manière abstraite; se rougir montre la chose en train de devenir rouge. Ensuite , c'est dans les choses plutôt une propriété de rougir , comme de noircir et d'^is- «tr, et un accident de se rougir, comme de se noircir et de s'épaissir. Certains fruits rougissent à certaines époques de l'année , mais ils se rougissent avant , si des maladies ou des insectes les attaquent. — La différence est la même entre brumr et se brunir. « Trois ou quatre jours après leur naissance , 1^ petits des nègres paraissent d'un jaune basané qui se brunit peu à peu. » Buff*

EMBELLIR, S'EMBELLIR. Une campagne , une ville embellissent et s*embelliuent , c'est-à-dire deviennent belles ou plutôt , d'une part , deviennent belles et de l'autre se font belles.

Embellir est relatif à l'effet , s'embellir k l'action. Le premier signifie l'espèce de changement opéré. Le second le montre s'opérant; celui-ci se rapporte au temps , aux détails , aux efforts successifs, aux progrès de la chose. Au printemps la campagne embellit; la campagne la plus ingrate et la plus mal située finit par s'embellir à force de culture et de travaux.

APPROCHER , S' APPROCHER. Devenir proche.

Approcher n'exprime que le fait du rapprochement par l'abréviation et la diminution de la distance : ce qui est loin oppf oc^. Approchez , c'est-à-dire , soyez proche ou plus près ; c'est en faisant du bien aux honmies qu'on approche le plus de la Divinité. S'approcher désigne , non le simple fait d'une plus grande proximité , mais surtout l'action par laquelle ce fait est produit, c'est-à-dire l'action de franchir l'espace intermédiaire , sa manière , sa durée , sa difficulté. Aussi est-il susceptible de beaucoup plus de modifica-

I4IEJIIÈU PàATlK :

tioss cBn tÈppn/Omnû &m*hoaqVÊL, j'aperçus... En y entrant, je vis avec surprise ta eonsine f'af^odbfr de moi, et,.<t'aiL: air plaiMnuDeskt suppliant , me demander un baiser. » J. J. En op* jnrœlumtf ènones un Ait aoeesaoira, sur Lupiel on n'insiste point; je ¥is<«'afiproefc«r, exprime un fait principal qu^on llMtiwiD s'eflaetwant , daitf oa veut représenter la numièret & Une mort lente el qui s'est approchée comme par degrés*:» U^Àa* a Gennauieus pnoait le. scia i» éappr^êhêr secrètement des tentBft^psndant' lai nuit ^ et.de prêter roretU» aux disaoure de ses soUato» «^ Boumi- D'slleun, oiiprosAer est géftëiaL, r^pproc/i€r partiouUer : la moit aippr^chê pour taua et r'op- 7>foe/iepour cfaoMsuu; Pua est absolu^ et l'autre relatif: je l'ai prié d'apftraefccr, et il n'a pas osé s'affpmehe9*. — Oa diskagiierait. à paa. près de mâne arrêter el^^a/rrêten

AYANCmt , ft'AVANCrat. Allen eu.av»it..

J'avance énonce le fût; je w^ avancé. Ift montre s'accomplissant. Avancer exprime eu elle-même, dans son eseenoe , une actiexL inqualifiable par ceUL même, si ce n'est sous le support dik pliK.ou.du moins. S'ovoscer empertar relation, k la. HMoièie , aux progrès, auK ebetaales^ et à toutes les circonstances; il reçoit par eonséqueBtbeauooup de modifications; on t^awmoe avec- noblesse,, lentement, avec peine, rapidement, au. travers des périls, contre rennenû, etc.^âr.aeo«csr, dJaiUenrs, présente le sujet se portant ea arant , agissant sur soi-même pono se mettoe en mouvement, prenant sur soi d'aller vers. « Le duc dJ3 Rohaa se mit à la porte du cabinet. Gbanne ie roi appratha, il s'avança, » S*. Si

MONTER, SE MONVER^ emploient également pour marquer qu'un noni^uv, une somme, une dette, une créance va ou s'élève juscpi'à' tant

Laseole difiërenoe qu'il y ait entre leedeui expressions, c'est que la seconde est relative au. détail, à l'addition : vousme deves telle somme; en y joignant telle et telle autre, le tout m vumte à mille francs. Quand on voudra aeulemeat exprimer un total , on se servira du verbe neutre monter. «c La successam de mon ftère monte à des sommes immenses, s Dbst. a Les dettes de Louis XIY , à sa meurt , moÊtaient à deux milliards six cents militons. » Volt. Mais il faudra préférer le verbe pronominal, se monter, si on rappelle un calcul ou l'opération qui a servi à établir le toUL

Un après nu le seIgneBc bit lo eomple (des aulx) :

Pois quand il veét que son caieul se numte

A la trenuine, il les met dans on plaL Lap.

«Le stupide ayant calculé avec des jetons une certaine somme , demande à ceux qui la leg^cdent faire à quoi elle se monte. » Labi^

ÉGOAPPBR , S-'ÉCHJkPPER. ^évader , s'esquiver , quitter en toute b&te un lieu où l'oa est pour se msltte en sûretéi.

On échappe et Ton tféchaippe des mains de quelqu'un. ICais le premier de ces verbes énonce ce que le second dépeint. Dans s^écha^tper oa voit le sujet en action, faisant efibrt, cbercfaant le moyen de fuir. On éehappe par bonheur , pBRo qu'où n'est point aperçu ; ou s'échappe par adrase. cTitua ferma, de si prèa les avexuies de

Jérusalem , qu'il n'y avait plus moxca de t'^etopper. » Boas» .

Pour ^ichoffcr de nens Dieu.saR s*il est allègre.

Rac,

Racine dit encore dans Mher qu!oa peut surprendre la justice des plus grands rois : « ih ont peineà«'^cliapper , dit-il , des pièges de Tartifice.}» Il y a beaucoup de dangers dont on ne peut échapper qu'en Réchappant. — Ces deux verbes se dirent encore tous deux , au figuré , dans le sens d6 s^tunouii , se dissiper. Il arrive un moment où: le dernier espoir échajppe ou Réchappe. Le second rerbe semble marquer une succession , et mon une action £aite tout d'un coup. On dirait que respoirne r'e'chappe que peu 4 peu- et malgré de» eflbrts, pour le retenir: «Sentant défi ht vie qui f^^efiappr.* je ebepcbe à Tac ressaisir par ses commeneeraent». » J^ J» — Ils se disent enfin de certaines 0}tO9ee<[ttid'eUe»mêmes sortent' é\m lieu qui le» «ontient ou les renferme. Mais échapper convient pour une^ sertie brusque , instantanée , et Réchapper s'il est question de cboses qui sortent par une action- suBoessive. Un bâton échappe da la main, une idée de la mémoire; des^ pleure Réohappeni des^ yeur, des flammes (fun voMn. «Quand une chose que n<9iia tenons échappe de^nos matns^ nous suitous parœ moyen en qfuel^ue façon qu'elle se meuV. » BOas;. On ne peut jamais dire d^aucune chose aveajua* tesse , qu'elle commence à échapper.

AUGMENTER, S'AUGMENTER. €roftre, devenir plus grand ou plus fort.

Ategmentfer est un terme abstrait, mathématique-, propre à énoncer ou à signifier respèee.et le degi^ de changement. « La chaleur aa^mm* tait. ' S. T. «Les eflbts du raisonneaieat emginmt^ tent sans cesse. » Pasg. « On reçut si bien les sonra de Psyché que leur déplaisir en augmenU^âe moitié. » Laf. S'augmenter est «ne expressioa qui dépeint, fhit image. et repséseate la diesa en pn»grès. «L'Ëglise ne cessait de s'otigmealer tous les jours sous le Dur et dans le feu;» Boss. a La naissance, des choses , eUe est impftrfiiile ; elles s^amgmentenP^. se* fortifient par l'aecreiasance. » Moirra»i».

Utaifi- chose À remarquer, c'est que la difiérence est à peu près la même , quand le second, verbe eet réciproque, et non pas pronominal» Exemple : Disputer et se dÂsptUer , être en débat ou en coatestation»

Dieputer est purement énonciatiC : il signifie la. sorte d'action d'une manière abstraite. Se disputer est descriptif, et appelle l'attention sur les personnages quisont en scène, aux prises , et qui agissent réciproquement l'un sur l'autre On n*est pas de même avis quand on dispute , et on dispute avec calme afin de trouver ou d'éclaircir la vérité ; on est animé de sentiments hostiles quand on se dûpute^ et on se dispute ajfoc violence, avec aninusité, quelquefois jusqu'à en venir aux coups. On dûpuu sur une chose; on se dispute à propos d'une chose. Disputer est relatif à la chose discutée et marque plutôt un combat d'opinions ; se disputer a raj^rt à ceux qui sont en dispute , et c'est un combat de personnes qu'il exprime. D^eux docteurs dans Té* cole disputent , et on peut disputer même, sans être, en pcéMncé,. par écrit ou par lettres ^ deux

SYNONYMES dOÈ ONT LK VtMl RADICAL.

à ^ueiqtt'wk : • Vos a«i* à qpi VM» aan, » Et Yoitaiw daa» OM ipguMm^aît en pirlJM éTune ptnoMM i

ë* laiMéiiitlaft, n lM0 «MHiM les «aUinàttef!

Srilt9iittnȉ qui ranim.

PareaieEKDt, quereUer et cAmmm^Z^t ncr M'^ présentait pu Us personnages en action , leurs

»y leurs démêlé» «t. 1(

oaasatm

OV »A8Bi AGCOMPAORi DU

iMTôr, être imntratu. ttudUer^ êtrer êfud^ant, lM»guir^ itn taftgmûsant. Plêurir, être floritmmt. Dépendrt^ itre dépettOamt, JEscefCar ,. i9re CRzilnr. Cbéifj On ob^tMoiif. Sic.

hfnémttpnmmitn hât; lepftftîo^, entant q^nitiiBlée ïmi^iiê, mm^uàkL Ltf veiteex- , eit pelaCîf ; et le participa eipriaaa foaMi e« VA éaat du. sujet y ee% abeoki. Le jKmÊm aoaaywte iMata sorte» é» inadiflc»^ tiaoi^fBBftaaa eMcesetaiMea et à 1a naaière àâÊtl&UàfMÉcaimgse paaae; le sHMind; a» par lat*Biai og BM» oompkt, il reppésenie une qadMsaiMtiiMqae du siqet «I- iiHiépenda»te

K On sert et o& stoenfl ue d'âne eertaiiie ttM&iére , dans r,^m% u» firit qu'on aeeoaipUt *, on nt MveMk tl saeo«f^aM« indépendamment de tOBtnfpeitéepineBaev de Ken,, de temps^ de €^m^^uiM dont onest doué. Il en

imUtOa

est de oilme qÊÊaA, le mot q^i aoeompagne le ■D paslîdpe y an. Uea d'être nn édita coup de feu,, dans son lit , i IB ceftaà i$f, fonte» cmenetanees qui ne pnMM éO^BOtées dnnn Vexpreseion , tel homme ^■Mvwr, pÊKf ffOB eette expresnen est compte «c K siOi â elle Mime. Quand Yooe dites It^vjeanokBmne est étuêiam en étékX on en ^Bidrâe,ieas«primestonlce que voue pouvez opràmr nœ ee toor ; maïs , en vous servait du Tvbe Dartn, Tons dires qm'iV élnàiê le droit ou U médaeiai dans une certaine viUe , avec plus ou nnns d'aidsor et de snoeé», sous* tels et tels ■ibrai, seivint tnlle eu telle méthode. Parmi les ^MHM fai sont Itfwyytnantt , ks uns* han^mis- Mérniiérs, les antrea (f anwnry cen>-ei dans ^■iMe d'na bien , eeux-là» dans un lonfl^ exil. ^^*ftfens rÉp«hli<{itee aaeienne» ont été florii- *M<«Hcsnae» fUmtiinni par in lettres ^ d'autres W^ ceanaorcef, d^antresi par las oonquétes. * ^ irsBpérttè éa monde /lênnil avec quelque ^noeur dans la confosien de ee siéele : viendra ^« tenp en diaenmsmeBt. » Bosa. «Thaléa s'en ^ «a Cgifpte où les sciemes flerii aatent pour Ion* Via. Étn dépmtâmt , c'est être dans la éêpn^m», sana autre spécification possible; mais ^ ^l^mtf de quolqu^nn sono tel rapport, >uaqn'i ^ poiat, pendant pins eu meina de tempBér

I^satre part^ le v«Tba exprimant un fait dé- ■imta^nir», par oala même, quelque, chnae

df$atXMA et de paaaager. Au contcaire , la partiaipe , Joint à l'auxiliaire , fonne une expression significative d'une qualité fixe , oonstante , inhérente au s^jet, qui ne le quitte pas» Cela résulte de la valeur ordinaire de l'adjectif dont tient le participe , et de ce que le verbe être , mis en saillie dans l'espreasioa composée, lui donne un caractère d'existence, de permanence et de durée.

EXCELLER , ETRE EXCELLENT. Avoir un degré éminent de perfection , de supériorité.

EjselZer est relatif, a besoin d'un complément et exi^ une comparaison avec des livaux qu'on surpasse; on ne peut pas dire qu'une personne ou une chose excelle, sans indiquer sur qui et en (pioi. Un âne dit. dans Lafootaiae :

Les buaiiins sent pUisaols de prétendre eteceiUr Par-dessus nens 1 Liv.

Mais d'où vient qp'au renard Ésope accorde ua point. C'est d'exceller en tonrs pleins de matoiserie ? Id.

itr0 emcglUiU est absolu , exprima une^jdée complète et n'a pas besoin d'un régime ni d'une oompasaison. « Vous ne sauriez- croire combien est exseUsnile beurre q/oe nous mangeons. » Lav. Ce (pii ^Jceile est meilleur que les autres ,. n'a pas de pareils dmia son espèce ; ce qui Mt ssceilant est taèa-boii.

Ensuite, eMeller représente plutôt le sujet comme agissant , et être exulleiU le dépeint comme doué d'une qualité* La conducteur de char,, qui est evfisUent, exulU à conduire un char dans la carrière. On execUe à faire une chose; on esê ex* ceUenI pour subir une modification, ou comme instrument ou comme moyen. La chair des ramiers est ixcelletUê à manger. (Buvf.), c'est-àdire à être mangée. cLes chiens naturels sont exeelUrUi pour garder les troupeaux. » Buff.

OBÉIR, ÊTRE OBÉISSAI^T. Se soumettre aux volontés de quelqu'un.

Oè^ir désigne l'acte d'un moment , et ^Ire o5diâ- Hud une disposition constante. Le premier , tout contingent, tout dépendant des circonstances, signifie faire dans l'occasion ce qu'on noua commande; le second, tout qualificatif, signifie, non pas faire un acte d'obéissance, maïs posséder d'une manière* permanente la vertu de l'obéissance* Ce qui prouve combien obéir est accidentel et relatif, c'est qu'on peutoli^if sana être obéiuamt, par contrainte ou par intérêt. — Toutelbis, Mir se prend aussi, comme être oMûsafU» en parlant d'une suite d'actes d'obéissance : cA vaut mieux, dit Platon, obéir aux dieux qu'aux hommes.» Vais ob^tr est tot^our» plus considéré dans lea actes produits et relativement à l'habitude : Ur^ obéigsam se rapporte davantage au sujet doaé de la qualité qui le caractérise. D'ailleurs, ob^ir dépend des occasions d'agir et suppose des intervalles; être bbiissant marque une disposition qui ne cesse pas un instant.

CHAMCELER , ÈTRR CHANCELANT. N'être paa fieeme.

Ckemêekr exprime un fait aocidoi/tei; à celai qui eheme^le il arrive de ehaneeler. Éitt eMoNce* laM manque une disposition ou qualité perma* nente : qui c/uincelie sort de l'état de stabilité; qui est cfcanoelffiU demeure toujours dans un état Gontlaire à celui de la stabilité, est toajousa près

PKËMIËRE PARTIE

d'être renversé. Si une chose éhanedle, c'est le résultat des circonstances ; si elle est ehancéUuUe , cela tient à sa nature , à sa constitution même.

PENCHER, ÈTRB PENCHÉ; INCLINER, ÉTBE INCLINÉ. N*étre pas d'aplomb ou perpendiculaire à sa base.

Les deux verbes marquent un état relatif, un penchement et une inclinaison qui commencent , qui se font , qui sont encore fkibles ; être penché et être incliné désignent un état achevé , permanent. Deux lignes qu'on croit parallèles inclinent cependant Tune vers l'autre : c'est une inclinaison peu sensible et incomplète. De même au figuré , quand on incline vers une chose, on a pour elle un commencement d'inclination; quand on j ett incliné ou enclin , on a pour elle un goût bien prononcé. « Les sociniens penchent à l'indifférence des religions. » Boss. < La faiblesse humaine efUrop penchée par elle-même au relâchement. » In. —Ensuite, si une chose penche ou incline , c'est par accident , par le fait des circonstances ; c'est par nature qu'elle est penchée ou inclinée. Un arbre penche sous le poids des fruits ; le narcisse est penché ou incliné au bord des eaux. Un mur est incliné ^ quand il indine beaucoup , et depuis très-longtemps , ou qu'il a été bâti obliquement sur le sol. — Enfin , parce qu'ils sont relatifs, parce qu'ils représentent le pet^ ehement et Yinclinaison en train de se foire, les deux verbes expriment que le sujet approche de plus en plus de sa ruine. Un état penche vers sa chute, un vieillard vers la tombe, i^f^ petichéy être incliné désignent un état permanent, qui se suffit en quelque sorte à lui-même, qui ne va point finir par la ruine. — Quelquefois la différence est encore plus grande. Incliner et pencher expriment une action, se disent de choses en action, au lieu qu'are incliné on penché signifient un état, s'appliquent à des personnes ou à des choses arrêtées , fixes. Dans une course de chevaux , on voit le cavalier et l'animal pencher en avant; le Poussin a fait un tableau « où un cavalier et son cheval sont penchés en avant : les crins du cheval, les cheveux de l'homme, son manteau, tout est flottant et repoussé par le vent en arrière. 9 Fên.

Remarquez que , à la place du verbe neutre, le verbe réfiéchi aurait le même caractère. Ainsi, à incliner et kpencher, on peut substituer s'incliner et se pencher; la diflérence restera la même , ou peu s'en faut, entre ces derniers, et les expressions, être incliné, être penché. C'est donc définir inexactement s*indigner et être indigné, que de les traduire l'un et l'autre, comme le fait l'Académie , par éprouver de Vindignation, Dans «'tudigner, l'idée commune est empreinte de relativité; au lieu qu'erre indigné, la présente absolument et comme achevée. Celui qui «'tndigne est à l'œuvre , en quelque sorte : on peut le calmer. Celui qui est indigné a conçu le sentiment de l'indignation dans toute sa plénitude ; l'Indignation est sa qualité, son état, sa manière d'être. Pendant qu'il parlait , on voyait les assistants s*indigner peu à peu; après qu'il eut parlé, tous les assistants étaient indignés. De plus, il 7 a dans s'indigner une idée d'activité étrangère à

son synonyme, ff indigner , c'est sa soulever, s'émouvoir contre une personne ou une chose ; éire indigné j c'est être intérieurement afliecté d'une certaine manière. On dirait bien , il ne faut pas t^indigner contre un crime involontaire; car cela dépend de nous en partie; mais dans ce cas on ne pourrait se servir d'^e indigné, parce que cette dernière expression marque une manière d'être fiitale et toute passive.

smcHTins d'un yexbm a l'indicatif

HÉm yBBBB AU SUBJONCTIF.

ATBC CB

CroyeX-ooiM qu*U le fera? CroyejHxnu qn^U le

fasse P

Ces deux tours de phrase ont cela de commun , qu'ils peuvent être l'un et l'autre employés par un honmie qui doute, qui est dans l'incertitude et qui interroge quelqu'un pour en sortir.

Mais d'abord croyex-vous quHl le fera ? annonce toujours une chose future , et quelquefois , croyexvous qu*il le fasse? une chose présente: vous venez d'ordonner & quelqu'un d'aller foire sur- le champ telle ou telle chose; et vous me demandez presque aussitôt après , eroyex-wnu qu'il la fasse? c'est-à-dUre qu'il soit actuellement à la foire.

Cette première distinction est insuffisante; car le subjonctif quHl fasse répond également dans notre langue au Aitur et au présent de l'indicatif d'où il se forme , et il y a des cas où les deux tours s'emploient pour exprimer un doute relativement à une action future : crcyex-wms ^'tl le fasse signifie pour lors croyex-vous qu'il dottw le fdref

La diflérence en pareil cas est difficile à saisir. Pour la trouver et la concevoir nettement , il faut se foire une idée exacte des rôles de l'interrogation et du subjonctif dans le discours.

On interroge quelqu'un pour savoir ce qu'il pense. L'interrogation ne suppose essentiellement qu'un doute , celui qui se rapporte à l'opinion de la personne interrogée. Quand je vous demande : Pleuvra-t-ilf Viendrez-vousavec nous? Quel parti prendrons-nous? il se peut que je sache très-bien à quoi m'en tenir sur tous ces points , et que je veuille seulement connaître ce qu'il vous en sem ble. Je dois sortir dans quelques heures ; une personne m'engage à ne le point faire, parce qu'il doit pleuvoir , le ciel étant chargé de nua ges. Quelques instant après , le ciel est parfaite ment pur, le soleil bnlle, je demande à la même personne : Eh bien 1 pleuvra-t-il? sachant bien qu'il ne pleuvra pas , et n'ayant de doute que sur la pensée ou l'aveu de la personne à qui je parle-

De son côté , le subjonctif a par lui-même et essentiellement pour caractère de marquer le doute sur ce qui fait l'objet du discours : il n'est pas probable qu'il vienne , je n'espère pas qu'il vienne , supposé qu'il vienne.

Ces simples notions peuvent'seules aider & dé couvrir une distinction vraie entre ces deux ftçons de parler si approchantes l'une de l'autre.

Dans croyex-vous fu't/ le fera? il n'y a pas nécessairement deux doutes tombant, l'un sur votre croyance , l'autre sur l'événement futur dont il s'agit; il se peut qu'il n'y en ait qu'un, le premier. Je suis persuadé qu'il ne le fera pas, et

SyNONYMES QUI ONT LE MSME RADICAL.

e'etcanme si je disais : Est^il possible que tous J178E assez bon pour croire qji'U U fera? Au eostcaire, quand je dis : Croyeji-^ootis qnt^UU iene? mon doute porte à la fois, et sur yotre saitiment & l'égard du &it, et sur le fiiit luimèoe; c'est comme si je disais : Je ne sais s'il U /cra, qu'en pensez-vous?

La difficulté est la même et se résout de même quand ks deux yerbes sont au présent, l'un au préicot indicatif, l'autre au présent subjonctif : Crofi^eMis que la lune est hcinUe et sott habita? <^1 parti croyes-^xws çu'ofi dioii prendre et qe'aa àmt prendre? En me ser?ant du premier tsar, je ne témoigne qu'un doute, celui qui a Effort à Totre sentiment , soit que j'aie moi-même ose idée arrêtée sur la chose dont il S'agit, soit (p&'yt n'aie pas dessein de mettre cette chose Bône en question. Mais quand j'use du subjonotif. je doute doublement, et touchant votre opifii», et touchant la chose sur laquelle je tous interroge. Xorsque Joaddit à Abner dans Atfcaiie:

Qod coesefl, cher Abner, erojrg^vous qu'on ddi

mÎTre? Rac.

ioadifest point incertain, il veut seulement sonder ks dispositions d'Abner. Mais il montrerait de liodécision s'il disait : Quel conseil eroyextous qu'on dotoe suivre?

Du reste, quand même, après erùyêX-wus^ le rarbe à riodicatif indiquerait déjà quelque doute nr la diose en question ,,ce ne serait à propremait parler qu'une suspension de jugement , que de rindifférrâce entre le oui et le non ; au lieu ^'avee le verbe au subjonctif on exprime un doute poatif , de l'incrédulité. Un4>rêtré qui enseigne dcsenfimts,et un philosophe qui dispute sans avoir encore une opinion faite , diront : Croye;i' SMS qu'il y a mi Dieu et qu'il prwd soin de ce qui nous regarde? Mais un athée dira en secouant la tète : Croyejr-«otis qu'il y ait un Dieu et qu'il preme soin de ce qui nous regarde?

SISQMTHIS DBS YSRBBS ACTIFS AVEC CBS MâMES VERBES DEVENUS PBOROKINAUX.

iOeqiKr quelqu'un , ^attaquer à quelqu'un. Imafi»er, ^imaginer. Attendre y ^attendre. Àpereeeotr, /opereevotr. Ste.

Le veibe actif indique le fait ou l'acte en luimême , ou relativement à l'objet. Le même verbe , devenu pronominal , implique l'idée d'un rapport particulier au siijet : il représente l'action comme ^ personnelle, il exprime un retour vers la sqei, il fût penser à lui, aux sentiments qui raniment, à ses efforts, aux idées qu'il conçoit

La raison de cette règle est facile à trouver. Le Tnbe pronominal renfermant le verbe actif doit f abord signifier la même chose que lui, et ttume il y ajoute le pronom, cette addition doit avoir pour effet de rappeler de quelque manière ^ SQjet ou la personne qui agit. L'action du ^'^, quand il est pronominal, au lieu de se porter immédiatement sur l'objet qui ne lui sert >lon que de complément indirect, au moins pov Fordinaire , ne l'atteint qu'après avoir, pour ÛBdire, ûit retour vers le sujet et en avoir

reçu quelque modification. Le verbe ordinaire appelle naturellement l'attention sur l'espèce d'action elle-même ou sur l'objet qui est son complément direct; et le verbe pronominal, par sa rétroactivité vers la personne , en fait saillir quelque qualité ou la représente comme ajoutant quelque chose d'elle-même à l'action.

ATTAQUER quelqu'un, S'ATTAQUER à quelqu'un. Prendre quelqu'un pour objet de ses attaques et de ses coups.

5'afktquer , c'est se porter à attaquer, attaquer avec résolution , et c'est d'ordinaire à plus fort que soi qu'on s*attaque.

Ah! ta saoïas, maraud, i ta eontasion, Ce que c'est qu'un valet qol t'aii,7que à son maître.

Moi.. ( Amj^Uryon.)

S'attaquer k Dieu (Bourd.), au Créateur (Boas.). Il n'y a dans attaquer d'autre idée que celle du fait : l'ayant trouvé sur son chemin , il Vattaqua^ Dans s^aitaquer il y a de plus un rapport à la personne qui s^en prend A quelqu'un , qui l'entreprend , un rapport aux sentiments particuliers qui l'animent et la rendent si osée , le ressentiment , la haine , la vengeance , l'humeur ou bien l'acharnement de sa volonté et l'ardeur de ses poursuites. En deux mots, attaquer n'exprime qu'un simple acte, l'agression, la provocation, , un acte d'hostilité , abstraction faite de toute cir- | constance; i^attaquer y ajoute l'idée d'un retour vers le sujet et représente celui-ci ou comme ne craignant pas d'attaquer , comme attaquant ouvertement, ou comme animé de- telle ou telle passion dans son attaque , ou bien encore comme prenant à partie avec discernement , par choix et préférence, celui-ci ou celui-là, à cause d'un tort vrai ou prétendu. Ce qui est essentiel dans attaquer, c'est le fait en lui-même, et dans s'attaquer, c'est la circonstance toute relative à ragent , d'oser attaquer , d'attaquer avec acharnement et passion , et telle personne plutôt que telle autre.

IMAGINER, S'OfAGOtER. Ces deux verbes signifient se représenter quelque chose dans l'esprit, quand ils ont un nom pour complément immédiat, et se faire ou avoir une opinion, quand ils sont suivis d'une proposition incidente , commraçant par que. Ainsi , on dit , d'une part , tmo» giner et s'tma^tner des fantômes; de l'autre, imaginer et i^imaginer qu'on viendra à bout d'une entreprise.

Or, dans les deux cas, ces mots différent de même, c'est-A-dire en ce qu'ils marquent le fait ou l'acte, l'un simplement, l'autre avec une circonstance prise du sujet , savoir qu'il croit à la chose imaginée , qu'il y donne son assentiment.

Il importe de suivre cette distinction dans les deux sens où imaginer et s'tma^tner paraissent synonymes.

!• Imaginer t i^imagifier. Se représenter, M £ûre une idée.

Ces verbes , considérés seulement dans le cas où ils ont un nom pour complément immédiat , signifient tous deux se représenter quelque chose dans l'esprit. Imaginer , c'est se représenter quelque chose d'idéal, qu'on feint, qu'on crée, quon invente, sans aucun égard A U réaUté de U re-

nmtËM PAWffE

piéseiitation. S'imagùwTy ÛÊmginêr à -wii, poar aoi , c'wt le repréeenter qmdiiiie cboie à qfuoi Ton croit , à quoi Ton s'attache , -qu'on «'i]iqM>ie , qu'on te persuade. 11 y a deux manières d'avoir de rimagination; ellcf sont exprimées par ces deux TsidMe. hnaginer, c'est être créateur, c'est avoir de l'imagination , en ce sens qu'on est capable de se former des représentations idéales, bypofthé* tiques. S'iwuigin&r n'est pas seulement conoeptif , il joint la croyance à la rqpréeentation ; c'est avoir -de Timaginalion , en ce sens qu'on se laisse aisément entraîner à croire à aes conoqjtions. Dans imaginer se trouve l'imagination du -poite , de l'inventeur; dans sHmagitÊer r imagination du rèTeur. Dans imaginer, l'imagination pmduit; dans sHmoginer , elle impose la croyance à quelque chose d'imaginé, Imaginar des âml6mes et des périls, c'est simplement en pradviie l'idée dans son «sprit; $e les 4magêmer, c'est de plus CFoire qu'ils existeart et avoir peur de sa onéation : Hoffmann émagine des ûmtftmes , i'enfiuit e^imagme des isntômes. Pour faire de son imaginalian un «sage convenable , H faudrait n'iata^nar que les choses qui peuvnnt être , et ne ^imaginer que les'ohoses qui sont. Immgimer est plus ori^mal, plxis inventif; «'imaptVier est plus iogique , -plus abstrait , et ce verbe emportant une oroyanoe est très-rarement suivi d'un nom , mais «presque toujours il est suivi d'un infinitif ou d^une proposition incidente , commençant par que, lies géegra- ^es ont imaginé des lignes et des oeroles qui coupent le globe en tous sens , luais sas» se les imaginer. « H n'est pas besoin de s'immgiMT aucun vide. * P. R. G'est-à-4ire qu'il n'existe réellement aucun vide. Dans les sciences hypothétiques, comme la géométrie, on dit à chaque instaot , i^aginex telle ou telle -chose , nne ligne qui , etc. Quand on se -sert de t* imaginer , c'est qu'il y a croyance à la réalité de la chose. «Il est absurde de s'imaginer des initns en divws genres, s FÉN. C'est-à-dire qu'il existe de tels infinis. « Il n'y a men de si déraisonnable que de ^imaginer une infinité d'êtres sur de simples idées de logique. » Mal. C'est-à-dire encore qu'il eaiste une infinité d'êtres. » H. lourdain : a ie vous dis que ces souliers me blessent. » — Le maHre tailleur : ityonA^ous'imaginex cela. »tt(0flL. «Les Juifs «'«•Mr^tnatenl le Hessie tout autre qu'il ne devait être. » Boas.

2» Imaginer, ^imaginer. Se faire ou avoir une opinion.

Ces deux verbes , «utvis d'une ppoposition inoidente , oonanençant par que , signifient , non plus se représenter quelque chose , se faire une idée , mais se faire ©u avoir une opinion. Leurs diflérenoes sont alors analogues à celles qui les distinguent dans le premier sens. Imaginer marque une opinion hypothétique, relative à la possibilité; t'imaginer une opinion sur la réalité. Il i%Migine qu'il en viendra à bout, c'est-à-dire il conçoit comme possible d^-en venir à bout; il i*imagine qu'il en viendra à bout, c'est-à-dire II est dans la Terme persuasion qu'il en viendra 4 bout. Scapin dit à Octave : c /mn^fiex-tHMis que je suis votre père qui arrive, et répondez-moi fermement.» C'est à dire, non pas, imagimx^ faites l'hypo-

thèae^ ciiumwi.oaaie pOMibla quftfaïuiu père, mais persuadec-voua 4^e Je le «ués nArille ment. Nés bons anteura, qui emploient qoielcfiae fois imagmer '^ifu ^ quoique Beanûée Tait mé , h font suivre «rdJatairement du verbe fwuuotr. J. / dit de «06«memia : «Sans doute , îis n'twuiyâsaaiK pas qu'on puisse sincèreuient croire . en Oiisu.w E nilkîuvs : >« ié wlimagimaM pas même ^-om >pûi Touiûir «me à qmelfu'nn qu'on devait a Ils n^iwmgmimi4 point qu'il fit fiossibla < verser les PalnsFÉléetides. » Moinsiii. « fUmie n'twfiiuift point qu'^e pftt être , si elle i» comnumdait pas. » In. C'est-Â-dire ne coBoevait pas l'idée d'eUn mêif comme possible sans |e ombmandament. lîuo^àisr équivaut à concevoir ; #*«maginer à penser, ae persuader. On imagime qu'une diose peut être ; on ^imagin/e qu'elle est. On |ieut ae tranper dans les deux cas , naais Terreur est bien {ihis goandedanfi le second que dans le premier* J'tmcmpifie que je uéusairai , c'est-àdire je oançoia mon mocès comme ponâble ; je sn' imagine ijue je réussirai , c'est-à-dice je me persuade , j'ai la confiance que je réussirai , comme ei mon succès élait Actuel, mi tout aiu moins assuré, c Onelqutts anciens ont iwagiaé que la voie lactée était i(c'e8trd^ire pouvait bienâiâre) le cfa^ min que tenaient les moindres 4ivinités pour se rendre au conseil .du gcand Ju|>tter. » iFék. S'ils se sont trompés, cfest une erreur .hypûtb^iq«ie, idéale , tblerique , «a petit méoom^ptt ,.et non uxm déception, pujoqu'ils -ont affîrmé» -«on qn^ la choie étaii, maie qu'eUe pounsaitlnea êtve '.

1 . Sejigurêr a 3e même sens.génénd que imagi^tr et s'imaginer ^ savoir*: se faire une idée, et se faire ou aveirme opinion. Hais, en lieu d'èu^-créakeer-eename imaginer, et décevant comme yimagintr, il est figaradt, pittoresque; il ne donne pasi'élse à ee qniji'est 4>oiBi, il repiéaento ee qui est, lii en met sous ks yen de l'esprit les Dsraies, la disposition, Lous les 4ndu. Ce n'est plus rimsgtnation de Tinveaieur ni celle du rêveur que désigne sejtgurer^ c'est ce que Vollaire appelle rimagioation de détail et d'expreasion, celle qui n'est qu'ouvrière, qui travaille sur quelque diose de donné, celle qui distiogue le grand écrivain et qui consiste à concevoir vivement le comment, la manière, les circoQstances d'un fait on l'euérieur d'un objet, ses formes et sescoiilearB. Quand on parle d'un géant, nom nous Jîguroiu aussilOl unboBimedebaute slitBre, robuste, etc. a Les peintres peignent les choses comme on se les figure . » Mal. "El réciproquement on se fig^it^ les cnoses comme les peintres les peignent. Effectivement, j«yi^»ii4r est synonyme de «r fiindre, iFiguM'-toiPjtAjaBf les yeux éiincelants, BiMranté la lueur de nos palais bedlanls^.^ J^ei/èê-^ dans oesborreurs Andromafoe éperdue....

JUc.

Ce qu'on se figure est un tableau ou en tableau dans r^sprit. a Figurez'ifous le spectacle d'un bonune soufrant. wIIass.c Tout seul qu'il est, onse figure autour de lui ses vertus et ses victoires. » Piica. « Je me figure assec, «ans la voir,eetie -magnificence. » Mol. « Saint Augustin , voyaot la cour des emperevs de Rome si pompeuse -et ai ma#niQque, ee figurait par fVQpovtîQo la magnificenceatla haantédeUconr oélesle. • Hocan. — En laiLd'opimon u figurer, ne signifie pas, oomme ses deux sjnonymes, une supposition toute gcaluile. Se figurer, par exemple, qu'on est malade, n'est pas une fiction toute pure^ c'est une croyance ou une pensée fondée sur quelques Inâiees; mais e'imagimer qu'on esc malade est la fait d)gn ouiade inmgtnsim « %w

SYlfOIfYMIS «H tNT I£ MME RADICAL.

. ià<roir I!idée qthoAB

arrireia et y compter.

It^mieTappOTte plus à ia dioaetiiH doit arriver

et à son irmèe. et Tautre à la peNmime. On ^-

tmtd fà» oa anias longtemps; on '^cHtmd là ce

qafnawmnà me eonlianee. S^MMcli^'esprime la

nais aii^c cuite oireoa* . qali Barqae en même temps eommeAt le c'est-à-dire vnc persuasion que la pas d^arrirer ; de sorta^que , si 'atoiraift pas , Userait bien'Wompé. On Mriiase , une récompente; et "on s%Kftad à VI hilrRsgiii , à uùe réooflipsnse : dans -le M , on «spère la cbose SHis tropy aomp- Iraecaiid , an l'espère <et on'TCgardaaon it oOQune assuré, eenuBs nteil- MUe. SU s'agit d^ob-nuAhatir, k oenriction qu'il int que s*«tl0iuif« teprèsaote la parsanae ite , et tOQjsQia coalbnBéi la -Bëgle, on muand phrtôt oe qaHm ne cnint ni n'espère , conune le retour -des saisons , aae lèponsa 4 Is^teafie on est à pourprés indiffë* Tcnt . uodb qu'on s^atiend à oe qui importa beancoipea «xoile fivemeflt TintMt. Enfin, on al* opdîaaiMs, et on ^aUenAwxx lit jvBle ëUend xme récsaipoue sa delà <le cette Tie; le soldat ^m rient de tee aae attion d'éclat t'atlend à une lécempcBse. te wttmd la reloaF des saisons ; ietdnper- -à fapparitiaii ée eertsincs eomèlcs , 4^^à la fo èa -monde. C'est qne les motifetde cnîre aom , d^me pavt , eonunnns , tï^néraux ,• et , ^Vntoe^putioidiers an sujet, puisés en lui-

APEECE?Oll, S'IPERGEVOIR. DécovTrir, arrirer à Toit.

Qa spee^ ce qû se montre^ on s'aperçoù de

ce qa'on remarque; on aperçoit Xacilement une

chose apparente, on s'aperçoit aisément quand on

a de la sagacité. Apercevoir marque le fait en lui-

«BégwsÉ|iiBt^ stiatsrememt à l'objet qu'au sijyat ;

fufmtmoir «oppose , de la paît du denxier., ef-

iocl, aecbereàe, attention ou .grands finasae du

regard. Oa ap/yotl une maison; on ê^'OperfoU de

ce qu'on a plus ou moins longtemps épié , afin de

^▼oir,ottde oe qu'on surprend^ fonce de péné-

trttioa, Goome oNme intelligence, d'une ruse,

^vae ifltr^ae , on enfin de -ce qu'on « intérêt à

^teurrir. coamie un roi.

SâNK, SE SAISIR. Prendra tout d'un coup, mettre la main sur.

Sainr exprime en elle-même et suis aucune cocoQstance l'action ordinaire d'occuper, des'empDer, c Les enfants ne peuvent d'ahocd ni mar- (^ ni aoûtr. * J. J. 5e saiiir a plus rapport au ajet qu'a représente comme plein d'ardeur et ^aiidilé, comme se jetant sur la ohose ou la per- *>nna, comme l'envahissant, comme .la .garroty gt rétreignant. «A peine un grand.est-il déi»ipé que Théophile l'empoigne et s'enteaisit. »

^1^ oéU, n se troare encore qaelqnesibéologieas qtt Mjgmretu qa'en Oécriani ces. propoiiUons J'ai en '•éeles Aferter eux-mêmes. Je llléelare. que eeUe ■•jelMe ne ssofilt Tenir qne'desmsnTSisarUlIces m laqilioqat. •» Sosb.

Litsa . --0aMrfaitpe&ser41'<rt>jet8aiai , et se «atstr au sujet saisissant ; aairtr un objet , c'est le pmndre; s'en^aittr, o'est s'en, rendre maître.

VADHI, SE IMIHB. fat» une chose, ee iutrs sar une ohose ; n'en point parler.

•Tons deux désignent one prétermiasian folanrnite; mais le seoond ajoute à l'idée eoBunime celle d'une circonstance particutièie au ai^et. Il suppose de sa part -soin, ptéoaation, diaoïétton, force de toIobU, ou-hisn des considérations qui lui sent propres. On se loir maigxé Tenvie qu'on a déparier , on se eentraint , en se iait une aorte de ▼ielenoe, et -onast assea maître de soi pour ne point réréler ce qui ne<doit point 4trB au ; ou bien on a pardeven aoi des raisons to«tes particaliéies de citdre ^le celte Tévélation entndnemit des inconvéoimts. Hy itdes ohoses qu!il font toiq'oum Itttfe; il y en ta dfantros à l'égasd desipielles chacun , surrant losciKoaitances ,aijdroit de juger s'il lui contient de se tot'fv. c II serait homeuiKle latre-des vérités importahtes à l'humanité. • RAntAL. J. J. Rousseau aurait mieux fidt de tatrs 'ses Ihutes q«e de les réaéler au public. « Iles tait et fait le mystérienc sur ee qu'il sait depkis important.^ Lana. « La vérité est que les -plus disersts s'en tavseal si n'oseoit en rire qu'entre enx. » J. J. «SUe ne pevt ae (otre de votre beauté. » Sév. « Vous cfaisaasez inutilement eor le principe lersqae -tous êtes -obligé de vem fatre sur le»conséqueBoes qui aulBssnt pour aaémi' tir le précepte de J. G.» Pasc. «Laiprineesse des Ursins selcnMI sur le4raitemeiit qu'eUeeeosmit , et le supportait avec un oourage^nâieet «éûé- «ifai. sB.'S.— On dit dans le même sens, at il £Btnt distinguer de la même manière , oooiisr uae ohom , et se tfocher d'une chose. & J'ai travaillémoi-méme à ce livre, et je nem^en oaohs pas. » J. J. «Poltrot ne te tache pas du dessein qu'il avait conçu d'assassiner le duc de Guise A quelque prix que ce fût.'» Boss.

RÉflmnOHBB, SB «teoraRB A. Rmndre un parti , se déterminer à agir de telta eu telle manière.

Vétoadre, c'eA simplement sortir de l'indécision ;««« "rétefuéte , c'ast en sertir avec peine , en se faisant violence : Uentcodte de se r^oudre , on n'y parvient qu'en tettant contre soi-même. A U An, par nos raisoDS gagnée, 'CllejM jnèêûiiàt à seillHr ia saignée. Mec.

Cekri qui 'est rétohi de faire vme aotien n'éprouve plus d'embarras , rsait à quoi s'en tenir sur la conduite qui lui convient ; celui qui t'est résolu à la faife a trouvé en hii-^nérae-une résistance qu'il a dû vaincre. « J'ai eu toutes les peines du monde à vainore son scrupule : et ee n'est que d'aujourd'hui qu'elle s'est rdmiue à aeeeptér le dia* mafft . » HoL .

•SSifTm , WSBIfnR ;*1I1HU«TIR , SE HHBSEN- Tm. éprouver qnelqve 'chose d'agréable ou de fâcheux. On te tent de la goutte et des infirmités de la vieillesse , comme on les seal. On rettent l'influence , ou Von se retteni de l'infloenee de la température , d'une doctrine , d^ne administration bonne ou mauvaise; en retteiU la munificence d'un prinœ , oa l'on s'en retseitf.

Sè^emir et tormtmêèr'm présentent pas i'ao-

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