‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 93 sur 444 · IJ · texte numérisé non relu

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PREMIARE PARTIE :

D'taf res fèis , la même particnld est complétire analyti<iae, elle est propre à décrire les états successifs par lesquels passe le sujet entre les points de départ et d'arrivée , ou , d'une manière plus générale, elle représente une action quelle qu'elle soit pendant qu'elle s'eifectue , dans tous ses degrés , aree ses détails , ses circonstances , Jusqu'à l'entier épuisement de la chose sur laquelle elle porte; au lien que le verbe simple énonce le genre d'action sans se charger de tous ces accessoires. En latin , metiri signifie mesurer , et demetiri, mesurer les subdivisions; «tncere, vaincre, eidêvincere^ faire essuyer une défaite complète; narrare, raconter, et denarrare, raconter au long, avec toutes les circonstances; pareillement deatnare , deflagra/re , depeculator , desenrire, deeorare , de^mberrrendent plus complètes en les détaillant, en les développant, les idées attachées aux simples, amare^ flagra/re^ peculator^ iervire^ vorare et sarihere^

Enfin , un dernier trait qui distingue cerbdns mots composés commençant par de^ et qui apparaît principalement quand on les compare avec les mots simples, leurs primitifs, c'est qu'ils expriment Fidée conunune d'une manière , non-seulement plus complète, mais plus déterminée, plus rigoureuse, plus caractéristique; ce qui fait qu'ils s'emploient très-bien en atyle de pratique et de chancellerie , c'est-à-dire là où il est besoin surtout de peser ses termes. I>e est déterminatif par excellence , aussi bien dans les mots composés où il entre que quand il joue en français le rôle de préposition. Il n'y a rien en cela que de conforme à son origine par suite de laquelle il marque ablation, séparation, distinction, défini-" tion, détermination. Le latin fournit encore, à cet égard , des instructions décisives. Les verbes simples, flere, plorare^ laerymare^ expriment l'action générale de verser des larmes , mais sans spécification , sans indiquer sur quoi et pourquoi , car ils sont intransitifs. Au contraire , deflere , deplorare , delacrymare , sont propres à marquer le sujet des pleurs , et la preuve c'est que d'ordinaire ils prennent un complément direct à l'accusatif. Ckmaior est un crieur, un criailleur, et se dit de toute personne qui crie; declamator était le nom spécial donné aux riiéteurs qui faisaient des exercices d'éloquence dans leurs écoles. Finire, terminore, signare^ ne s'emploient qu'au propre dans le sens de poser des bornes , ou de marquer , d'imprimer; definire^ determinarêf deHgnare, sont conmie leurs correspondants français des termes rigoureux, qui indiquent qu'on circonscrit, qu'on caractérise les choses ou les personnes de manière à les séparer nettement de tout ce qui n'est pas elles. On dit bien legan, pour, donner une commission de particulier à particulier, et dekgare^ déléguer, envoyer en mMon ou en ambassade par acte d'autorité; de même poieere pour, Mre une demande quelconque, et deposcere pour, demander l'extradition d'un transfuge, ou, en Justice, la punition d'un coupable.

LIVRBR, dAlitrbr. Vettre en main, an poavoir de quelqu'un.

•Délivrer , dit Gondillac , c'est konr une chose

à celui à qui elle est due on à qui on l'a promise : la justice a ordonné qu'on lui déliwât son legs ; cet ouvrier m'a promis de me délivrer dans peu l'ouvrage que je lui ai demandé. » C'est-à-dire que déliorer se rapporte au svjet qui délivre , et le montre comme s'acquittant, comme se déchargeant dHme obligation; c'est-à-dire qu'ici la particule initiale est ablative. Roubaud le marque d'une manière encore plus expresse. « Celui qui d^vre une chose , dit-il, la livre en se libérant, ou en s'acquittant, ou se libère, s'acquitte en la livrant. Délivrer ijoute au sens de livrer l'idée d'une charge dont on s'acquitte , ou d'un marché qu'on exécute. Vous déliwrex la chose que tous devez livrer; vous gardez ce que vous ne livrex pas : vous retiendriez à la personne ce que voua av^z à lui délivrer, La Uvraisùn change la possession; la d^ioranee acquitte l'un et satisfait l'autre. » « Nous proposerons aux fermiers généraux de nous livrer du sel au môme prix qu'ils le vendent à Genève.* Volt. «Des pêcheurs ayant vendu ce qui se trouverait dans leurs filets , il s'y trouva im trépied' d'or, qu'ils refusèrent de délivrer. > Coin>. *

Mais de a de plus ici le caractère déterminatif; si bien que dàivret est un terme de rigueur, usité seulement au palais et dans les bureaux d'administration , où U signifie une certaine action réglée , soumise à des formalités , demandant des vérifications ou des signatures. « Ces richesses , qui m'appartenaient par la mort de mon firère , ne me furent d^itvr^ qu'après tant de fbrmalités, qu^on peut dire que les officiers de la Justice furent mes cohéritiers.» Les. On délivre des passeports , des mandats , des certiflcats , des permis , la copie d'un acte , les titres d'une acquisition. En un mot, délivrer, conmie le dit encore Roubaud, c'est livrer dans les fbrmes ou dans les règles. En langage ordinaire, on dira: Je vous livrera» telle ou telle marchandise, pour indiquer simplement le fait de la livraison; mais devant un tribunal il fiiudra dire : la marchandise a été délivrée sous telle ou telle condition.

LAISSER, DÉLAISSER. Quitter , se séparer d'une personne ou d'une chose, ne pas continuer à la garder ou à rester auprès.

Dans cet exemple de est ablâlif en sens contraire: il fait entendre que quelque cho^e est àxè , non pas à la personne qui agit , mais à la personne ou à la chose vers laquelle l'action est dirigée.!)^ laiseer signifie laisser sans secours ni assistance , à l'abandon , dans l'isolement , dans le dénûment. ce Anges saints , faites la garde autour du berceau d'une princesse si grande et si délaissée. > Boss. On n'est pas plus ou moins laissé.

Ensuite, délaisser doit à sa particule initiale d'être complétif; on délaisse totalement, et pour toujours. Thésée délaissa Ariane. < La justice doit une assistance particulière aux &ibles, aux orphelins, aux épouses délaissées et aux étrangers. » Boss. Au contraire, laistsr emporte l'idée d'une séparation momentanée : on laisse ses amis pour aller faire un voyage; un mafelot laisse sa fïunille pour courir les mers; on laisse un ami malade pour aller quérir le médecin. J'ai laissé mon ami seul dans sa chambre, est une phrase

SYNONTXES QU| ONT m XSUE RADICAL.

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qo snppoM un ntour plus oa moins prqdiaûi 163 mon ami , outre qu'elle n'annonce poqr lui locane prifatipu fâcheuse. — Pans Britannicui igrippîne , abandomiéo de tous et réduite à n'être ^ rien, s'écrie:

Que dift^s? Von m'évite , et à^ diUistiê.... ih! |e M pois ; Albioe, en souffrir la pensée.

Vais dm Ighigéniê Clytemnestre dit en s'éloi* gnant un moment de sa fille pour courir k ^g9r memiuia et revenir ensuite :

Ai^rts ^Totre époux , ma fiUe, Je tous lau$$, Sc^Bear, daines m'auendre, et ne la point quitter^

SÉCIQB, DESSECHER. Oter l'iiumidité, rendre

Jk imprime au second mot une signification ibUâre et complétive. Quand vous têchex un coqs, TOUS ne lui ôtez rien d'essentiel, dont le iKsoia se luae sentir en lui après votre action, Toas laites seulement qu'il ne soit plus humide ou moaillé. Ainsi , les vents ièclMni les chemins; on ^éê ks larmes de quelqu'un. Hais ds»^clier indique une privation : c'est ravir à un corps son jus , son sue, sa séye , de manière qu'il devienne dur, coriace, sans saveur ou sans vie, en un mot, qu'il se dénatura plus ou moins. Après la pluie, l«s heibes MèckmU bien vite , grâce au soleil ; mais si son ardeur est trop grande , elles se des^é^ftenl et meurent. < Tiendra l'été, 6 herbe terrestre, neodia l'ardeur du grand jugement qui to ô/u$i* àuer^ jusqu'à la racine.» Boss.

D'ordinaire la différence consiste seulement en ce que la particule initiale dans deuiùksr est complétive analytique : stfc/ier exprime la sorte de changement; au lieu que dessécher dépeint 1# cbangement s'effectuant ou représente l'état qui s'ensuit comme complet, comme aussi grand qu'il peut l'être. ci>ans le nouveau continent, ks hommes n'ont ni borné les torrents , ni iétM les marais. » Bqff. « A mesure que l'on a défricbé les terres et dêssécké les eaux , la température du climat sera devenue plus douce. > In. «La Tsrtn est comme une plante qui peut mourir ea deox sortes : quand on l'arrache , ou quand on la desfèefcs.... Il arrivera quelque intempérie qui Va fera téà^er sur son tronc : elle paraîtra encore flTaata; mais elle aura cependant la mort dans le sein.» Boas. Une fleur âessécMe est tout à foit tàké$ et ne conserve pas même l'apparence de la Tie.cl>ieu, dit l'ficriture, âeuè^ les racines des nations aoperbes. Vous voyez qu'il les desêàcàe, c'est-à-dire qu'il les ûdt mourir jusqu'à la racine.» FàH.

MOlfTlERy DteONTEHR. Prouver, établir, biie voir qu'une chose est, ou est telle ou telle. On aperçoit sans peine dans iMnonlrer son dou- Ue caractère complétif analytique et déterminatif. On «onfre , quand il n'est besoin que d'une indication , ce sur quoi il n'y a qu'à jeter les |eax pour comprendre ou pour croire; on dé- «mire par des raisonnements ce qui ne se com- FRod qu'avec effort. Démontrer emporte qu'on bh passer l'esprit par une suite d'idées. Le physicien monlre la divisibilité des corps; le métaphysicien d^mofilre l'existence de Dieu, la divisibilité de la matière à l'infini , l'immortaUté de lime. On se sert bien de monirer quand il s'agH

d'une preiiTe qui conelut da Mt à la possibilité. « Passez la mer , dépouillez votre père , montrejr à tout l'nnivers qu'on peut chasser un roi de son royaume. » LABRUTàRS (parlant du prince d'Orange). « Pans ma neuvième satire, je pense avoir mofilrtf assez clairement que , sans blesser r$tat ni saoonscienoe, on peut trouver de méchants vers méchants, a Bon.. On montre qu'un corps tombe , e| on dtfmoiilre selon quelle loi.

D'ailleurs , à dénwntrer s'attache l'idée d'une preuve rigoureuse , irrésistible , et produite avec appareil, ou du moins conformément à des règles dont U n'ost pas permis de s'écarter; on ne se sert guère de ce terme que dans l'école et enmar tière de sciences.

VOUER, DivOCEft. Se dépouiller de quelque chose pour en faire offrande à Dieu , à la pairie ou à une personne qu'on révère.

Ils correspondent de tout point aux mots latins w>vere et detM>i'ere , dont le second, en vertu de sa particule initiale , est ablatif et complétit O'est une remarque que font expressément Gardin pour le latin, et Roubaud pour le français. FoKer annonce un simple renoncement» et dé' vouer un sacrifice; celui-ci exprime le détachement sur tout ou un plus grand détachement Fouer a rapport à l'engagement, à la promesse qu'on fait de céder, d'abandonner telle chose ; ce qui caractérise dévouer, c'est la plénitude du renoncement, la totale abnégation. C'est pourquoi on ne dit pas se wuer , mais se dévouer à U mort, le sacrifice n'admettant ici auçnne réserve. « Siméon et Marie , au jour de la purification» se ddvouent à Dieu comme des hosties. » Boss.

On ootie ses services à un prince , en se mettant à sa disposition; quand on est dévoué à quelr qu'un , on est tout à sa disposition, on lui est entièrement soumis , jusqu'à ne plus s'appartenir. « On se fKme à Dieu ou au pubUo, dit Condillac , lorsqu'on s'engage à donner tous ses moments à l'un ou à l'autre; on se dévoue à une personne à qui on se donne entièrement, de sorte qu'on n'a plus d'autres intérêts que les siens. »

Une femme qui quitte le monde pour entrer dans le cloître se voue à Dieu (Bourd.). Mais « Marie s'est dévouée sans exception à Dieu , dans les plus rigoureux sacrifices qui devaient être les épreuves de sa vertu. » In. Bt les religieuses de Port-Royal s'étaient dévouées d'une manière pleine et entière au mystère de l'Bucharistie (Pasc.). D'autre part , les prêtres sont spécialement voués au Seigneur (Bouan.). Mais c combien y a-t-ilde prêtres qui veuillent soutenir les fatigues du sacerdoce , y consumer leur vie , s'y dévouer et s'y sacrifier? » In. On est wutf à Dieu par le baptême , dévoué par le martyre. Deux personnes se vouêsU l'une à Pautraparle mariage; Bustache de Saint-Piem se dévoua pour sa patrie.

OODLER, DÉGOCLEB. Se mouvoir, oa passer a;v>ec fluidité , se répandre.

De dans le second mot est dégradatif et inaly* tique. L'action de découler se fait de haut en bas, d'une manière lente et continue; elle a trait à us point de départ , à quelque chose d'élevé d'où tombe le liquide : ainsi l'eau découle d'une voûte, du linge étendu ; ^ sueur, du front ; le sang, d'une

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