PREMIÈRE PARTIE
mieux qu'au dépoH , et c'est parler mal sans y rien gagner. » Lah. — On dit de même mal penser de quelqu'un (J. J.) , et c'est en penser du mal, sorte de faute contre la charité, au lieu que penser mal annonce une infraction k d'autres règles que celles de la morale : « On peut penser mal sans être hérétique , si Ton est soumis et docile. » Bo8S.
Hais supposons avec Roubaud ces deux locutions , mal parler et parler mal , unies par un rapport de synonymie plus étroit, toutes deux usitées moralement et grammaticalement , toutes deux signifiant et médire et exprimer sa pensée autrement qu'il ne faut. Elles se distingueront alors comme maltraiter et traiter mal , c'est-àdire que l'adverbe mal précédant le verbe étendra l'idée de l'expression entière , la rendra plus complète : mal parler annoncera donc une atteinte plus grave aux lois de la charité ou à celles de la grammaire. C'est cette dernière différence qu'il faut mettre entre mal juger (Cond.) et juger mal (CoND. , Nie), entre moi raûonner (Volt. , P. R.) et raisonner mal (Volt. , Gond. , Lah.) , entre mai écrire et écrire mal (Volt. , Lah.).
MAL INTERPRÉTER, INTERPRÉTER MAL. Donner un sens qui n'est pas le vrai.
Toujours mêmes distinctions. JfaI interpréter , plus abstrait , plus éloigné de la signification pre* mière , voudra plutôt dire prendre en mauvaise part un discours , ou une action , et interpréter mai, par la raison contraire , traduire mal d'une langue dans une autre , ou expliquer mal ce que oontientuaéorit , une loi. Et chacun des deux tours étant employé dans l'une et dans l'autre acception , la première aura plus de force et signifiera donner un sens qui non-seulement n'est pas le véritable, mais qui s'en écarte étrangement, interpréter tout de tmvers.
On distinguerait de même moi prendre et prenr dre mal^ dans le cas où le mot prendre signifie comme tnterpr^^, entendre d'une certaine manière.
Un tel avis m'oblige ; et , loin de le mal prendre, l'en prétends reconnaître à rinslant la faveur. (Gélimène i Arsinoé. Mùanthropé). Mou
MALMENER, MENER MAL. Mener autrement qu'il ne faut.
Le premier convient mieux , et peut être seul , dans le sens idéal et moral de , avoir des procédés rudes et sans ménagement, tandis que le second se dit toiigours ou presque toujours au propre pour, mal diriger ou mal conduire. Si quelquefois ils expriment tous deux, ou l'idée abstraite et figurée, ou l'idée propre et primitive, alors, de même que maltraiter par rapport à traiter mai , maimener dit plus que mener mal,
BIEN ou MAL PAIRE , BIEN on MAL FAIT , avoir BIBN ou 'MAL FAIT; FAIRE, FAIT, avoir FAIT BIEN ou MAL. Faire, fiât ou avoir fait d'une manière qui convient ou qui ne convient paa.
Bien faire , mai faire se disent nlutât au figuré •taumoraLihenfatre, c'est ou agir en homme de bien ou être bienûûsaat c Sa Mijesté polonaise n'est pas le seul bienikiaant en Lorraine : tous latex bim /otre eoBune biaa dire. > Volt. MeU
faire , c'est se rendre coupable de mauvaises actions. « Délivrez-moi, Seigneur, de cette fatale liberté que j'ai de mal" faire. » Mal. Au contraire , faire bien ou mai , avoir fcAt bien ou mai se disent plutôt au propre et au physique. « Je n'entends pas qu'Emile ne fera jamais de dégât; il pourrait faire beaucoup de mal sans mai fatre , parce que la mauvaise action dépend de l'intention de nuire et qu'il n'aura jamais cette intention. » J. J. 8i faire beaucoup de mal n'est pas nécessairement mal faire , c'est précisément et toujours faire mal.
Dans une acception particulière, fatre mal, c'est , au propre , faire du mal , causer de la douleur.. De mèmB^ faire bien se dit à la rigueur, dans le propre , et non dans le sens éloigné et moral de bien faire. « Dans les repas ou les fêtes que l'on donne aux autres et dans les plaisirs qu'on leur procure , il y a faire bien , et faire selon leur goût : le dernier est préférable. » Labr. « Je suis embarrassé sur l'origine du mal ; mais je supposerai que le bon Oromase, qui a tout fait, n'a pu faire mieux. » Volt.
Dans les locutions abstraites où le verbe faire ne conserve presque plus rien du sens primitif, tant il est idéalisé , on ne doit se servir que de bien faire ou de mal faire : je croyais bien faire; il a mal fait de vous avertir.
SURVEILLER, VEILLER SDR. Avoir l'œil sur quelqu'un ou quelque chose , y prendre garde.
SurotH'Iier a plus de généralité; il indique une surveillance plus étendue , qui embrasse plus de choses , attentive aux moindres mouvements , de tous les jours, de tous les instants, qui ne laisse rien échapper , et qui suppose qu'on surveille d'en haut avec charge ou autorité ; en un mot , eurt^et^ ier rappelle toujours un peu l'espionnage de la' police , à part tout ce qu'il peut avoir d'odieux, a Depuis qu'on me surveille et qu'on éclaire tous mes secrets. » J. J. c Tout ce qu'on peut faire pour la sûreté publique est de le furoeiiler ei bien, qu'il n'entreprenne rien qu'on ne le sache , qu'il n'exécute rien d'important qu'on ne le veuille. « le.
La surveillance de vetiier fur n'est pas sans relâche , elle ne suit pas son objet aussi attentivement ; c'est pourquoi , quand c'est à une personne qu'elle s'attache, eUe emporte quelquefois l'intention de la protéger, de faire qu'il ne lui arrive aucun mal, et non pas toujours , conmie surveiller , celle de la trouver en faute pour avoir à la reprendre ou à la punir. « Il faut veiller sur ces enfants de choix de la patrie, les protéger, les aider, les soutenir, fussent-ils même de mauvais sujets. » J. J. c Les ye\ix de Dieu sont attachés sur les justes , parce qu'il «etiie sur eux pour les protéger. » Boss.
Mais non-seulement la surveillance de veiller eur est moins détaillée, moins continuelle , mais elle s'étend à moins de choses ou de personnes diflî&rentes; oneureetiie même les personnes qui veillent sur, et par une inspection supérieure, comme chef, comme conducteur : le général furvetiie les officiers qui vetiieni sur les soldats; dans une grande maison , le maître surveille les agents chargés par lui de «etiier sur les sobaltemee les plus bas j^lacés.
SYNONYMES Qin ONT LE MÊME RADICAL.
If. STHOffYlIBS QUI ONT LI MÉMB EADICAL IT DORT LES DOnTÉESNCES BiPENDBNT
Dl Là TALBim DIS PRÉnXBS.