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après s'être rendus maîtres de l'enceinte, devaient entreprendre un second siège pour forcer les défenseurs dans leur dernière retraite.
La figure 1381 représente la tour qui servait de donjon au château de Rouen et qui était placée à cheval à la rencontre de deux courtines dont elle interrompait totalement la communication. Deux poternes, placées le long des parements intérieurs de ces courtines, permettaient l'accès dans cette tour.
La tour carrée du château de Saint- Germain (fig. 1382), qui a été restaurée par Eu g. Millet, formait le donjon du château de Charles V dont elle occupait
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Fig. 1381.
donjon, de sorte que les assiégeants,
l'angle nord-ouest. Les murs de cette tour sont d'une épaisseur remarquable (2°',50); l'étage supérieur renferme une salle voûtée très élevée ; la face nord a
seule été percée de fenêtres sous François P'; les bandeaux, dont on a retrouvé les traces qui ont permis de les reconstituer, indiquent la séparation des différents étages.
Les progrès de Tartillerie ont fait disparaître les donjons, avec tout le système de fortification employé au moyen âge.
l>onzy {Pierre de). — Calcaire demidur (banc royal), blanchâtre, à grains très Ans, que Ton extrait des carrières de Bonzy, commune de ce nom, arrondissement de Gosne.
La hauteur d'assise de cette pierre est de 0°',30 à 1 mètre ; le poids du mètre cube est de 2,080 kilogr., et la charge d'écrasement par centimètre carré, de 240 kilogr.
Ce calcaire a été employé à la prison de Cosne et h l'église de Bonzij.
Dorât [Granit du). — Granit dur, grisâtre, à grains fins, qui provient des carrières du Dorât, communes du Dorât, d'Oradour-sur-Vayre, et de Thiat, arrondissement de Bellac.
La hauteur d'assise de cette pierre est indéfinie. Le poids du mètre cube est de 2,730 kilogr. et la cliarge d'écrasement par centimètre carré est de 920 kilogr.
Ce granit a été employé notamment aux travaux d'art du cliemin de fer de Poitiers à Limoges, et aux monuments de Bellac et du Dorât.
Doreur, s. m. — Les travaux de dorure exécutés dans les édifices sont faits par des ouvriers appelés ;9e//??rc5 doreurs.
Dorique {Ordre). — Cet ordre est le plus ancien de ceux que les Grecs nous ont laissés. Dans l'ordre dorique grec primitif, la colonne est sans base, le fût court et cannelé ; le chapiteau est caractérisé par un tailloir saillant que supporte un solide de révolution ou échine, à galbe plus ou moins prononcé (voy. Chapiteau).
Quelle que soit l'origine de l'ordre dorique, qu'il tire ses formes générales de l'architecture égyptienne, ou que son principe doive se déduire de la construction primitive en bois, ce n'en est pas moins, de tous les ordres grecs, celui qui possède au plus haut degré les caractères de force et de majesté.
La colonne, qui diminue du bas jusqu'en haut, sans aucun renflement, son chapiteau, la courbure gracieuse de l'échiné, assez difficile à tracer, ses larges cannelures à vive arête, très peu concaves, sont d'un très bel effet.
La même apparence de force, de simplicité et la même énergie de style régnent dans l'entablement. L'architrave, à une seule face, y est lisse et très élevée ; la frise, séparée de l'architrave par un large filet, est décorée de trighjphes et de métopes (voy. ces mots) et forme la partie la plus riche de l'entablement.
Le caractère spécial de solidité que présente l'ordre dorique est surtout dû aux courtes proportions des colonnes, dont la hauteur peut être fixée, en moyenne, à quatre diamètres et demi.
Les modernes lui ont donné une proportion presque double, en la portant jusqu'à huit diamètres et demi.
Ce qui ajoute encore à l'idée de force et de sévérité, c'est ce que les anciens appelaient âpreté, asperitas, c'est-à-dire le serrement des entrecolonnements qui se remarque dans tous les édifices de cet ordre. Un diamètre et un quart est la plus large dimension de l'entrecolonnement ; il ne s'élève pas à plus de 2 modules 33 au grand temple de Pa^stum; plusieurs n'ont qu'un diamètre, et quelques-uns même ont encore moins.
Il résulte de l'espace étroit de l'entrecolonnement et de la grande largeur des chapiteaux dans certains édifices que les tailloirs semblent près de se toucher, ce qui porte l'effet de l'énergie et de la solidité au plus haut degré. Un stylobate profilé ou se rétrécissant forme ordinairement à la masse un piédestal
Fig. 1383.
à Pœstura, à récbelle de 0-^,008 pour mètre.
Nous compléterons ces notions générales sur Tordre dorique grec, en donnant ici la ligure 1384, qui représente, en perspective, l'analyse de la structure
1res mâle, qui n'ôte rien à Teffet général et lui donne, au contraire, une grâce particulière.
Parmi les plus beaux monuments d'ordre dorique grec, on peut citer les temples de Pœstum, le Parlhénon, les temples de Junon, d'Hercule et de la Concorde à Agrigente ; ceux de Ségesle et de SéJinonte en Sicile ; celui de Minerve à Syracuse.
Nous donnons (fig. 1383) un angle de la façade du temple dorique de Neptune
du temple dorique d'après les monuments. L'édifice repose sur un stylobale formé de trois degrés élevés, dans lesquels on a pratiqué des marcbes sur la face principale. Le fût des colonnes est formé de cinq tambours en pierre reliés en Ire eux par des clefs qui entrent dans des trous carrés creusés dans les blocs. On voit les tailloirs ou abaques des chapiteaux, offrant une large assiette aux doubles blocs qui composent l'architrave, partant de l'axe d'une colonne à l'autre ; la frise et la corniche, composées d'un larmier et d'une cimaise sur laquelle repose le chéneau en terre cuite. On remarque avec quel soin sont ménagées dans la pierre les entailles destinées à recevoir les différentes pièces de la charpente.
Cette figure a été faite d'après un dessin de Viollet Le Duc, offert à l'École spéciale d'architecture.
Chez les Romains, l'ordre dorique subit diverses modifications. La hauteur des colonnes fut portée de 4 et 5 diamètres jusqu'à 7 et 8.
L'architrave et la frise avaient reçu des Grecs à peu près même hauteur ; on réduisit la première de ces parties, qui était lisse, pour augmenter la seconde, qui était décorée et l'on s'attacha plus à distribuer les triglyphes réguhèrement qu'à leur donner des positions commandées par leur origine. C'est ainsi que Vitruve recommande de ne pas s'astreindre à en placer dans les angles de l'édifice.
On voit encore, à Rome, dans les restes du théâtre de Marcellus, un ordre dorique dont la disposition répond assez bien aux règles posées par l'architecte romain ; la hauteur du chapiteau, celle de l'architrave, et la largeur du triglyphe sont égales, à fort peu de chose près ; toutefois, elles dépassent légèrement le module, dimension assignée par Vitruve ; la frise est très sensiblement un module et demi ; le chapiteau diffère beaucoup de celui des Grecs ; il est moins saillant, l'échiné est plus arron-
die et le tailloir est couronné par une moulure ; le fût de la colonne est terminé par un astragale.
Toutefois, l'ordre dorique conserva, chez les Romains, un de ses caractères primitifs, labsence de base ; c'est ce
Fig. 1384.
qu'on peut observer au camp des soldats, à Pompéi, au tombeau de Terracine, aux thermes de Dioclétien, au théâtre de Marcellus, que nous venons de citer, à un arc de triomphe de Vérone, etc. L'ordre dorique du Cotisée offre seul une base réelle et déterminée. Mais ce dorique est plutôt une exception qu'un ordre régulier ; car cette ordonnance est dépourvue de ses attributs principaux, c'est-à-dire de la frise ; elle ne peut être regardée que comme une composition hors des règles et de Tu-
sage et peut-être étrangère même à l'ordre dorique.
Les architectes de la Renaissance s'inspirèrent du dorique romain ; les ordres du théâtre de Marcellus et du' Cotisée particulièrement eurent une^ grande influence sur l'architecture de cette époque.
Palladio adopta un type d'ordre dorique dans lequel les colonnes n'ont pas de base ; leur hauteur est de 15 modules et leur espacement de 3 modules 12 ; l'architrave, la frise, les tri-
glyplies et les métopes ont reçu les proportions indiquées par Vitruve. Les métopes sont alternativement occupées par des patères ou boucliers et des têtes de bélier décharnées.
Vignole a proposé deux types d'ordre dorique adoptés par les modernes et qui présentent, sous la corniche, l'un des denticules , l'autre des mutules (voy.