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SABLIÈRE

loucher, crier lorsqu'on le serre dans la main et ne pas la salir.

Le sable qui provient de la pulvérisation du grès ne doit jamais être employé à moins de nécessité absolue.

Le sable, et notamment le sable siliceux, tamisé s'il est mélangé de gros grains de gravier, tient le premier rang comme matière antiplastique. Il accroît même l'infusibilité des argiles, tandis que les sables feldspathiques, micacés, ferrugineux, calcaires, rendent, au contraire, les pâtes plus fusibles. Les ciments ou matières plastiques déjà cuites, telles que débris de gazettes, briques, tuiles, poteries, creusets, etc., broyés et introduits dans les terres, en diminuent, comme les sables, la plasticité trop grande ou leur donnent des propriétés plus réfractaires.

On appelle sable mouvant, sable bouillant, sable boulant ou simplement boulant une couche sablonneuse tellement imbibée d'eau qu'elle n'a pas plus de consistance que la vase.

Nous terminerons cet article en citant divers usages du sable, tant anciens que modernes, qui présentent un certain intérêt. C'est ainsi que l'architecte Chersiphron se servit de sacs remplis de sable pour la construction des platesbandes du temple d'Éphèse. « Une chose, dit Pline, qui raconte ce fait, tient du prodige : c'est qu'il ait pu élever à une telle hauteur des masses aussi volumineuses que les pierres des platesbandes de l'architrave. Voici le moyen dont il usa : avec des sacs remplis de sable, il pratiqua une montée douce, dont le sommet surmontait le chapiteau des colonnes. Sur ces sacs vinrent se reposer les plates-bandes ; puis, vidant peu à peu les sacs inférieurs, tout l'assemblage s'assit en sa place. » Il n'est pas probable que cette curieuse opération du déplacement de ces blocs ait été effectuée à nu sur une pile de sacs de sable ; le mouvement de ces masses eût rapidement foulé et détruit les parties supérieures de ce plan incliné. Il y a

tout lieu de croire que sur la surface bien réglée de l'ensemble on avait posé des madriers sur lesquels on hissait les monolithes. Cette agglomération de sacs de sable, pouvant se transporter facilement d'un entrecolonnement à l'autre, servait à la pose successive des architraves.

Le décintrement des voûtes actuellement en usage est une application du sable analogue à celle que nous venons de citer.

M. Janniard, dans la Revue d'architecture, rappelle un fait curieux basé sur le même principe : « Je ne sais plus, dit-il, quel auteur rapporte qu'en Italie on avait employé le sable à redresser une tour qui avait perdu son aplomb.

Une série d'étais en bois fut placée sur la face de la tour qui était opposée au surplomb ; le pied de chaque étai s'enfonçait dans un porte-gaine en bois, en partie rempli de sable et muni d'orifices latéraux, destinés à faire écouler le sable en temps utile. Lorsque les étais furent tendus et solidement appuyés par le pied sur les colonnes de sable, on fit à la base des murs une incision cunéiforme, suivant un angle calculé sur l'inclinaison de la tour et ayant son sommet tangent au mur du côté duquel l'édifice penchait ; lorsque la masse des murs tranchés n'eut plus d'autre appui que les étais, on fit évacuer peu à peu le sable contenu dans les gaines, et les étais cédant au poids de la tour, celleci reprit insensiblement son aplomb. »

Par un procédé analogue, on peut effectuer le redressement des cheminées d'usines, lorsqu'elles penchent d'un côté, par suite d'une inégalité de tassement de la maçonnerie.

Sabler, v. a. — Étendre du sable sur l'aire d'une allée de jardin, d'une cave ou de tout autre endroit.

Sablière, s. f — 1° Nom que l'on donne, concurremment avec celui de sablonnière, à une carrière de sable.

SABOT

SABOT

2° On désigne ainsi des pièces de bois horizontales que Ton place haut et bas dans un pan de bois pour recevoir les assemblages des poteaux, décharges, tournisses, qui entrent dans la composition de cet ouvrage (voy. Pan de bois).

On appelle sablière haute, celle qui se trouve à la partie supérieure de chaque étage et qui porte les solives de chaque plancher ; sablière basse, celle quirepose, à rez-de-chaussée, sur les parpaings ; sablière de chambrée, une sablière qui, à chaque étage, joue le rôle de sablière basse et repose sur les abouls des solives ; le même nom s'applique à une pièce soutenue par des corbeaux en pierre et qui est placée le long d'un mur pour supporter les abouts des solives d'un plancher (voy. Lambourde).

On appelle encore ainsi les pièces accolées à une poutre à laquelle elles se relient à l'aide d'étriers en fer et qui reçoivent dans des entailles les abouts des solives d'un plancher; cet assemblage de pièces constitue une poutre armée (voy. Poutre).

On emploie souvent ce terme pour désigner les plat es- forme s qui reçoivent les pieds des chevrons d'un comble.

Sablière de jouée : pièce qui, dans la charpente d'une lucarne, est placée en retour du chapeau et reçoit les assemblages des tournisses (voy. Lucarne).

Sablon, s. m. — Sable que l'on n'emploie pas pour faire le mortier parce qu'il est trop fin.

Le sable dragué dans la Seine, à Paris, est en partie du sablon.

Sablonnière, s. f. — Voy. Sablière.

Sabot, s. m. — 1° Garniture de métal avec laquelle on enveloppe l'extrémité d'une pièce de charpente, soit un pilot (voy. ce mot), soit un arbalétrier.

La forme que l'on donne aux sabots, dans les fermes en bois ou en métal, peut être très variée ; nous en donnerons seulement ici quelques exemples :

La figure 3062 représente un sabot en fonte qui reçoit les extrémités supérieures de deux arbalétriers en bois ; c'est une double boîte prismatique qua-

Fig. 3062.

drangulaire dont les deux compartiments sont séparés sur l'axe par une cloison verticale également en fonte. Le pied de ces arbalétriers est reçu de même dans un sabot de fonte.

Ces pièces peuvent être évidées, comme le montre la figure 3063, qui re-

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Fiff. 3063.

présente, à l'échelle de 0m,0025, un sabot de ce genre, vu de face et de profil, et qui repose sur les points d'appui.

D'autres pièces que les arbalétriers peuvent être ainsi garnies de boîtes en métal; nous donnons (iîg. 3064), en plan et en élévation, un sabot de fonte qui reçoit le pied d'une jambe de force appuyé sur un corbeau encastré dans le mur.

Dans les fermes en fer, les sommets des arbalétriers sont ordinairement

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