‹ Dictionnaire des termes employés dans la construction (volume 2)Chapitre 103 sur 255 · RUBAN · texte numérisé non relu

RUBAN

grand voyer et en revêtit Sully, qui fit réparer les routes et y rendit générale la plantation des ormes.

Louis XIV continua cette œuvre; Louis XV créa une administration spéciale pour les voies publiques et, sous Louis XVI, les routes se divisaient en quatre classes, suivant leur importance et leur largeur : les routes de la première classe avaient 42 pieds de largeur; celles de la deuxième avaient 36 pieds; celles de la troisième en avaient 30 et celles de la quatrième, 24 seulement.

Depuis le commencement du xixe siècle, il a été dépensé des sommes considérables pour ce genre de travaux d'utilité publique.

On distingue aujourd'hui, en France, quatre catégories de routes :

1° Les routes nationales, qui sont exclusivement construites et entretenues aux frais de l'Etat et qui se subdivisent en trois classes, la première comprenant les routes qui conduisent de la capitale aux frontières et aux grandes villes maritimes ; la deuxième, celles qui, suivant la même direction, ont une moindre importance ; et la troisième, toutes les routes qui assurent les communications d'intérêt général, sans partir de la capitale pour arriver aux frontières ; la largeur des unes et des autres n'est plus réglée aujourd'hui d'une manière uniforme, elle est déterminée, à chaque nouvelle création, par le décret même d'institution; cependant, en général, on donne 14 mètres à la chaussée de celles de première classe, 12 mètres à celle de la deuxième et de 10 à 11 mètres à celle de la troisième;

2° Les routes départementales qui sont tracées pour l'utilité particulière des départemenls et entretenues à leurs frais ;

3° Les chemins de grande communication qui sont entretenus aux frais des départements et des communes intéressées ; 4° Les chemins vicinaux ou commu-

naux, destinés à établir les communications utiles à l'intérêt privé des communes, et qui sont ouverts et entretenus aux frais de ces communes.

Il existe, en outre, une catégorie de routes spéciales, dites routes stratégiques, qui sont particulièrement destinées à faciliter les opérations militaires.

Rouverain, adj. — Fer rouverain :

fer cassant à chaud.

Roux, adj. — On donne ce qualificatif aux plâtres auxquels la fumée ou la suie ont donné un ton de bistre.

Pour détruire ou atténuer cette teinte, il faut appliquer plusieurs couches d'échaudage ou une couche d'essence pure.

Royal, adj. — Banc royal (voy.

Banc).

Royaume, s. m. — Voy. Loupe.

Ruban, s. m. — Ornement de

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Fig. 060.

sculpture qui imite un ruban enroulé

Fis. 3061.

autour d'une baguette et qui se fait plus

RUE

RUE

ou moins en relief, ou plus ou moins évidé (fig. 3060).

Ces ornements peuvent être taillés en forme de feuilles ou ornés soit de perles (fig. 3061), soit d'autres motifs de décoration.

Rubrique, s. f. — Nom que Vitruve donne à une terre rouge dont les anciens tiraient une couleur et qui était certainement la terre ou craie rouge que nous nommons sanguine.

Rudenture, s. f. — On désigne ainsi une sorte de baguette plane ou arrondie dont on remplit souvent jusqu'au tiers les cannelures d'une colonne, que Ton appelle alors colonne rudentée (voy. Cannelure).

Rudération, 5. f. — Nom que les anciens donnaient à ce que nous appelons aujourd'hui hourdage. Ils appliquaient ce terme particulièrement aux aires de planchers et de pavements.

Le mot latin ruderatio vient du mot rudus qui exprimait la couche de matériaux grossiers, pierrailles, formant une des couches des aires antiques et, en particulier , du pavement des routes (voy. ce mot).

Rue, s. f. — Voie de circulation ménagée, dans une ville, entre les maisons ou les bâtiments qui la bordent de chaque côté.

La plupart des villes n'ont pas été établies sur des plans réguliers, fixés d'avance et propres à leur procurer des percées régulières et des rues symétriques.

Un certain nombre de villes antiques, fondées par des colons qui se fixaient, par choix ou par force, sur des terrains libres, étaient distribuées avec ordre et intelligence. On commençait par tracer le plan de l'enceinte et des murs qui devaient la borner; on déterminait ses expositions, on fixait le nombre et la situation de ses portes. Les directions générales étaient mises en rapport avec

les principaux monuments, commandés par le besoin et l'usage. Cette manière de procéder pouvait procurer des communications heureuses entre les rues et leur donner la régularité que l'on veut souvent y introduire après coup.

Les villes modernes, au contraire, doivent presque toutes au hasard les premières directions des masses de bâtiments et de maisons, ainsi que les espaces laissés entre elles pour y former la voie publique ; elles présentèrent d'abord un agrégat de maisons et de rues déjà plantées ou alignées sans ordre, àl'entour duquel s'établirent des habitations isolées ou des groupes de maisons qui devinrent bientôt des appendices de la ville, puis ses faubourgs. La rectitude et l'ordre qui peuvent alors régner dans la disposition des rues sont simplement dus au hasard des localités, et c'est longtemps après cette formation primitive que l'on procède par degrés au redressement et à l'élargissement des voies.

Certaines rues de l'antique Rome avaient été percées d'une manière spontanée et étaient généralement tortueuses. Il est probable que l'incendie de Néron offrit l'occasion de régulariser plus d'un quartier; et, sans doute, la Rome moderne est redevable à l'ancienne de quelques grandes et belles ouvertures de rues.

On peut citer, comme très remarquable par la disposition de ses voies, la ville de Palerme, dont le plan général consiste en quatre rues, formant une croix à quatre croisillons égaux et qui, coupant ainsi la ville dans son centre, vont aboutir à quatre grandes portes, bâties en arcs de triomphe; de belles places, des monuments, des fontaines qui se rencontrent le long de ces rues, en diversifient l'aspect.

Il est certain, en effet, que la beauté des rues qui résulte de l'uniformité et de la régularité n'est qu'une beauté géométrique, dont la monotonie lasse bientôt l'œil du spectateur. De belles

RUE

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masses d'édifices, les créations de l'architecture avec leurs aspects variés et leurs contrastes venant récréer la vue et intéresser l'esprit, constituent la véritable beauté des rues. Il est vrai que bien des causes exercent leur influence à cet égard sur l'embellissement des villes; parmi ces causes, on compte les mœurs, le goût, les circonstances politiques; il y a aussi les raisons physiques telles que l'absence, dans certains pays, des matériaux nécessaires à l'architecture. On ne peut donc rien prescrire, d'une manière rigoureuse, sur les moyens d'obtenir, dans les rues d'une ville, la beauté qui consiste dans la magnificence et la variété des aspects ; il faut se contenter de la décrire ou d'en citer des exemples; mais toute théorie à ce sujet est inutile, si les causes physiques et morales se refusent à favoriser l'art et le goût.

Actuellement , les rues prennent , selon leur grandeur, le nom de boulevards ou de rues proprement dites ; les premiers sont, en général, plantés d'arbres. Les rues qui n'ont qu'une issue sont des impasses; les rues couvertes sont des passages.

Aujourd'hui, toute rue nouvelle est pourvue, de chaque côté, de trottoirs dallés ou bitumés (voy. Trottoir) et de ruisseaux pour l'écoulement des eaux.

Les conduites d'alimentation d'eau et de gaz, les égouts, sont établis directement sous le sol de la me.

Ce sol est tantôt pavé, tantôt recouvert \ d'un empierrement, de macadamisage ou même d'asphalte.

Rue de carrière : on nomme ainsi, dans l'exploitation des carrières, les chemins ou voies qui servent à la circulation, à l'extraction, au transport ou au charroi des matériaux.

Législation. Les rues et places publiques appartiennent au domaine public i quand elles sont la continuation de chemins qui sont à la charge de l'État ; au domaine municipal, lorsqu'elles sont à la charge de la commune.

Le décret du 26 mars 1852, relatif aux rues de Paris, édicté les prescriptions suivantes :

« Art. 1er. Les rues de Paris continueront à être soumises au régime de la grande voirie.

« Art. 2. Dans tout projet d'expropriation pour l'élargissement, le redressement ou la formation des rues de Paris, l'Administration aura la faculté de comprendre la totalité des immeubles atteints, lorsqu'elle jugera que les parties restantes ne sont pas d'une étendue ou d'une forme qui permette d'y élever des constructions salubres.

« Elle pourra pareillement comprendre, dans l'expropriation, des immeubles en dehors des alignements, lorsque leur acquisition sera nécessaire pour la suppression d'anciennes voies publiques jugées inutiles.

« Les parcelles de terrain acquises en dehors des alignements, et non susceptibles de recevoir des constructions salubres, seront réunies aux propriétés contiguës, soit à l'amiable, soit par l'expropriation de ces propriétés, conformément à l'article 33 de la loi du 16 septembre 1789.

« La fixation du prix de ces terrains sera faite suivant les mêmes formes et devant la même juridiction que celle des expropriations ordinaires. »

Tant qu'une rue conserve sa qualité de voie publique, chacun peut y passer. De même, les propriétaires riverains peuvent y ouvrir des baies, portes ou fenêtres, et y diriger leurs égouts, leurs gouttières, en se conformant toutefois aux règlements de voirie.

Il faut une autorisation du maire à celui qui veut établir sur rue un banc, un échafaudage, une plantation, barrière, escalier, hangar, enseigne, borne, balcon, terrasse, et, en général, toute saillie fixe ou mobile. L'autorité peut même ordonner, par un arrêté, la suppression d'une ou plusieurs de ces saillies existant déjà (voy. Saillie).

Celui qui fait un trou ou une excava-

RUOMS. —

tion sur le sol d'une voie publique ou y laisse des décombres ou matériaux, est tenu de les éclairer pendant la nuit.

L'ouverture d'une rue nouvelle, l'élargissement, le nivellement, la réparation ou l'entretien d'une rue ancienne n'entraînent pas, pour les riverains, le droit à être indemnisés des incommodités et du préjudice qui en résultent pour eux.

Ruche, s. f. — Ruches à miel. Ces objets sont immeubles par destination

Ruelle, s. f. — Espace étroit situé entre deux ou plusieurs maisons, entre deux murs.

Le terrain ainsi compris est réputé mitoyen, àmoins de titre ou prescription contraire.

Ruellée, s. f. — Solin de plâtre que les couvreurs établissent à l'extrémité d'un comble isolé et couvert en tuiles.

La niellée borde et termine le toit et rejette sur la couverture les eaux qui tomberaient sur le pignon.

Ruinure, s. f. — Entaille que font les charpentiers avec le ciseau ou la cognée dans les solives d'un plancher ou dans les poteaux d'une cloison pour retenir la maçonnerie des entrevous.

Ruisseau, s. m. — Sorte de canal formé par la rencontre de deux revers de pavés et qui sert à l'écoulement des eaux (voy. Trottoir).

Un ruisseau est composé de pavés appelés jumelles et contre-jumelles (voy.

ces mots).

Ruoms (Pierre de). — Calcaire compact, très dur, noduleux, provenant des carrières de Ruoms, près de Largentière (Àrdèche).

Cette pierre, de couleur grisâtre, h pâte fine, est susceptible de poli ; elle porte de O'Vlo à 0m,60 de hauteur d'assise.

RUSTIQUE

Rupture, s. f. — Voy. Résistance.

Rurale, adj. — Exploitation rurale [voy. Ferme).

Rustique, 5. m. et adj. — 1° Outil de tailleur de pierre qui sert à rustiquer, c'est-à-dire à donner aux blocs l'aspect rustique et qui a la même forme que la laye ou bretture (voy. ce mot), mais avec des intervalles plus considérables entre les dents.

2° Se dit d'un ouvrage de maçonnerie dans lequel les pierres sont laissées brutes, naturelles ou imitées.

Parmi les divers genres de rustiques que l'on peut mettre en œuvre, on place au premier rang le bossage ; mais luimême peut comporter plus d'un degré.

Il est des bossages où les pierres n'ont de rustique que leur saillie dans les superficies des parements et qui sont dressées avec soin, polies et arrondies sans aucune aspérité ; d'autres sont taillées de manière à imiter toutes les aspérités d'une pierre brute ; il y en a qui sont piquées de manière à produire à| peu près le même effet. On voit encore des bossages travaillés dans le genre:

qu'on appelle vermicide, imitation dest corrosions que le temps produit natu-j Tellement sur certaines qualités de pierres.

Comme variétés de rustiques, on peut encore citer :

1° Celui qu'on peut employer dam certaines parties de constructions telles que les soubassements, et qu consiste à mettre en œuvre ou à feindre ce genre d'appareil que les anciens on appelé incertum et dans lequel les pierres taillées à joints irréguliers, ne formen points de lits et s'assemblent comme ai hasard ;

2° Celui qui se produit au moyen d< certaines incrustations de matières di verses, soit par la couleur, soit par 1 forme, et qu'on réunit par les enduit de mortier, dont on couvre des mur; des pieds-droits, des arcades, des co

RUSTIQUE

RUSTIQUE

tonnes ou des pilastres; on emploie à ces incrustations soit des cailloux, soit des éclats de marbres de teintes variées, soit des coquillages naturels, soit des morceaux de stalactites et de pétrifications, etc.;

3° Le genre de rustique, dont on produit l'apparence, par la manière (remployer le mortier brut ou le plâtre jeté au balai, en observant de mêler, dans ces enduits raboteux, des couleurs qui en délacbent les parties du reste des ravalements.

Bien que le genre rustique, à bossage ou de toute autre manière, puisse convenir à toute espèce d'édifices, il en est auxquels on peut l'affecter de préférence, et même on peut en citer auxquels il convient exclusivement : tels sont ceux d'où veulent être exclus la

richesse, l'élégance et l'agrément, et dont le caractère doit surtout exprimer la solidité, la force, la sévérité qui appartient à leur destination, par exemple les prisons, les casernes, les portes de villes de guerre, les

greniers publics,

les halles, etc. Enfin, les monuments dont la destination et le caractère comportent bien le genre rustique sont les châteaux d'eau, les réservoirs, les fontaines, les grottes, etc. Dans les jardins surtout, là où l'architecture doit s'allier avec les effets naturels, on peut recommander l'emploi des pierres rustique ment taillées, des colonnes qui semblent avoir été enveloppées de stalactites naturelles, des ordonnances entremêlées de rocailles, des imitations de plantes aquatiques et de tous les accessoires du genre rustique.

SABLE

SABLE

Sable, 5. m. — Matière provenant de la désagrégation des roches granitiques, des grès ou des calcaires arénacés. Cette désagrégation se produit spontanément ou sous l'action mécanique des eaux sur les dépôts diluviens et les débris de toute nature qu'elles charrient.

Certains sables sont entièrement quartzeux, d'autres sont formés de la plupart des éléments du granit et du gneiss ; quelques-uns sont entièrement calcaires; il en est enfin qui sont volcaniques et d'autres composés de diverses matières mêlées.

On distingue les sables en sables gros, moyens, fins et très fins. On appelle sable fin celui dont les grains n'ont pas plus de 0m,001 de diamètre, et sable gros celui dont les grains ont de 0m,001 à 0m,003; au delà de cette dimension, ce n'est plus du sable, c'est du gravier.

Au point de vue de l'origine, on nomme :

1° Sables de rivière, les sables qui se tirent du lit des cours d'eau ;

2° Sables de la mer, ceux qui proviennent des grèves de la mer ;

3° Sables fossiles, de carrière ou de fouille, ceux qui, produits d'anciennes révolutions du globe, forment de vastes dépôts en un grand nombre de points où ils ont été transportés par les eaux;

4° Sables vierges ou arènes, ceux qui n'ont point été charriés et qui résultent, comme nous l'avons dit plus haut, de la décomposition spontanée de roches arénacées, feldspathiques ou argileuses.

Les sables s'emploient, dans les constructions, pour faire du mortier, pour former les joints des pavés et quelquefois pour asseoir des fondations.

Leur action sur la chaux est purement mécanique ; ils s'y attachent par leurs aspérités, modèrent son retrait, préviennent les gerçures, augmentent la dureté des chaux hydrauliques et diminuent celle des chaux grasses ; quant au ciment, ils en retardent la prise.

De la bonne qualité du sable dépend la bonne confection du mortier. On doit donc éprouver cette matière avant d'en faire usage ; les sables argileux, terreux ou vaseux , placés dans l'eau , la troublent; les sables purs, au contraire, n'en atténuent, en aucune façon, la limpidité ; on ne doit donc s'en servir qu'après les avoir débarrassés, par le lavage, de toutes matières étrangères.

Les sables de la mer, à cause des propriétés hygrométriques qu'ils doivent au sel dont ils sont imprégnés, ne peuvent être employés dans toutes les constructions où l'on veut éviter l'humidité, qu'après avoir été lavés ta grande eau ou exposés, pendant plusieurs années et par couches minces, à l'action des pluies.

Le sable de rivière se passe à la claie ; il est regardé comme le plus pur.

Le sable de terrain ou sable fossile peut être employé avantageusement à la fabrication des mortiers si on le choisit sans mélange de terre ; on en reconnaît la qualité à ce qu'il doit être rude au

SABLE

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