PRÉFIXE RE
Ivtre, fdKire. Jaillir, rejaillir. SenHr, reumtir. Se jm/iV, se ressentir, Épandre , répandre. Abaisser^ rabaisser. Abattre y rdboAtre, Avilir, ravûir. Emplir, remplir. Assurer, rassurer, Jsuàbier^ rassembler. Éveiller, réveiller, Vétir, métir. Souvenir 9 ressouvenir. Nom y r9-
lapartienle re se trotiTe, an français comme es ktin, placée an commencement d'un grand cctihredemots composés. Originairement, elle dnne ridée d'an espace parcouru de nouveau , soft en sens Inrerse , soit dans le même sens ; et de li Tient qu'elle est tantM adrersative ou réac the, comme dans répugner ^ résister ^ réprouver^ repousser, et tantôt itérative, comme dans relire, reprendre^ revenir^ refaire. Le yerbe récrire ie prend dans les deux significations; car il Teat dire, d'an côté, écrire à qui nous a écrit, loi &ife réponse écrite , et de Vautre , écrire une seconde , une troisième lettre.
Pm ceU seul qu'elle est itérative, cette particale doit être augmentadve , c'est-à-dire marquer une augmentation d'efforts , d'énergie de la ptrt du sajet de l'action , et une augmentation de difficulté de la part de ce qu'il fait. Car, outre (jne la répétition des actes prouve qu'on tient à irrinr au but, qu'on y emploie toutes ses forces, ce qu'on ne fait qu'à plusieurs reprises offre nécessairement plus de difficulté à vaincre , et quelque chose de plus extraordinaire que ce qui se bit en une seule fois. Ce caractère d'augmentation sert rartoat à déterminer le sens des mots dans lesquels re ne désigne pas une succession i actions, mais une action continuée, comme dus retenir, rabaisser , remplir. Quelquefois , au lien d'être précisément augmçntative , la particule désigne seulement de la part du sujet une btention, et par conséquent une action expresséinest vplontaire, tandis que cette même action '^;paiatt, dans le mot simple, comme spontanée et naturelle. D'autres fois, au contraire , TaugnisBtation va Jusqu'à l'excès.
De ce que la particule re est itérative , il ne Relisait pas seulement qu'elle doive être augmentuire dans un grand nombre de cas , mais aussi ^elle doit marquer souvent une rénovation ou W rétablissement d'un état antérieur. Alors le mot X^e commence suppose un changement qu'on î*pape, et le retour à l'état primitif. Ainsi regoftfr ne signifie pas proprement gagner une seconde fois , in gagner avec beaucoup d'efforts , nuis gagner ce qu'on avait perdu, revenir à la possession d'une chose.
Enfin, une dernière remarque au sujet des mots qû ont cette initiale , comparés aux mots simples qui ne l'ont pas , c'est que les premiers sont d'un ^« ?p généralement plus étendu , et se disent plus v^iontien au sens moral et figuré. Propriété qui ,
du reste, paraît appartenir à tous les mots composés qui commencent par une particule. Ainsi nous employons plutôt au figure enÈrainer que traîner, attirer que tirer. « On dit pltis ordinairement se repaître que se paître de vent ou de chimères. » Acab. Quand on étale un grand luxe , il semble aux spectateurs « qu'on repaît leurs yeux de ce qui devrait paître leur ventre. » Char a. Il en est de même de redoubler par rapport à doubler .* « La vue des Tarquins parut avoir doublé les forces des Romains en redoublant leur courage. » Roll.
LOIRR, RELUIRE. Éclairer, Jeter ou répandre de la lumière; au figuré, briller, paraître.
Keluire est adversatif ou réactif, et quelque^ fois augmentatif. Ce qui luit brille d'une lumière qui lui est propre. «La vérité universelle n'a pas besoin de rayons empruntés pour luire. » PéN. Ce qui reluit brille d'une lumière d'emprunt, éclaire par réflexion. « Toutes les surfaces extrêmement polies reittûent , et renvoient la Itmiière. » AcAo. Le soleil luit; une glace relutt, lorsqu'elle renvoie la lumière qu'elle reçoit. Dans lut're la lumière est égale et continue , parce qu'elle vient de la chose même; dans reluire elle est accidentelle et variable , parce qu'elle dépend des circonstances.
Au fiH^ré se trouve la même différence. Luirg se dit de ce qui paraît dans une chose , et reluire de ce qui paraît dans une chose, mais comme un reflet. Dans cet exemple de Boileau , Et dès qu'an mot plaisant vient luire à mon esprit, Je n'ai point de repos qu*!! ne soit en écrit.
lutre fait entendre que le mot plaisant sort de l'esprit même de l'auteur qui l'a trouvé. Hais le car ractère contraire se montre bien dans cette phrase de Bossuet : « Où a-t-on pris qu'il n'y ait pas en Dieu tme justice dont celle qui reluit en nous ne soit qu'une étincelle?» Et dans cette autre de 7énelon : « C'est la vérité par elle-même qui reluit dans cette vérité particulière et communiquée. » On dit également que l'espérance luit et reluit dans le cœur de quelqu'un : la première expression marque simplement qu'il espère ; et la seconde représente en lui l'espérance conmie un effet dont elle rappelle la cause.
Ensuite, reluire a parfois plus de fbrce que lutre : ce qui est reluisant est deux ou trois fois luisant, c'est-à-dire très-luisant.
Enfin reluire peut signifier luire de nouveau après avoir cessé de luire , revenir à un état antérieur de lumière ou de clarté. « Que les fidèles travaillent tous à se réformer, afin quel'Sglise refleurisse , et qu'on vole reluire sur elle la beauté des anciens jours! » Thu.
JAILUR , REJAILLIR. Ils se disent de l'action d'un liquide qui sort avec impétuosité et s'élance rapidement.
Dans rejaillir la particule re est réactive, on augmentative, ou l'un et l'autre en môme tempe. «RejaiUtr, dit CondUlac, se dit proprement des