‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 56 sur 444 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

poar mourir. » iioirrucai. « Une min de famille ne doit ^aliter que poor inoiirir. » J. J. « Un pauvre vieillard aliié depuis deux laoia et mourant. «Volt.

On se met à geiwux pour prier , pour «dorer Dieu; les enfants, dans les écoles, se mett&iU à fenoi» pour expier des fiiutes , leurs dissipations , Ibuis étourderies. S'agenùuiller est une expression extraordinaire ) apparemment inventée plus Uid pour désigner Taction de se mettre à gefumx avec d'autres dispositions que celles qu'on a généralement en prenant cette posture , ou seulement abstraction Ikite de ces dernières. « Mé^ nalque s'étant aperçu qu'il est à genoux sur les jambes d'un fort petit homme , se retire confus et va t'agenouiUer ailleurs. > Labr. On ne peut guère décapiter un condamné qu'il ne ^agenouiUe. I«es chameaux et les éléphants s'agenouiUerU, Si TOUT parlez de quelqu'un qu'on a forcé de se mtttre à gBttoux , ou qui «'est mis à gekoux simplement, sans éprouver le sentiment d'humilité ou d'ado* ration dont cette posture est le signe , dites qu'il s'est agenouillé,

STirONTMlB SES VERBES ACTI1?S DONt LE REGIME , D'tTWB PART , EST , DE l'aOTRE , Tf*BST PAS PR*-

gédA de la pRiiposiTXoer d.»

Prétendre quelque chose, prétendre à quelque chose. Toucher une chose , toucher à une chose. Satisfaire quelqu'un ou quelque chose, satisfaire à quelque chose. Insulter quelqu'un , insulter à quelqu'un ou à quelque chose. Suppléer quelqu'un ou quelque chose , suppléer à quelque chose. Croire quelqu'un ou quelque chose , croire à quelqu'un ou à. quelque chose. Chasser le ou la , chasser au ou à la. Etc.

La différence de ces locutions, prises deux à deux , dépend uniquement de la valeur inhérente à la préposition à. Celle-ci dérive de la préposition latine ad , vers , qui marque le but vers lequel tend ou se dirige l'action, la chose à faire, la chose à venir, en générât Employé sans elle, le verbe a un complément direct, comme on dit, c'est-à-dire que l'action qu'il exprime tombe directement , immédiatement , i l'instant , sur la chose ou la personne ; avec elle , le même verbe n'a plus qu'un complément mdirect , et son action , au lieu éPatteindre le but , c'est-à-dire la chose ou la personne , aussitôt , sans détour , n'y arrive plus que comme à quelque chose d'éloigné , de placé hors de la portée. Ainsi , le verbe n'étant pas séparé de son Complément par d , désigne une action précise qui a un terme actuel ou prochain. Que si , au contraire , entre lui et son complément se trouve la préposition a . il en résulte une locution vague et indéterminée , significative d'une action plutôt générale et abstraite que particulière et physique. De sorte que Taetion précise , directe , spéciale , se terminant entièrement et complètement dans le premier cas, devient dans le second une action tague, mdireete, générale, abstraite ou incomplète.

PRlftTEimRB quelque chose, PRÉTENDRE A quelque chose.

Onpr^Csnd à la prenuère j^aoe, 4piaiMi on y pire , quand on travaille à l'obtenir dans un avenir indéterminé. Onpr^lend ia première pUce, quand on l'exige actuellement comme un droit, oomxne une prérogative qui nous appartient.

Onpr^teiid à une charge, à une place, à quelque chose d'élevé , à la main d'une personne.

Quel est le eosur où préimdau mes vœax? Rac Avec VŒUX , l'auteur ne pouvait employer que prétendre à; ce qui nous est dû , ce que nous pouvons préienâfre est plus que l'objet de m» comu- ^ c'est celui de nos réclamations , de nos exigences. Avec le mot foreur, prétendfe à est aussi le seul tour qui convienne.

A de moindres faveart des meXhieareat prétendent .

Rac.

Dans le même poète , Iphigénie dit à Agamemnon:

Qaelle félicité peat manquer à vos vœux 7 A de plus grands honneurs un roi peut-il prétendre

Rac.

Auteurs qui prètetèdet tux honneurs dn eomiqae.

Mon flls a» eonrols» SrMl osé prétemdre Avant l'âge od les-loi^lpenneitent de l'attendre ?

Volt. (Bntiês),

«c Pour toute disposition au sacerdoce on porte la témérité d'v prétendre, » Mass.

Mais on prétend une part dans une distribution , lé remboursement des ses avances , etc. « Le frère de Tacite, Florien, pr^tendtl l'empire par droit de succession , comme le plus proche héritier. » BoBB. « Chartes- le Bri mouAit; sa feaune était grosse : Edouard 111 pr^tenda la régence en qualité de.petit-fils de PhiUppe le Bel par sa mère. » Volt.

Un aigle sur un ^bamp prétendent droit d*nibaim, Ne fait point appeler un aigle i la huHalne. Bon.. Le lion ayant dépecé le cerf tombé dans les lacs de la chèvre , s'attribue toutes les parts :

La seconde (dit- il"), par droit, me doit échoir encor : Gomme le plus vaillant, je prétend* la troisième. Lav. L'estime od je vous tiens ne vous doit point sur-

(^prendre , Et de tout l'univers vous la peovei prétendra.

Mol. (Mûanthr,, Oronte à Aleesie).

« Ce grand maître' avec un pouvoir arbitraire sur les sujets conquis, le prétend encore sur les sujets conquérants. » MowtBSq.

TOUCHER une chose , TOUGHBR A une chose.

Toucher une chose , c'est mettre la main dessus pour la palper, s'en emparer, la recevoir, etc. Totie^ër à une chose , c'est y porter la main de manière seulement à être légèrement en contact avec elle ou avec quelqu'une de ses parties. Quelquefois même toucher é , loin d'indiquer un contact entier, précis, n'indique qu'une simple proximité. Ainsi, un édifice touche à un autre, quand il en est Toisin à une disiance indéterminée*, au lieu que , ma maison touehe la nenne^ le lambris touche le mur, signifient qu'il n'y a rien entre deux. « Il y a un champ qui loiic^ celui de mon père. » ifoNTKSQ. On dit aussi , ij est si grand qu'il touche ou plancher, c'est-àdîre, qu'il est près d'y atteindre, et nous touchon» au printemps , à l'été , d la fin , etc. , pour , nous en approchons. « Snfin , je n'en puis plus

SYNONYMES QUI ONT LE MSME RADICAL

doDtff , noofl fonehofw presque à lUe d'Ithaque. » Fis. — De là la raison pour laquelle , qaand on défend , on dit plutftt , ne toucher pas à cela , que le Umeket paa cela; c'est qu'on veut marquer qu'il ne ftnt pas se permettre le plus léger attouchement. Or , ne pas i43ueher à une chose , signifiant i^ahstenir &*y porter la main de peur de fendonmager, d'en altérer, ou d'en détacher quelque putie , ce tour a été employé flgurément dans k sens de , dter quelque partie d'une chose , ousà&piemeQt la modifier. Ainsi, au lieu que tovdher ses rerenus , c'est mettre la main dessus , les reeeroir, Umeher à ses revenus, c'est les écorner, comme on dit, en employer, en dépenser one partie. On dit continuellement avec la Bêgatîve, ne pas toucher à une loi, d un outrage, à un article de règlement, à la religion, pour, n'y rien changer.

SATISFAIRE quelqu'un OU quelque chose , 8A- TISFAIKE A quelque chose.

Le verbe actif 9ati$ faire signifie donner un ^aisir, un contentement précis, causer une satisfaction , et se dit toujours en parlant des personnes, de leurs passions, de leurs facultés, de leurs besoins , de leurs espérances. Satisfaire à indique, non pas une satisfaction précise donnée effectivement à une personne ou à une passion prédse,mais une conformité à une règle monle, A une obligation générale. ^^ Oa satisfait ses inclinations, on satisfait i son devoir. > Scian.

On Mtûfoîf sea parents, ses eréanoiers , un homme qu'on a offensé , ses passions , l'esprit , les sens, en taisant en sorte qu'ils soient contents; et ce tour est ^us relatif à l'effet produit» lequel effet est toujours bien déterminé.

Les délicats sont malheorevs .* Bien ne saurait les MtU/mrê, hà».

• Cela ne leur suffit paa encore (aui jésuites). Il bot pour sotiffotrv leur passion qu'ils accusent ces saintes filfea d'avoir renoncé à J. G. » Pasc. On solûfdtf à son devoir , à une loi , à une ob- Jectioii , à un ordre , etc. , en prenant les moyens de fftiie par -rapport à eux ce qu'on doit; et l'attention ici est appelée , non sur l'effet spécial qui est produit, mais sur la manière générale dont on se comporte par rapport à une règle. « Avec quelle tranquillité a-t-elle satisfait à loua ses devoirsT» Boas.

Id lIioBneiir m'oblige et jy dois satUflure» Cotât, PMvratje entre vous deux régler alors mon tme , Seiûfiiirm aox devoirs et de soeur et de femme? Id.

« Cette variété de la terre fût le charme des paysages , et en même temps elle satisfait aux divers besoins des peuples. 9 FAvr. < Cette lettre «fiifail à la plupart de ses difficultés. » Pasg. < ^arrêter à éclaircir une éouivoque , pour satishire à la demande d'un auteur. » Max..

GISULTER quelqu'un, INSULTER A quelqu'un MA quelque chose.

Insulter quelqu'un n'est relatif qu'au fait de Viosolte, et il se dit toujours d'une personne ^iale qui reçoit une insulte dans un cas particulier. Insulter d ne se dit guère que des choses oe de toute une classe d'hommes , et il est relatif.

non pas tu Hût de Plneolte, mais au genre de faute qu'on commet en tenant une conduite in* sultante.

En conséquence, le premier s'emploie bien dans les récits pour marquer qu'une insulte est ou a été faite. « Cet ivrogne a insuUé son hôte. Il est allé Vinsulter Jusque chec lui. » Acad.

Est-ce mon maître ou mol que l'on veut insulter P

« L'impie parait élevé comme le cèdre du Liban et semble intulfer le ciel par une gloire orgueilleuse. » Mass. « Les grands hommes du paganisme n'auraient osé insulter tout haut un culte si insensé. » In.

Insulter à ôonvient mieux dans la morale et en style dogmatique où l'on défend d'tnruZter et où l'on raisonne sur l'inconvenance de l'in* suite, «c II ne f^ut pas insulter crut malheureux, à ses Juges, au public, d la misère pu« blique , d la raison , au bon sens , au bon goût , d la douleur d'un affligé , etc. » Acad. « Il n'est pas permis d'insulter à un mourant. > Volt. « C'est une marque de férocité et de bassesse éP insulter à un homme dans l'ignominie. > Yaut. « Lorsqu'un homme a sujet d'être dans la tristesse ou dans la joie , c'est lui insulter en quelque sorte , que de ne pas entrer dans son sentiment. * Mal. — Comme sathfaire à exprime moins l'effet spécial , la satisfaction , que l'action , ou la tentative de le produire , de même tnsulter à se rapporte moins à l'insulte effectuée qu'à l'action qui y tend. Nous rx'insuUons pas celui, mais nous insultons à celui qui est au-dessus de nos insultes , de manière que l'action n'aboutit pas à son but. « Astarbé , en mourant , regarda le ciel avec mépris et arrogance, comme pour insulter aux dieux. » Vin. « N'approche pas de lui , mon fils , car il croirait que tu voudrais lui insulter dans son malheur. » In. Cest ainsi que Pascal s'est servi de satisfaire à en parlant de Dieu : « L'âme doit lui rendre grâce conmie redevable , lui satisfaire comme coupable. >

SUPPLÉER quelqu'tm ou quelque chose, SUP- PLÉER A quelque chose.

Quand on supplée une chose , le supplément est justement ce qu'il fliut pour réparer le manque ou l'absence , et il est du même genre que ce qui manque. Un juge en supplée un autre. Pour taire une acquisition , il lui manquait six mille francs , son père les a suppléés. « Certains anhnaux servent par leur force , comme les boeufs, à suppléer ce qui manque à notre force bornée. » Ttn. oc Dieu promet de suppléer (par la grâce) ce qui manque (aux forces de la raison humaine) , quûid il ne manque point par Findisposition déméritoire de la volonté. » In.

Mais, quand on supplée à une chose, ce qu'on supplée est à peu près ce qu'il fiiut pour réparer le manque ou l'absence d'une chose; c'en est l'équivalent, quoique non du même genre que ce qui manque. La valeur supplée au nombre , le mérite au défaut de la naissance. « Suppléer par les ressources de son travail d l'insuffisance de son revenu. » J. J. « Gens en qui l'usage du monde, la politesse, ou la fortune tiennent lieu d'esprit et suppléent au mérite. » Labr. « Un

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