TAPISSERIE
des temples et en cachaient à volonté la vue, ainsi que celle des objets sacrés qui y étaient enfermés. Pausanias rapporte que le roi Àntiochus avait fait au temple de Jupiter, à Olympie, l'offrande d'un riche parapetasma de pourpre, brodé en or, lequel s'étendait en avant de l'image du dieu.
Il y a aussi lieu de croire que les anciens usèrent souvent des tapisseries en guise de portes, et de la manière dont nous les employons comme portières.
Au moyen âge, on vit fréquemment les étoffes brochées employées à la décoration des églises. Dagobert fit couvrir de tentures les murailles de l'abbaye de Saint-Denis. Les châtelaines et leurs suivantes brodaient les faits et gestes des seigneurs et en ornaient les murailles des châteaux.
Les tapisseries ne servaient pas seulement alors à tendre les appartements et à déguiser leur nudité ; on les employait aussi dans les occasions solennelles, pour donner un air de fête aux rues et aux places publiques. Dans les salles de festins, dans les tournois, se déployaient de riches tentures ornées d'ymaiges. Celles-ci offraient la plus grande variété; on y voyait représentées des scènes tirées de l'histoire ancienne, les exploits fabuleux des héros, les faits historiques modernes, des chasses, des animaux bizarres, des scènes de romans de chevalerie, etc.
Ce goût pour la reproduction, par la tapisserie, des tableaux d'histoire et de tous les sujets qui sont du ressort de la .peinture, se continua pendant la Renaissance. Nous ferons observer ici qu'il ne nous est pas démontré que les peuples anciens aient ainsi converti en véritables tableaux leurs tapisseries proprement dites. Il est vrai que les toiles servant de rideau dans les théâtres antiques étaient ornées de figures humaines, mais nous ne savons pas si ces toiles étaient tissées comme nos tapisseries, si elles étaient brodées ou seulement peintes.