POULIE
ou en planches, disposés au niveau du sol : tantôt des paniers découverts ou de petites boîtes suspendues aux murs.
Les mangeoires (voy. ce mot) sont des augettes en pierre, en bois, en poterie ou en métal. Un abreuvoir naturel ou une auge en pierre creuse doivent être compris dans la basse-cour.
Los épincttes sont des boîtes où Ton renferme les volailles réservées pour l'engraissement et que Ton accroche aux murs ou que l'on place sur des tréteaux à 1 mètre ou lm,o0 du sol.
Softvent, on établit des poulaillers surmontés de pigeonniers comme celui que représente la figure 2904. Cette
Fis?. 2904.
construction, exécutée avec une certaine élégance, est en briques et maçonnerie, avec charpente apparente ; l'entrée et
la sortie des volailles se font par une ouverture pratiquée dans le bas de la porte. Le pigeonnier est divisé en compartiments par des cloisons de manière à séparer les couples ; il est couvert en ardoises, tandis que le poulailler est couvert en zinc.
Poulie, s. f. — Petite roue massive ou évidée, en bois dur ou en métal et sur la circonférence de laquelle est creusé un canal à profil circulaire appelé gorge.
L'axe de la poulie, ordinairement en métal, repose, par ses extrémités, appelées tourillons, sur des coussinets fixes ou sur les branches d'une chape en fer
Fig. 2905.
pourvue d'un crochet à sa partie supérieure (fig. 2905).
La gorge reçoit un cordage dont elle facilite le mouvement lorsque la direction suivant laquelle ce cordage fait effort en tirant doit changer.
On fait aussi des poulies en fer dont le corps est évidé (fig. 2906). On s'en
Fig. 2906.
sert, par exemple, pour supporter la corde à laquelle sont fixés les seaux d'un puits.
POUPONNIÈRE.
POUPONNIÈRE.
On donne îe nom de poulie folle à une poulie employée pour transmettre ou suspendre, à volonté, l'action d'un arbre principal ou d'arbres secondaires mis en mouvement par celui-ci sur
Fig. 2907.
d'autres axes secondaires. Le système appliqué est le suivant : cette poulie (fig. 2907) (1) est montée sur l'arbre ta côté de celle qui transmet le mouvement, mais elle y tourne librement au lieu d'être assemblée ; en poussant la
courroie au moyen d'une fourchette terminée par un levier, on la fait passer de la poulie fixe à la poulie folle ; le mouvement de la courroie continue sans éprouver de résistance et sans entraîner Taxe, qui passe ainsi à l'état de repos et passe de nouveau à l'état de mouvement si l'on opère d'une façon inverse.
Les moufles sont des poulies assemblées dans une même chape (voy.
Moufle).
On emploie aussi, pour soulever des fardeaux, des poulies différentielles de divers systèmes. Les unes sont composées de disques ou galets de dimensions différentes montés sur un même axe et sur lesquels s'enroulent des chaînes avec crochets à leurs extrémités ; les autres sont formées d'une poulie double et d'une poulie simple, de diamètre plus petit, avec une chaîne sans fin qui s'enroule autour ; cette dernière poulie est comprise dans une chape à laquelle tient un crochet destiné à soulever le fardeau.
Pouponnière, s. f. — Appareil en bois, avec lequel, dans les asiles, on apprend à marcher aux enfants et qui est composé de deux compartiments
Fig. 2908.
circulaires à claire-voie (fig. 2908).
(1) Laboulaye, Dkt. des arts et manufactures.
Dans l'enceinte extérieure, les enfants peuvent se tenir debout et marcher soutenus sous les bras par les traverses du
POURPRE
POURPRE
haut. Le compartiment intérieur est divisé en un certain nombre de places par des accoudoirs et muni d'une banquette sur laquelle les enfants peuvent être assis ; une autre planche circulaire forme table devant eux, de sorte qu'ils sont assis et parfaitement maintenus dans cette position.
Pourpre, s. m. et f. — Couleur rouge obtenue par divers procédés.
La pourpre des Grecs, appelée ostrum chez les Romains, était regardée par les anciens comme leur plus belle couleur.
On la retirait d'un coquillage, et Vitruve affirme que la pourpre différait selon le pays d'où la couleur était apportée ; que sa couleur était plus foncée et s'approchait davantage du violet dans les pays du nord, tandis qu'elle était plus rouge dans les contrées méridionales. L'auteur latin ajoute qu'on préparait cette couleur en battant le coquillage avec des instruments de fer, puis qu'on séparait la liqueur pourpre du reste de l'animal et qu'on la mêlait avec un peu de miel.
D'après le docteur Edouard Bancroft (1), la pourpre paraît avoir été trouvée à Tyr, environ douze siècles avant l'ère chrétienne. On tirait cette teinture d'un coquillage univalve, appelé murex, que l'on trouvait sur les rivages de la Méditerranée ; on faisait des incisions à la gorge de l'animal, ou bien on le broyait tout entier, et on le tenait ensuite en digestion dans de Peau et du sel pendant plusieurs jours en renfermant le mélange dans des vases de plomb.
« En 1683, ajoute l'auteur que nous venons de citer, un homme, qui gagnait sa vie en Islande à marquer du linge avec une belle couleur cramoisie qu'il tenait d'un coquillage marin, trouva, après quelques recherches sur les côtes de Sommersetshire et de Salles, des
(i) Recherches expérimentales svr la physique des couleurs permanentes.
quantités de buccins qui donnaient une liqueur visqueuse blanchâtre, lorsqu'on ouvrait une petite veine près de la tête de l'animal ; des marques faites avec cette liqueur prenaient, au contact de Pair, une couleur vert tendre, qui passait ensuite, par degrés, à un pourpre très beau et durable, lorsqu'on l'exposait au soleil.
« En 1799, de Jussieu trouva, sur les côtes occidentales de France, une espèce de petit buccin semblable au limaçon des jardins ; et, l'année suivante, Réaumur observa sur les côtes du Poitou ce même coquillage en grande abondance.
En 1736, le même naturaliste trouva, sur les côtes méridionales, la purpura, seule espèce qu'on connaisse maintenant. Tous ces coquillages fournissent un liquide qui possède, dans un degré plus ou moins éminent, les propriétés dont on vient de parler. »
On est donc en droit d'affirmer, après ces découvertes, que nous possédons le secret de la pourpre de Tyr.
On prépare, à l'aide de réactions chimiques, des couleurs auxquelles on a donné le nom de pourpre.
Le pourpre de Cassius s'obtient en introduisant du sel d'élain dans du chlorure d'or. Il se fait un précipité rouge pourpre, auquel on a donné le nom de celui qui l'a obtenu, pour la première fois, à Leyde, en 1683. On emploie le pourpre de Cassius pour colorer les verres et les émaux en pourpre. Si on le mêle avec de l'oxyde d'argent, on donne aux verres une couleur cramoisie ; si, au lieu d'oxyde d'argent, on emploie l'oxyde d'antimoine, on produit le brun foncé.
Le chromate de mercure et le chromate d'argent, produits par la réaction des chromâtes de potasse sur les sels de mercure ou d'argent, ont aussi une teinte pourpre fort belle. Le chromate de mercure a été préparé pour la peinture en décors ; mais l'éclat de sa couleur n'est pas en rapport avec sa fixité, qui est très faible, ainsi que celle du
POUSSÉE
POUSSÉE
chromate d'argent. En effet, sous l'influence de la lumière, ces deux composés prennent une teinte brune assez désagréable à l'œil.
Pourriture, s. f. — Défaut du bois qui provient des alternatives de sécheresse et d'humidité et qui se manifeste par la décomposition du ligneux en une substance pulvérulente brune ou blanche.
Pourtour, s. m. — Circuit, périmètre d'un objet, d'une pièce, d'un édifice.
Poussée, s. f. — Poussée des terres (voy. Soutènement).
Poussée des voûtes : effort horizontal que les voûtes exercent, de dedans en dehors, sur leurs pieds-droits.
On a étendu cette signification à la théorie même de l'équilibre et de la stabilité des voûtes, théorie qui fournit au constructeur les limites entre lesquelles il peut faire varier les proportions à donner à ces éléments des édifices. Sans entrer dans des détails de calculs que notre cadre ne comporte pas, nous présenterons ici quelques considérations générales , suffisantes pour éclaircir le sujet.
Examinons le cadre d'une voûte en berceau. Lorsqu'elle vient à se rompre, l'effet qui se produit généralement est
Fig. 2909.
représenté par la figure 2909; elle s'ouvre à la clef du côté de l'intrados, vers les reins du côté de l'extrados et
aux naissances du côté de l'intrados également ; les surfaces de séparation se nomment joints de rupture. Plus rarement, on observe un effet différent :
la voûte (fig. 2910) s'ouvre au sommet
Fig. 2910.
du côté de l'extrados, aux reins du côté de l'intrados et aux naissances du côté de l'extrados ; ce dernier mode de rupture se manifeste dans les voûtes minces, surélevées et très chargées vers les reins.
On considère la voûte comme formée de deux parties qui exercent l'une sur l'autre des pressions égales, appliquées au sommet de la voûte et symétriques par rapport à la verticale passant par ce point; ces deux pressions s'exercent donc dans le sens horizontal ; chacune d'elles constitue ce que l'on appelle la poussée de la voûte.
INous désignerons (fig. 2909) par la lettre F cette force, dont il faut déterminer la valeur pour s'assurer de la stabilité d'une voûte; pour le premier cas de rupture cité plus haut, la relation qui exprime cette valeur est la suivante :
SD F = -rj- en appelant S la surface du
voussoir, D la distance horizontale mp' du point m au centre de gravité c de ce voussoir, et H la hauteur op du point o au-dessus du point m.
Cette formule suppose connue la position du joint de rupture mn. Aussi, pour avoir la véritable valeur de F, doit-on faire différentes hypothèses sur cette position, calculer les valeurs cor-
POUTRE
POUTRE
pour former Paire d'un carrelage (fig.
2913), afin que le plâtre ne bouffe pas.
On emploie souvent dans les rez-dechaussée du poussier de charbon ou du mâchefer que Ton place entre les lambourdes d'un parquet pour préserver les frises de l'humidité.
Poutre, s. f. — 1° Pièce de bois de fort équarrissage qui sert à soulager la portée des solives dans un plancher.
Au moyen âge, on employait fréquemment ce système pour la construction des planchers et les poutres reposaient
Fis. 2914.
elles-mêmes, par leurs extrémités, sur des corbeaux qui en diminuaient la portée ; la figure 2914 représente cette disposition.
Aujourd'hui , ce genre de planchers est encore en usage en province (voy.
Plancher).
Lorsque le plancher à supporter est très lourd ou quand les poutres doivent avoir une grande longueur, on les compose de plusieurs pièces reliées entre elles de manière à former des solives de grande résistance, qu'on appelle poutres armées.
On peut superposer ou accoler deux pièces par leurs longues faces et les boulonner ou les réunir par des brides ou colliers en fer, à vis et écrou (voy. Plancher).
Si l'on manque de pièces de bois de dimension suffisante, on forme la partie inférieure de la poutre armée au moyen
Fig. 2915.
de plusieurs pièces (fig. 2915) et on les relie soit par des brides, soit par des boulons.
Un système qui est fréquemment employé est représenté par la figure 2916 ; on l'appelle assemblage h crémaillère ; les pièces sont superposées et maintenues
Fig. 2916.
par des crans et des clefs en bois, de telle sorte qu'elles ne puissent glisser; on les relie soit par des étriers en fer, soit par des boulons.
La combinaison dans laquelle deux arbalétriers sont placés entre deux poutres méplates et posées de champ est excellente. La figure 2917 représente ce système en plan, avec les solives du plancher reposant sur les moises horizontales; les deux pièces inclinées s'appuient, par leur sommet et par leur
POUTRE
POUTRE
pied, sur des sabots boulonnés avec les
Fis. 2917.
pièces, et marqués en pointillé sur le profil donné par la figure 2918.
Les détails représentés par les figures 2919 et 2920 sont des coupes faites, la première suivant la ligne A R et la seconde suivant CD; on voit que ces pièces , ainsi que les sabots, s'assemblent latéralement à rainure et languette.
On fait encore, pour supporter des cbarges considérables, des poutres armées, composées, soit d'arbalétriers assemblés dans un entrait et dans un poinçon, soit de pièces horizontales reliées entre elles par d'autres pièces verticales et obliques, ainsi que le montrent les deux moitiés de la figure 2921. Les poutres ont alors une grande hauteur et sont habituellement doublées.
Cette disposition est fréquemment appliquée à la construction des ponts et passerelles en charpente. Chaque pièce longitudinale est, dans ce cas, remplacée par deux moises entre lesquelles viennent se placer des pièces inclinées à 45°, en sens inverse, qui tantôt se juxtaposent simplement, tantôt s'assemc. a.
Fig. 2918.
blent à mi-bois. Des boulons maintien-
Fig. 2919.
nent ces pièces aux points de jonction.
Dans les fermes en bois à grande portée, on formait souvent, avant l'emploi du fer, les arbalétriers au moyen de
Fig. 2921.
Fig. 2920.
Leur ensemble forme ce qu'on appelle une poutre en treillis.
pièces dont la combinaison constitue de véritables poutres armées. Les fermes peuvent souvent être considérées comme telles (voy. Ferme).
Poutres en fer et en bois. Parmi les systèmes qui ont été le plus fréquemment employés, nous citerons les suivants :
L'armature se compose ( fig. 2922)
POUTRE
P OUTRE
de deux tringles de tirage fixées aux extrémités supérieures de la pièce de bois et qui s'assemblent à charnière avec un tirant horizontal placé audessous de la pièce. Des ancres, qui
Fis. 2922.
=zr~-
traversent les charnières, soutiennent la poutre. Les tringles sont tendues au moyen d'écrous, dont la pression esl répartie sur une certaine portion de l'extrémité de la pièce à l'aide de plaques de fonte.
Tantôt la poutre esl refendue, comme le montre la figure 2923, et l'armature se pose entre les deux morceaux, qui
Fig. 2923.
sont reliés entre eux par des boulons ; tantôt on applique deux armatures semblables sur les deux faces latérales de la poutre.
Il est préférable, si l'espace le permet, de faire descendre l'armature à quelque distance au-dessous de la
Fig. 292*.
poutre et de la soutenir au moyen de bielles placées de distance en distance [fig. 29-24 .
Od emploie aussi un autre système qui consiste dans l'interposition entre deux poutres jumelles soit d une feuille de tôle de forte épaisseur, soit d'un arc en fer forgé entaillé dans l'une d'elles et main tenu par un tirant également en
fer. Dans les deux cas, ces pièces sont reliées entre elles par des boulons.
Poutres en fer. L'emploi du fer forgé ou laminé pour ces sortes d'ouvrages est encore le meilleur procédé à employer.
Les poutres les plus simples sont celles en fer à double T que l'on trouve dans le commerce avec une hauteur de section allant jusqu'à 0m,30 (voy. Arbalétrier, Ferme, Plancher).
Lorsque ces pièces ne semblent pas devoir être suffisamment résistantes, on emploie des feuilles de tôle A (fig.