SCHISTE
coude et un œil pour le passage d'une vis servant à tendre ce cercle.
4° On nomme encore ainsi les augets formés pour arrêter les lambourdes de parquet.
SCIAGE
Sceller, v. a. — 1° Fixer dans un mur, dans une pierre, dans un pan de Lois, etc., des pièces de métal ou de bois (voy. Scellement).
2° Placer du mortier sous les pavés et dans leurs joints pour rendre l'ouvrage plus solide et s'opposer à la liltration des eaux.
Scène, s. f. — Mot qui vient du latin scena et qui désignait, dans un théâtre antique, une muraille occupant le fond du 'proscenium (voy. ce mot).
La scena formait une décoration architecturale solide, en pierre ou en marbre, percée de trois portes; celle du milieu, appelée porte royale et indiquant, en général, l'habitation de l'acteur qui jouait le premier rôle ; celle de droite, la demeure du personnage qui jouait le second rôle, et enfin, celle de gauche, destinée au troisième rôle.
Ainsi, la scena antique formait le fond du proscenium qui correspondait à ce que l'on appelle aujourd'hui la scène dans les théâtres modernes, c'est-à-dire le lieu sur lequel l'action se passe.
Actuellement, ce lieu est compris entre la toile du fond, les coulisses de l'un et de l'autre côté et la rampe, qui le sépare de la salle (voy. Théâtre).
Schiste, s. m. — Mot qui indique l'état de certaines pierres d'apparence homogène, à texture feuilletée, souvent terne, parfois luisante, pouvant se diviser mécaniquement en lames plus ou moins épaisses et ne se délayant jamais dans l'eau.
Il y a plusieurs variétés de schistes, qui sont toutes formées de silicale d'alumine plus ou moins mélangé de fer.
Schiste ardoisier (voy. Ardoise).
Huile de schiste (voy. Pétrole).
Schola. — Nom qui désignait, dans les bains et thermes antiques , un double rang de gradins qui formait le soubassement de l'hémicycle, au centre duquel était placée la cuve du bain, labrum ou solium.
C'était là que s'asseyaient pour converser ceux qui assistaient aux bains sans y prendre part ou qui attendaient qu'il y eût une place libre dans la cuve.
Sciage, s. m. — Terme qui s'applique, en général, au débit du bois, du marbre ou de la pierre, fait à la scie.
Maço>xerie. Les sciages sur pierre tendre se font par deux hommes, au moyen d'une scie à dents, et ceux sur pierre dure s'effectuent à la scie à grès mêlé d'eau. Cette scie est ordinairement menée par un seul homme ; mais, pour débiter des morceaux d'échantillon , on se sert d'une scie plus grande conduite par deux hommes (voy.
Scie).
Les premiers de ces sciages ne peuvent tenir lieu de la taille, tandis que les seconds se mettent presque toujours en parement. Ainsi, dans le métré, les sciages sur pierre dure qui tiennent lieu de parement sont considérés comme tels. Ceux qui servent de lits et joints sont comptés comme taille de lits et joints et tous les sciages disparus par l'effet d'une taille faite après coup, par exemple pour deux, trois et même quatre faces d'un fût de colonne, ainsi que pour les travaux tels que chambranles et pilastres, refouillés d arrièrecorps, etc., sont considérés comme sciages, comptés pour tels et ajoutés aux parements taillés dessus.
On appelé déchet de sciage la surface que la taille fait disparaître.
Nous donnerons ici dans un tableau emprunté au Traité de métrage de M. Sergent quelques exemples du temps qu'exige le sciage d'un mètre superficiel pour quelques natures de pierres employées à Paris :
SCIAGE
SCIAGE
Pierre de Saint-Lcu, lambourde 4>\40
Vergelé dur 6h,60
Pierre franche (banc royal). 41h,00
Roche de Bagneux , Saint - Cloud, Saint-Maximin .... 13h,45
Roche d'Arcueil et de Saint- Nom, Pageau 15\90
Liais durs de Bagneux, Senlis. 17h,ll
Charpente. Bois de sciage : pièce de bois provenant d'une pièce de bois plus forte, refendue sur sa longueur en diflerenles parlies.
La refente du bois de charpente prend le nom de sciage de long (voy. Scie). On a constaté que dans une journée de dix heures de travail, deux scieurs de long, conduisant une scie sur bois de chêne, font 10m2,50 de trait de scie et sur les autres bois de 12 à 13 mètres carrés.
L'emploi de la hache, qui a dû précéder de longtemps celui de la scie pour le débit des bois, a pour conséquences l'imperfection du travail et une perte considérable de temps et de bois.
L'usage perfectionné de la scie permet aujourd'hui de fabriquer, avec économie de temps et d'argent, une foule d'objets utiles ou seulement agréables. On peut même affirmer que l'emploi de cet outil, avec lequel on peut utiliser à peu près toutes les parties d'un arbre, a empêché la disparition du bois dans un grand nombre de contrées, où cet élément de construction est déjà assez rare.
Les principales essences dont on fait des sciages sont : le chêne et le hêtre pour les bois durs, le sapin et le peuplier pour les bois tendres.
Le chêne est employé pour la confection des parquets, des lambris, des boiseries sculptées, des portes et des clôtures extérieures. Les échantillons du commerce sont : le feuillet, qui a 0m,02 d'épaisseur; Ycntrevous , qui a 0m,03; [le plancher, 0m,04; la membrure, 0m,0o jet 0m,06 ; les chevrons, 0"\08 et 0m,10 ; les battants, de 0U1,12 à 0m,14 (voy.
Chêne).
Tous les chênes ne sont pas égale-
ment convenables pour faire du sciage, au point de vue mécanique ; celui que les ouvriers préfèrent, mais qui n'est pas le plus estimé pour la charpente, est le chêne tendre, poreux, et si les qualités solides, c'est-à-dire les conditions de résistance et de durée du chêne diminuent lorsqu'il dépasse sur pied l'âge de végétation active, au contraire, le chêne destiné au sciage gagne en mérite et en valeur vénale, d'autant plus qu'il approche de la décrépitude. Il y a lieu, toutefois, de distinguer ici entre l'intérêt du fabricant et celui du consommateur ; en effet, le premier, recherchant surtout la facilité de la fabrication, choisit et paye plus cher le bois vieilli, usé ; le consommateur, au contraire, recherche et paie plus cher le bois jeune', nerveux et dur, particulièrement lorsque ce bois est destiné à subir, à l'extérieur, les alternatives du chaud et du froid ; pour les bois qui doivent être placés à l'intérieur, cet intérêt n'existe plus.
Sous ce rapport, certains ouvrages créent au constructeur un véritable embarras ; tels sont les parquets, pour lesquels on ne devrait employer que des sciages de bois jeunes et durs. Malheureusement le chêne, qui satisfait à ces conditions, est très impressionnable aux alternatives de la sécheresse et de l'humidité, qui le font se dilater ou se resserrer; sous l'action prolongée du soleil, il se produit donc entre les lames des vides qui font croire, mais à tort, à remploi de mauvais bois.
Ce sont les plus gros arbres qui fournissent le sciage le moins cher et le plus beau. Un tronc de chêne acquiert la plus grande valeur vénale , lorsqu'il peut être quartelé, c'est-à-dire fendu en quatre par la scie , chacune de ces parties conservant des dimensions suffisantes pour fournir plusieurs planches larges, sciées sur les côtés et avivées ou sans aubier. Le déchet est d'autant moindre que l'arbre a un diamètre plus grand, et le sciage est plus beau et plus avantageux.
SCIE
SCIE
Les longueurs marchandes le plus communément employées pour le sciage de chêne varient enlre 2m,30 et 3 mètres. Toute longueur de planche de moins de 2 mètres est, dans un lot, une cause de dépréciation et toute longueur dépassant 3 mètres est une cause de plusvalue.
Les sciages de hêtre, quoique moins employés que le chêne, peuvent durer tout autant, s'ils ne sont pas exposés à l'air, car le hêtre est le plus impressionnable des bois. On peut remédier à cet inconvénient en laissant l'arbre en grume, sur le sol, pendant quelques mois après l'abalage ; la sève, concentrée dans les pores, se dessèche et le bois ne subit plus les influences atmosphériques, mais il reste facile à travailler, à scier, à sculpter, de sorte qu'on peut en faire des meubles ou des boiseries auxquels on donne la nuance du vieux chêne et que Ton fait passer pour tels dans le commerce.
Les bois tendres, sapins ou peupliers, peuvent être débités à la scie immédiatement après l'abatage ; il suflit de les empiler avec soin au temps des premières chaleurs.
Le sciage de sapin est plus rectiligne, de plus grande longeur et de plus belle forme ; celui du peuplier est plus résistant et de plus grande durée dans certains emplois ; mais la planche proprement dite, communément employée, est fournie par le sapin, sur une longueur de 4 à 5 mètres, 0m,22 à 0m,23 de largeur et 0m,027 d'épaisseur (voy. Sapin).
Les sciages de peuplier sont : le feuillet de 0m,015, la volige de Champagne de 0U1,02, la volige de Bourgogne de 0m,025, la planche de 0m,075, et le plateau, d'épaisseur variable, que l'on refend plus tard pour fournir les feuilles minces des meubles légers plaqués en bois précieux.
Scie, s. f. — Instrument qui sert à couper le bois ou la pierre, et qui se
compose essentiellement d'une lame d'acier longue et étroite, dentelée d'un côté et ordinairement montée dans une armature.
Les Grecs attribuaient l'invention de la scie au mécanicien Dédale ou à son fils Icare ; mais il est constant que, bien avant l'époque où l'on place l'existence de ces personnages plus ou moins historiques, les Égyptiens et les Phéniciens faisaient usage de la scie à main. Quant aux scies mécaniques, on en trouve la mention pour la première fois au ive siècle dans les œuvres du poète Ausone. Elles étaient formées d'une lame verticale, qui recevait d'un moteur hydraulique un mouvement alternatif ; on ne les employa d'abord qu'à débiter le marbre et, plus tard, le bois.
L'invention de la scie mécanique ou scie sans fin, qui date de la fin du siècle dernier, est due à Samuel Bentham, et fut importée en France, en 1798, par le mécanicien Albert et en 1805 par l'ingénieur Marc Brunel.
On fait agir la scie en lui imprimant un mouvement de va et vient, dans le sens de sa longueur, en lui conservant la direction qu'on lui a primitivement donnée.
La section ou incision faite par cet outil se nomme trait de scie.
A mesure que la lame pénètre dans le corps à partager ou à inciser, le frottement augmente et le mouvement de va et vient est rendu très difficile ; c'est pour obvier à cet inconvénient que l'on incline alternativement les dents, l'une à droite et l'autre à gauche, opération que l'on appelle donner de la voie aux scies.
Il y a deux sortes de scies à couper la pierre : l'une (iïg. 3071) a une lame
Fis. S071.
pourvue de dents et sert à couper la pierre tendre; l'autre (tig. 3072) a une
SCIE
SCIE
lame sans dénis, droite et unie dans sa monture; on remploie pour couper la
Fig. 3072
pierre dure en versant du grès pilé et de l'eau dans la voie que le fer forme dans la pierre.
La figure 3073 représente une scie de charpentier, qui se compose d'une lame ab, fixée dans deux montants en bois ac et bd avec les dents en dehors; la lame entre dans des fentes qu'elle remplit exactement de façon à ne pas vaciller ; elle y est retenue, h chaque extrémité, par un clou rivé qui la traverse ainsi que le montant. Une pièce de bois, parallèle cà la lame, fixe l'écartement des montants et s'y assemble à tenons et
Fig. 3073.
mortaises. Ces bras sont, en outre, réunis par une corde tournée plusieurs fois d'un montant à l'autre, et les brins en sont tordus ; une petite pièce de bois, nommée clef ou garrot, est passée dans l'intervalle des brins avant la torsion, qu'elle sert à produire. C'est ainsi que les crossettes c et d se rapprochent, et que les extrémités a et b s'éloignent, ce qui effectue la tension de la lame.
Lorsque la corde est suffisammenl tor- 'riue, on introduit l'extrémité inférieure
de la clef dans une mortaise pratiquée sur le dessus de la traverse et dans laquelle la raideur de la corde la maintient dès qu'elle y est entrée.
Cette scie peut avoir jusqu'à lm,30 de longueur; elle est manœuvrée par deux hommes et sert à couper les pièces de bois à leur longueur et à ébaucher les tenons et les entailles d'assemblage.
Voyons maintenant quelles dispositions spéciales il faut donner aux scies pour en tirer la plus grande somme d'effet utile, particulièrement en ce qui concerne les scies à bois.
Nous avons dit plus haut que donner de la voie à une scie, c'est obliquer les dents paires d'un bord et celles impaires de l'autre. On doit, dans cette opération, observer que chaque dent ne peut être dévoyée d'une quantité plus grande que la demi-épaisseur de la lame, comme on le voit en a (fig. 3074), car si elle l'était davantage, comme en b, il y
Fig. 3074.
aurait, entre les deux files de dents, un onglet de bois non attaqué qui arrêterait la scie. En outre, le vide réservé entre deux dents consécutives servant à emmagasiner la provision de sciure produite par l'une d'elles pendant une course de l'outil, doit être plus grand dans les scies employées pour les bois tendres que dans celles qui servent pour les bois durs.
Quant à la forme des dents, elle dépend du mode de travail h exécuter.
Lorsque la scie doit couper pendant son aller et son retour, on lui donne des dents telles que les représente la figure 3075 ; on détermine seulement l'angle
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SCIE
SCIE
au sommet d'après la nature de l'acier, la dureté du bois, et le plus ou moins grand intérêt qu'on aura à éviter les fréquents affûtages. Cet angle varie ordinairement de 60° à 30° ; au-dessous
Fig. 3075.
de 30°, les dents ne sont pas assez solides et s'émoussent promptement; audessus de 60°, elles ne coupent pas suffisamment.
Sont disposées de la sorte, les scies à main, employées ordinairement à tronçonner, à ébouter les pièces. Lorsque les scies ne doivent couper que pendant l'aller, on dispose les dents de manière qu'elles attaquent le bois sous les angles les meilleurs ; on leur donne 30° ou 40° au sommet, et l'on s'arrange de
Fig. 3076.
manière que leur face supérieure fasse de 40° à 60° avec le fond du trait, selon la dureté du bois à travailler, ainsi que le montre la figure 3076. Telles sont les scies de menuisier; ces outils qui ne sont mus que par une main coupent seulement quand on les pousse.
Le passe- partout, représenté en projection verticale et horizontale par la ligure 3077, sert à refendre les grosses pièces que la scie ordinaire ne peut traverser. Cette scie est surtout convenable pour le débit du gros bois à la forêt. La
lame passe-partout est unie et droite sur le dos, arrondie en arc de cercle bad du côté sur lequel les dents sont placées ; cette disposition est adoptée afin de
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-^^i^^ijj,
Fig. 3077.
prolonger la durée de l'outil, parce que les dents du milieu, qui travaillent plus longtemps que celles des extrémités, s'usent plus promptement.
Ces dents peuvent être juxtaposées comme en a (fig. 3078), si elles doivent couper des bois résistants ou secs ; on les tient éloignées comme en b, si les bois à travailler sont trop verts ; cette disposition est d'autant plus efficace que les dents de cette scie ayant un grand trajet à faire avant de rejeter les co-
Fig. 3078.
peaux qu'elles enlèvent, on doit laisser entre elles une assez grande capacité pour contenir la sciure ; on leur donne de 0m,16 à 0m,22 de longueur, en écartant leurs pointes d'un peu plus du double ; le fond de l'entaille est droit et la dent même est isocèle pour couper dans les deux sens.
SCIE
SCIE
La disposition représentée en c (fig.
3078) dite à dents de loup est employée quelquefois pour économiser le travail moteur: chaque dent est double; une moitié coupe le bois en marchant dans un sens, et la seconde moitié le coupe dans l'autre sens; les entailles séparant les pointes d'une même dent forment les biseaux des deux tranchants comme ceux des bédanes.
La scie de long est un outil formé (fig.
3079) d'une lame ig montée sur un châssis en bois opgn composé de deux traverses ou sommiers qui s'assemblent
Fig. 3079.
entre eux à mortaises et tenons passants. Deux poignées servent à manœuvrer ce châssis, lune supérieure e appelée chevrette, l'autre inférieure /'appelée
renard. La lame est placée juste au milieu du châssis, parallèlement aux montants et son plan est perpendiculaire à celui du châssis. Elle est fixée à ce dernier au moyen d'équiers h et k qui sont des boucles carrées en fer vues de profil sur la même figure et dans lesquelles passent les traverses. Une vis de pression sert à tendre la lame de la scie. On voit en D et en T deux des formes différentes que Ton a coutume de donner aux dents. Lorsque la scie fonctionne, elle est manœuvrée par deux ou trois hommes et elle ne scie qu'en descendant ; c'est pourquoi les dents ont les formes indiquées sur la figure.
Les scieurs de long montent la pièce à une certaine hauteur sur des chevalets ou tréteaux (fig. 3080) ; l'ouvrier placé en dessus de la pièce élève la scie, la dirige en descendant pour la maintenir sur le trait qui marque la route qu'elle doit suivre et opère la pression nécessaire pour qu'elle coupe. En remontant, il éloigne la scie du bois, afin que les dents ne le rencontrent pas et qu'elles ne se gâtent point. Quand la scie a parcouru une certaine longueur de la ligne qui marque sa route, les scieurs de long introduisent dans le trait, par le bout où la scie est entrée, un large coin de bois appelé bondieu qui empêche les parties séparées de vibrer et détermine leur écartement pour faciliter le sciage.
La figure 3081 représente un autre genre de scie de long qui n'est qu'une simple lame a, munie de deux poignées inclinées par rapport au dos de la lame ; celle-ci n'a pas la même largeur sur toute sa longueur.
La scie de long est employée non-seulement pour équarrir des arbres, mais pour refendre des pièces déjà équarries et pour les débiter en chevrons, en madriers et en planches.
Les menuisiers emploient aussi des scies à main formées d'une lame et d'une poignée ou d'un manche (fig. 3082).
La scie à chantourner est un outil semblable à la scie du menuisier ; mais