‹ Dictionnaire des termes employés dans la construction (volume 2)Chapitre 17 sur 255 · POLYGONE · texte numérisé non relu

POLYGONE

qui la recouvrait. Les tons foncés, brun, rouge, noir, relevés de filets jaunes, verdâlres ou blancs, étaient réservés aux parties placées près du sol ; les tons clairs, blanc ou blanc jaunâtre, rehaussés de dessins très déliés en noir ou en ocre rouge ornaient les parties élevées. Les ornements sculptés se détachaient sur des fonds rouges et étaient euxmêmes couverts d'un badigeon clair de faible épaisseur.

Ce système de décoration polychrome dura jusqu'à Charlemagne, qui fit alors venir des artistes de l'Italie et de l'Orient. Les procédés de l'art grec et de l'art byzantin furent alors remis en honneur et appliqués par les peintres du xie et du xne siècles ; ainsi, les couleurs sont étendues par larges teintes plates, sans que les ombres soient marquées ; d'une manière générale, les saillies sont indiquées en clair et les contours accusés par des teintes foncées ; les plis des draperies sont marqués par des traits sombres, quelle que soit la couleur de l'étoffe, avec rehauts clairs presque blancs sur toutes les saillies ; l'or n'est jamais admis comme fond, mais comme broderies, nimbes ou points brillants; les couleurs dominantes sont l'ocre jaune, le brun rouge clair, le vert de nuances variées ; les couleurs secondaires sont le rose pourpre, le violet pourpre clair, le bleu clair ; deux couleurs juxtaposées sont toujours séparées par un trait brun ; l'aspect général est doux clair, avec fermetés produites par le trait brun et les rehauts blancs.

Au xme siècle, deux couleurs dominent, le rouge et le bleu ; le vert ne sert que de transition; le brun rouge, le bleu foncé, les noirs mêmes sont appliqués sur les fonds devenus sombres ; le blanc n'est plus employé que comme filets; les tons sont toujours séparés par \\\\ trait brun foncé ou noir; l'or avec reliants noirs se répand à profusion ; Paspecl général est chaud, brillant et soutenu dans toutes les parties.

A la lin du xme siècle , les tons

heurtés apparaissent plus souvent, les fonds deviennent plus sombres ; les figures, au contraire , prennent des tons clairs ; l'or est moins fréquemment employé.

Au xive siècle, le dessin l'emporte sur la coloration ; les fonds noirs avec figures claires donnent à l'ensemble un aspect froid. Vers la fin de ce siècle, les fonds se recouvrent de couleurs variées, comme une mosaïque ; l'aspect général est doux et brillant. Au commencement du xve siècle, les couleurs redeviennent chaudes et intenses (1).

Les artistes du moyen âge recouvraient ainsi de peintures l'intérieur et l'extérieur de leurs édifices ; cependant, il ne faut pas croire qu'ils peignaient complètement des façades aussi étendues que celles des cathédrales ; les portails, les galeries des rois, les roses étaient les seules parties ornées de couleurs brillantes et accompagnées de dorures qui en rehaussaient l'éclat.

On peut aussi regarder les vitraux peints comme une forme particulière de la polychromie (voy. Vitrail).

C'est à partir du xvie siècle que l'on a renoncé à la peinture extérieure des parties d'architecture. On peut signaler cependant quelques essais qui datent du xvne siècle et qui avaient pour but la recherche des effets colorés , soit au moyen du mélange de la brique et de la pierre, soit à l'aide de faïences colorées.

Aujourd'hui, on revient sur ces tentatives : la brique émaillée, les poteries vernissées ou émaillées, les combinaisons de marbres, de bronze, la dorure sont les moyens mis en œuvre pour produire des façades polychromes. Le temps aidera sans doute à trouver, pour ce genre de décoration, des règles que des expériences récentes n'ont pas encore suffisamment établies.

Polygone, s. m. — Figure plane,

(1) Viollet Le Duc, Dictionnaire raisonné de V architecture française.

POMME

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