TÉLÉGRAPHE
Teil (Le). — Localité du département de l'Ardèche, où Ton fabrique une chaux hydraulique à laquelle ses qualités remarquables ont valu une renommée universelle et qui offre une résistance parfaite dans les travaux maritimes. On l'emploie dans toute la France, principalement dans le midi, Test et le centre.
Dans cette même localité, on fabrique aussi du ciment du genre Portland, dont la résistance moyenne à la rupture est, après un mois d'immersion, par arrachement de 19k,60, et par écrasement de 155k, 5.
Teinte, s. f. — Ton ou nuance que l'on obtient par l'application de couleurs simples ou composées.
On appelle : teinte plate, une teinte uniforme ; teinte vierge, une teinte qui est formée du mélange d'une seule couleur et de blanc ; demi-teinte, une teinte qui est faible ou qui présente une nuance moyenne entre deux couleurs placées l'une dans la lumière, l'autre dans l'ombre.
Teinte dure : terme qui s'applique au blanc de céruse calciné d'abord à un feu modéré jusqu'à ce qu'il ait pris un ton jaune, puis broyé à l'huile et détrempé à l'essence. On l'emploie dans les fonds que l'on veut poncer et polir, notamment pour asseoir la dorure à l'huile.
Cette teinte dure prend le nom de mixtion.
La teinte dure employée pour la dorure sur apprêt est composée de sanguine, et de blanc de céruse calcinés, broyés à l'eau et détrempés à la colle mêlée de blanc de Meudon.
On fait encore de la teinte dure avec du blanc de céruse non calciné, que l'on broie très fin et qu'on détrempe à l'huile grasse pure.
Télégraphe, s. m. — 1° Outil de menuisier qui est composé (fig. 3257)
Teinture, s. f. — Voy.
des bois.
Coloration
Fig. 3257.
de deux branches, dont l'une est mobile autour d'un axe fixé sur le milieu de l'autre.
Le télégraphe sert à tracer sur le bois des lignes de toute inclinaison.
Télamon, s. m. — Voy. Atlante.
Fig. 3258.
La grande branche de cet outil peut être une lame d'acier (fig. 3258).
2° Système de correspondance à des distances plus ou moins éloignées.
Les télégraphes ont été d'abord aériens; on dresse même encore aujourd'hui, sur certains points élevés du sol, collines ou édifices, des mâts à signaux. Les sémaphores (voy. ce mot) ne sont autre chose que des télégraphes aériens.
L'application de l'électricité à la télégraphie a supprimé les dislances. De plus, le télégraphe électrique est un accessoire indispensable de la locomotion à la vapeur. Aussi, ce mode de correspondance est-il l'objet d'une installation toute spéciale dans l'établissement des lignes de chemins de fer.
Le service télégraphique se compose, d'une manière générale, d'un appareil de production des signaux , appelé manipulateur, d'un appareil de trans-
it
thr
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mission ou circuit électro-dynamique, et enfin, d'un appareil de reproduction des signaux ou récepteur.
Le circuit, dont nous avons seulement à nous occuper dans cet ouvrage, est composé de fils de fer supportés le long de la voie par des poteaux appelés poteaux télégraphiques qui se font en bois ou en fer (voy. Poteau).
Les sonneries électriques établies dans les habitations pour correspondre d'une pièce ou d'un étage à l'autre sont des espèces de télégraphes (voy. Sonnerie).
Téléphone, s. m. — Appareil dont le nom vient de tv-às, loin, c&wv/;, voix, et qui permet de transmettre la voix, la parole articulée à une distance considérable.
Cette communication s'effectue par un fil électrique reliant le transmetteur.
devant lequel on parle, au récepteur, au moyen duquel on écoute. Dans ce récepteur , c'est une plaque mince de métal qui, en vibrant, reproduit avec ses inflexions et son timbre la voix de celui qui parle à l'autre extrémité du fil.
Dans cet appareil inventé par un savant écossais, M. Graham Bell, le transmetteur et le récepteur sont identiques et réversibles ; chacun d'eux se compose (lig. 3259) de trois parties essentielles : une plaque de fer très mince, sorte de membrane métallique, une tige d'acier aimantée dont l'un des pôles est en face de la membrane, et une bobine qui coiffe la même extrémité de l'aimant. Les fils de la bobine du transmetteur se prolongent par un double fil qui va rejoindre la bobine semblable du récepteur. Lorsqu'on parle dans l'appareil, la membrane métallique vibre à l'unisson de la voix, dont le souffle lui communique fidèlement toutes les inflexions de la parole articulée. Cette plaque de fer, en s'approchant plus ou moins du pôle de l'aimant, modifie son état magnétique, et cette modification engendre, par induction dans la bobine, des cou-
rants électriques qui se propagent clans le fil et vont jusqu'au récepteur. Là, les mêmes circonstances se répètent, mais en sens inverse. En traversant la bobine du récepteur, les courants font varier l'intensité magnétique de l'aimant qui,
Fig. 3259.
influençant plus ou moins la membrane, la fait vibrer absolument dans les mêmes conditions que la membrane du transmetteur. La parole se trouve donc reproduite d'un bouta l'autre du fil conducteur.
Un phénomène qui doit frapper l'attention dans le fonctionnement du téléphone, c'est la naissance, sous l'action de la voix, de ces courants ondulatoires d'électricité qui traversent le fil téléphonique, et qui sont comme la traduction électrique des vibrations sonores et vocales.
Il y a deux sortes de téléphones : le téléphone magnétique, dont la théorie
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vient d'être esquissée, et le téléphone à pile, dont le principe a été aussi signalé par M. Bell. Dans les téléphones de cette dernière catégorie, au lieu que ce soit la force de la voix qui fasse marcher l'appareil, c'est un courant électrique qui passe d'une manière continue dans le fil de communication , et la voix ne fait que modifier l'intensité de ce courant.
C'est ce dernier appareil qui est susceptible des applications les plus importantes. MM. Elisah Gray, l'inventeur du télégraphe harmonique , et Graham Bell avaient reconnu que le magnétisme mis en jeu par le déplacement de la membrane ne produisait pas des courants ondulatoires assez puissants pour transmettre la voix à de grandes distances avec une intensité suffisante. Ils eurent alors l'idée de recourir à une pile pour lancer d'une manière continue dans le circuit un courant électrique , en ne demandant plus à l'oscillation de la membrane que de le transformer en courants ondulatoires.
Ce fut là l'origine de la classe des téléphones à pile.
Cependant, l'association du magnétisme rémanant de l'aimant et de la pile, n'avait pas fourni les résultats espérés, et l'on attendait, pour la transmission téléphonique entre des points très éloignés, une solution plus pratique. C'est M. Edison qui a eu le bonheur de la donner en 1877. Son téléphone est fondé sur cette propriété qu'un corps mauvais conducteur, tel que le charbon, interposé dans un circuit, offre au passage du courant une résistance qui varie suivant les pressions auxquelles ledit corps est soumis. Prenant toujours la membrane métallique pour recevoir les vibrations de la voix, M. Edison la met en contact avec une pastille faite avec du noir de fumée de pétrole.
La figure 3260 montre la disposition du transmetteur Edison. Cette propriété du charbon avait été étudiée par MM.
Clairac et du Monccl, en France, mais
M. Edison a le mérite de l'avoir appliquée à la téléphonie.
Pig. 3260.
Le transmetteur Edison présente une autre particularité , qui réside dans l'adjonction d'une bobine d'induction.
Le circuit primaire de cette bobine reçoit le courant électrique qui a traversé la pastille de charbon et a été rendu ondulatoire par la vibration de la membrane métallique, et ce sont les courants induits de l'hélice secondaire qui sont dirigés dans le câble de transmission. L'intervention de cette action inductive accroît considérablement la puissance de la transmission ; aussi, est-ce à partir de la mise au jour de ce système que l'on a pu franchir des distances considérables, et que la téléphonie a commencé à se développer.
C'est donc grâce au téléphone que les personnes habitant une même ville peuvent à tout moment de la journée échanger des conversations sans sortir de leurs demeures. Ce résultat est obtenu par des fils électriques reliant ces différents points et constituant un réseau téléphonique.
Le problème de l'établissement d'un réseau téléphonique présente certaines difficultés pratiques. S'il n'existait qu'un petit nombre de points, il suffirait de les réunir les uns avec les autres en formant ce qu'on appelle le polygone étoile. Mais ces lignes, dans une ville comme Paris, deviennent beaucoup trop longues et par suite trop dispendieuses pour les abonnés situés aux points extrêmes, dans les quartiers excentri-
TÉLÉPHONE
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ques. Pour éviter ces inconvénients, au lieu d'une station centrale, on en prend plusieurs, et on forme une série de petites étoiles réparties le mieux qu'on le peut dans les régions de la ville. Ces stations ou mieux ces bureaux auxiliaires, ainsi choisis, sont alors réunis entre eux. Cette réunion peut avoir lieu directement en formant le polygone étoile, ou par l'intermédiaire d'un bureau central. C'est ce système de distribution qui a été adopté à Paris, dont le réseau comprend neuf bureaux auxiliaires répartis dans les principales régions et communiquant avec le bureau central de l'avenue de l'Opéra.
Les lignes téléphoniques sont a ériennes ou souterraines ; quelquefois, elles ont mixtes sur leur parcours, d'un abonné à son bureau auxiliaire.
Les lignes aériennes tendent à disparaître ; elles sont construites d'après le même principe que les lignes télégraphiques. Elles consistent en fils d'acier supportés de distance en distance par des poteaux avec isolateurs ; ces poteaux sont fixés sur les toitures des maisons avec l'autorisation des propriétaires.
Les lignes souterraines sont établies avec un câble d'une structure spéciale.
Dans les types principaux employés jusqu'ici par la Société des téléphones, le conducteur, composé d'un ou de plusieurs brins en cuivre, est isolé par une enveloppe en gutta-percha, puis recouvert d'un guipage de coton. Ces fils, ainsi constitués, sont entourés d'une gaîne protectrice en plomb. On les réunit au moins deux par deux dans le même tube de plomb, pour former le double fil qui dessert chaque abonné.
Mais le plus souvent on groupe sous le même plomb sept doubles fils pour simplifier et économiser le câble de transmission.
Pour la construction des lignes téléphoniques souterraines à Paris, on a été très heureux de pouvoir utiliser le magnifique réseau d'égouts dont la ville de Paris a été dotée par M. Belgrand.
Les câbles longent l'égout près de la naissance de la voûte, et y sont supportés de mètre en mètre par des crochets en fer scellés dans le mur. C'est par le branchement particulier d'égout, qui correspond à la maison habitée par l'abonné, que le double fil est amené jusqu'à l'appareil téléphonique de ce dernier. Les doubles fils partant des postes des abonnés convergent vers le bureau central et sont groupés en un faisceau que l'on épanouit sur le mur intérieur de la cave pour les fixer suivant une circonférence en formant rosace. De la périphérie de cette rosace, les fils sont dirigés sur les appareils qui doivent établir les communications et qu'on appelle « commutateurs ».
L'appareil important d'un bureau central est le commutateur ; il est destiné à permettre d'établir les liaisons temporaires entre les fils qui y aboutissent suivant toutes les combinaisons deux à deux, résultant des communications que peut demander un abonné quelconque avec chacun de ceux qui sont reliés au même bureau.
Comme il faut que l'employé soit prévenu quand l'abonné désire être mis en communication avec tel autre, le tableau commutateur est accompagné d'un avertisseur ou annonciateur avec signaux optiques pour le jour et sonnerie pour la nuit. Le fil de chaque abonné, après avoir touché au commutateur, se rend à son annonciateur et de là à la terre ou bien se rejoint au fil de retour comme dans l'organisation récente qui est à circuit fermé. L'annonciateur le plus employé se compose d'un électro-aimant, dont l'armature, lorsqu'elle est éloignée, retient un disque cachant le numéro qui désigne l'abonné.
Quand celui-ci, en appuyant sur le bouton d'appel de son appareil, lance le courant de sa pile locale dans la ligne, l'armature de Télectro-aimant de l'annonciateur est attirée et déclenche le
| disque qui tombe et découvre le nu-
I méro.
TÉLÉPHONE
TEMPLE
Deux systèmes de commutateurs sont en usage. Le plus ancien, déjà appliqué en télégraphie, et désigné sous le nom de commutateur suisse, est fondé sur le principe d'un tableau à double entrée L'autre, dénommé commutateur américain, a pour organe essentiel un interrupteur dit Jack-knife, qui tire son nom de la forme de couteau qu'il affectait à l'origine.
C'est dans ces deux systèmes, à l'aide de fiches ou de chevilles, que l'on forme la liaison électrique entre les deux points du commutateur auxquels aboutissent les lignes des abonnés à mettre en communication.
C'est en Amérique, berceau de l'invention du téléphone, que furent établis les premiers réseaux téléphoniques. Ils ont pris un grand développement à Boston, Philadelphie, Chicago et New- York. Dans chacune de ces dernières villes, on compte plus de 3,000 abonnés. Les lignes sont aériennes ; cette installation est défectueuse et entraîne surtout de graves inconvénients par suite de la construction des maisons américaines, qui ont presque toutes leurs toitures en terrasse. En outre, la multiplicité de ces câbles aériens au-dessus des rues et des places publiques finit par leur donner un aspect désagréable. Partout on a adopté le principe des abonnements.
Actuellement, le téléphone fonctionne dans plusieurs grandes villes d'Angleterre et d'Ecosse, exploité par une Compagnie, fermière du gouvernement.
En Allemagne , le gouvernement se charge de l'exploitation du téléphone.
Des réseaux téléphoniques commencent à s'établir à Berlin, à Hambourg, à Mulhouse, etc. La Belgique a vu se développer assez rapidement l'exploitation du téléphone, qui compte des réseaux importants à Bruxelles, Anvers et Liège. En France, les réseaux téléphoniques sont exploités par la Société générale des téléphones, qui a été constituée le 30 octobre 1880. Les tils sont
posés dans les égouts ; le réseau souterrain mesure aujourd'hui un développement de plus de 1,200 kilomètres.
Témoin, s. m. — Éminence de terre, en forme de pyramide tronquée, que les terrassiers laissent de distance en distance quand ils font une fouille, en coupant le terrain par des hauteurs inégales.
Les témoins servent au métreur pour l'estimation des terres enlevées.
Temple , s. ni. — Nom que l'on donne, en général, à tous les édifices consacrés au culte de la divinité et particulièrement aux monuments religieux des peuples anciens.
Les édifices qui ont cette 'destination chez les chrétiens ont reçu le nom d'églises (voy. ce mot). Nous ne traiterons donc dans cet article que des temples de l'antiquité ou temples proprement dits.
Nous commencerons cette étude par les monuments sacrés de l'Inde, non pas qu'on puisse les considérer comme remontant à l'époque la plus recalée, mais parce que de tous les temples dont nous parlerons ensuite ce sont ceux qui s'éloignent le plus de nous par leurs formes et par l'esprit dont ils témoignent.
Ces édifices se divisent en trois classes : les temples souterrains, les rochers taillés et sculptés et les pagodes en matériaux rapportés.
On trouve des temples souterrains dans les îles de Salsette et d'Ëléphanta (district de Bombay), à Ellora (district de Madras), dans l'île de Ceylan.
Le temple d'Ëléphanta est creusé dans mie roche dont la masse est soutenue par des colonnes qui y sont réservées.
L'excavation principale a 42m,2o de profondeur sur 40m,60 de largeur. Le plafond, richement sculpté, est soutenu par des piliers composés d'une base carrée haute et large, d'un fût rond, cannelé, renflé vers le tiers de sa hau-
TEMPLE
TEMPLE
leur et d'un chapiteau également cannelé ayant la forme d'un coussin aplati (voy. Chapiteau). Une grande partie des murs est décorée de figures humaines colossales, sculptées en haut relief. A l'extrémité du souterrain se trouve une sorte de niche ou pièce obscure qui renferme un buste colossal en rondebosse à six bras et trois têtes, représentant la trinité hindoue, Brahma, Vichnou et Siva. De chaque côté de la niche est un gardien, statue gigantesque de 5m,20 de hauteur.
Les excavations de Canarah , dans l'île de Salsette, se composent de quatre étages de galeries conduisant à de nombreuses salles , dont la principale a 2o,n,60 de longueur sur 12IU,20 de largeur et dont le plafond est formé par le rocher taillé en dôme.
Les plus remarquables des monuments de ce genre sont les excavations d'Ellora, réunion de constructions très nombreuses, en partie souterraines et en partie à ciel ouvert, taillées dans une montagne de granit rouge et s'étendant sur une étendue de près de 8 kilomètres.
Le plus célèbre de ces édifices est le Kelaça, temple dédié à Siva, et qui n'est pas creusé dans le roc, mais élevé à fleur de terre. C'est une vaste enceinte à laquelle on arrive par une galerie en portique, longue de 29 mètres et larue de 42 mètres. Cette cour est fermée de trois côtés par une galerie semblable, et au milieu s'élève un temple de forme pyramidale, flanqué d'éléphants colossaux.
Il serait, d'ailleurs, impossible de décrire en détail toutes ces immenses constructions d'Ellora qui représentent toute une montagne transformée en demeures mystérieuses. C'est un dédale de temples, de corridors, de chapelles dont toutes les surfaces sont couvertes de bas-reliefs et de rondes-bosses. Nous citerons seulement, parmi les salles les plus remarquables, celles de Djayannatha, le temple de Paraçoura-Brama et celui d'Indra.
Le temple d'Indra, dieu de l'élher et ; des cieux visibles, possède une vaste entrée taillée dans le roc et gardée par | deux lions accroupis. Au milieu du temple est un autel avec de grandes figures sculptées aux angles ; on voit à droite un éléphant, à gauche une colonne dont le chapiteau est surmonté de deux figures assises. Tout autour, on a pratiqué une suite de grottes qui s'enfoncent dans la montagne.
Les édifices construits à ciel ouvert et que nous appelons pagodes ne sont pas seulement des temples ; ils renferment, en général, dans leur vaste enceinte des palais, des jardins et ne diffèrent surtout entre eux que par l'étendue, la hauteur et l'ornementation (voy. Pagode).
Dans tous ces édifices, dont le style ne se rapporte, il est vrai, à aucun autre, et qui témoignent d'une organisation puissante et d'une civilisation avancée dans certains points, on ne retrouve cependant la trace d'aucun plan visible ; aucun ordre saisissable n'y règne ; au milieu d'une abondance et d'une richesse inouïes de formes de toute espèce, on ne voit pas se détacher clairement la pensée de l'architecte et l'immensité des efforts produit sur l'esprit une impression plutôt étrange que grandiose.
Il n'en est pas de même des monuments religieux de l'Egypte, qui ont généralement l'apparence d'une pyramide tronquée, dont l'aspect est imposant par la masse, trapu, carré par la forme et sévère, quoique riche, dans l'ornementation. Le voyageur se sent fortement impressionné ; il reconnaît au caractère de force et de grandeur qui apparaît dans ces temples l'idée de l'immutabilité, conséquence du sentiment religieux des Égyptiens, qui croyaient à l'immortalité de l'âme et désiraient celle de la matière. Aussi, dans ces édifices les pierres les plus résistantes sont-elles employées à profusion et dans les conditions les plus favorables
TEMPLE
TEMPLE
à la stabilité ; les blocs sont, pour la plupart, de grandes dimensions, les plafonds sont supportés par des colonnes nombreuses et massives, les murailles extérieures sont épaisses et, comme pour ajouter encore à l'évidence de cette inébranlable solidité, la largeur des bases est augmentée encore par une inclinaison en talus qui donne à tous ces monuments une tendance à la forme pyramidale.
Le plan des temples égyptiens varie peu, quelle que soit leur grandeur; les différences qu'on y remarque ne sont que dans la proportion et dans les détails.
La première entrée est formée par un large portail ou pylône (voy. ce mot), flanqué de deux tours quadrangulaires à plans inclinés, plus hautes que le portail. Dans les grands temples, le pylône donne accès à une avenue bordée d'une double ligne de sphinx ou de béliers en granit. A l'extrémité de l'avenue qui comprend quelquefois un second pylône, se trouve un portique couvert, par lequel on entre dans le temple proprement dit, dont la partie la plus reculée est le sanctuaire.
Les murs sont presque toujours bâtis en talus à l'extérieur, tandis qu'à l'intérieur ils s'élèvent sur une ligne verticale, de sorte qu'ils sont beaucoup plus épais à leur base qu'à leur sommet. On ne voit jamais de séries de colonnes formant des péristyles autour des monuments, comme dans les temples grecs ; les colonnes égyptiennes ne se montrent que dans l'intérieur des cours où elles forment des portiques , ou dans des salles dont elles supportent le plafond. C'est seulement à partir des Ptolémées qu'on voit des colonnes extérieures, et alors elles se rattachent les unes aux autres par un mur à hauteur d'appui.
Strabon nous a, d'ailleurs, laissé une description des temples égyptiens dont l'exactitude est attestée par tous les monuments de ce genre encore assez bien conservés pour que l'on puisse en
reconnaître la disposition. Le temple d'Edfou, dont nous donnons le plan
Fig. 3261.
(fig. 3261), peut servir de guide dans la description de Strabon.
Ce temple, consacré à Osiris, a la forme d'un parallélogramme de 138 mètres de longueur sur 4o mètres de largeur. La façade est formée par un pylône (voy ce mot) qui a 69 mètres de base. Dan: cette première masse sont pratiqués de:
escaliers communiquant à des chambres et à des terrasses ou plates-formes. Li parvis intérieur de l'enceinte, dispos' en gradins s'élevant en pente douce jus^ qu'à la hauteur du temple, est entouré, sur trois côtés, de portiques soutenus par trente-deux colonnes, puis borde sur le quatrième côté de la façade di] pronaos, fermé de murailles sur troi:
sens et pourvu de colonnes disposées er quinconce, qui forment sept entrecolonnements sur la face, celui du miliei étant plus large que les autres. Ce:
entrecolonnements sont fermés par dej murs aux deux cinquièmes environ di la hauteur des supports. Aux deu
TEMPLE
TEMPLE
colonnes du milieu sont adaptés deux dosserets pour recevoir les portes du temple. La porte du fond de ce péristyle donne accès à une salle ou naos distribuée par douze colonnes également en quinconce. A la suite se trouvent deux salles intermédiaires, la première communiquant aux passages et escaliers desservant les chambres qui sont au-dessus, ainsi que la terrasse dont tout l'édifice est couvert. Enfin, on arrive au sanctuaire, entouré de corridors qui donnent accès à une cour spéciale.
Les pierres qui forment le plafond ont de 3 à 6 mètres de longueur et quelques-unes jusqu'à 2 mètres d'épaisseur. Les plus grosses colonnes ont plus de 6 mètres de circonférence à la base. Les murs sont recouverts extérieurement et intérieurement de sculptures et d'hiéroglyphes représentant des scènes religieuses.
Les proportions colossales de cet édifice ainsi que des autres monuments de l'ancienne Egypte , les nombreux supports que ces édifices renferment, les vestibules peuplés de statues, les dessins creusés dans les murailles, tout contribue à produire une impression grandiose et mystérieuse que rend plus saisissante encore l'emploi des couleurs les plus vives harmonieusement associées à la sculpture. Ajoutez à cela l'effet produit par ces statues colossales* ces obélisques qui se dressent devant les façades et ces immenses avenues de sphinx à proportions gigantesques qui conduisent aux portes d'entrée. Ce caractère de grandeur et de mystère imprimé aux édifices élevés à ciel ouvert sur le sol de l'antique Egypte se trouve également porté au plus haut degré dans les temples souterrains ou speos voy. ce mot) et dans les hémi-speos ou temples dont une partie s'élève sur le sol tandis que l'autre est creusée dans le roc.
Mais ce qui est le défaut essentiel de cette architecture, comme de celle de
l'Inde, c'est le manque de liberté ; c'est la consécration de ces formes imposées à l'artiste égyptien par la caste sacerdotale, qui a tracé autour de lui comme un cercle étroit et infranchissable.
Tout autre est le caractère des édifices religieux de la Grèce qui, s'ils rappellent quelques types empruntés tout d'abord à l'art égyptien, témoignent du goût et du sentiment que les Hellènes possédaient de la beauté dans les formes, de leur amour du grand et du vrai dans les idées comme dans leur expression.
Ce qui frappe à première vue l'esprit de l'observateur dans les temples grecs, c'est le cachet de grandeur monumentale obtenu, non pas, comme en Egypte, par l'étendue de l'ensemble et les dimensions des détails, mais par de nobles et harmonieuses proportions, par la rectitude sévère des formes, la pureté des détails, enfin par un génie admirable d'invention et une délicatesse exquise d'exécution. Aussi, les Grecs ontils été les premiers architectes de l'antiquité, comme ils en ont été les premiers sculpteurs et les plus grands poètes.
Passons maintenant à l'élude des diverses transformations que subirent les édifices religieux de la Grèce.
Le culte primitif dut affecter une sim plicité qui était en rapport avec L'intelligence et l'état de société des premiers peuples. Il est naturel de croire que, dans les pays de montagnes, les adorateurs de la divinité se réunissaient sur des sommets élevés pour lui offrir leurs hommages. Cette coutume qui, d'après certains passages de la Bible, existait chez les peuples voisins de la nation juive, fut adoptée, cà l'origine, par les Grecs, ainsi que nous permettent de le conjecturer un grand nombre de documents, de vestiges plus ou moins authentiques et d'usages postérieurs, traditions de pratiques plus anciennes. Il est donc probable que le premier temple grec fut un simple terrain consacré par un autel
TEMPLE
TEMPLE
où se faisaient les sacrifices. Ce terrain, appelé hier on, lieu sacré, fut, dans la suite , entouré d'une enceinte quelconque.
Combien de temps ce culte en plein air dura-t-il ? C'est ce qu'il est impossible d'apprécier. Mais, ainsi que le fait observer Quatremère de Quincy, l'idée d'un temple comme bâtiment construit ne dut se présenter que lorsque le progrès dans l'art des ligures taillées eut commencé à donner à la divinité une personnification assez sensible pour
qu'on pût prendre l'image pour une réalité, et porter quelque soin à sa conservation, en lui procurant une demeure.
Le temple construit devint l'habitation de l'idole, conforme à son importance, à sa grandeur et à la beauté de son exécution sculpturale, ce qui n'empêcha point l'autel, placé en plein air, d'être le lieu des sacrifices, et les cérémonies religieuses d'être pratiquées en dehors.
Ce sanctuaire primitif, appelé naos par les Grecs, cella par les Romains, était une chambre à hautes et fortes murailles
Fig. 3262.
renfermant l'image du dieu, que le peuple ne pouvait apercevoir que par la
porte, n'ayant pas le droit de pénétrei dans l'enceinte sacrée. C'est pourquoi le
TEMPLE
TEMPLE
prêtre, ainsi que nous le disons plus haut, sacrifiait sur le seuil du temple; le besoin de mettre le sacrificateur à couvert, sans le cacher aux regards de la foule, donna naissance à la disposition la plus simple des temples grecs, à celle que Vitruve appelle in antis, c'est-àdire qu'on prolongea les murs latéraux du naos, et qu'on le termina par des pilastres ou anles (voy. ce mot). Puis, pour réduire la portée de l'architrave destinée à soutenir le toit, on plaça deux colonnes sur la même ligne que les antes et dans l'espace compris entre eux. Le petit temple deThémis àRhamnus etle propylée de Minerve Suniadeau capSunium, furent construits sur ce plan. L'idée vint ensuite de substituer à chacune des antes formant la tête des
murs latéraux une colonne isolée, qui, s'alignant avec les deux colonnes du milieu, produisit sur le fond du temple un vestibule ouvert des deux côtés. Le temple ainsi disposé reçut le nom de prostyle. Prenant ensuite un nouvel accroissement par la répétition du portique ouvert sur l'autre face, il eut deux entrées, deux vestibules semblables et fut appelé amphipro style. Ce genre de temple est le troisième dans l'ordre que leur assigne la classification de Vitruve. La figure 3262 représente le plan du temple de la Victoire Aptère élevé sur l'Acropole à l'endroit où la tradition place la mort d'Egée, se précipitant du haut du rocher, lorsqu'il aperçut les voiles noires du vaisseau qui revenait de Crète. Ce monument est amphi-
Fig. 32G3.
prostyle, mais il n'a qu'une entrée située à l'orient entre deux piliers qui soutiennent l'architrave et qui étaient réunis aux murs latéraux par une grille.
Dans la cella était placée la statue de la i Victoire sans ailes.
Quelquefois, les deux portiques extrêmes correspondaient à un édifice double, comprenant deux temples comme YÉrechthéion, dont la figure 3263 représente une vue perspective. Ce monu- Iraent renfermait, en effet, ainsi qu'on le voit sur le plan (voy. Acropole, fig. 46), leux sanctuaires, celui de Pandrose à
l'ouest et celui de Minerve Poliade à l'est, et sur un niveau plus élevé. Le vestibule occidental donnait également accès à deux portiques, l'un au nord, où l'on voyait une citerne et la marque du trident de Neptune; l'autre au sud, appelé Pandrosion, renfermant le tombeau de Cécrops et dont les supports sont des cariatides ; ces figures de jeunes filles, dont le mouvement est si souple, dont la forme est si élégante, sont conçues et traitées de façon à présenter à l'œil l'apparence d'une merveilleuse solidité (voy.
Cariatide, fig. 740\
TEMPLE. — 448
La disposition indiquée comme la quatrième par l'architecte latin, est due
TEMPLE
à l'accroissement que l'on voulut donner à l'extérieur, soit pour rendre le dehors
Pig. 3264.
plus magnifique, soit pour la commodité des cérémonies. On ajouta donc aux
deux flancs de l'édifice les rangées de colonnes qui se trouvaient déjà sur les
Fig. 32Go.
faces, et ces portiques latéraux, appelés en grec ptera (ailes), firent donner au
temple même le nom de périptère. Mais deux files de colonnes ainsi placées au-
TEMPLE
TEMPLE
raient trop rapetissé l'intérieur du naos si ces deux fronts n'eussent eu que les quatre colonnes du prostyle; on porta donc à six au moins le nombre des colonnes de la façade. Les temples qui ont sur leur front ce nombre minimum de colonnes, sont dits périptères hexastyles; nous citerons comme exemples les temples de Thésée à Athènes, de la Concorde et de Junon à Agrigente, de Gérés à Ségeste, de Corinthe à Sunium, et deux temples à Pa)stum. Le plus grand de ces deux derniers édifices est représenté par la ligure 3264. La cella a, de chaque côté, sept colonnes au-dessus desquelles s'élève un premier étage.
Nous donnons (fig. 3265) une vue perspective de l'intérieur de ce temple qui offre un des types les plus anciens et les mieux caractérisés de l'architecture grecque primitive.
Le Parthénon, qui est périptère, a huit colonnes de façade ; il est octastyle , tandis que les temples qui ont quatre, six, dix et douze colonnes sur la façade à fronton sont appelés tétrastyles, hexastyles, décastyles et dodécastyles.
Les temples dont le naos n'était pas entièrement couvert constituaient une espèce particulière d'édifices que l'on appelait temples hypèthres. Le Parthénon était de cette catégorie.
Nous nous arrêterons un instant sur cet édifice, considéré comme le plus parfait et le plus beau monument d'architecture qui soit encore sorti de la conception de l'homme.
D'après la plupart des auteurs, la construction de ce temple, commencée en l'an 448 avant l'ère vulgaire, fut terminée seulement en 458 ; Ictynus et Callicratès en furent les architectes. Le Parthénon est entièrement construit en marbre blanc , tiré de la montagne Pentélique, qui est voisine. Ce temple est hypèthre, comme nous l'avons dit plus haut ; il est, en outre, dorique, octastyle et périptère, ainsi qu'on le voit sur le plan (fig. 3266), fait à l'échelle de
0m,0018 pour mètre. Ce plan montre les deux divisions intérieures, la plus grande étant le naos, dont la longueur est de 47m,30 et la largeur 21m,70 ; la seconde, l'opisthodome. Une remarque importante, due à M. Traders, c'est que les colonnes sont inclinées vers Tinté-
Fig. 3266.
rieur du temple, de sorte que celles des angles ont une inclinaison double pour contrebuter plus efficacement la poussée de l'édifice. Les colonnes n'ont point de base, comme on le voit sur la figure 3267 (1), qui représente l'état ac-
(1) P. Ghabat, Fragments d architecture.
TEMPLE
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tuel de la façade principale de cet édifice, façade qui, contrairement à l'usage adopté pour les temples grecs, était tournée à l'orient. La hauteur des colonnes, y compris le chapiteau, est de 10m,30, leur diamètre de lm,72; celles des angles ont lm,90 de diamètre. Ces colonnes sont cannelées à vive arête ; le chapiteau est fort simple et n'a point d'astragale; quatre filets le réunissent au fût. Le soubassement sur lequel reposent les colonnes est formé de trois degrés très élevés qui servent de stylobate à tout le monument. Une particu-
larité reconnue par MM. Fuente et Travers et vérifiée avec la plus grande exactitude par M. Penrose, c'est que ce stylobale n'offre pas une ligne parfaitement horizontale, mais une courbe légèrement convexe. L'entablement suit cette même courbe, et sa face forme une ligne concave sur chaque côté, de sorte que les angles, au lieu d'être droits, sont un peu aigus, disposition qui caractérise spécialement le génie des Athéniens et qui avait pour objet d'ajouter encore à la solidité du temple, en opposant à l'écartement une plus grande
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Fig. 3267.
résistance vers le centre des grandes lignes. On remarquera que le portique est double sur chacune des façades, les colonnes du second rang étant d'un diamètre un peu plus faible que celui des colonnes extérieures. Au dedans du temple était disposée, sur trois côtés, une galerie formée de deux ordres superposés et qui est aujourd'hui détruite. L'opisthodome était soutenu par quatre colonnes de mêmes dimensions, selon Stuart, que celles du petit ordre du péristyle. Le fronton du temple était décoré de sculptures en ronde-bosse;
sur le tympan oriental était représenta1, avec tout ce qui s'y rapportait, la naissance de Minerve-Athénée, à qui était consacré l'édifice. Le fronton occidental retraçait la victoire d'Athénée sur Poséidon. La frise représentait les Panathénées et contenait environ trois cent vingt figures, dont le peu de relief était savamment calculé pour produire de l'effet à la hauteur de 12 mètres où elles étaient placées. Dans la partie découverte du naos se trouvait la statue de Minerve, en ivoire et or, de 12 mèti de hauteur.
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Pour donner plus d'étendue à la cella des temples, on supprima les ailes, c'està-dire qu'on les fit entrer dans le corps même du naos en interposant le mur dans les entrecolonnements des portiques latéraux. On eut alors des colonnes engagées sur les côtés du temple qui reçut le nom de pseudo-përiptère ou faux périptère. À cette catégorie appartiennent le temple de Jupiter Olympien à Àgrigente, la Maison Carrée à Nîmes, le temple de la Fortune Virile à Rome.
Le besoin de richesse plus grande dans l'aspect des monuments, justifié par des ressources considérables, fit adopter la disposition du diptère, c'està-dire la double colonnade sur les flancs de l'édifice, et, par conséquent, deux rangs de galerie ou promenoirs circulant à l'entour. Cette nouvelle ordonnance, qui exigeait également une multiplication de colonnes aux façades antérieure et postérieure du naos, ne semble avoir été appliquée qu'à un petit nombre de temples ou qu'à ceux qui furent à la fois les plus célèbres et les plus dispendieux. Vitruve n'en cite que deux exemples : le temple dorique de Quirinus, à Rome, et le temple, beaucoup plus fameux, de Diane à Éphèse, monument d'ordre ionique, construit par Chersiphron.
Enfin, Hermogène, chargé de construire le temple de Diane Leucophrine à Magnésie, imagina de supprimer dans le diptère la rangée de colonnes intérieures, ce qui donna à la galerie environnante la largeur de deux entrecolonnements. L'édifice prit alors le nom de pseudo-diptère ou faux diptère.
On voit par ce qui précède que les temples grecs étaient presque tous élevés sur un plan uniforme, en parallélogrammes réguliers, ornés de frontons décorés de riches sculptures représentant des combats et des sacrifices, avec des portes occupant le milieu. Les deux divisions essentielles du plan de ces édifices sont le pronaos ou portique
plus ou moins étendu qui se retournait parfois sur les faces latérales et sur la face postérieure de manière à entourer l'édifice et le naos, qui était généralement couvert, entièrement ou en partie, et où l'on plaçait la statue du dieu.
Le naos ou cella des Romains pouvait aussi être double et quelques-uns de ces édifices avaient une quatrième partie appelée opisthodome ou arrière-maison, où Ton plaçait le trésor (voy. Cella, Opisthodome).
A ces diverses espèces de temples, tous construits sur un plan quadrilatère, il faut joindre celle des temples circulaires. ïl y en avait de deux sortes :
1° Le temple circulaire monoptère , ainsi désigné, non parce qu'il n'avait qu'un rang de colonnes au lieu de deux, mais parce qu'il consistait en ce seul rang de colonnes et qu'il n'avait point de mur ou de cella ; on voit encore dans les ruines de Pouzzoles, près de Xaples, une colonnade circulaire que l'on a appelée temple de Sérapis, et où tout démontre qu'il n'y avait pas de cella ;
2° Le temple circulaire périptère, qui avait une cella environnée d'un rang de colonnes ; tels étaient les temples de Vesla, à Rome, et de la Sibylle à Tivoli, appelé aussi temple de Vesta.
Fig. 3268.
Ce dernier est représenté en plan par la figure 3268 ; il était entouré d'une galerie de dix-huit colonnes dont six seule-
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ment ont résisté à la destruction. On accédait à ce portique par un escalier de quelques marches ; les colonnes étaient
d'ordre composite ; le mur de la cella devait être surélevé pour porter la coupole centrale, car les proportions légères
Fis. 3269.
de l'édifice ne permettent pas de croire qu'un dôme plus étendu eût jamais couvert à la fois le sanctuaire et la galerie. La figure 3269 représente l'état actuel de ce petit temple.
Aux nombreuses variétés de temples que nous venons de décrire, s'ajoutent encore bien des nuances. Ainsi, le temple de Diane Propylée, à Eleusis, avait une double façade in antis ; le temple d'Esculape, à Agrigente, avait
deux antes et deux colonnes isolées sur la façade antérieure, deux antes et deux colonnes engagées sur la façade postérieure.
Pour compléter celte ènumération des divers genres de temples édifiés par les Grecs et les Romains, nous citerons les temples à périboles. Nous avons VU, au commencement de cet article , que fliiéron ou enceinte sacrée fut le premier temple. Une simple haie en fixait
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