SCIERIE
dents semblables à celles des scies ordinaires. Un trou percé au centre de ce disque permet de le monter sur un arbre en fer auquel on communique un mouvement rapide de rotation.
Cet outil évolue avec une extrême rapidité, mais, au contraire des scieries précédentes, il exige la présence constante de l'ouvrier, obligé de pousser la pièce refendue vers la scie, fixée sur un établi dans lequel elle tourne. Le mouvement est fourni par un moteur inanimé, vapeur, chute d'eau, etc., et transmis par une courroie et une poulie qui le communiquent à Taxe central sur lequel est montée la scie. Cette dernière peut faire de 300 à 1,200 tours à la minute.
Quand cet outil fonctionne dans les bois durs, il est bon de disposer, sur la partie de la circonférence opposée à celle qui coupe, deux tampons de linge sans cesse humectés d'eau fraîche, afin d'éviter que la lame ne se gauchisse et se détrempe, ce qui augmenterait sensiblement la résistance. Ce genre de scies est surtout avantageux pour le débit des petits bois.
Enfin, les progrès de la fabrication de l'acier permettant d'obtenir facilement des lames de scies d'une grande longueur, on a réuni ensemble les extrémités d'une longue lame et, la faisant tourner sur deux poulies, on a réalisé une scie continue, en évitant les pertes de temps et de travail que cause le mouvement alternatif de la scie ordinaire.
La lame de cet appareil, que l'on a appelé scie à ruban, a de 0m,09 à 0m,10 de largeur et l'épaisseur des scies ordinaires; elle est formée de plusieurs morceaux d'acier assemblés à queue d'hironde et brasés à la soudure de cuivre ou d'argent; elle est bordée de petites dents peu saillantes et passe sur deux poulies de lm,30 de diamètre, garnies de cuir à leur pourtour et placées l'une au-dessus de l'autre, de manière que la partie de la lame qui agit sur le bois à débiterait un mouvement vertical continu. Ces
roues sont animées d'un mouvement très rapide (environ 25 mètres par seconde à la circonférence).
La même lame débite à la fois deux pièces : l'une en montant, l'autre en descendant. Elle est maintenue dans l'intervalle des deux poulies par des guides qui s'opposent aux flexions transversales. Il faut la changer dès qu'elle commence à s'échauffer.
On peut avec un appareil de ce genre exécuter, par heure, 60 à 70 mètres carrés de surface de sciage.
Nous ferons remarquer que ces machines se prêtent mieux que toutes les autres au sciage des bois petits et moyens suivant des traits courbes; elles conviennent également au travail des bois de prix, parce qu'employant des lames très minces elles causent de très faibles déchets.
Scie à recépage : on emploie, pour recéper les pieux, une machine qui se compose essentiellement d'un grand châssis horizontal portant la scie et que l'on peut faire mouvoir de dessus l'échafaudage qui lui sert de support.
Laver à la scie : équarrir un bois à vive arête sur plusieurs de ses faces au moyen de la scie.
Scier, v. a. — Employer la scie (voy. ce mot).
Scier à contre-passe : faire agir la scie parallèlement au lit de la pierre ou du marbre.
Scierie, s. f. — Établissement dans lequel on scie le bois.
On appelle scierie mécanique l'appareil même qui sert à la refente des pièces.
Ces appareils sont de formes diverses et sont mis en mouvement par des chutes d'eau, des machines à vapeur ou par le vent. On distingue, d'une manière générale, les scieries à mouvement alternatif, dans lesquelles le mouvement de la scie est plus ou moins analogue à celui que les ouvriers impriment à cet instrument et les scieries à mouvement continu,