‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 78 sur 444 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

prise cofttre la loi éternelle et pour un sacrilège contre la seconde Majesté. » In.

STVONTKJK DE8 TBRBES ITBUTRBS QUI 8B CORJU- GUBRT AVEC LBS AUXILIAIRES OnOPT BT être.

Avoir

voir ou être pmiéy monté y descendu, entré, abordé y résuUé, — Àwir ou être changé, em- MU, disparu, — Avoir ou être échappé, péri, parti. — Avoir cessé, être cessé. — Avoir ou élre demeuré, resté, sorti. -* Avoir été, être aUé.

Pour trouver la règle de distinction , il suffit de bien saisir le rôle des deux auxiliaires, car en eux seuls réside évidemment toute la différence qui puisse exister entre les expressions synonymiques de ce genre. Or , ils s'emploient pour marquer , le premier , une action et une action passée, fai aimé; le second, im état et im état présent , je suis aimé. Ils doivent immanquable- *ment garder ces caractères quand ils servent à conjuguer un même verbe neutre. Avoir, l'auxiliaire des veribes actifs , exprimera par conséquent un fait et un fait passé \ être , l'auxiliaire des verbes passifs , un état et un état présent , résultant de ce fait. Ils formeront avec le même participe , auquel ils sont joints , deux expressions légèrement différentes, l'une plutôt historique, pour ainsi dire , ou narrative , l'autre plutôt qualificative; Tune rappelant plutôt le côté veii)al du participe , et l'autre son côté adjectif; l'une faisant voir le sujet pendant l'action qui a eu lieu , et l'autre dans l'état qui est résulté de cette action ; toutes deux relatives au temps , mais celle-là au temps qu'a duré le fait , et celle-ci au temps depuis lequel le sujet se trouve dans tel état par suite de ce fait. A l'application on verra combien le principe est rigoureux, et combien est grande ici la coïncidence entre la logique instinctive du langage et la logique réfléchie de la grammaire.

1* Parmi les verbes neutres susceptibles de se conjuguer avec avoir et être , on en peut distinguer d'abord un certain nombre qui marquent de la part du sijg'et l'action de se mettre dans un nouvel état, d'aller d'un lieu k ifh autre : tels sont passer , monter , descendre , entrer , aborder , résulter. Ils méritent un examen à part , à cause de l'analogie de leur signification et de la manière spéciale dont la règle générale s'y adapte. Composés avec avoir et être , tous les participes de ces verbes donnent naissance à des locutions qui , prises deux à deux, sont synonymes , à rai- 'son de l'identité de leur radical. La synonymie n'est cependant pas absolue , et les verbes dont il est question ne reçoivent pas indifféremment pour auxiliaire avoir ou être. Conjuguez-les avec avoir , vous représentez le sujet pendant qu'il a fait l'action de se rendre d'un lieu à un autre ; si vous le conjuguez avec être , vous montrerez le même sujet comme étant dans tel état par suite de cette action. La procession a p€usé ici , sous mes fenêtres , je l'ai vue ; en parlant ainsi , je songe à l'action de la procession qui passait. La procession est passée , ne l'attendez plus ; c'est ce que je réponds à celui qui me demande s'il vient à temps pour U voir, parce qu'alors je ne pense

plus qu'à l'état. A trente ans , le temps des illu- I sions est passé , et on se plaint généralement qu'il ! a passé trop vite. La flotte a passé à Cadix à telle époque (Dblaf.); c'est un fait qu'on apprend. Heureusement les conspirations sont panées de mode (Volt.); c'est un état de choses qu'on énonce. A l'idée d'action propre à l'auxiliaire anoir s'en joignent naturellement d'autres qui en forment comme le cortège ordinaire , celles des circonstances de temps , de lieu , de manière , de motif, au milieu desquelles l'action s'est produite : quand , par où , comment , pourquoi o-til passée monté, etc.? Rien de tout cela ne convient à l'auxiliaire être, parce qu'au lieu de marquer l'action , il exprime l'état , la possession d'une qualité , comme on s'en convainc en le traduisant , et on le peut toujours , par se trouver. Est-il passé, monté, descendu? Se trouve-i-iX passé , monté , descendu ? c'est-à-dire dans l'état d'un homme passé, monté, descendu? et le sujet étant tel, q\f ai-je à £aire? où dois-je le chercher?

AVOIR RÉSULTÉ, ÊTRE RÉSULTÉ. £tre devenu le résultat ou la conséquence.

Avoir résulté présente comme événement et comme s'opérant dans le temps passé ce que être résulté signifie comme chose présentement existante. Vous avez été témoin de leurs querelles, et vous avez vu comment il en a résulté un procès ; moi qui n'y étais point , je sais qu'il en est résulté un procès. Les physiciens , qui suivent les actions les plus cachées de la nature , peuvent dire que tels ou tels effets en ont résulté; ils en sont résultés pour le vulgaire. Buffon décrivant la formation de la terre dit : « De la combinaison du mouvement de rotation et de celui de l'attraction des parties il a résulté une figure sphéroïde. 9 Et ailleurs rappelant un résultat qu'il considère en lui-même et non relativement à son mode de production : c Whiston a si étrangement mêlé la science divine avec nos sciences humaines qu'il en est réstUté la chose la plus extraordinire du monde, qui est le système que nous venons d'exposer. »

2"* Une seconde espèce de verbes neutres prenant tantôt l'auxiliaire avoir , tantôt l'auxiliaire être , est celle de ceux qui signifient que le sujet est mis dans un certain état , qu'il devient tel ou tel : avoir et être changé , embelli , etc. Quand ils prennent avoir , ils rappellent l'action ou l'opération qui a mené à cet état ; et s'ils se conjuguent avec être , ils se rapportent tout à l'état et nullement au fait. Les propositions dans lesquelles entre avoir sont propres à représenter le sujet comme étant devenu dans et pendant tel temps , successivement , progressivement , de telle manière et par tel moyen , ce qu'il est. Celles où le même participe est composé avec être sont simplement énonciatives d'une qualité , et signifient simplement que le sujet est ou se trouve ce qu'il est , sans autre indication , si ce n'est quelquefois celle du degré. — « Vous avef disparu comme un éclair. » J. J. « Maintenant ma première ftme est disparue, et je suis animé de celle que tu m'as donnée. » Id. — < Les mcBurs et l'état de tout le corps de la nation ont changé

SYNONYMES QUI ONT LE MÊME RADICAL

(fâg» en âge.> Vém. m Quand notre langue sera éaaiée^ le dictionnaire servira à faire entendre ies livres dignes de la postérité. » In. « Cet kamme est changé à ne pas le reconnaître. » AcAn. - > Depuis qu'il a perdu son libertin de fils aîné , .ta sais comment tout a ehcmgé pour nous.» Beâqh. On dirait : tu sais comme ou combien (Vàui.) cette personne ou cette chose est chaaiigit.

Od pourrait aisément appliquer la règle à cbsqoeaemple en particulier, et la justifier par de fidfflbreuz passages des écrivains les plus acrepuleux sur le choix des mots ; mais la facilite jnème de ce travail nous l'interdit. L'intelli- §sûu du lecteur saura bien y suppléer.

3* Cette distinction conduit à une remarque importante qui n'a encore été faite par aucun grammairien. Si l'action qu'exprime le verbe est telle qu'elle anéantisse le sujet , celui-ci ne pounot plus être qualifié après l'action qui le détruit, le verbe ne devra s'emplojer qu'avec aootr. Si. au contraire , l'ao^ion est très-courte , instantanée , ou que l'état du sujet , après l'événement , soit de nature à préoccuper , on se servira plus volontiers d'^e que d'avoir. Les trois exemples qui suivent rendront la chose évidente.

ATOOl ÈCBAFPÈy ÊTRE ÉCHAPPÉ. On dit également d'un cerf, qui s'est mis hors de la portée des chiens : il a échappé , et il est échappé 9MX chiens.

U leur a échappé peint le fait, révénement; il leur est échappé signifie l'état où la bête se trouve en conséquence. Il leur a échappé ^ c'estidire que, par ses ruses, par ses détours, par la l^èreté de sa course , en un mot par son action , il a évité d'être pris ou saisi par eux ; il kor est échappé ^ c'est-à-dire que, grâce à Faction qui l'a soustrait à leur poursuite , il est daos un état à ne plus craindre cette poursuite. En agissant il a échappé, et, depuis qu'il a échappé j il est échappé. Il en est de même de celai qui a échappé relativement à celui qui est échappé à la mort. U tenait mal sa canne , elle loi a échappé; elle a fait l'action de choir : sa caxme, dont il a besoin , lui est échappée , ramassez-la-lui; elle est dans l'état postérieur à la chute.

Mais voici une autre diflîérence essentielle. Omod vous parlerez d'une chose dite ou faite par imprudence , par indiscrétion , par mégarde , par négligence , servez-vous toujours du verbe être, parce que la chose dite ou faite , subsistant ^»rè3 l'action , est propre à être qualifiée en rai-, wn de cette action.

Ce mot m*est échappé. Volt.

«n vous est échappé deux cruelles lignes contre Bajle. » ID,

Peot-ècre, s! la veiz ne m'eût été coupée , L'affireose vérité me serait échappée, Rac.

Que si vous voulez faire entendre , au contraire , qa'une cbose n'a pas été dite ou faite , quelle qu'en soit la cause , il faudra toujours préférer ewir^ parce que la chose non dite ou non faite ae subostant pas après l'oubU ou l'omission , ou platôt ne subsistant pas , sa production n'ayant pas eu lieu . ne peut pas recevoir de qualification

qui supposerait son existence. Pour être tel ou tel , dans tel ou tel état , il faut d'abord être. J'ai retenu le chant, les vers m'on/ échappé.

J. B. Boiiss£AU.

c Le véritable sens avait échappé à tous les traducteurs. 9 ACAO. « Jamais il né m'a échappé une seule parole qui pût découvrir le moindre secret. » Fén .

AVOIR PÉRI, ÉTRB PÉRL £tre mort, avoir succombé à une cause de destruction .

Régulièrement, avoir péri donne l'idée de l'événement , du fait qui a amené la cessation de l'existence , de l'époque de ce fait , de sa manière et de ses moyens. « Louis II , roi de Hongrie , avait péri dans les plaines de Mohatz, lorsqu'on 1526, Soliman II couvrait ces plaines de morts. » Volt. Être péri indique l'état qui résulte de l'action de périr , l'état de ce qui a été et n'est plus. Toutefois , et malgré l'exemple de Pascal , de Bossuet , de Lafontaine, de* Mme de Sévigné, de Boileau, de Fénelon , de J. J. Rousseau , l'Académie ne paraît point admettre être péri , pas plus que être expiré dans le sens de Racine , « ce héros expiré , 9 et tout homme de goût répugne à l'employer. La raison en est qu'on a bien de la peine à considérer une chose conope étant telle ou telle , dans tel ou tel état , quand elle n'est plus , quand elle a péri. — On peut expliquer de même , mais en sens opposé , pourquoi , au contraire , on conjugue toujours le verbe tomber avec être. L'état de la chose , après la chute , est trop important pour ne pas nous préoccuper tout entiers : la chute, d'ordinaire instantanée, n'intéresse qu'en raison de l'effet qui en résulte. L'attention se porte d'a'bord et exclusivement sur la chose qui est là , affectée de telle ou telle manière : il Àudrait , pour la considérer à son point de départ et pendant le chemin qu'elle parcourt si vite . une liberté d'esprit dont on est incapable ; on ne la voit qu'à son terme , et telle que l'action l'a faite.

AVOIR PARTI. ÊTRE PARTI. Avoir quitté un lieu , être allé ailleurs.

On dit plus volontiers , il est parti , parce qu'on songe presque toujours à l'état de la personne partie , absente , et aux conséquences de son départ : il est parti , il ne se trouve plus ici , je ne le reverrai plus , il habite un lieu éloigné , il va peut-être tomber malade , etc. Mais on dira bien d'un lièvre , il est parti , et il a parti : il est parti , c'est-à-dire , il n'est plus ici , ne le cherchez plus ici ; il a parti , c'est-à-dire qu'il a pris la fuite , qu'il s'est soustrait aux poursuites , et qu'il est perdu pour le chasseur; ce -qui doit empêcher de le qualifier par la phrase , il est parti. En parlant de la décharge d'une arme à feu , on dira toujours , le coup a parti. «Le fusil anait parti sans que le chasseur y pensât. > S. S. Si on disait le coup est parti , cela signifierait le coup subsiste , se trouve étant parti; mais on ne peut pas le considérer comme ayant telle ou telle qualité , comme étant dans tel ou teliétat, après qu'ft a été anéanti par le départ.

4* Une autre conséquence résulte de la distinction générale. Avec avoir le verbe neutre décrit, raconte, c'est4-dire exprime quelque chose de

PREMIÈRE PARTIR

temporaire et d*accideatel ; avec être il qualifie , c'est-à-dire énonce quelque chose de fixe et de durable. Cette différence est bien sensible dans cwotr cesié et être cessé.

AVOIR CESSÉ, AtrE CESSÉ. Ne plus agir, ne plus se faire sentir.

Le premier marque un fait , et tout fait est relatif, passager, accidentel; le second, une qualité , et toute qualité est plus ou moins permanente. De Ut, entre ces deux expressions ime différence particulière , outre celle qui est commune à tous les synonymes de cette classe. Condillac l'a bien saisie , mais ne l'a pas bien expliquée. Quand on dit : la fièvre a cessé, on présume qu'elle reviendra, on a au moins tout lieu de le craindre. La fièvre a cessé signifie donc qu'elle a cessé momentanément , qu'elle a cessé d'agir pour recommencer. « La fièvre lui a duré continue pendant trois ou quatre jours , et puis a ussé : puis il est venu un redoublement que nous ne croyons pas dangereux, s Lap. Mais, quand on dit : la fièvre est cessée , c'est qu'on juge qu'elle ne reviendra pas; cessée est un adjectif, comme le prouve son accord avec le sujet, et c'est pourquoi il représente la cessation comme un état ou une qiAlité , c'est-à-dire comme quelque chose de durable et non comme un accident. « Le fléau de la contagion qui désolait nos provinces est enfin cessé. Miss.

Où sonl-iJs ces maris? La race en •steéuée, Laf.

5* Malgré la différence réelle reconnue en commençant entre deux espèces de verbes neutres , signifiant , les uns que le sujet fait l'action qui le met dans un nouvel état, et les autres qu'il la subit, ils ont pourtant cela de commun, qu'ils marquent une action d'où résulte un état; et ce qui fait qu'ils se conjuguent avec anoir ou avec être , c'est principalement qu'on se propose en les employant , ou bien de rappeler l'action , ou bien d'arrêter l'esprit sur l'état.

Mais deux verbeft neutres, demewrer et tester^ se tenir ou s'arrêter en certain lieu , pendant un certain temps, expriment essentiellement l'état. Les locutions synonymiques ovotr et être demeuré ou resté ne peuvent donc pas différer en ce que la première désignerait une action et la seconde un état.

Il faut 86 rappeler ici le second caractère distinctif des deux auxiliaires : a/voir n'est pas seulement réservé pour l'actif, mais aussi pour le passé ; et être est tout ensemble significatif de l'état et relatif au présent. En conséquence , avoir demeuré ou resté désignera l'état comme un fait dans le passé ; être demeuré ou resté le désignera comme une qualité possédée dans le présent. Avec avoir, on fera entendre que le sujet n'est plus dans le lieu dont il est question, quil n*y était plus ou qu'il n'y sera plus à l'époque dont 11 s'agit; et avec être , on exprimera que le sujet est encore au lieu dont il est question , qu'il y était encore , ou gyL*û y sera à l'époque dont il s'agit. — J. J, Rousseau dit, en parlant de deux envois qu'il a reçus : cIU otil demeura très-longtemps en route. » Et ailleurs : « Les premiers traits qui se sont gravés dans ma tête y sont demeurés.»— De même , Fénelon fait dire à Télémaque devant Calypso :

« rai demeuré captif en Egypte comme Phénicien. » Et ailleurs il dit : « L'école d'Épicure eit demeurée perpétuellement dans une égale splendeur.»— «Quel temps cmex-wms demeuré en An-gleterreT » Mol. , se demande à un homme qui n'est plus en Angleterre. Mais si , revenu d'Angleterre , J'y ai laissé un ami , je dirai , il erf demeuré en Angleterre , pour tel ou tel motif, dans telle ou telle intention.

Du reste , ce double point de vue convient aussi quelquefois aux verbes neutres qui marquent action. Dire qu'une personne a sorti , c'est supposer qu'elle est rentrée , ce qui n'est pas supposé dans elle est sortie.

C'est aussi de cette manière et pour la même raison qu'on doit distinguer les deux expressions, cwoir été quelque part, et y être allé. Qui a été dans un lieu en est revenu ou sorti ; qui y est allé , s'y trouve encore. « Tous ceux qui ont été à Rome n'en sont pas meilleurs : tous ceux qui sont allés k la guerre n'en reviendront pas. Lucinde a été au sermon, et n'en est pas devenue plus charitable pour sa voisine. Géphise eH Mée à l'église , où elle sera moins occupée de Dieu que de son amant. » Gib. *

StNOHTIlII DIS AnVBRBBS It DBS FHBASlt ÀDVBBBlÀLBS.

Sagement , wœc sagesse; littéralement , à la lettre; abondamment , en abondance; forcément , de ou par force. — Aveuglément^ à Va/oeugU; vàKnement, en vam, — Sottement, en soU EU.

L'adverbe est du nombre des mots que les dic« tionnaires définissent toujours par des locutions prétendues synonymes , c'est-à-dire en apparence équivalentes et plus ou moins différentes en réalité. Jamais il n'y a parfaite identité entre l'adverbe et son explication; défaut de justesse inévitable , mais de grande conséquence , parce que l'explication étant souvent aussi usitée que l'adverbe lui-même, il en résulte pour celui qui parle ou écrit, indécision, embarras. C'est au synonymiste à lever toute difQculté.

La seule règle de distinction vraiment générale et applicable à tous les exemples se tire du rôle grammatical de l'adverbe. Il accompagne toujours le verbe, comme l'adjectif le substantif. Aussi existe-t-il entre l'adverbe et le verbe une espèce d'affinité ou d'alliance intime : l'adverbe prend la livrée du verbe , il se teint de ses couleurs, il participe de ses diversee nuances, n rappelle une action et un agent; il exprime un fait ou quelque chose d'effectif, quelque chose qui se passe , et il a un certain rapport à un sujet qui agit; ou, pour le dire en termes trèsabstraits , mais précis , il est marqué d'un caractère de phénoménalité ou de contingence et d'un caractère de subjectivité.

Mais la différence que cette règle peut servir A faire trouver entre l'adverbe et la phrase adverbiale n'est pas la seule ou est la seule qu'il y ait , suivant que, de son cMé, la phrase adverbiale est telle ou teUe. De là la nécessité de distinguer plnsieun cas, eu égard à la nature de la phrase adverbiale , U nécessité par conséquent de partager en

SYNONYMES 001 ONT LE MME RADICAL

pMrart BltiMii lit tyiMiiiyiiies protmiant de la companifloii de l'adrerbe avec son explication.

La phiaie adTerblale se compose toqjours d'une fiéçoàtiaa et d'ua aubstantif. Mais ce substantif o'en pea toujoura du m6me genre. Tantôt c'est miubstantif abstrait (sagement, avec sagêMtê; btlènUment , à U lettre; abondamment , en obondoMCjforeéme&t, de ou par fbrce); tantdt c'est tm tdieetir pris subftantiTement (aveuglément, à FesMfIr; vainement , en vain) ; et tantât c'est un sobtiatir qualificatif (sottement, en sot; béroiqwKot, en héroêy etc.).

Or, la nature du substantif, contenu dans la pfaisa adrerbiale , parait être la seule chose importante à considérer du oAté de celle-ci , pour B déterminer l'opposition avec l'adYerbe. Donc, ponqa'il peut entrer dans la phrase adverbiale trais difiérentes aortea de substantifs, il faut, dam trois articles séparés, mettre l'adverbe en apport avec chacnne des trois espèces de phrases aèrertnales que ces substantifs servent à composer. AdveriM et phrase adverbiale substantive; adverbe et plwase adverbiale adjective; adverbe H phrue adrerbiale substantive-qualificative; ToSi les trois titres aous lesquels le sujet doit être SQcceasivement examiné.

$ I. Àiinerbê el phrase odocrUale fubilanttsa.

l*Lâ phrase adverbiale étant composée â*an subâtaottf abattait et de la prépoaltlon avec. Sagement, apee «ffeu» ; kmmiétneiu, avec hautetgrf modérément, omc <i foHmmeni, etpêo forée f nMement, aieee demmmU ^ emee ëntenrg paeeùmnèmmU , fosgUmf eoi^meutement ^ aeee eoi»i attenùve^ tf evec attentwmi cgrtamemsnt^ weo certUuJe*

I/aboid k règle de distinction indiquée cideasQs coonne pouvant être employée dans tous les cas oè il est question de mettre une différence entre un adverbe et une phrase adverbiale quelle qn'dle soit, trouve ici son application naturelle et conduit à un résultat aussi clair que certain. L'adverbe est pour le verbe ce qu'est l'adjectif pour le substantif, n s'y ajoute et le qualifie. De cette conoomitance habituelle naît pour l'adverbe, relativement au verbe, une certaine analagiede signification : c'est d'ordinaire un caractère de subjectivité par lequel l'adverbe se npporte toujours en quelque manière au sujet de Taction. La phrase adverbiale, au contraire, est de sa nature objective, c'est-à-dire relative à la chose et modificative de la chose.

Ainsi , pour nous faire comprendre immédiate- Bient par un exemple, un plan sagettieni combiné donne une haute idée du mérite de son autev; un plan combiné avec Mogeoê fait entendre ^ les moyens y sont bien adaptés aux fins. Vous tMi sofeaieiil fait de quitter cette société; je voos en loue : ses mesures étaient prises anee safsae; fennemi ne pouvait guère échapper. — Féoelon a bien senti cette différence dans le pas- ■ge suivant : c On a donné souvent aux Romains on discours trop fastueux : ils pensaient haute- Mnf, mais ils parlaient avec modérati&n, » JfojérémetU formerait un contre-sens , car il s'agit ici des Romains considérés objectivement , dans tel discours, par rapport à une qualité exté-

rlenre qui n'oblige pdnt à porter l'attention sur eux-mêmes. Cet écrivain dit encore , au sujet de J. B. Rousseau : < Il pense hautement : il peint bien et avec forée, * Voltaire a dit de même : < Cet avocat me parait un homme de mérite qui pense ëogemetU et qui agit avec noblêue, »

Ba conséquence, on devra dire plutôt aimer (AcAo.) , aspirer ou soupirer (J.J .) , désirer (Fén .) , demander (In.) , vouloir (In.) , arâemmetU , et courir (Boss.), chasser (Fin.), suivre quelqu'un (Id.), chercher quelque chose (n'Ao.), disputer (S. S.) ou se battre oves ardeur : là le sujet seul est en scène avec ses sentiments intimes ; ici on en considère les actions, la conduite extérieure. — cil doit, au fond de son cœur, désirer ardeinmenl l'expulsion de ses durs maîtres. » J. i. « Je cours , je monte avec ardeur ^ je m'élance sur les rochers , etc.« In.— « Je désire ardemment , A mon Dieu , de jouir devons et de vous voir.... 0 moment heureux oui... Courons*y avec ardeur. 9 Boss.

Même différence entre passionnémeiU et a/vec patiicn. L'adverbe arrête les regards sur le sujet seul : la phrase adverbiale , au contraire. < Les sauvages de l'Afrique aiment peuitonni^mefit la danse et les instruments de musique.» Montesq. C'est une qualité envisagée dans le sujet. « Si j'ai daim, je cherche eeeepostton la nourriture nécessaire. » Boss. Il s'agit ici d'une affection considérée hors du SD^et , dana ses actions. On dit aimer (Montsso. , Boss. , Fén.), désirer (Roll.), souhaiter (Boss., Les.) paitûmn^menl, et ag^ (Boss. , Pasc.) ou parler (Feu.) avee pattion.

On a mis beaucoup de soin à faire ce qui est eoigneusement fait; ce qui estfkit avec sotnest soigné : d'une part, la pensée se tourne vers le sujet; de l'autre, elle se porte vers l'objet. «BUe me conjura que le secret fûtsot'ijfneiisemenl gardé. » J. J. < Ces vins n'ont d'autre façon que d'être recueillis OMC soin. * ID. On est soigneux de garder ce qu'on garde soigneu$ement; ce qu'on garde avec soin ne reçoit pas de dommage.

Le rapport est le même entre attentivement et avec attention : celui qui écoute ou examine aU tentivement est attentif; celui qui écoute ou exa^ mine avec attention ne perd rien; rien ne lui échappe.— « Je prêtai l'oreille attentivement. » J. J. « Prêter l'oreille au dedans, c'est écouter attentivement. % Boss. — « Je demande en grâce qu'on me relise avee attention. » J. J. c Vous le comprendrez aisément , si vous considérez avee ai^ temion comme Dieu parle différemment dans son Ecriture, s Boss.

Qu'on rapproche l'adverlM certainement de la locution adverbiale synonyme avec certitude, on trouvera sans difficulté de l'un à l'autre la même différence. La subjectivité frappe tout d'abord dans certainement; c'est un terme affirmatif par lequel le sujet expose sa conviction . et l'autorité qu'il veut donner à son discours par son témoignage, plutôt que les raisons qu'il peut avoir d'assurer ou d'affirmer; avec certitude^ au contraire, est tout objectif, il se rapporte aux raisons qu'on a de croire et de dire une chose comme ceruine. A la rigueur même , il n'y a pas de sy* nonymie entre les deux expressions : Tune est toute relative au sujet, et signifie auwrémêni;

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