‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 58 sur 444 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

de les abudemier , » mm et» jostHIe Vemploi de de après il préfère. Dans cette amtre du même auteur: «On jfféfère (f élever des aigles mâles pour la chasse ; » les mots , def aigle» mâie» pour la ehai$ê , donnent au rerbe éUeer une signification précise qui fait que préférer doit être suivi de de.

HÉRITER une chose, HÉRITER d'une chose.

I/obtenfr par succession.

Lé premier tour est usité quand n s'agit d'une chose peu ou point spécifiée. Il n*a rien hérité; Toilà tout ce qu'il a hérité; 11 a hérité de grands biens ; la vertu est le seul bien qu'il ait hérité de son père. Hais on hérite (Tune maison, (fune bibliothèque.

De Tou^ injuste haiae il n'a point hérité. Bàc. Du reste, la règle souffre ici de nombreuses exceptions, parce que, dans tous les cas où la personne dont on a hérité se trouve indiquée, comme de la précède toujours, rharmonie exige qu'on ne répète point cette particule devant le nom de la chose.

Vous aves hérité ce nom dg vos aïeux. Gomir* «Le père de Fléchier avait hérité de ses ancêtres une petite terre qu'il cultivait lui-même. »D'Al. TRAITER, TRAITER DE.

Suivant le grammairien Féraud , on dit indifféremment , traiter une matière , une question , et traiter d'une matière , d'une question ; cependant , quand on spécifie la matière , la question , il faut dire traiter de. a Dans son ouvrage , il traite des plantes , des métaux , de l'économie. » « Comme j'ai déjà traité de cette matière dans ma »• satire, il est bon d'y renvoyer mon lecteur.» Boil. « Cette histoire des oiseaux serait trop volumineuse, si j'eusse traité de chaque espèce en particulier.» BuFF. Un auteur traite des moyens, et non les moyens d'étudier l'histoire.— Mais on dira d'une façon toute générale : «Les livres qui traitent si exactement les plus hautes sciences sontils des combinaisons purement fortuites?» Piif.

Le verbe traiter^ avec et sans de, s'emploie aussi dans le sens de négocier, de travailler à l'accommodement d'une affaire. On dit, traiter une affaire, quand ceux qui travaillent à la régler ont l'habitude de la traiter, quand elle est du nombre de celles qu'ils négocient d'ordinaire: Les ambassadeurs traitent la paix et la guerre. On se servira de traiter de , quand il sera question d'une affaire extraordinaire, soit en eUe-même, soit seulement pour ceux qui en sont chai^gés , soit par les circonstances rares qui s'y trouvent réunies , soit par les obstacles qui s'opposent à sa conclusion. On ne dira pas, en parlant d'un notaire occupé d'une simple affaire de sa compétence : c'est lui qui traite de cette aff&ire ; mais bien : c'est lui qui traite cette affaire.

PARLER AFFAIRES, MU8TQI7E, PEmTURE, PO- LITIQUE, CDA8SB, CHICANE, semblent équivaloir à parler éC affaires, de fMuique, etc.

Cependant, la phrase sans la préposition sert à marquer l'espèce d'entretien d'une manière générale , l'espèce d'occupation , le mode , la forme indépendamment de la matière ou des sujets sur lesquels» porte le discours. Dans certaines réunions on parle toujours mvisique ou chasse. Avec de , la |

même phrsse devient prêeise et Tout le monde peut parler mvaique, mais non pas de mim^ue. D'ailleurs pwUt de musique a rapport tfU fond , à ce qu'on dit de la musique. « A entendre les Français parler de munque , on croirait que c'est dans leurs opéras que la musique peint de grands tableaux et de grandes passions. » 1. J. Je ne suis pas géomètre : ou parle géométrie dans un groupe. Je m'en éloigne. Mais si Je suis géomètre et que j'entende p<Mrler de géométrie , je m'y intéresse et je m'approche. «Ces deux princes se mettaient en un coin à parler sciences. 9 3. S. « C'est à Newton à parler de mathématiques. » Volt. Parler chcLsse, c'est parler en général de choses de chasse , de choses relatives à la chasse. Parler de chasse , c'est parler d'une certaine chasse ou de certaines chasses qui ont eu ou auront lieu. De même , parler affaires n'indique nullement de quelles affaires il peut être question : c'est parler de choses sérieuses; parler d^ affaires , c'est parler de certaines affaires , déterminées par la condition, les rapports des interlocuteurs. « Le dissimulé n'a pour ceux qui lui parlent éPaffaires que cette seule réponse : fy penserai. » Labr. Aussi ne peut-on jamais ajouter de déterminations à parler affairet , conune on en ajoute à parler d'a/fatret, parler étaffaires importantes politiques, qui demandent des connaissances, eto»

STNONTMIB BIS ViaSKS ACTIFS BOBT LB vk»Ua BST PBiCÉDA, D'VXB PART, DR LA PEiPOSITIOH d, DR l'ADTRB, DR LA PRÉP08ITIOK de.

Commencer d et de. Continuer à et de. S'empresser à et de. Essayer, s'efforcer, tâcher à et de. Obliger, forcer, contraindre d et de. Se jouer à quelqu'un, se Jouer de quelqu'un. Prier à et de dtner. S'occuper d et de. Manquer à et de. Oublier d et de. Prêt d, prêt de. C'est à vous d, c'est à vous de. Ke servir à rien, ne servir de rien. Etc.

Tel est le résultat des deux chapitres précédents. Interposées entre un verbe et son régime, les prépositions d et de produisent un effet directement contraire. L'une en étend et en généralise la signification , l'autre la détermine et la spécifie. Autant l'une est indéfinie, vague et abstraite, autant l'autre est distinctive, précise et délimitative. L'une modifie l'action du verbe qu'elle suit de manière à la montrer comme tendant à un but éloigné, incertain et hors delà portée , et l'autre de manière & la montrer conune atteignant un but présent, prochain «et bien marqué. La première fiit prendre le verbe antécédent dans un sens large, général, et comme expressif d'une suite indéterminée d'actions, ou d'une action indéfinie; l'autre le Ikit prendre dans un sens rigoureux , strict , particulier et comme si" gnificatif d'une action unique, bien délimitée, bien circonscrite. Cette valeur relative des deux prépositions n'est-elle pas conforme à leur origine? Àd signifie fiers, le point où l'on va, où l'on tend , où Ton cherche à aller , où Ton ne sait pas si on arrivera; de, de, hors de, le point précis , certain , fixe du départ. D'ailleurs , qu'on

SYNONYMES QÇI ONT LE VfiME RADICAL.

Jâs oaosidère , noa plus étymologiquement, maûi ccsane déclirîatiTes , on les concevra nécessairesent de la même manière. A nous sert à expri- Bxr le datif des Grecs et des Latins , et de leur génitif. Or, suivant la théorie la plus haute et k plus vraisemblable , les flexions données aux noms par les langues qui ont des cas désignent primitiveiBent y quant à l'espace, des rapports analogue à ceux qui sont marqua par les temps e^sentids des Tcrbes quant à la durée. Il n'y a que trcis cas principaux , le nominatif, le génitif et 1« datif, comme U n'y a que trois temps prindpsax. le présent , le passé et le futur , et ils se correspondent chacun à chacun. De sorte que le ^BÎtir est au datif, et par conséquent de k à ccimne le passé est au futur , c'est-à-dire comme k Certain , le fixe , le déterminé , le précis , à l'incertain, à Tindéfini et au vague.

(DIDŒNCER A . COMMENCER DE.

On commence à (aire une action , ou une suite d'actions qui n'a pas de terme , qui n'est pas renfen&ée dans des limites précises , qu'on continuera Ga qoi se continuera indéfiniment. On commencé <£e £ÛTe une action unique, circonscrite, qui constnoe une oeuvre fixe , une t&che qui s'achève en plus ou moins de temps , qui a un commencement, un milieu et une fin. C'est ainsi -que l'ont atenda et pratiqué nos meilleurs écrivains,

BossvCT. 1* « Les choses commencèrent à changer de &ce. On commença à s'apercevoir que.... Je ammence à regretter les bornes étroites de ce lieu. On commença assez tard à les (ces évéques) t^fàer aichevéques. La terre commenceà se remplir, et la vertu commenté dès lors à être perséeatée. Sous le règne d'Ozias les prophètes com- *<Rclr«nl à publier leurs prophéties par écrit. « 2* « Vert la temps où notre Seigneur commença (f exerce «a ministère, o» -* Labrotàrb. i* « tl a témmeneé de bonne heure à se mettre dans les voies de la fortune. Quand le sot meurt , il commenu à vivr*. » 3* « Le même conte qu'il a corn* menti de faire à quelqu'un , il l'achève A celui qui pRodsa place. » — J. J. Eoussbau. 1* « Laissez fonner le corps jusqu'à ce que la raison com" menée à poinibe. Quand on commença à ouvrir des èeoles publiques, la Grèce avait d^à i»> noocé à sa vertu. > 2« « L'année qui commencera bientôt de courir. > —Pascal, l"" < Dès lors votre dispute commença à me devenir indifiEérente» Je temmençai à me défier que vous agissiez avec passion. Je commence à espérer que vous me tiendrez parole. Commencer à lâcher . pied. » 2^ c Combien était-il important de fedre entendre qui TOUS êtes 1 C'est ce que j'ai commencé de' faire ici ; Bais il faut bien du temps poux achever. » -^ hàr

fOSTAUn. 1*

Ce discours un peu fort. Doit œmmenegr a vous déplaire.

Le larron commençait pourtant a s'ennuyer.

^ «Là-dessus je commençai de leur raconter ce qui m'était arrivé. > Dans l'analyse du Songe de fotts, où chaque partie est renfermée dans des bornes précises , il dit : « A peine les songes ont commencé de me représenter Vaux , quô , etc. » ~ MoNTBsoaiBu. 1* < En Russie on a commencé d connaître les lois. On commence dans cet £tat

à être plus frappé des inconvénients particuliers que de la Ûberté des sujets. » 3* « Epaminondas, la dernière année de sa vie, disait, écoutait, voyait, faisait les mêmes choses que dans l'âge où il avait commencé d'être instruit. Un eunuque vint me fair^ signer cet ordre.... J'avais commencé d'écrire , et ie m'arrêtai... Enfin ma main tremblante ou rapide traça les funestes caractères. » — Fénelon. 1** « Nous avons commencé à être ce que nous n'étions pas. Faire que ce qui n'était pas commence à être, » Et , 3** , considérant la vie comme un tout réglé, comme une action unique, il dit dans le Télémaquéy a Le pays où j'ai commencé de voir le jour en naissant. »

Un enfant commence à parler; un orateur commence de parler. Un enfant commence à marcher, quand il fait à peine quelques pas; un voyageur commence d'aller , lorsqu'il se met en route. On commence à dineir ou d jouer , quand on doit continuer indéfiniment; de dtner ou de jouer, quand le dîner et le jey. doivent durer un temps déterminé.

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