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DORMANT

Le dormant (Vune fenêtre en menuiserie est composé de deux montants et de deux ti'averses assemblés carrément à tenon et mortaise ; sur la face intérieure, ces dormants portent des feuillures dans lesquelles s'emboîtent les châssis vitrés, qui sont lixés par des fiches. La traverse inférieure se nomme irièce d\tppui (voy. Appui).

La dimension des montants dormants scellés sur le bois, la pierre, le plâtre, doit être d'au moins 0°',54 d'épaisseur sur 0^,08 à 0°^,10 de largeur.

Les dormants de portes intérieures prennent le nom de chambranles (voy.

ce mot).

L'usage des châssis fixes, sur lesquels sont ferrées les portes ou les croisées, ne date que du xv° siècle. Auparavant, les vantaux et battants étaient ferrés dans des feuillures en pierre, ce qui rendait les intérieurs très froids, la clôture des baies n'étant jamais complète.

Une large baie peut être pourvue d'une fermeture en menuiserie composée de deux parties : l'une mobile, qui est à un ou deux vantaux, l'autre fixe, que l'on nomme partie dormante.

Serrurerie. Pènc dormant : \:>èneqm n'est pas chanfreiné, qui n'est pas poussé hors de la serrure par un ressort et ne fonctionne qu'au moyen de la clef.

La seri'ure qui n'a que ce pêne est dite serrure à pêne dormant {xoy. Serrure).

Législation. Verre dormant: verre attaché etscellé au plâtre, afin qu'on ne puisse l'ouvrir.

Ces verres sont placés dans des baies dites jours de souffrance (voy. Jour) que le propriétaire d'un mur non mitoyen, joignant immédiatement riiéritage d'autrui, peut pratiquer dans ce mur (1).

S'il y a dans la fenêtre un bâti dormant, les feuillures doivent être placées à l'intérieur, pour qu'on puisse enlever les verres, afin de les nettoyer ; les verres peuvent être tenus, soit avec du mastic, soit avec du papier collé.

(1) Code civilj art. ^7G.

Dortoir, s. m. — Vaste salle dans laquelle sont installés des lits pour un certain nombre de personnes.

Les étabhssements d'éducation, les monastères, etc. renferment des dortoirs.

Dans les anciennes abbayes, les salles alîectées au repos étaient placées audessus des celliers ou des réfectoires et à proximité de l'église ; ces grandes pièces étaient divisées en cellules par des cloisons peu élevées, et, plus tard, lorsque les religieux eurent chacun une chambre spéciale, on n'en continua pas moins à donner le nom de dortoir au bâtiment ou à l'étage qui les contenait.

Dans les maisons d'éducation, dans les collèges, par exemple, les dortoirs doivent être éclairés sur les deux faces. Il est bon d'espacer les baies de façon que l'on puisse adosser deux lits contre chaque trumeau, c'est-à-dire qu'il convient de donner à ces trumeaux S'^jSO de largeur.

La chambre du maître chargé de la surveillance est souvent dans le dortoir même ; il serait mieux qu'elle ouvrît seulement sur cette salle.

Des lavabos sont installés dans le dortoir même ou à proximité.

Les dimensions de la pièce doivent, en outre, être calculées de manière à donner O'^sSOO d'air par chaque lit.

Dorure, s. f. — Application d'une couche d'or sur des objets de diverses natures, dont la surface acquiert ainsi l'éclat et l'inaltérabilité de ce métal. On dore le marbre, la pierre, le bois, les métaux usuels, le carton-pâte, etc.

L'or s'emploie dans la décoration architecturale extérieure, pour enrichir et donner de la valeur à certaines parties d'édifice, telles que chapiteaux, chéneaux, balcons, grilles en fer, porles en bronze, statues, etc.

Intérieurement, on en fait usage pour rehausser des moulures, recouvrir des ornements sculptés ou en carton-pâte, tels que rosaces, feuilles d'angle, etc.

Les pièces de réception et d'apparat sont les pièces d'appartements dans lesquelles ce genre de décoration est le plus généralement appliqué.

La dorure joue, depuis un temps immémorial, un rôle important dans l'ornementation ; les monuments égyptiens nous otïrent des traces nombreuses de dorure. On sait que les Égyptiens employaient, à cet égard, un procédé à peu près semblable au nôtre : ils se servaient d'une espèce de pâte ou d'encollage pareil à celui que nous mettons sur le bois pour recevoir la dorure. Ils savaient également dorer à nu.

L'emploi de l'or se remarque aussi dans les ruines des monuments de Persépolis.

A Rome, on s'est servi de l'or nonseulement pour recouvrir d'autres métaux moins précieux, mais pour l'appliquer sur des stucs, en le mêlant à certaines couleurs.

Il reste encore sur quelques monuments de bronze de l'antiquité des traces de dorure remarquables par leur grande vivacité. Cela Lient tout d'abord au soin que les artistes anciens apportaient à leurs travaux, puis à Tépaisseur et à la force de leurs feuilles d'or, qui étaient beaucoup plus considérables que celles des feuilles employées de nos jours. Il s'ensuit que la consommation de l'or devait être très considérable. Les anciens, en effet, doraient toutes leurs statues de bronze, de bois ou de terre et souvent celles de marbre.

Les édifices byzantins et nos églises du moyen âge et de la Renaissance ont conservé des traces nombreuses de dorure .

Parmi les exemples les plus remarquables de la dorure, employée avec goût et avec succès dans l'architecture moderne, nous pouvons citer la voûte de Téglise Saint-Pierre, le plafond de l'église, de Sainte-Marie-Majeure, à Rome, le dôme des Invalides, à Paris, etc.

La cherté de l'or et son emploi multiplié dans les temps modernes, ont con-

duit à l'uliliser sous la forme de lames de plus en plus minces qui sont devenues par la suite des feuilles d'une extrême ténuité.

Nous allons passer en revue les divers procédés appliqués aujourd'hui dans la dorure, suivant les surfaces que l'on veut recouvrir.

Dorure sur métaux. Les procédés actuellement en vigueur pour la dorure sur métaux, sont de trois sortes ; on dislingue : la dorure au mercure, la dorure au trempé ou par immersion et la dorure galvanique.

1° Dorure au mercure. Cette première méthode, qui est fort ancienne, a pour principe l'emploi d'un intermédiaire , qui fait légèrement pénétrer l'or dans le métal à dorer ; le mercure remplit cette condition, par la propriété qu'il a d'attaquer un grand nombre de métaux. On recouvre les pièces que l'on veut dorer d'un amalgame d'or, de manière à former à leur surface un amalgame double avec le métal même de ces pièces ; ensuite, on expose le tout à la chaleur ; le mercure se volatilise, et il reste une couche mince d'un aUiage d'or et du métal à recouvrir. Le fer et l'acier, qui ne sont pas attaquables par le mercure, peuvent néanmoins être dorés par ce procédé, si on les revêt préalablement d'une couche de cui^Te par une immersion dans une solution chaude de sulfate de cuivre.

L'amalgame se prépare sous forme de pâte que l'on comprime pour en retirer le mercure en excès, et contient, au moment de son emploi, deux parties d'or pour une de mercure.

Ce système de dorure n'est applicable qu'aux métaux qui sont attaquables par le mercure et qui résistent sans se fondre, à la température de son ébullition. L'argent et le cuivre, mais surtout le laiton et le bronze, se dorent Ruisi.

Les pièces métalliques doivent subir, avant l'opération, une préparation spéciale. On les réunit d'abord pour débarrasser leur surface des matières

grasses, puis on les soumet au dérochage, c'est-à-dire qu'on les plonge dans de l'acide sulfuricjue étendu d'eau, afin de dissoudre l'oxyde qui les recouvre.

Un décapage plus parfait ou ravivage est obtenu si l'on plonge un instant ces pièces dans l'acide nitrique concentré.

L'application de l'amalgame se fait au moyen d'une petite brosse ou pinceau en fil de laiton qu'on appelle grattebrosse. On trempe le pinceau dans une dissolution d'azotate de mercure, dont on imprègne les pièces, puis dans l'amalgame d'or qu'on étend de la même façon à la surface de celles-ci. On répète cette opération autant de fois qu'il est nécessaire; enfin, on lave les pièces à grande eau, on les sèche et on les expose à un feu de charbon de bois, afin de volatiliser le mercure.

Ce travail terminé, on procède à la mise en couleur, qui a pour objet de donner à la dorure les teintes réclamées par le commerce. Tantôt la pièce doit être entièrement lisse et brillante ; à cet cfiet, on la brunit (voy. Brunissage) ; tantôt elle doit rester mate : il suffit alors de conserver l'objet dans l'état où la volatilisation du mercure l'a laissé ; mais en général, on combine le brillant et le mat. Dans ce cas, on réserve les parties à brunir, en les couvrant, avec un pinceau, d'un enduit appelé épargne et qui est un mélange de blanc d'Espagne, de cassonade et de gomme, le tout délayé dans l'eau; on brunit; puis on enlève l'enduit au moyen de plusieurs opérations successives : 1° carbonisation de cette mixture par le chauffage de la pièce ; 2° application sur les points épargnés d'un mélange de sel marin, d'alun etdenitre; 3Miquéfaction de la couche saline par un second chauffage ; 4° immersion brusque dans l'eau froide, qui détache à la fois l'épargne et le sel marin.

Deux teintes, appelées dans le commerce or rouge et or moulu, s'obtiennent par le procédé indiqué ci -dessus légèrement modifié : pour donner, par

exemple, la teinte d'or rouge à un bronze, on fait passer la pièce dans une cire dite cire des doreurs et qui est un mélange de cire jaune, d'ocre rouge, d'alun et de vert-de-gris; ensuite, on soumet l'objet à un feu vif, qui brûle la cire; puis on le plonge dans l'eau fi-oide, on le lave, et on le gratte-brosse avec du vinaigre.

La teinte d'or moulu s'obtient en prenant d'abord comme enduit un mélange de sel marin, d'alun et de sanguine délayé dans du vinaigre ; on répète ensuite les mêmes opérations que précédemment.

Les dangers que présente l'emploi du mercure tendent de plus en plus à faire disparaître ce genre de dorure ; on le remplace généralement aujourd'hui par la dorure au trempé et la dorure galvanique. Avant de parler de ces deux procédés, notons que, pour le fer et l'acier, métaux sur lesquels le mercure ne prend pas, on avait autrefois recours au procédé appelé dorure au boucIiononavL pouce. On versait sur des chiffons de toile, jusqu'à ce qu'elle fût absorbée, une dissolution de S parties d'or fin et de 1 de cuivre ; on brûlait les chiffons et on appliquait la cendre au moyen d'un bouchon ou du pouce sur les pièces préalablement décapées et brunies. On terminait par un nouveau brunissage.

Une autre méthode ancienne, dite dorure au feu, consistait encore dans l'application de feuilles d'or avec le brunissoir sur le fer, l'acier ou le cuivre décapés, polis et chauffés à la température qui donne à l'acier l'aspect bleuâtre.

2° Dorure au trempé. Ce procédé de dorure n'est guère employé que pour les bijoux : on prépare une dissolution bouillante de chlorure d'or dans un carbonate alcalin et on y plonge les objets à dorer, préalablement recuits, dérochés, décapés et ravivés, comme dans la dorure au mercure. On exécute ensuite la mise en couleur, qui a pour objet de donner à l'or déposé plus de

brillaiil et d'éclat et dassurer la conservation de la dorure.

S*" Dorure galvanique. Dans cette méthode, on se propose d'appliquer roisur un autre métal en couches continues, adhérentes et inséparables ; à cet elTet, on dissout le métal précieux dans un agent convenable et on le précipite sur la pièce à dorer, au moyen d'un courant électrique.

L'avantage de la dorure galvanique est de faire adhérer sur les objets une couche d'or aussi épaisse que l'on veut.

Le bain que l'on prépare est une dissolution de cyanure d'or dans du cyanure de potassium ; pour entretenir le degré de concentration du liquide, on y plonge des lames d'or que l'on fait communiquer avec le pôle positif (charbon) d'une pile, tandis que les pièces à dorer communiquent avec le pôle négatif (zinc).

Ces pièces ont dû subir d'abord plusieurs opérations suivant la nature du métal qui les compose : le bronze, le cuivre, l'argent, sont recuits et décapés; le fer et l'acier polis sont simplement lessivés et décapés.

Il ne faut pas confondre cette méthode avec la galvanoplastie ;voy. ce mot), qui a pour etïet de précipiter sur certains corps des couches métalliques continues, mais non adhérentes, afin de prendre des moules ou des empreintes de ces corps.

Tout ce que nous venons de dire au sujet de la dorure s'applique également à l'argenture sauf quelques modifications dans le détail des opérations.

Dorure sur rois. Les procédés que nous allons décrire sont employés, nonseulement pour le bois, mais aussi pour le plâtre, le carton-pàte, etc.

On distingue : Isi dorure à l'eau, dite à la détrempe, qui ne résiste pas à la pluie ni aux influences atmosphériques, s'applique à l'intérieur, pour l'ornementa- ; tion d'ouvrages de sculpture, de stuc, ' de bois, de carton-pierre, pour les ' cadres de glaces, de tableaux, etc.; la : dorure à l'huile, qui s'emploie, soit à

rintérieur, comme la dorure à l'eau, soit à l'extérieur, pour les dômes, les combles des palais et des églises, les statues, les grilles, les balcons, les rampes d'escaUer, etc.

1° Dorure en détrempe. Dans ce procédé, les opérations se faisant à la colle, il importe de se débarrasser tout d'abord de la présence des corps gras.

Dans ce but, on commence par lessiver l'objet avec de l'eau, dans laquelle on a fait bouillir de l'ail, de l'absinthe en herbe, en y ajoutant un dixième de colle de peau ; on laisse sécher et l'on donne un encollage ou blanc-clair composé de colle, d'un cinquième d'eau et de blanc écrasé et tamisé.

On laisse de nouveau sécher, puis il faut blanchir on apprêter de blanc, c'eslà dire donner au moins six couches très chaudes de blanc de Meudon à la colle.

Ce travail fini, on rebouche les trous avec un mastic dit gros blanc blanc et colle) et l'on passe une peau de chien de mer pour ôter les barbes du bois.

On procède alors aux opérations suivantes : Yadoucissage à la pierre ponce et au bois tendre ; — la réparure aux petits fers des parties sculptées ; — le dégraissage à l'éponge; — \e jaunissage à la colle, au moyen d'une brosse douce ; — Végrainage à la prêle ; — l'application des couches d'assiette, terre bolaire mélangée de sanguine et de mine de plomb ; — enfin, l'on frotte, avec un linge neuf et sec, les parties qui doivent rester mates, et Uon donne de nouveau deux couches de la même assiette sur les parties à brunir.

Ces opérations préliminaires terminées, l'ouvrage est bon à dorer ; on le mouille avec de l'eau pure et fraîche, et, après les avoir découpées sur le coussin du doreur, l'ouvrier applique les feuilles d'or avec un pinceau plat dit palette à j dorer, en ayant soin de faire passer I dessous une légère couche d'eau, et I quand la feuille est posée, il enlève I l'excédant d'eau avec un pinceau sec.

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