‹ Dictionnaire des termes employés dans la construction (volume 2)Chapitre 6 sur 255 · ÉCART · texte numérisé non relu

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Aujourd'hui, on donne plus d'écartement aux solives et Ton augmente le rapport de la hauteur à la largeur.

Pour les poitrails de boutiques, si Ton ne veut pas employer des poutres de très fort équarrissage , on refend en deux une pièce de bois, on écarte les deux parties de 0m,05 à 0m,06 par des fourrures et on les relie au moyen de boulons.

La partie inférieure ou visible en dessous d'un plancher constitue le plafond, que Ton décore suivant divers systèmes (voy. Plafond).

Planchers en fer. Le fer est employé dans les planchers en bois, ainsi que nous venons de le voir, sous forme d'attaches, de liens, d'armatures ; mais aujourd'hui, et cet usage tend à se généraliser, on lui fait jouer un rôle plus important encore, en remplaçant les solives en bois par des poutres en fer forgé ou laminé.

Le plancher en fer se compose donc essentiellement, comme le plancher en bois, de solives portées par des murs ou par des poutres. Entre les solives se placent Yentretoisement et le hourdis; au-dessus du hourdis, on fait une aire pour un carrelage ou l'on scelle des lambourdes pour supporter un parquet ; au-dessous du hourdis, on établit l'enduit qui doit former le plafond.

Depuis l'origine de l'emploi du fer dans les planchers, on a utilisé successivement, en guise de solives, des poutres en fonte, des fermettes en fers carrés ou méplats, des fers zorès (voy. ce mot), et l'on est enfin arrivé aux fers laminés à double T, forme admise aujourd'hui comme étant la seule rationnelle.

On divise ces fers en deux classes :

La première, comprenant les fers ordinaires à planchers, à semelles ou ailes

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Fig. 26S1.

étroites et portant de 0m,08 à 0m,22 de hauteur (fig. 2681) ;

La seconde, les fers à larges semelles ou larges ailes, de différentes hauteurs, mais à semelles plus larges ; ces derniers sont spécialement employés pour former les solives portant cloisons.

Nous donnerons ici plusieurs exemples des dispositions généralement adoptées.

La figure 2682 représente un plancher en fer à portée ordinaire, composé de

PLANCHER

solives parallèles scellées, à leurs extrémités, dans les murs et supportant des

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recourbé à ses extrémités de manière à s'accrocher sur les semelles supérieures des solives et à s'appuyer sur les semelles inférieures (voy. Entretoise).

Un autre système, qui relie en même temps les solives entre elles, est présenté par la figure 2683 : l'entretoise est

Fig. 2GS2.

enlretoises en fer, sur lesquelles reposent des tringles en fer appelées feintons (voy. ce mot).

L'espacement généralement adopté pour les solives est de 0m.60 à 0m,80, suivant leur portée et leur résistance.

L'encastrement qu'on leur donne dans les murs est de 0ra,lo, 0m.2o ou 0"\30; de plus, il est convenable de munir un certain nombre d'entre elles d'un ancrage dans les murs (voy. Ancrage).

Au-devant des fovers et des tuvaux de cheminée, au-dessus des baies, on place des fers à double ou simple T s'assemblant, au moyen de cornières, avec les solives d'enchevêtrure et recevant la portée des solives de remplissage.

On donne aux solives une flèche de l -200 ou 0m,005 par mètre, qui a pour but de compenser celle que la pièce prendrait naturellement sous l'action de sa charge normale et, par suite, à assurer l'horizontalité du plafond.

L'entretoisement des solives se fait suivant divers procédés. Celui qui est communément employé consiste dans la pose entre les solives d'un fer carré,

Fig. 2683.

un fer méplat qui se retourne d'équerre à ses extrémités et qui est fixé sur les solives, au moyen de boulons à la hauteur de l'axe neutre.

Nous citerons encore le procédé Joly, qui n'est pas très employé malgré l'avantage qu'il offre d'établir une solidarité parfaite entre toutes les pièces conipo-

Fig. 2G85.

stmile plancher: nous donnons (fig. 2684) la disposition générale de ce système et (fig. 2685) le détail de l'entretoisement ; celui-ci est composé de fers cornières reposant sur les semelles inférieures des solives et assemblés avec ces pièces, au

PLANCHER

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moyen de goussets en tôle de 0m,005 d'épaisseur.

Fig. 2GS5.

Le hourdis le plus généralement en usage est celui que l'on fait en plâtre et plâtras; on lui donne une épaisseur moyenne de Om,ll et une forme concave en augets, à la partie supérieure, pour soutenir les solives sur toute la hauteur (fig. 2686). On exécute ce remplissage

Fig. 2686.

en disposant sous les solives un plancher provisoire en planches sur lequel on place les plâtras, que l'on noie dans du plâtre liquide. Quand la prise est faite, on retire les planches et Ton peut plafonner sans lattis.

Un autre système de hourdis très employé est composé de briques creuses

Fig. 2687,

placées de champ, suivant un plan horizontal ou disposées en voûtes (fig. 2687).

On en fait encore en pots de terre cuite cylindriques ou coniques, en poteries creuses de diverses formes et en carreaux de plâtre évidés (voy. Carreau, Entre vous, Pot).

Lorsque la portée du plancher est considérable, il y a économie à placer, dans Taxe des trumeaux, des poutres transversales sur lesquelles on pose des solives en fer, dont on fait le remplissage, comme nous l'indiquons plus haut.

La figure 2688 offre un exemple de ce système, composé de travées de 3m,50, formées par des poutres en tôles et cornières qui supportent des solives assem-

Fig. 2H88.

blées avec elles au moyen de cornières. Il se présente alors deux cas : 1° les poutres doivent être noyées dans l'épaisseur du plancher : on assemble alors les solives à la partie inférieure des poutres à l'aide de cornières et de boulons; 2° on appuie le bout des solives contre la partie supérieure des poutres, soit en les assemblant, au moyen de cornières et de boulons et en les faisant

PLANCHER

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reposer sur une cornière longitudinale fixée à la poutre, comme le montre le détail au 1 10 d'exécution présenté par

Fig. 26S9.

la figure 2689, soit en les appuyant directement, sans aucun assemblage, sur la semelle supérieure des poutres.

Nous donnons également (fig. 2690)

Fi*. 2690.

un plancher en fer à grande portée du svstème Jolv.

Les cloisons de distribution se posent soit normalement, soit parallèlement aux solives. Dans ce dernier cas, on les fait reposer sur une seule solive en fer à larges ailes ou mieux sur deux solives accouplées.

Les planchers en fer présentent, sur les planchers en bois, l'avantage d'être moins épais. Avec des solives de 0m,16 de hauteur, 0m,03o de lambourdes.

0m,027 de parquet et 0m,03 de plafond on obtient, pour le plancher, une épaisseur minima de 0m,2o.

Quant aux conditions de résistance que peuvent offrir les planchers en fer. on admet généralement qu'un ouvrage de ce genre, convenablement hourdé, pèse environ 210 kilogr. par mètre et qu'il doit pouvoir supporter une surcharge de 190 kilogr.

Dans les édifices autres que les maisons particulières, où la solidité paraît devoir être plus grande, on compte ordinairement sur une charge de 500 kilogr. par mètre carré, et l'on calcule la section des solives en tenant compte de l'encastrement de ces pièces, de la solidarité que les entretoises, les fanions et le remplissage établissent entre toutes les parties du système (voy. Résistance des matériaux).

D'ailleurs, les dimensions des solives qui composent ces planchers se calculent à l'aide de la formule suivante, relative à une pièce reposant sur deux appuis et chargée uniformément sur toute sa longueur :

RI

p est la. charge par mètre de longueur de la pièce et comprend le poids du plancher et la surcharge accidentelle de 280 kilogr. (poids de quatre personnes) par mètre carré de plancher: toutefois la pratique semble démontrer qu'en prenant, en moyenne, 280 kilogr. pour la charge totale par mètre carré, ce qui correspond à environ une surcharge d'une personne par mètre carré, on ob-

PLANCHER

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tient une résistance suffisante ; cela est dû à l'augmentation de rigidité qui résulte de la liaison des différentes pièces par le hourdis, et aux encastremenls dans les murs;

R est le coefficient de résistance du métal, qui peut être pris égal à 6,000,000 de kilogr.;

— est le moment de résistance de la

pièce ;

L est la portée des solives.

En supposant les solives d'un plancher en fer espacées, d'axe en axe, de 0"l,80 , c'est-à-dire en faisant, dans la formule précitée, p = 280 x 0m,80 = 224 kilogr.; et prenant une portée L égale à 5 mètres, on obtient :

Or, M. Morin ayant formé un tableau

des valeurs de — , calculées pour les fers

en double T de diverses provenances, si

l'on compare la valeur précédente de — à

celles inscrites dans ce tableau, on voit que l'on pourra employer, pour un p/ancher établi dans ces conditions, les fers de Montataire dont la hauteur est égale à 0m,16 et dont le poids est de 16k,50 par mètre courant (1).

Il est dans l'usage aujourd'hui de donner à R la valeur de 10,000,000 kilogr. La valeur de p se calcule d'après le poids propre du plancher et d'après .une surcharge accidentelle , qui varie selon le nombre des personnes ou la quantité de marchandises que les pièces sont susceptibles de recevoir.

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