‹ Dictionnaire des termes employés dans la construction (volume 2)Chapitre 147 sur 255 · SONNERIE · texte numérisé non relu

SONNERIE

(fig. 3154) pour salons et chambres à

Fig. 3151.

(fig. 3152) permettant de voir, par l'apparition automatique d'un numéro

Fig. 3152.

ou de toute autre indication, de quelle pièce est venu l'appel; 4° Des transmetteurs pour l'attaque,

Fig. 3153.

de formes et dispositions diverses : boutons (fig. 3153) ou tirages à cordon

Fig. 3154.

coucher; pédale (fig. 3155), pour par-

Fig. 3155.

quet ; poire (fig. 3156) ou pressclle

Fig. 315G.

(\\g. 3157), à cordons conducteurs sou-,

Fig. 3157.

pies, pour lampes de salle à manger

SONNERIE

SONNERIE

coulisseaux à cuvette (fig. 3158) ou à

Fis. 3158.

tirage (fig. 3159), sur marbre, pour porte extérieure, etc.

Fig. 31o9.

Voici comment l'on procède à l'installation de ces appareils :

De toutes les piles connues jusqu'à ce jour, celle qui, pour cet usage, donne les meilleurs résultats, est la pile du système Léclanehé, pour l'entretien de laquelle il suffit, tous les 4 ou 5 mois, de mettre un peu d'eau et de sel ammoniac dans le vase en verre, lorsque l'on constate que le niveau du liquide a baissé sensiblement. Cette pile doit être placée dans un endroit ni trop chaud, ni trop froid ; on choisit ordinairement les couloirs de service, afin de la dissimuler soit sur une tablette, soit dans une boîte spéciale à casiers, s'accrochanl au mur.

Pour une installation ordinaire se composant de quelques sonneries et boutons, une pile de 3 éléments est plus que suffisante ; si l'on doit y inter-

caler un tableau indicateur, le nombre des éléments est porté à 5 ou 6 ; on doit aussi augmenter ce nombre quand on veut établir plusieurs sonneries fonctionnant ensemble par un même bouton d'appel ; l'un des deux fils des extrémités de la pile se rend à toutes les sonneries, l'autre dessert tous les boutons ; on choisit généralement pour ce dernier le fil partant du charbon ou pôle positif. Si les murs sont bien secs, on peut se contenter pour conducteurs de fils de cuivre recouverts de deux couches de coton, dont une enduite d'une matière isolante , ce qui est plus économique.

Toutefois , il est important , pour la traversée des murs, afin d'éviter l'humidité des plâtres, et par conséquent, à la longue, l'oxydation du cuivre, qui amènerait la rupture des fils, de faire passer ceux-ci dans des tubes ou fourreaux en gutta-percha, d'un diamètre proportionné au nombre des fils, et de 0m,06 à 0m,08 de longueur, pour chaque extrémité, lorsque les murs sont épais.

Les ligatures, aux points de raccordement ou de jonction des fils, se font, en grattant préalablement, sur une longueur de 0m,012 à 0m,015, la couche de coton et de gutta, sur les deux conducteurs que Ton veut relier, en ayant soin de mettre les fils de cuivre à nu et de bien les décaper ; puis on les tord l'un sur l'autre pour les recouvrir ensuite d'un ruban de gutta, en feuille mince, de même largeur que la ligature , et enroulé de o ou 6 tours, c'est-à-dire suffisamment pour préserver la partie raccordée du contact d'autres fils ou des murs. Il suffit, pour souder. le ruban de gutta et le rendre adhérent, de lui présenter la flamme d'une allumette et de lisser la gutta, ramollie par la chaleur, entre deux doigts humectés.

Les fils doivent être soutenus, de deux en deux mètres environ dans les lignes droites, et à une distance plus rapprochée dans les courbes, par de petits isolateurs en os (fig. 3160) fixés par des

SONNERIE

SONNERIE

pointes et sur lesquels on enroule d'un

Fig. 3160.

tour les fils, au fur et à mesure de leur tension.

Deux iils peuvent être placés, à côté l'un de l'autre, sur un même isolateur.

Fig. 3161

Ces derniers sont remplacés, dans les angles, par des crochets en fer émaillé (fig. 3161).

Pour les parcours extérieurs, tels que cour, jardin ou parc, on remplace les fils rosette recouverts, par des fils de fer galvanisés de 0m,002, supportés, de

Fig. 3162.

Fis. 3163.

loin en loin, par des isolateurs en porcelaine (fig. 3162 et 3163), fixés sur des poteaux ou le long des murs.

Quand on veut dissimuler les fils ou les préserver de toute atteinte, on emploie des câbles sous plomb, que Ton

enterre de 0m,15 ou 0m,20 de profondeur. Dans ce cas, l'enveloppe de plomb peut être employée comme fil de terre.

Comme il importe, dans une installation, d'éviter toule confusion entre les deux fils partant de la pile, dont l'un, comme nous l'avons dit, doit desservir toutes les sonneries, et l'autre les boutons transmetteurs, on fera bien d'employer des fils de nuances différentes, ce qui permettra toujours de les reconnaître et d'éviter ainsi des perturba- Lions, qui donneraient lieu à de longues recherches tout en épuisant inutilement la pile.

Autant que possible, pour le coup d'œil comme pour la facilité des recherches, les fils devront être espacés entre eux d'environ 0in,01; cependant, lorsqu'ils sont trop nombreux pour permettre d'observer cet écartement, ce qui est le cas, quand un ou plusieurs tableaux se trouvent intercalés dans le circuit, on les réunit en un seul faisceau, et on remplace les isolateurs en os par des crochets émaillés, puis on dissimule le tout avec des baguettes de recouvrement.

La descente des fils du plafond aux appareils peut se faire dans les mêmes conditions, en s'arrêtant, toutefois, à 0m,lo au-dessus des tableaux ou sonneries, pour de là, distribuer les fils en forme d'éventail en les amenant à leur bouton respectif. Ils doivent être coupés d'environ un mètre plus longs, pour être enroulés, en forme de spirales ou boudins, ta l'aide d'une broche de 0m,006 à 0m,008, afin de constituer une réserve pour les cas de rupture auprès des appareils.

Lorsque plusieurs sonneries sont appelées à fonctionner l'une près de l'autre, on doit varier les sons, afin d'éviter toute confusion dans les appels.

Il est prudent, pour une installation de quelque importance, de placer un interrupteur , sur un point quelconque du parcours des tils, afin de permettre, en cas de dérangement, ou

SONNERIE

SONNERIE

de perturbations causées par la rupture accidentelle d'un fil, ou de toule autre cause, d'interrompre les communications et d'éviter l'épuisement de la pile pendant les recherches et la réparation.

Il importe aussi, en procédant au montage des transmetteurs, quels qu'ils soient, bouton, poire, presselle, pédale de parquet, tirage, d'éviter avec soin toute communication métallique, entre chacun

Fig. 3 1 G 4 .

des fils que l'on doit amener sous une des vis de leur paillette de contact respective.

Pour cela, on fait en sorte, après les avoir tendus, de ne gratter l'enveloppe, c'est-

Fiff. 3165.

i-dire de ne les mettre à nu, que juste de a quantité voulue pour permettre de leur aire faire un tour sous la tête de vis, et ire assuré d'une bonne communication icctrique avec la paillette argentée.

Nous terminerons cet article en représentant :

1° L'installation la plus simple et la plus usitée, soit une sonnerie, un bouton et sa pile (fig. 3164);

SONNETTE

SONNETTE

2° L'établissement d'une communication entre deux points avec demande et réponse, à l'aide de trois fils, soit deux sonneries se répondant, attaquées chacune par un ou deux boutons (fig. 3165) ;

3fc-

3° La même communication établie au moyen de quatre fils (fig. 3166) ; cette disposition est la plus généralement employée, parce que l'on est toujours à même de brancher d'autres communi-

cations sur les fils de pile, ce que la précédente ne permet pas.

Dans les chemins de fer, on fait usage de sonneries électriques pour indiquer au point de départ de la manœuvre la position occupée par un mât de signal que la distance, le brouillard ou un obstacle quelconque dérobe à la vue. Ces sonneries, à l'aide d'un commutateur qui interrompt ou établit le courant électrique suivant que le signal est ouvert ou fermé, ne fonctionnent que quand le disque est placé à l'arrêt.

Sonnette, s. f. — 1° Appareil servant au battage des pilots employés dans les fondations des ports et autres ouvrages hydrauliques.

Les sonnettes sont, en général, des systèmes propres à élever à une certaine hauteur une masse pesante en fonte, appelée mouton, qui retombe sur la tête du pilot; celle-ci est consolidée par une frette et la pointe du pieu est

armée d'un sabot pour que le travail qui résulte de l'écrasement des extrémités ne soit pas perdu.

Le pilot est disposé verticalement, puis enfoncé, sous un effort modéré, jusqu'à ce qu'il commence à offrir une certaine résistance. On le bat ensuite plus énergiquement et on l'amène à refus, c'est-à-dire qu'il ne s'enfonce plus que d'une quantité déterminée, comme nous l'établirons plus loin fvoy.

Pilot).

On distingue les sonnettes à bras ou à tiraudes, les sonnettes à déclic et les sonnettes à vapeur.

Les sonnettes à tiraudes se composent essentiellement d'un mouton suspendu sur une poulie par un cordage. L'extrémité de. ce cordage est attachée à un faisceau de cordes sur chacune desquelles des hommes tirent ensemble et lèvent le mouton, qu'ils laissent retomber en lâchant tous en même temps.

Chacun de ces appareils est formé de

SONNETTE

SONNETTE

deux parties, l'une horizontale et l'autre verticale. La partie horizontale, représentée en A (fig. 3167), est triangulaire et se nomme enrayure ; elle comprend une forte pièce de bois a appelée semelle, sur laquelle une autre pièce b, nommée queue, vient s'assembler d'équerre. Deux contre-fiches ou pièces biaises c, relient les extrémités de la semelle et de la queue et maintiennent ces pièces dans leurs positions respectives. Cet assemblage de poutres, qui

constitue la base de l'engin, est garni 'de madriers sur lesquels, pour donner 'de la stabilité à la sonnette, on place des 1 pierres ou une masse de fer, de façon toutefois à ne pas gêner les hommes employés à la manœuvre. La partie verticale de la machine se compose de deux montants cl appelés jumelles , assemblés à tenons et mortaises dans la semelle a. réunis à leur sommet par une clef ou tète, nommée aussi chapeau, et

maintenus par deux contre-fiches e appelées hanches, qui s'opposent au déversement latéral. La verticalité des jumelles est encore assurée contre le déversement dans le sens perpendiculaire à la semelle par un arc-boutant h (fig. 3168) qui s'assemble', d'une part, avec une traverse placée sous le cha-

Fig. 3168.

peau, de l'autre, avec la queue et qui est muni d'échelons ou chevilles de bois servant à monter jusqu'au sommet de la sonnette ; c'est à cette disposition que cette pièce doit aussi le nom de rancher. Entre les deux jumelles est placée une poulie fixe g sur laquelle passe une corde attachée, à l'une de ses extrémités, au sommet de la masse prismatique m, dite mouton , qui sert à frapper sur la tête des pieux et terminée, à l'autre bout, par trente ou quarante cordons ou tiraudes sur lesquels agissent les manœuvres.

Le mouton est dirigé, dans ses mouvements d'ascension et de descente, par deux tenons ou ailerons munis de clefs (fig. 3169) qui s'engagent dans l'intervalle laissé entre les jumelles.

Le mouton est une forte masse prismatique en bois ou en fonte de fer, qui, dans le premier cas, est frettée ou cerclée à ses deux extrémités supérieure et

SONNETTE

SONNETTE

inférieure. Le pieu est placé sous le mouton et maintenu aussi verticalement

Fig. 3169.

que possible au moyen d un guide o (fig. 3168), appelé bonhomme, auquel il est attaché par une corde et qui glisse entre les jumelles.

L'opération par laquelle on pose le pilot verticalement sous le mouton se nomme mettre le pieu en fiche; celte opération est dirigée par un ouvrier connu sous le nom d'arrimeur.

Les ouvriers qui manœuvrent la sonnette à tiraudes donnent trente coups de mouton de suite, ce qui constitue une volée.

Dans certains pays, Ton construit des sonnettes à un seul montant, dans lesquelles le mouton est maintenu dans sa

direction par des guides ou bras encastrés (fig. 3170), munis eux-mêmes de boulons mobiles transversaux glissant

sur les faces de devant et de derrière du montant; celui-ci, assemblé par le pied dans une semelle, est maintenu latéralement par des contre-fiches, et d'arrière en avant par un arc-boutant.

La sonnette à déclic diffère de la sonnette à tiraudes en ce que la corde du mouton, au lieu d'être tirée par des hommes, vient s'enrouler autour d'un treuil à engrenage (fig. 3171), sur l'arbre duquel est fixée une roue dentée ; celle-ci engrène avec un pignon

Fig. 3171.

dont l'arbre porte, à chaque bout, une manivelle ; ce pignon est susceptible de recevoir un mouvement de translation dans le sens horizontal, de manière à être engrené ou désengrené avec la roue, mouvement qui s'opère par les soins d'un ouvrier lorsque le mouton est élevé à la hauteur convenable. La grande

SONNETTE

SONNETTE

roue dentée et le treuil, sollicités alors par le poids du mouton, tournent en sens inverse et la niasse vient frapper la tête du pieu. Pour empêcher la corde de continuer à se dérouler, en vertu de la vitesse acquise, l'ouvrier qui a désengrené le pignon serre fortement, dès qu'il entend le coup de mouton, un frein placé sur l'arbre du treuil.

Les sonnettes à déclic peuvent élever beaucoup plus haut que les sonnettes à tiraudes un mouton d'un poids beaucoup plus considérable, o à 600 kilogr. au moins au lieu de 2 à 300. Ce mouton est en fonte et a la forme d'un tronc de pyramide quadrangulaire.

L'inconvénient du frein manœuvré par l'ouvrier est que celui-ci peut s'en servir pour amortir le choc du mouton.

ce qui empêche de s'assurer que le pilot a atteint le refus jugé nécessaire.

Pour remédier à cet inconvénient, le mouton est saisi par une pince dont les branches croisées tendent à se rapprocher dans le bas par l'effet de leur poids et d'un ressort convenablement disposé.

Le mouton étant saisi de cette façon, le treuil le fait monter. Quand il arrive au haut de la sonnette, les bords supérieurs de la pince rencontrent des obstacles qui les forcent à se rapprocher et. par suite, celle-ci s'ouvre et laisse tomber le mouton. On redescend alors la pince et la manœuvre recommence.

Lorsqu'on agit dans un sol recouvert d'eau ou dans une tranchée où le guide du pilot atteint la semelle de la sonnette, on continue le battage avec un faux pieu fretté des deux bouts, maintenu sur la tête du pilot par une fiche en fer et attaché au bonhomme.

Aujourd'hui, on emploie des sonnettes dans lesquelles le mouton est mû par la vapeur. Parmi les machines de ce genre, nous citerons la sonnette à vapeur à action directe, système Chrétien . représentée par la figure 3172.

Son organe principal est un cylindre de 0V24 de diamètre et de 2m,80 de longueur. La lige du piston se termine par

une chape dans laquelle est une poulie, autour de laquelle s'enroule une chaîne attachée à l'une de ses extrémités au tambour d'un treuil et portant à l'autre un encliquetage spécial devant soulever le mouton. La fonction du

Fig. 3172.

treuil est de régler la longueur de la chaîne suivant le degré d'enfoncement du pieu, de manière que le piston soit vers l'extrémité supérieure de sa course lorsque le crochet vient saisir le mouton sur la tête de ce pieu.

Cette position étant donnée et la vapeur étant introduite dans la partie supérieure du cylindre, le piston descend et soulève le mouton d'une quantité égale au double de la course qu'il exécute lui-même. Lorsque ce mouton est à la hauteur voulue, le mécanicien change la distribution par un mouvement brusque du levier de manœuvre.

La masse de fonte entraîne d'abord la chaîne dans sa chute, mais aussitôt le déclic fonctionne et le mouton se décrochant tombe librement, tandis que l'encliquetage le suit un peu plus lentement et vient le saisir de nouveau dès qu'il s'arrête sur la tête du pieu. On peut ainsi frapper jusqu'à vingt coups de mouton par minute. Si le battage se fait sur terre ferme, le châssis inférieur qui porte l'engin est monté sur galets ;

SONNETTE

SONNETTE

lorsque le travail s'exécute dans l'eau, ce châssis se pose sur un bateau.

Des appareils particuliers sont employés clans les travaux de battage considérables ou lorsqu'on est pressé de gagner du temps. Tel est le pilon à vapeur de Nasmyth, dont la description détaillée nous entraînerait trop loin.

Nous nous contenterons de citer les pièces principales d'une machine de cette espèce, employée au viaduc de Tarascon, sur le Rhône : 1° une petite machine à vapeur destinée à faire fonctionner successivement, selon les besoins, ou le treuil sur lequel s'enroule la chaîne qui supporte le pilon à vapeur ou un tambour sur lequel s'enroule une chaîne servant cà soutenir la pièce à mettre en fiche, ou enfin à faire avancer sur ses rails, dans un sens ou dans l'autre, l'ensemble du mécanisme ; 2° le pilon à vapeur proprement dit, suspendu à l'aide d'une chaîne passant sur une poulie placée au haut de la bigue et assujettie à glisser le long de cette bigue par quatre brides à crochets, fixées sur la boîte en tôle où se meut le mouton, et embrassant les bords de fortes bandes de tôle boulonnées sur cette pièce de bois. Celte petite machine auxiliaire et le pilon sont alimentés par une même chaudière à vapeur.

Nous indiquerons encore les résultats que l'on a obtenus dans ce travail, avec un pilon à vapeur acheté en Angleterre au prix de 39,380 fr. 27 c, transport et frais de douane compris (1). L'appareil du pilon à vapeur posé sur la tête du pieu pesait 4,000 kilogr. ; son mouton, du poids de 1,500 kilogr. , battait de 80 à 100 coups par minute, avec une chute de 0m,98 ; le pieu se trouvait ainsi continuellement ébranlé et pénétrait de 8 à 10 mètres dans un terrain où les sonnettes à déclic les plus puissantes ne pouvaient pas lui donner plus de 5 mètres de fiche. Dans ces circonstances, le battage d'un pieu s'exécutait en une di-

(1) Laboulayc, Dict. des arts et manufactures.

zainc de minutes, c'est-à-dire en trois ou quatre fois moins de temps que n'en exigeait la mise en fiche. Où le battage au déclic coûtait de 35 à 40 francs par pièce, le battage cà la vapeur est revenu de 15 à 17 francs, y compris les réparations de l'appareil. Les pieux battus au pilon ont traversé, en moyenne, une couche de gravier plus épaisse de 3 mètres au moins que les pieux battus au déclic, et l'on a vu que ceux-ci étaient presque toujours brisés, tandis que ceux qui étaient battus au pilon n'ont éprouvé que de rares accidents.

Si l'on compare les divers genres de sonnettes employées au battage des pieux pour les fondations, on observe que les résultats obtenus sont bien différents.

La sonnette à tiraudes exige une manœuvre très fatigante ; on ne bat de suite que de 20 à 30 coups de mouton, ce qui demande 1 minute 20 secondes, après quoi l'on prend un repos qui dure le même temps ; le temps perdu étant d'environ 20 secondes, il faut trois minutes pour chaque volée. Le mouton doit peser au moins 300 kilogr. et sa levée ne doit pas être inférieure à lm,10 ou lm,30; il est manœuvré par 18 à 20 hommes. Il faut de 35 à 40 hommes pour les moutons de 600 kilogr.

L'équipe d'une sonnette à déclic se compose ordinairement de* 6 hommes au treuil et d'un charpentier arrimeur.

Cet engin frappe à très peu près un coup par minute lorsque le mouton est élevé à des hauteurs variant de 0m,30 à 4U1,50 au-dessus de la tête des pieux. Il est surtout avantageux, par rapport à la sonnette à tiraudes, quand il faut manœuvrer de lourds moutons de 400 à 600 kilogr.

Cette dernière machine s'emploie ordinairement avec avantage pour enfoncer des pieux dans les terrains faciles, particulièrement dans ceux qui sont vaseux, ainsi que pour enfoncer des pilots de peu de longueur et des palplanches. Quand, au contraire, les pieux à

SONxNETTE.

SONNETTE

battre ont de la longueur, que renfoncement a lieu dans des terrains très fermes et de sable fin, il y a tout avantage à employer la sonnette à déclic mue à bras d'hommes ou à vapeur.

Si Ton étudie l'effet produit par le choc dans le battage des pieux, on remarque : 1° que, pour une même masse de mouton, renfoncement d'un pieu est proportionnel à la levée du mouton ; 2° que pour un même produit m h, de la masse m du mouton par h, la hauteur de la levée, l'effet est d'autant plus grand que la masse m est plus grande et que, par conséquent, pour l'économie du travail, qui est représentée par mh, il faut employer de lourds moutons qu'on élève à une hauteur modérée de 2m,50 à 3 ou 4 mètres. Pour les derniers coups frappés sur un pieu, on peut porter la hauteur h à 5 ou 6 mètres.

La charge que l'on peut faire porter à un pilot de 0m,23 de diamètre ne doit pas dépasser 25,000 kilogr., et pour une pièce de 0m,33 de diamètre 50,000 kilogr., ce qui donne environ 60 kilogr. par centimètre carré de section.

On désigne par le mot refus la limite de renfoncement d'un pieu, et cette limite est basée sur les charges maxima que l'on doit, faire supporter au pieu. Ainsi, pour des charges de 25,000 kilogr. par pieu de 0m,23 de diamètre, et de 50,000 kilogr. par pieu de 0m,33, le refus est obtenu quand l'enfoncement du pieu n'est plus que de 0m,0045 par volée de 25 coups de mouton de 300 kilogr. tombant de lm,30 de hauteur, ou lorsque cet enfoncement n'est plus que de 0m,01 environ par volée de 10 coups d'un mouton de 600 kilogr. tombant de 3m,60 de hauteur. Ce dernier refus est équivalent à celui que l'on obtient, sous une volée de 30 coups, avec un mouton du même poids de 600 kilogr. tombant seulement de lm,20 de hauteur.

Si les charges à faire porter par des pieux de 0m,33 de diamètre ne dépas-

sent pas 8,000 à '10,000 kilogr., on regarde le refus comme suffisant lorsque renfoncement n'est plus que de 0,n,03, 0m,04 ou 0m,05 pour une des volées précédentes ; encore faut-il être sûr que les pieux ont pénétré dans le sol résistant.

2° Petite cloche montée sur un ressort et qui sert à mettre en communication les différentes pièces d'un appartement ou l'extérieur avec l'intérieur.

Cette cloche est attachée par un fil de tirage et se trouve fixée de la façon suivante : au milieu de la petite spire du ressort a (fig. 3173) est réservé un petit carré qui reçoit la tête d'une broche ou

'WV/V /WAV

Fig. 3173.

pointe qui la tient suspendue ; ce ressort est placé de manière à être bandé par le fil de tirage qui tire sur la bascule ou petite branche et c'est au bout de la grande branche que la sonnette est rivée inébranlablement.

Le fil de fer qui sert au tirage de la sonnette doit généralement traverser des murs, des cloisons et souvent même des étages, qu'il faut percer au moyen de vrilles , de chasse-pointes et de mèches de différentes longueurs. C'est dans ces trous qu'avec une broche munie d'un ceil long et étroit comme celui d'une aiguille l'ouvrier poseur passe son fil de fer. Ordinairement, on introduit dans ce trou une douille de fer-blanc appelée tuyau, qu'on scelle par les deux bouts ; cette douille empêche les plâtras et les débris de pierres de comprimer le fil dans son passage et de lui faire éprouver un frottement qui arrêterait tout le jeu des mouvements.

Page 1