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TEMPLE

la circonférence ; des bois et des plantations en formèrent les premiers abris.

Lorsque l'habitation du dieu ou le naos eut succédé à la pierre servant d'autel et lorsque l'espace du local sacré s'étendit au-delà des murs de la maison divine,, on circonscrivit ce. terrain par un enclos de murs. Dans cet enclos se trouvèrent enfermés les arbres du bois sacré. Le temple de Jupiter Olympien, à Athènes, avait un péribole de quatre stades de circonférence. La ville de Pompéi offre un remarquable exemple d'édifices de ce genre dans ce qu'on a appelé le temple dTsis; son naos est élevé sur un assez haut soubassement, non pas au milieu, mais à l'extrémité d'un péribole carré formant portique tout à l'entour. Malheureusement, ces grandes enceintes, formées de colonnades, ont été. plus que toutes les autres œuvres d'architecture, exposées à la destruction, surtout dans les régions de l'antiquité grecque et gréco-romaine, où se sont succédé tant de villes, de religions, de dominations diverses. On chercherait vainement, à Athènes, les restes du péribole du temple de Jupiter Olympien. Pausanias nous apprend seulement que Ton voyait dans cette enceinte les statues de l'empereur qui avait terminé le temple, les anciennes images des divinités et quelques petits édifices sacrés.

Indépendamment de ces dispositions particulières, qu'il soit isolé ou accompagné d'une enceinte plus ou moins vaste, le temple grec puise encore un caractère de beauté et de grandeur dans le cadre dont la nature même l'enveloppe. « Parfois, dit M. Charles Blanc.

le temple est situé, comme à Sunium.

sur un promontoire d'où il apparaît aux navigateurs comme un asile gardé par une divinité protectrice. Le calme de ses lignes horizontales domine alors les accidents d'une montagne escarpée et les soulèvements de la mer.

« A Athènes, c'est sur un groupe de rochers superbes que s'élèvent les propylées, le temple de la Victoire sans

ailes, et de Minerve Poliade et le Parlhénon, qu'on aperçoit du golfe Saronique, majestueux encore dans ses ruines, élégant et fier.

« Quelquefois, comme à Épidaure ou dans la plaine d'Olympie, le temple est environné d'un bois sacré , et l'on y arrive en traversant des ombrages d'oliviers, de platanes ou de cyprès, des clairières égayé-es par des palestres, des lieux peuplés de statues, ornés d'autels, de trépieds, de stèles honorifiques, de colonnes où sont inscrits les noms des malades guéris par Esculape ou de chars consacrés aux vainqueurs des jeux olympiens. »

Nous voyons donc que le choix du site, l'assiette du monument, son harmonie avec la nature environnante sont des conditions qui, avec la disposition générale du plan, concourent à l'expression de beauté, au caractère de grandeur du temple grec.

Il est une autre condition qui joue un rôle très important à ce double point de vue et que nous ne saurions ici passer sous silence; nous voulons parler de la polychromie, c'est-à-dire de l'application des couleurs aux monuments, connue seulement, d'une manière irréfutable, depuis une cinquantaine d'années. Antérieurement à l'époque de cette remarquable découverte, certains voyageurs avaient bien observé des traces de couleurs parmi les ruines, mais ils n'en avaient tiré aucune conclusion, craignant même de faire injure au génie grec, en soupçonnant l'hypothèse à laquelle ces remarques pouvaient donner lieu.

C'est en 1824 qu'Hittorf, après avoir exploré les monuments de Sélinonte, d'Agrigente, de Syracuse, d'Aerce, revint à Rome, convaincu que la peinture avait été un des éléments de la décoration des temples grecs. L'illustre architecte fit l'exposé de ses observations dans un Mémoire, qu'il lut à l'Académie des beaux-arts en 1830, et qui était intitulé : Restitution du temple d'Empé-

TEMPLE

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docle à Sélinonte ou l'architecture polychrome chez les Grecs. Ce temple est le type sur lequel sont réunies les différentes données de la polychromie : il en est le symbole, suivant M. Beulé.

Presque aussitôt après, les découvertes faites à Métaponte par le duc de Luynes, ainsi que les affirmations de M. Semper, architecte connu en Allemagne, et celles d'un antiquaire italien, le duc Serra di Falco, vinrent ajouter leur témoignage à celui d'Hittorf.

Nous passerons sous silence les discussions passionnées qui suivirent ces révélations inattendues. Mais l'incrédulité dut bientôt céder à l'évidence.

M. Paccard, en restaurant le Parthénon ; M. Blouet d'abord et M. Garnier ensuite, par un travail semblable sur le temple d'Égine, ont à peu près levé tous les doutes, sinon sur les détails de la polychromie antique, au moins sur son emploi général chez les anciens.

On est aujourd'hui certain que les Grecs ont très souvent colorié leurs temples; que les triglyphes étaient peints en bleu, que le fond des métopes était d'un rouge brique ou d'un rouge ardent de cinabre, que des enroulements souvent rehaussés de dorures couraient sous la frise, que les colonnes étaient recouvertes d'une couche d'ocre jaune, et les tympans d'une teinte azurée. La polychromie a donc reconquis sa place dans l'art antique.

Quant aux ordres d'architecture qui étaient employés à la construction des temples grecs, celui que l'on trouve le plus souvent appliqué est l'ordre dorique (voy. ce mot), dont la mâle simplicité inspirait le mieux le respect et le recueillement. Toutefois, les temples qui , par leur destination , exigeaient une expression moins sévère étaient , en général, d'ordre ionique ; tel était celui de Diane à Éphèse.

Des portes et des ornements en bronze ajoutaient à la décoration de ces monuments. Les parois intérieures étaient souvent recouvertes de peintures

allégoriques ; des statues parfois colossales et formées des matières les plus précieuses, telles que le marbre, l'ivoire et l'or, occupaient le sanctuaire. En un mot, les temples grecs réunissaient la simplicité la plus monumentale et la plus imposante à la magnificence la plus recherchée.

Cette perfection ne se trouve plus chez les Romains, dont les premiers monuments furent élevés d'après les règles de l'art étrusque et qui devinrent, plus tard, les élèves des Grecs. Au premier de ces peuples, ils empruntèrent l'ordre toscan et au second les ordres dorique, ionique et corinthien, auxquels ils firent subir d'importantes modifications. Recherchant plutôt l'effet produit par la richesse de l'ornementation que celui qui est dû à la pureté et à la simplicité de la forme, ils employèrent, de préférence, l'ordre corinthien, auquel ils associèrent même fréquemment l'ordre ionique, de manière à former un nouvel ordre essentiellement romain, l'ordre composite (voy. ce mot).

Les Romains employaient aussi à la décoration extérieure certains matériaux artificiels, tels que les briques soumises à des arrangements particuliers. Citons, par exemple, le temple antique de la Caffarella , près de la porte de Saint-Sébastien, qui est un des plus anciens monuments religieux du paganisme , consacrés , plus tard , au culte chrétien ; cet édifice, ainsi appelé du nom d'une ferme voisine, fut élevé en l'honneur de Bacchus ; il est décoré d'un portique soutenu par quatre colonnes de marbre blanc d'ordre corinthien ; on y remarque une frise et une corniche en briques, surmontées d'un attique, qui se termine lui-même par un couronnement en briques ; enfin, deux autres corniches, en matériaux semblables, régnent : l'une, d'aspect denticulaire, dans l'intérieur du portique, audessous des colonnes et des pilastres ; l'autre, au pourtour des flancs et de la façade postérieure du temple.

TEMPLE

TEMPLE

Non loin de cette église s'élève un lastres et de corniches en briques, et édifice bien proportionné, orné de pi- connu sous le nom de Temple du Dieu

Fig. 3270.

rédicule. Nous présentons (fig. 3270), une vue latérale de ce petit monument, d'après les dessins de M. Garrez.

Les temples romains, quant à la disposition, offrent une grande analogie avec ceux des Grecs.

Rome ne devait renfermer qu'un très petit nombre de temples ioniques ; les deux seuls dont il reste encore des vestiges sont les temples de la Fortune virile et celui de la Concorde.

Nous insisterons particulièrement sur les édifices de ce genre, qui diffèrent de ceux dont nous avons parlé à propos des Grecs. Le Panthéon d' Agrippa, à Rome, est encore debout, grâce à sa disposition, qui a permis de le convertir en église. Cet édifice est précédé d'un portique de huit colonnes de face qui soutiennent un entablement et un fron-

ton. L'intérieur "du temple forme un cercle parfait (fig. 3271).

Fig. 3271.

Le temple de Jupiter Stator, élevé sur le Forum, et dont la figure 3272 représente le plan, était peut-être le plus beau

TEMPLE

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monument d'ordre corinthien qui eût jamais existé; il n'en reste aujourd'hui

Fig. 3272.

que trois colonnes, qui ont 14m,50 de hauteur et lm,47 de diamètre à la base. Tel est l'aperçu général que nous nous étions proposé d'offrir au lecteur sur les temples de l'antiquité. Nous mentionnerons seulement, à cause de leur célébrité, les édifices religieux de Balbek et de Palmyre dont les ruines existent encore aujourd'hui et qui sont rapportés généralement, sur l'autorité d'un fragment de Jean d'Anlioche, au règne d'Antonin le Pieux. Le style des temples dont on voit encore les vestiges prouve combien Part était en décadence à l'époque de leur construction ; on y remarque surtout des blocs de pierre

d'une grandeur prodigieuse ; l'un, entre autres, mesuré par Burckardt dans les ruines de Balbek, a 5om,50 de longueur sur 3m,65 de largeur et autant d'épaisseur ; cette pierre serait une des masses les plus considérables qu'ait jamais remuées la main de l'homme.

Nous terminerons enfin cet article par quelques mots sur l'éclairage des temples grecs.

De l'absence de fenêtres dans les murs de la cella, on a conclu, au xvne siècle, que les temples n'étaient point éclairés, et, comme toutes les charpentes , toutes les parties hautes des édifices encore x debout ont disparu , l'opinion s'est accréditée que ces monuments, plongés dans d'épaisses ténèbres, servaient seulement d'abri à la statue du dieu. Et pourtant, comment la foule, au moment des sacrifices, pouvait-elle voir cette statue? Pourquoi les œuvres et les richesses étaient-elles entassées dans l'intérieur de la cella, si une obscurité profonde devait les cacher à tous les regards?

On a prétendu que l'ouverture de la porte suffisait pour les éclairer; cette assertion ne paraît pas très sérieuse.

Les partisans de l'opinion contraire, c'est-à-dire ceux qui prétendent que les temples étaient éclairés, ont supposé que l'espace compris entre les deux portiques de l'intérieur était à ciel ouvert et sans toiture; les édifices ainsi disposés ont reçu le nom d'hypèlhres.

Il faut avouer que l'existence de ces temples, rares autrefois chez les Grecs, est suffisamment démontrée par les textes de Vitruve. Mais d'une exagération l'on passa à une autre : on admit que tous les temples étaient hypètbres.

Il est vrai que le temple de Jupiter Olympien, à Athènes, devait présenter cette disposition, à cause de sa grandeur, qui eût exigé l'emploi de matériaux énormes pour sa couverture.

Strabon rapporte aussi que le temple d'Apollon Didyméen était resté découvert en raison de sa grandeur.

TEMPLE

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Desmotifs religieux et particulièrement les attributs de certaines divinités, telles que Jupiter Fulgur, le Ciel, le Soleil, ont amené l'érection de temples hypèthres.

Quoi qu'il en soit, ce système ne parait avoir été appliqué que dans un petit nombre de cas. Il faudrait donc, si l'on ne peut accepter l'hypothèse de temples plongés dans les ténèbres, rechercher quels pouvaient être les moyens de les éclairer.

La couverture avait-elle une large interruption qui laissait pénétrer le jour perpendiculairement? D'après certains passages d'auteurs anciens , il paraît constant que le toit de ces édifices avait une ouverture. Plutarque raconte que l'architecte Xénoclès, qui termina le temple d'Eleusis, le couronna de son o-aïov , œil du monument, ouverture par laquelle il voyait le jour. Selon Justin, au moment où Delphes fut menacé par les Gaulois, les Grecs crurent voir Apollon descendre dans son temple par l'ouverture du toit. Enfin, d'une part. Pausanias rapporte que Phidias, ayant fait placer la statue colossale de Jupiter au temple d'Olympie, pria le dieu de lui manifester si son œuvre lui était agréable et qu'aussitôt la foudre tomba et frappa le pavé même du temple. D'autre part, Strabon nous dit que la statue de Jupiter était si grande, quoique assise, que si elle se fût levée, sa tête eût heurté le plafond; il y avait donc un plafond ou toit et une ouverture. Il reste à savoir comment cette ouverture était fermée aux intempéries de l'atmosphère. Employait-on le verre, les pierres spéculaires, des voiles particuliers? on ne saurait le dire.

Toujours est-il qu'on n'a pu encore trouver un arrangement simple, conforme au génie des Grecs, qui recherchaient surtout la solidité et l'élégance, et qui répondît à cette double condition de couverture et d'éclairage. De plus, on ne trouve rien sur les temples représentés par les bas-reliefs , les vases

peints, les monnaies, qui puisse justifier l'hypothèse de fenêtres ou d'une lanterne surmontant le faîtage.

Un mémoire traitant de cette question et lu récemment par M. Chipiez à l'Académie, met en avant une nouvelle hypothèse. L'auteur suppose l'éclairage produit par deux ouvertures longitudinales, pratiquées dans la toiture, et dues simplement à l'enlèvement d'une rangée de tuiles, placée directement au-dessus du portique intérieur du temple. Les eaux étaient reçues par le plancher en dalles qui sépare les deux ordres intérieurs superposés et s'écoulaient par des conduits, dont les traces auraient été retrouvées dans les murs latéraux, ou s'évaporaient par leur séjour prolongé sur la pierre. Le temple était éclairé par une lumière diffuse, plus convenable ici que la lumière directe du soleil. Nous indiquons cette solution sans rien préjuger de sa valeur ; puisset-elle faire naître de nouvelles discussions et de nouvelles recherches qui enrichiront l'archéologie d'une nouvelle conquête.

Les églises du culte protestant prennent aujourd'hui le nom de temples. Ces édifices se composent essentiellement de deux parties bien distinctes, la partie consacrée au culte ou le temple proprement dit, et la partie d'administration d'étude et de surveillance.

La première de ces parties renferme l'enceinte où se réunissent les fidèles, avec la chaire, l'orgue, les tribunes publiques, deux sacristies, l'une pour les mariages, l'autre pour les baptêmes, et enfin la chambre du prédicateur. La seconde partie comprend la salle du consistoire, servant aussi de bibliothèque, la salle du catéchisme, un dépôt des archives, un dépôt pour les livres servant au culte et enfin un logement de concierge.

Quant à la décoration intérieure et extérieure, elle doit être aussi simple que possible, le culte protestant n'admettant pas les images peintes ou sculptées.

TENAILLE

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