SCORIES
comprenant les scies circulaires et les scies à ruban (voy. Scie).
Scieur, s. m. — Ouvrier qui exécute le sciage de la pierre ou du bois.
Les scieurs de pierre, et particulièrement les scieurs de pierre dure, travaillent ordinairement à la tâche. Ils sont tenus de fournir leurs outils, excepté ceux qui servent à mettre la pierre en chantier, tels que crics, pinces et rouleaux, qui appartiennent à l'entrepreneur, obligé en outre de leur fournir le grès et le plâtre dont ils ont besoin.
Le scieur de bois de charpente est appelé scieur de long (voy. Scie).
Sciotte, s. f. — Petite scie à main, sans dents, que Ton emploie pour scier le bout des bandes de marbre ou pour détacher, par un trait, une partie de la masse à tailler, ainsi qu'on le fait pour commencer les filets et autres moulures.
Sciotte tournante : morceau de tôle enroulé en cylindre, qui est mû par un fût de manière à enlever un noyau dans un bloc de marbre.
Sciure, s. f. — Déchet qui tombe de toute matière que Ton scie, mais plus spécialement du bois.
Dans la préparation des terres destinées à la fabrication des briques, on emploie quelquefois, comme matière dégraissante, la sciure de bois, qui a rinconvénient de se détruire à la cuisson et de laisser des vides, rendant les briques légères, mais peu résistantes.
Scories , s. f. pi. — Crasses de forges que Ton appelle communément mâchefer et qui sont employées soit pour servir de base à un empierrement, soit pour fabriquer un mortier bon pour les ouvrages exposés aux alternatives de sécheresse et d'humidité.
Ce mortier se compose de 8 parties de chaux éteinte par immersion, mesurée en poudre, 3 parties de ciment et 3 parties de scories réduites en poudre.
311 — SCULPTURE
On emploie aussi les scories de forge ainsi que le mâchefer (voy. ce mot) comme matière dégraissante dans la préparation des terres destinées au façonnage des briques argileuses. Les scories pulvérisées fournissent, pour cet objet, de très bons résultats, mais ne donnent pas des produits aussi réfractaires que les sables siliceux.
Scotie, s. f. — Moulure concave C (fig. 3086) que l'on place ordinairement
Fig. 3086.
entre les filets accompagnant deux tores à la base d'une colonne.
On donne aussi quelquefois à cette moulure le nom de nacelle.
La base attique a une scotie ; la base corinthienne en a deux, celle inférieure étant plus grande que l'autre.
Sculpture, s. f. — Ce mot, pris dans son acception générale, désigne l'art qui a pour objet l'exécution, sous une forme palpable, d'une figure ou d'un ornement quelconques.
Cet art a pour moyens d'exécution la taille au ciseau d'une matière dure telle que le bois, l'ivoire, la pierre, le marbre, etc., le modelage d'une substance molle comme la cire ou l'argile humide ; le moulage, qui permet de reproduire en saillie l'image que les moules représentent en creux et qui comprend la représentation des images obtenue en coulant des métaux ou des matières plastiques.
Dans le langage technique, on donne les noms de sculpture à l'art de tailler le bois, la pierre, le marbre, etc.; plastique à l'art de modeler ; moulage à Fart
SCULPTURE
SCULPTURE
de représenter les images à l'aide de moules préparés par la plastique ; ciselure au travail qui achève l'œuvre du moulage et de la fonte en faisant disparaître les défauts qui en résultent et en donnant le dernier fini à l'œuvre.
Considérée sous le rapport des objets qu'elle représente, la sculpture reçoit encore des noms divers ; quand elle s'applique à la reproduction des êtres animés, et particulièrement de l'homme, elle prend celui de statuaire. Cet art devient sculpture d'ornements lorsqu'il s'attache à la représentation de tout autre objet ; il est presque toujours alors un accessoire de l'architecture et doit se subordonner à celle-ci.
La statuaire sert souvent aussi à la décoration des édifices ; mais elle peut constituer un art tout à fait indépendant (voy. Statue).
Au point de vue géométrique, on distingue encore la sculpture de rondebosse et la sculpture en relief. La première représente les objets sous leurs trois dimensions, comme une statue, tandis que dans la seconde toutes les figures représentées font saillie sur un fond auquel elles tiennent et sur lequel elles sont appliquées (voy. Bas-relief, Bosse).
La sculpture étant entrée nécessairement dans l'origine même de l'architecture s'est associée à cet art plus intimement cà mesure qu'il se développait ; elle a servi à en caractériser les différents modes, à en multiplier les formes, les combinaisons et les effets. C'est ainsi que l'art du sculpteur intervient pour rendre plus certaine l'action que produisent sur les sens et sur l'esprit les proportions affectées à chacun des ordres. Indépendamment de ces proportions, la sculpture fixe le genre propre de chaque mode d'ordonnance. L'ordre corinthien, par exemple, doit à la sculpture ce haut caractère de richesse qui brille dans toutes ses parties. Ainsi, l'art de sculpter est réellement partie nécessaire de l'architecture, puisqu'il
sert si puissamment à en fixer les idées et à en renforcer les impressions.
Ces vérités , incontestables pour la sculpture d'ornements , sont rendues plus évidentes encore dans les deux grandes divisions de l'art du sculpteur, celle des bas-reliefs et celle des statues. En effet, l'emploi des bas-reliefs offre aux édifices non-seulement une décoration des plus riches, mais encore le moyen le plus saisissant d'en expliquer aux yeux la destination.
Quant à la sculpture en statues, les applications qu'en fait l'architecte à l'embellissement de ses œuvres sont très nombreuses, soit que les statues servent à couronner les monuments ou qu'on les adosse aux murs, soit qu'elles occupent les intervalles des colonnes ou qu'elles remplissent des niches préparées pour les recevoir.
Ce grand nombre d'emplois affectés à la sculpture dans les ouvrages de l'architecture donne donc à ceux-ci une plus grande valeur, tant au point de vue du plaisir des yeux que de celui de l'esprit ; mais il ne faut pas oublier que c'est du choix judicieux ou ingénieux des objets historiques, poétiques ou allégoriques, retracés par le ciseau du sculpteur, tant au dedans qu'au dehors des édifices, que dépendent, pour le spectateur, la connaissance de la destination du monument et l'effet d'harmonie morale qui résulte de l'accord des parties avec l'ensemble.
Historique. Jusqu'au xvue siècle, la statuaire proprement dite et la sculpture d'ornement sont si intimement liées qu'on ne saurait faire l'histoire de l'une sans faire l'histoire de l'autre.
On distingue, dans l'antiquité, la sculpture hiératique, qui a pour principe le respect absolu de la tradition et la sculpture que l'on pourrait appeler progressive, c'est-à-dire qui part de l'imitation de la nature et tend à se perfectionner dans cette voie pour arriver au beau absolu. Les peuples orientaux, les Hindous, les Asiatiques, les Égyp-
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tiens eux-mêmes ont appliqué à la, sculpture le premier de ces systèmes; les Grecs ont pratiqué le second.
Cependant, alors que l'architecture indienne ne pouvait, d'une façon absolue, s'écarter des règles tracées dans les livres sacrés, les sculpteurs, dont l'art avait aussi ses principes fondamentaux, jouissaient d'une latitude plus grande ; il leur était permis de donner aux parties architectoniques et aux décorations les formes les plus bizarres et les plus capricieuses. Ils ont traité le bas-relief aussi bien que la ronde-bosse et la statuaire. Au Kailâça, monument d'EUora, taillé dans le roc, les parois des murailles sont couvertes de milliers de statues et de sujets relatifs à la mythologie hindoue ; quant à l'ornementation des détails, sa finesse et sa délicatesse la font plutôt ressembler à un travail d'orfèvrerie qu'à de la sculpture monumentale.
La sculpture assyrienne a passé par plusieurs phases dans son développement. Les documents certains que nous possédons ne remontent pas au-dehà de la fondation du grand empire assyrien, dont la durée s'est étendue du ve au vme siècle avant Jésus-Christ. C'est à cette époque qu'appartiennent les palais de Nimroud , couverts de bas-reliefs, dont les sujets sont surtout empruntés à la puissance royale ; on y voit aussi des motifs guerriers, des chasses au lion, au taureau sauvage. Les sculptures en ronde-bosse consistent surtout en animaux colossaux, lions ailés, taureaux ou lionnes ornant les portes. La période suivante comprend les monuments dont les ruines ont été découvertes à Korsabad. Les bas-reliefs représentent, en général, les mêmes sujets que dans la période précédente, quoique avec plus de variété ; beaucoup sont empruntés à la vie privée ; on y voit des festins, des chasses, des triomphes, des combats, des débarquements, des attaques de villes fortifiées, etc. Les sculptures deviennent moins colossales. Après la
ruine de Ninive, l'art assyrien, transporté à Rabylone, ne nous a laissé que fort peu de spécimens pour le sujet que nous étudions ici. D'ailleurs, le marbre fut remplacé à cette époque par la brique vernissée comme élément décoratif et les bas-reliefs rappellent plutôt la peinture que la sculpture.
Dans l'architecture égyptienne, l'ornementation sculpturale consiste en basreliefs, figures, emblèmes, signes hiéroglyphiques : les sujets représentés sont, pour les pylônes et les murs d'enceinte, tantôt des faits mémorables de l'histoire nationale, tantôt des travaux d'agriculture. Dans les sanctuaires, les sujets sont empruntés à la mythologie égyptienne ; dans les figures humaines ou chimériques des divinités , la ressemblance de physionomie est constamment observée, la pose de ces figures, l'ordre dans lequel ces divinités se succèdent sont invariables ; le caractère de la décoration religieuse, consacré dès les premiers temps de l'art, fut donc inviolablement maintenu. Il n'en est pas de même dans les autres sujets, qui nous donnent des renseignements très intéressants sur les mœurs des Égyptiens et dans la représentation desquels on remarque, selon les temps, un progrès sensible; ce sont continuellement des scènes de vie domestique ou agricole ; tous les tombeaux en étaient garnis.
C'est sur ces derniers monuments que l'on a constaté la manière de procéder des artistes égyptiens. On mettait au carreau la paroi qu'on voulait décorer, et celui qui dirigeait le travail marquait les points où devaient passer les traits des principales figures ; un autre venait ensuite dessiner les formes au crayon rouge en passant par les points; un troisième rectifiait le trait et l'arrêtait définitivement avec un pinceau ; les sculpteurs entaillaient alors la pierre dans le contour indiqué et modelaient en relief, dans les creux, les figures simplement tracées.
La statuaire égyptienne témoigne
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aussi de l'invariabilité des types dans la représentation des divinités, des rois et des prêtres ; les statues d'animaux, tels que lions, sphinx, elc, attestent, au contraire, une grande liberté de composition et une exécution plus vraie. Longtemps la Grèce a passé pour avoir emprunté ses arts à l'Egypte ; de nos jours, les archéologues semblent croire à une influence égyptienne pour la sculpture comme pour le reste; quant à nous, nous considérons que l'art grec, particulièrement en ce qui concerne le sujet qui nous occupe, est absolument indépendant de celui des autres nations. Le caractère dominant de la sculpture grecque est la vie intellectuelle exprimée au dehors par des formes sensibles.
Quoi qu'il en soit, l'histoire de cet art, en Grèce, peut se diviser en plusieurs périodes. Comme exemple de sculpture des temps primitifs, que l'on appelle aussi sculpture hiératique, on peut citer une métope de Sélinonte, conservée au musée de Palerme, et dont le sujet est la fable de Persée et de Méduse. Quant à la statuaire la plus ancienne, ce qui la caractérise , c'est l'usage, très général alors, des statues en bois des divinités. C'étaient de véritables idoles de toutes grandeurs , raides , immobiles , ayant les jambes réunies, les bras et les mains adhérents, les yeux à peine modelés ou d'une fixité singulière. La période suivante se distingue par un effort puissant du génie grec pour échapper aux formes hiératiques et marque un pas dans la recherche du naturel et de l'expression de la vie ; l'usage qui s'établit des jeux et des luttes athlétiques exerce une grande influence sur l'art sculptural : la raideur antique, la dureté du dessin, le manque de proportions disparaissent en grande partie.
L'emploi de la pierre, puis du marbre, contribue au perfectionnement de l'art du bas-relief, qui est alors pratiqué, en giand , depuis la Sicile jusqu'en Asie Mineure. On en décore des autels, des bases de statues, les frontons, les mé-
topes, la frise et les acrotères des temples. Mais c'est à l'époque de Périclès que l'on attribue les plus beaux ouvrages de la sculpture grecque. Plus de formes hiératiques, le naturel le plus libre et le plus vrai ; le nu traité avec exclusion de toute idée charnelle; enfin, il est certain qu'à aucune époque de l'histoire, la sculpture n'a atteint une aussi grande hauteur idéale.
À cette époque appartiennent Phidias et Polyclète, le premier représentant l'école athénienne, le second l'école de Sicyone et d'Argos ; les œuvres à citer en première ligne sont la Pallas du Parthénon, le Jupiter d'Olympie, la Junon d'Argos, les reliefs du Parthénon, dePhigalée et les cariatides de l'Érechlhéion, d'Athènes. Après la guerre du Péloponnèse, une sorte de transformation s'opéra dans l'esprit public, plus porté vers les sujets où les passions humaines et la sensualité pouvaient trouver place. Le nouveau style fut surtout représenté, dans la sculpture, par Scopas, Praxitèle, Lysippe, etc L'expression devint alors la partie importante de l'art, en même temps que la recherche de la grâce, dans les formes, tendait h se substituer à la recherche de la force.
L' Apollon citharède, les niobides, sont de cette époque. Vint ensuite la période macédonienne, qui se distingue parlinlluence de l'Orient sur la sculpture grecque, se traduisant par la magnificence et les proportions grandioses.
C'est aussi pendant cette période que le goût des beaux-arts et les besoins du luxe font pénétrer la sculpture chez les particuliers sous la forme de petits ouvrages en marbre, en métal ou en plâtre moulé. Le Laocoon, dû à Agésanderetà ses fils Athénodore et Polydore, le Gladiateur, d'Agasias, appartiennent à cette époque, à partir de laquelle l'art grec tomba en décadence ; les derniers chefsd'œuvre qu'il a produits ont été des portraits.
Les Romains n'ont pas, à proprement parler, de sculpture nationale ; leurs
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premiers ouvrages furent des statues de
dieux faites de bois et d'argile. A partir
des guerres puniques, ils remplirent les
places, les monuments publics et même
les maisons des particuliers de statues
enlevées aux peuples vaincus. Sous
l'empire, les sculpteurs grecs affluèrent
à Rome. On cite, de cette époque, les
statues qui décoraient le fronton du
Panthéon d'Agrippa, et qui avaient été
exécutées par l'Athénien Diogène; la
statue colossale de Néron, faite par le
Gaulois Zénodore; la colonne Trajane,
le buste d'Antinous, ce dernier chef-
l d'œuvre étant de l'époque dWdrien. A
I partir du règne de ce prince, la déca-
! dence se produisit plus rapidement en-
• core à mesure que l'art perdit de sa
; pureté; on chercha à en racheter les
; défauts par une ornementation surchar-
I gée de détails. Au me siècle, le fût de
colonne qui, dans l'origine, n'avait été
orné que d'un rang de feuillages vers la
base, finit par se couvrir d'ornements
tels que feuilles d'eau imbriquées ,
moulures en spirale, etc Souvent
aussi, les colonnes se couvraient de basreliefs formant des tableaux superposés, séparés les uns des autres par des cercles, ou de rinceaux garnissant complètement le fût, de guirlandes de vigne ou d'autres feuillages ; les entrecolonnements, les bases, l'entablement se chargeaient de moulures.
Cette décadence de l'art se fit particulièrement sentir dans les œuvres des artistes byzantins. Ceux-ci, par aversion pour le paganisme, s'éloignèrent tout d'abord, pour ce qui avait rapport au culte chrétien, des modèles antiques. Leurs statues sont immobiles et austères, aux contours secs, aux formes maigres et allongées, constamment reproduites d'après un type traditionnel, mais toujours aussi empreintes d'un profond sentiment religieux. Quant à la sculpture d'ornement, elle est large et pesante, riche en perles, en galons contournés et décorés de pierreries. Les artistes grecs qui, pendant le moyen
âge, se répandirent en Occident, transmirent au style roman les principes de cette ornementation.
C'est au xie siècle seulement que l'on voit apparaître les premiers éléments de la sculpture romane proprement dite. Les ornements le plus fréquemment usités sont les chevrons, les étoiles, les méandres ou frettes, les losanges enchaînés, les tores coupés, les pointes de diamant, les câbles, les torsades, les damiers, les têtes de clou.
Au xne siècle, les chapiteaux historiés du roman primitif sont remplacés par les chapiteaux à feuillages. En même temps, on voit paraître des statues et des bas-reliefs qui, sans être exempts de défauts, témoignent d'une certaine correction.
Les archivoltes et les voussures des portes commencent à se couvrir de personnages ; les tympans, qui jusquelà n'avaient eu pour ornements que des figures chimériques ou simplement des pierres taillées symétriquement, parfois disposées en échiquier, sont tapissés de bas-reliefs. Ce qui caractérise la statuaire à cette époque, ce sont les longs bustes, les yeux saillants, fendus, les sourcils arqués, une certaine raideur; ce qui distingue les figures de cette époque, soit bas-reliefs, soit statues, c'est l'imitation d'un type à peu près uniforme dans les traits du visage, la tournure et le costume des différents personnages.
Le Père éternel, le Christ, la Vierge, les Apôtres, les saints, les anges reçoivent, dans ce système, leurs traits, leur forme, leur costume propre et déterminé. Quant aux figures grotesques et parfois obscènes qui ornent les façades ou l'entablement des édifices religieux, elles seraient, selon quelques archéologues, la personnification des vices.
Durant la première période du style ogival, la décoration architecturale comprend les trèfles, les quatrefeuilles, les fleurons, les rosaces, les guirlandes de feuillages ; quelques ornements de l'âge précédent sont encore en usage, tels
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que zigzags, étoiles, billettes, etc. Au xme siècle, en France notamment, les sculpteurs trouvèrent d'immenses ressources clans l'imitation des végétaux indigènes. Les feuilles de vigne, de chêne, de rosier, de saule, des fleurs crucifères très élégantes, les feuilles et les fleurs de nénuphar, de fraisier, de renoncule, les feuilles de trèfle ont été reconnues dans plusieurs de nos cathédrales du xiii8 siècle. Des crochets ou crosses (voy. Crochet) sont placés sur les angles des pyramides, le long des frontons, sous les corniches, etc. Les ligures en bas-relief, les statues sont très nombreuses ; on ne se contentait plus de les placer sur les parois latérales des portes, elles occupaient les niches pratiquées au sommet des contreforts et les nombreuses arcatures qui forment des galeries à la partie supérieure des façades. Les statues, moins allongées, moins raides, mieux drapées que dans le style roman, ont aussi plus d'expression et de vie ; elles sont souvent rehaussées de couleurs et de dorures et accompagnées de dais et de pinacles.
Dans les édifices du xive siècle, on retrouve la plupart des ornements du xme siècle. Les moulures sont seulement plus maigres, moins saillantes. La décoration végétale est excessivement riche.
Les statuaires ont été peut-être plus habiles que leurs devanciers, mais leurs figures ont moins de naïveté. Ils se sont attachés plus aux petits détails et moins à Teffet général ; les draperies sont quelquefois un peu tourmentées.
Au xv9 siècle et dans la première moitié du xvi°, les formes prismatiques et anguleuses dominent dans les moulures ; les ornements ont un air de maigreur et une sécheresse de trait que n'offrent pas ceux des xme et xivc siècles. La flore ornementale comprend des feuilles de vigne, de choux frisés, de chardon ou de quelque autre plante. Les pinacles sont ornés de crochets, les dais offrent des couronnements pyramidaux très compliqués. Parmi les statues
sculptées au xve siècle, quelques-unes ne sont pas sans mérite ; on remarque dans d'autres un travail sec et prétentieux dans la pose et la draperie. Les bas-reliefs offrent les mêmes mérites et les mêmes défauts que les statues.
Au xvifi siècle, les sommets des ogives et des pignons sont couronnés par un bouquet épanoui, et leurs côtés garnis de feuilles et de crochets. Les dais des niches sont surmontés de pinacles dentelés, découpés à jour et ornés de feuillages. Aux points de croisement des nervures, sont appliquées des figures en relief, des emblèmes ou des armoiries.
Enfin, l'ornementation devient de plus en plus riche : ce ne sont que bouquets fleuris, guirlandes de feuillages, dentelures à jour, festons, niches, statues, dais, pinacles, etc. On ne saurait méconnaître les progrès accomplis clans l'exécution matérielle ; mais on remarque aussi l'afféterie et l'exubérance, indices d'un art en décadence.
L'époque de la Renaissance se distingue entre toutes par la science et la richesse de l'ornementation. On continua de construire, d'après les principes du style ogival, les voûtes de grande portée, mais en les surbaissant et en les couvrant de culs-de-lampe et de pendentifs ciselés; les voûtes plus petites furent ordinairement cintrées, et leur surface, divisée en caissons symétriques, reçut des sculptures très variées, fleurs, fruits, emblèmes, têtes humaines, génies ailés, images fantastiques, etc. A aucune époque , on n'a exécuté avec autant de pureté, d'élégance et de finesse, avec une telle perfection de profils et de contours, les moulures, les festons, les rinceaux, les arabesques, les fleurons, les guirlandes, les dentelles, les rosaces, les médaillons garnis de personnages en demi-relief. C'est en Italie que se manifestèrent les premiers effets produits sur l'art sculptural par l'étude de l'antiquité. Des écoles se fondèrent dans plusieurs villes ; celle de Florence produisit des sculpteurs
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