‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 83 sur 444 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

mmt et m sage^ aveuglément et en aveugle y et ainsi des autres?

Il est à remarquer d'abord que Tadverbe , quoiqu'il soit de la même famille que le substantif de la phrase adverbiale , a passé par Tadjectif dont il a dû prendre les nuances. Gela est évident pour les adverbes héroïquement, philosophiquement, fraternellement, amicalement, comparés aux substantifs des phrases adverbiales, en héros, en philosophe , en frère , en ami. Quelquefois , il est vrai , et l'advexbe et le substantif paraissent venir ou plutôt viennent réellement de Tadjectif qui leur correspond. Exemples : Sagement, en sage; saintement, en saint; aveuglément, en aveugle; lâchement, en lâche. Alors, comme toujours, il y a dans la signification de Tadverbe quelque chose qui rappelle son origine ; ce qui n'a pas lieu pour le substantif. En général, Tadverbe n'existe pas par lui-même , mais en rapport nécessaire avec l'adjectif dont toujours il dérive. Il n'en est pas de même du substantif, partie du discours de sa nature indépendante. De là il suit que l'adverbe n'a pas la même plénitude de signification que la locution adverbiale , parce qu'il a subi l'influence ordinairement atténuative de l'adjectif. En héros , en sage , en sot, signifient , comme le héros , le sage, le sot, comme le type accompli de l'héroïsme , de la sagesse , de la sottise , c'est-à-dire héroïquement, sagement, sottement, d'une manière pleine et absolue. Mais héroïquement , sagement , sottement reviennent à , d'une manière qui tient de l'héroïsme , de la sagesse , de la sottise , qui y a rapport , qui en donne simplement l'idée. Se conduire co^atiéremeta , c'est se conduire d'une manière cavalière , qui tient du cavalier , lequel est quelquefois , et sous certains rapports , brusque et hautain : c'est là , en effet , le sens de l'adjectif. En cavalier suggère l'idée du cavalier tout entier , telle qu'elle est exprimée par le substantif, et non une idée partielle , relative , approximative , comme celle que désigne l'adjectif. Ainsi , le sens ^de l'adverbe correspond exactement à celui de l'adjectif qui l'engendre , et de plus , comme l'adjectif a la propriété de se placer avant le substantif, l'adverbe, en cela différent delà phrase adverbiale , a celle de se placer avant le verbe , ce qui modifie et l'adjectif et l'adverbe de telle sorte qu'ils deviennent des expressions plus indéterminées , plus éloignées de la signification native et rigoureuse , expressions qu'on emploie sans conséquence et sans en bien peser la valeur '.

D'autre part , il importe de considérer dans l'adverbe un des caractères qu'il tient de son rapport avec le verbe , c'est-à-dire , non pas celui de la subjectivité dont il ne peut être question ici, puisqu'il lui est commun avec la phrase adverbiale substantive-qualiflcative, mais celui de la

4, La phrase adverbiale BubstaniiTe ressemble sont ce rapport à la phrase adverbiale sobsunlive^ qualiflcalive. La locoUon awe sagesse, par eiemple, diffère aussi de sagement par la rigueur et la précision avec lesquelles elle rappelle l'idée radicale. Mais la locution en sage, outre qu'elle est subjectiTe, ce qui la distingue déjà d'avec sagesse, exprime la qualité dans le sujet, non pas seulement à la rifnear, mais pletaMment. Se eondiiire sagêmem^ c'est

phénoménalité ou de la contingence. A celui qui se conduit sagement, oMvglément, sottement, il arrive de se conduire ainsi ; c'est un fait , quelque chose d'accidentel et de passager : celui qui se conduit en sage , en aveugle , en sot, est un sage , un aveugle , un sot ; c'est en lui une qualité portée au plus haut point et permanente. « Ce médecin suivait en aveugle les règles des anciens. 9 Les, « Gatinat reçut cette mortification en philosophe , et fit admirer sa modération et sa vertu. 9 S. S.

Donc enfin ce qui distingue dans tous les cas la phrase adverbiale substantive-qualificative , c'est la plénitude et la constance de la qualité qu'elle représente comme possédée par le sujet.

stuontkib des bxprbssioiis qdi ne diffèrent

QUE FAK l'ordre DES MOTS.

Savant homme , homme savant. HdbUe ouvrier , ouvrier habile. Véritable ami, ami véritable. Tendres regards, regards tendres. Etc. Maltraiter, traiter mal. Mal parler, parler mal. Mal interpréter , interpréter mal. Mal mener , mener mcà. Bien ou mal faire, faire bien ou mal. Surveiller , veiUer sur.

Dans certaines langues , l'adjectif occupe , par rapport au substantif, une place invariable. En allemand et en anglais , par exemple , il se met toujours avant. Il n'en est pas de même en français : des adjectifs y précèdent constamment les noms qu'ils qualifient, tandis que d'autres, et ce sont les plus nombreux , doivent les suivre dans tous les cas. Ainsi nous disons : hd^ile avocat , cher ami ^ bonne personne , hautes pensées, dure nécessité , etc. ; d'un autre côté , lettre anonyme , habit rouge , xone torride , homme aUier , intrépide, inébranlable, absurde; affaire grave, lieu charmant. Auxquels convient-il d'accorder la première place et auxquels la seconde? Il faut consulter, pour le savoir, l'usage, l'oreille et les dictionnaires ; ceux-ci , quand ils sont bien faits et remplis d'exemples choisis avec discernement, peuvent fournir sur ce point d'utiles instructions.

Mais , outre ces adjectifs qui n'ont qu'une place déterminée , les uns avant, les autres après leurs substantifs , il en existe dans notre langue toute une classe qui ont le privilège de se mettre tantôt avant , tantôt après. Nous disons également : servant homme, homme savant; habile ouvrier^ ouvrier habile; véritable ami, ami véritable; tendres regards , regards tendres; suprême inteUigenee, intelligence suprême ; profond savoir, savoir profond; malheureuse affaire , affaire malheureuse; magnifique appartement, appartement magnifique; absurde système, système absurde; accablante nouvelle , nouveUei accablante; éPar-

se eonâuire d'une manière sage , d'une manière qui tient de la sagesse ; se conduire avec sagesse et en sage, c'est faire preuve d'une Térilable sagesse. Toutefois avec sagesse fait cousidérer cette qualité dans les effets , dans les œuvres , et en sage la représente dans l'agent ; ensuite, si en sage ne reproduit pas mieux , avec plus de force, l'idée de sagesse, il la reproduit à on plus haut degré , il l'exprime dans le st^et comme étant parteite, accomplie.

SYNONYMES QUI ONT LE MfiME BADICAL.

dbtff dirin^ du dénn ardmift; cékitê hanté^ kmié cûaU I etc. Or , la position de ces adjectifs devant ou après les substantifs importe si fort, qu'elle produit quelquefois deux sens , deux locutions tout à lait différentes, comme grosse femme et femme jntse , grand homme et homme 0f and , «nique teUeniet tàbleam unique; c'est naturellement snx djctionnadres à signaler ces variations eonsidénbies dans la Taleur des termes suivant leur place respectiTe. Vais d'autres fois , comme 00 ipa déjà le remarquer par les exemples, kêmme tatûnt , scknuU homme; habile ouvrier ^ enrier habile, etc., la manière de placer l'adjectif parait indifférente, tant est légère et peu apparaite la modification qu'elle apporte dans ildée concurremment exprimée par l'adjectif et par le nom auquel il est joint. C'est alors aux synoopoistes à indiquer en quoi consiste cette modifioiion , à la faire sentir , à la mettre en lumière , et i établir une règle générale qui guide sûrement àsxa le choix du rang qu'il convient de donner à l'adjectif dans telle ou telle circonstance. C'est ce que nous allons essayer de £aire en nous aidant des obserrations de Roubaud.

I* VmijtÊt^ firèpoêi exprimm une qualification ëssattidle, mrmctéristifme g e^mt km èpithète de na- 'wr. Vmditeti/ poUposé exprimé une qualijteaiion tteeeueire^ aecidenteilej c'est une épithite de cir-

En mettant l'adjectif avant le substantif, nous lesunissons si étroitement, qu'ils s'identifient en quelque sorte et deviennent comme inséparables , la chose ne se concevant plus sans sa qualité. Dans le tawuU homme , vous considérez surtout et vous présentez l'homme comme soMint; sa science £ut corps avec lui , fait partie de sa substance. Au contraire, l'adjectif postposé n'est jamais au substantif que comme l'accident à l'égard de la substance; son idée n'est que secondaire , indicative. Bans l'homme savant , vous remarquez et faites remarquer la science comme un fait, et non tomme une qualité inhérente à sa personne. Le «ovaiu homme est constitué savant, Vhommesatant est reconnu savant ; un savant homme est un nrant, un homme savant n'est que savant.

lorsque les consuls romains avaient eu des sucées, leurs soldats les saluaient empereurs; et si le sénat leur confirmait ce titre, ils pouvaient te flatter d'obtenir le triomphe. Mais dès qu'ils aràient triomphé , ils perdaient le titre d'emperncr ainsi que le commandement. Or ce titre , qui n'était que passager dans les consuls , devint perpétuel dans César , et on y ajouta , pour prérogative , qu'il disposerait de toutes les armées avec on pouvoir absolu. Pour étendre ainsi la signification du mot , on le mit devant et non plus après le nom du prince , et on dit : Imperoior C. /. Ca?mr, au lieu de dire, comme on avait fait jusqu'alors, C. /. Ciuar imper<Uor (Conn.).

La science du semant homme tient à lui , est incorporée à lui , parce que , dans le langage , l'adjectif soeani, placé avant homme ^ se fond avec loi et devient partie de lui-même; ce n'est plus fu'm seul mot composé. En effet, comment se

sont formés tant de mots composés d'un adjectif et d'un substantif, encore bien distingués l'un de l'autre , tels que petit^maitre , penCtthomme , sagefemme ^ si ce n'est parce que la position des adjectifs les rendait caractéristiques et singulièrement propres à faire corps avec le substantif? Et n'est-ce pas à cause de l'union intime établie par la seule position de l'adjectif entre lui et le substantif, qu'on se permet de les envisager et de lea traiter comme une seule expression complexe en les faisant précéder ou suivre d'un nouvel adjectif : parfait honnête homme (Rac.); l'honneur qu'on nous rend pour de véritables actions vertueuses (Boss.) ; le vrai honn^ homme (Larocb.); cepauvre honnête homme , infortuné grand homme (Volt.); ce grand homme tee, un savant homme aimable? Au contraire , la science de Y homme sa* vont ne lui est qu'ajoutée ; c'est une qualité particulière qui s'en détache aisément , et qui n'indique pas l'idée principale et prédominante qu'on se fait de lui.

Si, dans le courant d'un discours, je veux caractériser d'un seul mot Démosthène , je l'appelle un éloquent orateur; je l'appellerai orateur éloquent , si mon dessein est de détailler ses qualités particulières , si son éloquence est l'une des faces sous lesquelles je le présente successivement. — On est habile homme en général, absolument, sous tous les rapports. « On dit que le président de Novion est habile homme. » ¥iv. « Aristota fut le premier philosophe de son temps et le plus habile homme qui ait jamais été. » Roll. Dans l'occasion on agit en homme habile. « Octave se conduisit avec Cicéron en homme habile : il le flatta, le loua, le consulta. » Montbsq. «Molière se conduisit en homme habile (pour faire jouer avec succès le Jfisanihrope). » Lan.

Dites d'un homme que c'est un saivant homme ^ d'un ouvrage que c'est un excellent ouvrage, d'un chrétien que c'est un parfait chrétien , voua n'avez plus rien à ajouter , et en eflfet on igoute rùrement d'autres qualifications à celles-là , i>arce qu'où a déjà fait connaître du sujet sa qualité essentielle et fondamentale. Mais on dira bien , c'est un homme savant^ généreux, poli : c'est un ouvrage excellent, profond, lumineux : c'est un chr^UenfMir/ait, tolérant, sociable, instruit.

a* L'adjectif préposé exprime une qualification déjà établie, connue, incontestée; il est analytique. Postposé, il exprime une qualification nouvelle^ une union d'idées faite a l'instant mime; U est tjn^ thétique.

Les connaissances que noua possédons et lea jugements que nous portons sont de deux sortes , les uns analytiques , les autres synthétiques , les uns par lesquels nous développons ce que nous savons , nous tirons d'un concept ce qui y est contenu , les autres par lesquels nous ajoutons à ce que nous savons ce que nous apprenons; ou bien , en considérant la chose , non pas relativement à nous , mais relativement à ceux à qui nous parlons , les ims par lesquels nous énonçons ce qui est su ou connu , nous nous exprimons en gens qui savent, s'adressent à des gens qui savent, et

lOt

PREMIERB PARTIE :

1m antres par laatiaels nous énonçons qnelqne chose d'intellectuellement nouveau que nous faisons savoir ou connaître , nous nous exprimons en gens qui viennent d'apprendre , s'adressant à des gens qui ignorent. Or, la locution composée d'un adjectif qui précède et d'un substantif qui suit j convient particulièrement dans les propositions analytiques , au lieu que la même locution , ses termes étant intervertis , s^emploie mieux dans les propositions synthétiques. Un passage de Roubaud que nous nous bornons à citer peut servir ici d'éclaircissement et de justification.

« Lorsque vous dites un $avant homme , vous supposeg que cet homme est savant; et lorsque vous dites un homme savant, vous cwnirex qu'il l'est. Dans le premier cas, vous lui donnez la qualification par laquelle il est distingué; dans le second, celle par laquelle vous voulez le foire distinguer. Là, sa science est hors de doute; ici, vous voulez la foire connaître.

« Si im homme est renommé par sa science , ou si vous venez de parler de sa science éminente , vous direz plutôt ce savant homme; sinon , vous direz plutdt cet homme tarant ou qui est savant. Après que vous avez parlé des émotions qu'une mère éprouve à la vue de son enfant , vous direz ses fendres regards plutôt que ses regards tendres: les regards d'une mère émue sont nécessairement tendres , et c'est ce que vous exprimez par de tendres regards; mais lorsque la qualité des regards n'est point déterminée, vous la distinguez en mettant après le sujet l'épithète de tendres. Vous allez raconter une afjpaLire malheureuse; et , après le récit, vous dites, voilà une matheureuse affaire. Dans la première position, le substantif précédé l'adjectif par la raison qu'il est naturel que le sujet soit annoncé avant sa qualité, le principal avant l'accessoire; l'esprit reste d'abord en suspens sur la nature de l'affaire : dans la seconde position, l'adjectif précède le subsUntif, parce que l'esprit est déjà instruit et décidé sur la nature de l'objet et qye les deux idées sont déjà indissolublement liées ensemble; et que si la qualification suivait le sujet, elle paraîtrait oiseuse et lâche , à moins que vous n'y ajoutassiez une modification, voilà, par exemple, une afiaire bien malheureuse^ ce qui présenterait une idée nouvelle d'estimation. >

s* L'adjêctif pr^ifosé qualifie cPmne manière pleine , entière^ acoompUe^ «C, postposé , d'une manière vive et taillante.

En donnant le premier rang à l'adjectif, nous le fondons , pour ainsi dire , avec le substantif, si bien que la qualité devient substantielle, et, pour lui ôter toute idée d'accidence , nous ne lui laissons , non plus qu'à la substance , aucune détermination, soit quant à l'étendue, soit quant au degré. En terminant par lui, nous le mettons plus en relief, nous le rendons plus frappant, plus saisissant. Là , la qualité est achevée , portée au comble, on ne peut plus rien y ajouter; ici, comme la dernière impression est toujours la plus forte , Ut qualité produit souvent plus d'effet, est plus expressive et se fait plus vivement sentir. Là, elloiest entière , mais en quelque sorte intrin-

sèque; id, elle est extrinsèque et plus remarquable *.

Un exceUênt firuit est parfoit ; un fruit evceUent produit une sensation plus douce. tJn tendre regard est un regard tel que ceux qu'on appelle ordinairement de ce nom; un regarà tendre flatte davantage, parce qu'il est spécialement tendre. H y a bien plus de force dans un tombât sanglant que dans un sanglant eomn &a(, la dernière expression ne réveillaiit qu'une idée commune sans rien mettre de particulier sous les yeux. De même, hwrible aspect, affreux séjour, triste accident, maXheareuse aventure, fdcheuse affaire vous font distinguer l'espèce d'aspect, de séjour, etc., car il y a des aspects attrayants, des séjours agréables; mais ce sont là des locutions toutes faites dont on se sert sans conséquence; et en disant un aspect horrible, un s^'our affreux, vous appuyez , bon gré , mal gré , sur le dernier mot, dont l'idée vous émeut davantage : c'est un aspect particulièrement horrible , un séjour particulièrement affreux. Un cruel homme est un homme ennuyeux, importun; un homme cruel est un homme inhumain , insensible, qui aime à faire ou à voir souffrir.

La raison de cette règle réside dans une règle plus générale : c'est que, dans les substantifs composés, le premier mot perd de sa force et s'efface en partie. En allemand, avec les deux mots Oel , huile , et Baum , arbre , on forme deux substantifs composés , l'un signifiant huile d'olive , Baumôlt et l'autre olivier, Oelhaum. Un étranger a peine à se rappeler lequel des deux exprime l'arbre , et lequel le fruit; une simple obsenratioa peut le tirer d'embarras : celui-là exprime le fruit, dans lequel le fruit est indiqué le dernier, BaumÔl; et celui-là Tarbre, dans lequel le mot arbre se montre en dernier lieu, Oelbaum. Quant à la première partie du mot complexe , elle reste , pour ainsi dire, dans l'ombre. De même dans nos mots composés, venus du grec, philosophe, logo^ machie, et dans ceux qui sont tout français, pe- M-maitre , sage-femme , c'est le dernier élémùsn^ qui attire principalement l'attention.

4* Avant le substantif, Vadject fualjfie d'une manière absolue f après, d une manière^relati^,

A vrai dire, l'adjectif précédant le substantif ne jouit de cette plénitude de signification, qui !•

4. Les participes passés pris adiiectivement se mettent toujQurs après le sabstaniif: enthni chéri ^ jage éclairé, censeur instruit, prophète inseiré. Cest qu'il est de leur naiare (voy. p. S6 ) a'exprimer une qualité sur? enue, acquise, résultant d'Une modification accidentelle, qualité saillsaie et qui attire pariiculièremeat l'attention.

c U. le Prince, dit Voltaire, est toujours appelé le grand Condé.... Si on l'aTait nommé Coudé lo grand, ce titre ne lui fût pas demeuré. » Le grand^ mis après le substantif, eût trop fait saillir la qualité exprimée par ce mot. C'est à cause de cela qu'on n« permet cette disposition du mot qu'à l'égard des rois : Louis le -Grand , Alexandre le Grand. Pour les particulieri tout ce qu'on peut accorder , c'est de dire le grand un tel. « On a dit le grand Condé , le grand Golbert, le grand Corneille, comme on a dit Louis le Grand, »

STNONTMES QUI ONT LE MtME RADICAL.

distÎBSii», qa0 pavte qa'il m prend tlors ab* solument, «'Mt-à-dire indépendamment de tout rapport partieulier , abstraction faite de toute détennination , de toute spéoifieation. C'est là ce qui le rend propre à exprimer la qualité constante , kabitoeUe, à signifier que l'objet est tel ou tel de tom peint; tandis que, placé après le substantif, il exprine la même qualité comme partielle , ac^ cidcstaOe, passagère. Différence tranchante et fèeoadt, surtout quand les deux locutions ne se coDsidènntpas sous le point de rue de la force, par npfxat i l'effet que produit sur nous le sujet qusr lÂ, mais seulement par rapport à leur étendue, le jscsnf homme Test absolument, a de ptaées connaissances en tout genre; Vhomme fMsaf'ne l'est que relatÎTement k une science dans laquelle il est versé; et de là Tient que cette Pocstion est beaucoup plus propre que la précédente à reeeroir des déterminations ultérieures : àonaie soeonl en histoire, en mathématiques; owrùr habile dans la menuiserie , pour la confection de certains meubles; opporlemenl mo- 01U/I41M par raznsublement, les ornements, les tanturei. Bn un mot , le* «ovanl homme l'est sebatantÎTement en quelque sorte , il possède la scisocs ou le saroir; et Vhomme iawmi ne l'est qa'aoàdentellement, il a du saToir ou de la science. L'ouvrier habile a de l'habileté dans sa partie; Vhabile ouvrier peut exécuter habilement tout ee qui se rapporte à son art, même trouver <fes perfectionnements , même concevoir des procédés nouveaux. Un appa/rtewanî magnifique ne fsst qu'à certains égards : ou il ne l'est qu'aux ynix de celui qui le juge tel, ou il doit son écbàt à des décorations DÎites spécialement pour une occasion; ma^ifique appartemeni donne l'idée d'embeUiÎMements plus durables, plus solides, plus essentiels, tenant plus à l'édifice même, à sa omstruction, à sa hauteur, à sa grandeur en tous sens. Un ami tous a rendu un service : tous dites qu'il s'est comporté comme un omt véritable, c V. de Kaiserling s'est conduit avec Irroi en senritenr vertueux et auprès du prince en ami véritable. » Volt. Le v^rtfoè^ ami est «tel absohunent, et non relativement à un fait, à quelque chose d'effectif et de déterminé, qui ait eu lieu. « Je fis en cette occasion au delà de oe qu'on pouvait attendre d'un .véritable ami. » DatAv. Un sage fhijoeephe est un sage ou tout près de l'être ; un VhUoMophe eage est encore loin de là , il travaille à y parvenir. Un dévot personnage est un dévot de profession; un personnage dévot ne professe pas la dévotion , quoiqu'il la pratique. La grosseur d'une grosse femme s'étend à tout son corps M dure indéfiniment; la grosseur d'une femme grosse^ c'est-à-dire enceinte, n'est que partielle et accidentelle. La chagrine «ieiUesfe est le eanetère commun de l'âge : un individu a une «ioUesss cfcayrtiie.

•* Ammt k mhHandf^ VaAjetdf ^ifiê ptmtSt fnaê mamère a^traitâ et «1 t'iloirnani au sens fnfrti aprJtst <' qualifie plutôt a'une manière timaite et en restant plus près du sens primitif,

9l,plaoé avant le substantif, l'adjectif est significatif de l'essence , analytique et absolu , il ne peut

pas nt pas être abstrait, ne pas repréoente» quelque chose d'idéal , car ces caractères ne conviennent à aucune qualité réelle. Les exemples confirment pleinement cette conclusion.

Dans un sevA homme, un unique tobteu , seul et unique sont abstraits et purement numériques ; on les oppose à plusieurs. « Un homme iné^pd n'est pas un seul homme , ce^sont plusieurs. > Labr. « Un seul homme suffit pour peupler toute La terre. > Boas, c L'homme orgueilleux qui a tant de possessions, ne peutplusseeompterpouruneeuifcomme.sin. Dans un ftomme seul , un lodleau unique , seul et unique prennent une valeur plus concrète et plus réelle. D'une part, un homme seul est un homme isolé , sans société , réduit à lui-même. « On trouve une grande utilité dans l'union ; si l'un tombe , l'autre le soutient. Deux hommes reposés dans un même lieu se réchauffent mutuellement : qu'y a-t-il de plus 'fh)id qu'un homme seulf » Boss. « Qu'un homme seul , sans livre et sans aucun secours des lumières communiquées , parvienne à devenir de lui-même un très-médiocre botaniste, c'est une assertion ridicule à faire. > JT. J. « Le renne se défend d'un louip seul. » Borr. D'autre part, un tableau unique n'est pas comparable à d'autres, on n'en trouverait pas un qui le valût.

Le véritable ami est une sorte de type ou d'idéal de l'amitié; un vérilable ami s'y conforme. Un habile homme sait se tirer d'embarras , d'un mauvais pas, sait manier l'intrigue; un homme hobils est plutôt un homme adtoit , qui a de la dextérité , au propre. Un parfait imbécile, un pairfait coquin se disent tous les Jours; déplacez l'adjectif, c'est-à-dire , rendez-lui son sens propre, il y aura contradiction dans les termes.

Qu'on parcoure toutes les locutions di/P^irentef (et non pas les différentes locutions) * qui contiennent le même adjectif, mais placé ici avant, là après le substantif, on trouvera toujours à la locution où l'adjectif précède un caractère d'abstraction et d'idéalité, une valeur plus éloignée de la valeur réelle et fondamentale. 4Jnfaureeitt furieux est en furie ; un furieux faureau est d'une grandeur énorme. Dans pays pîai se trouve l'idée première de platitude , d'infériorité physique : paye plat, pays de plaines, par opposition aux pays de montagnes, e Ordinairement Je trouve à douter en ce que le commentaire n'a daigné toucher : Je bronche plus volontiers en pays plat', comme certains chevaux que Je connais , qui choppent plus souvent en chemin uni. » Mowtaiou . « Il se peut que les pays montagneux aient éprouvé par les volcans et les secousses de la terre autant de changementa que les poyf plots. » Volt. Dans pM

I. Différentes ou diverses ^oses signifient simplement plualean choses. < On trouve en plusieurs endroits des sources d'eaux chaudes, des agates et différentes pierres précieuses. » Bastk. « Terpan«re eomposa pour divers Instraments del airs qui servirent de modèles. » Id. — Des choses différentes on diverses sont des choses bien disUactes ou éloignées les unes des autres, opposées ou niême qoi se oombaltenl. « Les dieux proposent des avis différents, et les soutienncot avec chaleur. ■ Ba«th. « Les Néréïdes sont toutes distinguées psr des agrémenta divers, » Id. «Des agilalions diverses, » I. J.

PRSMIËRE PARTIE

paii^ te ttoare ridée d'-^ne infériorité abstraite, d'une importance moindre : plot pags signifie la campagne , les villages , par oppositions aux villes. « Il est ix^juste que les riches, les grands, les nobles ne payent point , et les pauvres gens du pUU payé payent tout. » Charr. « Tout le plat pays était conquis, et Famagouste était la seule ville qui ne se fût pas rendue. » Dblaf. « On ne savait alors ni fortifier les frontières ni faire la guerre dans le plat payM. » Volt.

Un homme plaisant platt par des «lanières enjouées ; un plaisant homme ne plaît pas du tout; c'est un homme bizarre, ridicule, singulier. Vhomme grand est d'une grande taille ; le grand homme a un grand mérite moral. Vhomme honnête, conformément à l'idée primitive, a rhonnèteté des maûières et des procédés; Vhonnéte homme a celle des mœurs et de l'ftme. L'homme malhonnête manque de politesse, est incivil, rude, blessant; le malhonnête homme manque à la probité et à l'honneur : « Que celui que j'ai pu offenser sans le vouloir dise de moi que je suis un homme malhonnête , j'y consens ; mais qu'il ne dise pas que je suis un malhonnête homme , car je jure que je le prendrai à partie , et le forcerai à prouver son dire , ou à se rétracter publiquement. > Bbaum. De même, l'homme gor tant est adonné à la galanterie ; le galùnt homme a des mcBurs et des procédés nobles et honnêtes : « L'homme galant se rapproche plus du petitmaître, de l'homme à bonnes fortunes; le galant homme tient plus de l'honnête homme. > Volt. Un homme brane a de la bravoure; un brave homme a de la probité,. des vertus, des qualités sociales.

Un amt vrai ne nous ment pas, ne nous cache pas nos vérités , mais nous les découvre franchement : « Un ami «foi, qui ose nous dire nos défauts, est, disait Socrato, le plus grand présent des dieux. » Coifo. Un vrai ami nous aime vraiment et prend au besoin nos intérêts : cUn vrai ami est une chose v^antageuse , même pour les plus grands seigneurs , afin qu'il dise du bien d'eux , et qu'il les soutienne en leur absence même. » Pabc. Un homme pauvre manque de biens; le pauvre homme inspire du mépris ou de la compassion. « Lorsqu'on dit d'un honmie , ce pauvre un tel , ce n'est jamais dans le sens d*esurientes implevit bonis , mais toujours dans celui de beoli pauperef spiritùs, 9 Bbaum. Linière voyant ensemble Chapelain et Patru , disait que le premier était un pauvre auteur , et le second un auteur pauvre.

Une chose nouvelle est une chose nouvellement laite , arrivée , mise à la mode ; une nouteUe chose est une chose autre que celle qu'on tenait , dont on s'occupait. Les termes propres conviennent , sont i^propriés à ce qu'on veut exprimer : vous répétez les propres termes de quelqu'un , ou ses mêmes termes. Voi» commune , qui ne s'élève pas audessus de l'ordinaire; commune voix, accord de toutes les voix, de tous les suffrages, unanimité.

Air mouvais , air redoutable ; mouvais air , vilain air.

Qéon, lorsque vous nous braves, Bn démontant voire figure,

Vous n'aves pas Voir mammù , Je vous Jure , Cest mauvais air que vous avei.

Le comie de GHOisBin..

Une épigramme méchante, des vers méehanU ne sont pas bons, sont pleins de méchanceté , en laissant à ce mot toute sa force radicale ; une méchante épigramme et de m^lehanli vers ne sont pas bons en ce sens détourné et affaibli , qu'ils ne valent rien , qu'ils ne sont pas bien faite. De mèniA dans Thomme méchant la méchanceté est plus vive , plus énergique , plus cruelle que dans le mâchant homme , qui manque simplement de bonté morale , qui fait ou a fait de mauvaises actions.

Un ministre citoyen a les qualités d'un bon citoyen , est zélé pour les intérêts du pays ; citoyen ministre , formule dont on se servait du temps de la république en s'adressant aux ministres , ne laisse plus au mot citoyen qu'une signification vague , réminiscence obscure et éloignée de la signification originelle. « Je vous ai prévenu , citoyen ministre, éi ministre citoyen, que.... > Bbaum.

c Glorieux parallèle renferme un sens ironique , que parallèle glorieux n'indiquerait pas. » d'Al.

Enfin, dans les substantilis composés, beoufirère, beau-fils, grand-père, grand-oncle, francmofon , sage-femme , que reste-t-il du sens primitif desadljectiis beau, grand, franc et sage?

6* Avant U suhttaaii/, Fadjedi/ qualifie plutêt «T, manier» vague at tndéunmnéei aprèt, ^une ~ nière précise.

Ce vague et cette indétermination de la locution où l'adjectif précède tiennent à ce qu'elle exprime la qualité absolument, sans détermination ni spécification quelconque; et, à son tour^ cette indétermination explique pourquoi la même locution est toujours celle qui se prête aux acceptions détournées. Vannée dernière indique nettement la dernière année qui vient de s'écouler; la dernière année ne détermine pas par rapport à quelle époque, à quelle période, à quelle série d'années on doit l'entendre. De même, l'heurs dernière exprime toujours précisément le dernier moment de la vie : « Un père de lamille, sentant approcher son heure démise, dispose de ses biens par son testament. » Boss. La dernière heure se dit d'une heure , qui n'est pas si déterminément dernière en quelque sorte , qui ne l'est que relativement à une période de temps qu'il Ikut désigner : dans cette école on étudie trois heures de suite le soir : quand vient la démise heure on s'occupe de telle chose. Si vous dites un père bon , je conçois un père qui a de la honte, de k douceur, de l'indulgenoe ; si vous dites un bon père , je conçois un père qui remplit tous les devoirs de la paternité , maïs je ne sais en quoi consiste précisément sa honte , à pardonner ou à châtier, pas plus que je ne sais quel est le degré et l'espèce de grosseur de la grosse femme. Qu'on prononce les mote rue soie, je comprends aussitôt qu'il s'agit d'une rue malpropre, pleine d'ordures et d'immondices; sole rue n'indique pas quelle sorte de salete on reproche à la rue dont il est question , et si on l'appelle ainsi parce qu'il s'y commet des actions déshOQûêtes.

SYNONYMES QUI ONT LE MÊME RADICAL

UoittiMitilsde multiplier les exemples; tous eeoz qui ont été cités plus haut, ou au moiss Il plapart , oonyiennent également ici ; il n'y a qt'i se les rappeler. Nous ajouterons seulement me remarque. Si la poésie , comme le prétend Roobuid, emploie de préférence la constructioa qpii met l'adjectif arant le nom, ce n'est ^qae ccUe-ci soit plus forte, plus énergique, vlnseqnoàTe que le tour synthétique, car nous a¥au|)roinré le contraire au paragraphe 3, mais è'ertgiie la poésie aime le yague et hait la préci-

De tontes ces distinctions résulte, par rapport m adjectifs auxquels elles s'appliquent, une coBséquence importante, c'est que la propriété qo% ont de changer de valeur dans le discours nnast leur position , de même que les chiffres dus les nombres supérieurs à dix, constitue posraotre langue une yéritable richesse. Les langues, rallemand et l'anglais, auxquelles manque oe moyen de Taiier le sens d'une locution qualifiatÎTe, en variant seulement l'ordre de ses termes, lont obligées d'avoir deux mots pour exprimer ce que nous exprimons par un seul en ayant soin de le mettre à la première ou à la seconde place. Le mot bon de bon pire se traduirait en aUÔnand par gtit , et le mot bon de père ban par gutig^Seul, dans le sens où nous le prenons quand nous disons un seul homme , correspond à fallemand emxig^ et dans le sens qu'il a dans la lociitioo, un homme teul^ il se rendrait exactement par oUem.

Mais les adjectifs ne sont pas les seuls mots qui se chargent ainsi d'accessoires différents selon leur place relativement aux substantifs. Il en est de même de certains adverbes et même de certaines prépositions par rapport à de certains verbes , que tantôt ils précèdent , et que tantôt ils suivent. De U de nouveaux synonymes analogues aux pvécédenU pour l'origine, et tout à fait semblables, comme il est facile de s'en convaincre , quant aux règles de distinction qui leur conviennent : maltraiter , tratler mai; mal parler , parler mai; mal interpréter, interpriter waI; mal mener, mener mal; bien ou mal faire , (aire bien on mal; surveiller^ veiUer sur.

On doit remarquer d'abord une circonstance commone à tous ceux de ces verbes composés dont les termes constitutifs s'écrivent encore séparément : mai parler, mal interpréter, mal ou bien faire; ils s*emploient uniquement à l'infinitif, et an puticipe ou seul ou accompagné de l'auxiliaire ocotr. Or, l'antipathie de ces locutions pour les temps proprement personnels n'est-elle pas déjà ue marque de leur impuissance à exprimer ce qui est relatif? N'estH^e pas là une preuve que ce qu'elles rendent particulièrement bien, c'est le gfènéral et Tabsolu? Mais traitons sépaiément et sans esprit de système chacune d'elles ; cherchons à les distinguer des expressions synonyloques dont elles ne diflèrent , sous le rapport grammatical , que par l'ordre de leurs éléments. MALTRAITER, TRAITER MAL. Traiter d'une manière qui n'est pas convenable.

la seule place de mai dans maUraiter donne à tt dernier mot une plénitude de sens que Ton

chetcheraît en vain dans traiter mol. Traiter meA , c'est simplement ne pas traiter avec tous les égards , avec toutes les attentions qu'on mérite , user de procédés mauvais.

Cette ingrate de fièvre , injuste , malhonnête , Qui traiu mal les gens qui la logent ehes eux. Mol, Vous traitez mal^ Pauline, un si rare mérite , c'est-à-dire Sévère , en supposant qu'il vient ici braver un malheureux.

Poljreuctg, Goaa.

« Il est bien triste que cet officier , qui sert si bien depuis 22 ans, soit traité si mal, pendant qu'on prodigue les rangs à une foule de gens sans nom et sans service. » Fin. cMarat, dans son livre, traite mal ses contemporains (manque pour eux de ménagements , déprise les vérités qu'ils ont annoncées). 9 Volt. — Maltraiter , c'est traiter beaucoup plus rudement , se porter à des injures et à des violences. « Télémaque sentit dans son cœur une douleur extrême de voir son père si maltraité (rudement frappé à l'épaule par Antinoiïs). » Fiv. c Si on makraite un homme , si on le tue , cette action peut être commandée par la justice. sBoss. a Si ce serviteur est méchant et qu'il commence à maltraiter ses compagnons , à s'enivrer et à mener une vie dissolue.... » In.

Dans un autre sens, maltraiter dit plus encore que traiter mal : on maltraite généralement, habituellement ; on traite mal dans une circonstance particulière. On maltraite ses domestiques, et on traite mai un domestique qui vient de commettre une gaucherie. Ce serait parler sans justesse que de dire qu'un enfant depuis le berceau a été traité mal par son père.

Enfin , maltraiter désignant le mauvais traitement d'une manière pleine , absolue , accomplie , est moins propre à signifier faire faire mauvaise chère à ses hôtes , que Iratter mal qui veut dire seulement traiter d'une manière peu convenable , avec trop peu d'égards.

MAL PARLER, PARLER MAL. Parler d'une ma nière contraire aux règles.

Beauzée pense que l'un signifie parler d'une manière contraire aux règles de la morale , dire du mal , et l'autre parler d'une manière contraire aux règles de la grammaire, y manquer en parlant. Il se peut que cette différence soit la vraie; car l'analogie est pour que mal parler se prenne dans le sens le plus abstrait , pour médire ou dire des paroles offensantes; et la même analogie exige qu'en employant parler mal on conserve au mot mal un sens moins éloigné ou plus voisin du sens propre et primitif, et c'est ce qu'on fait en lui donnant celui de parler sans correction. Cette distinction est aussi confirmée par l'usage. On dit plutôt mal parler de quelqu'un (Boss. , Vin. | Làbr., Mol., Volt., J. J,, Mal., Gono., Roll.), et parler mal sa langue (Volt.) ou le français (In.), ^solument , mal parler , c'est médire : < Heureux est l'homme qui ne se porte point à mal parler, et qui ne s'arrête pas même à écouter le mal.^ Booan. Absolument , parler mtd, c'est être mauvais orateur ou mauvais écrivain. «Dans ce conseil de régence le duc d'Orléans parla bien, parce qu'il ne pouvait pas parler mol, même dans les plus mauvaises thèses. >S.S. « Au partir ne vaut pas

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