‹ Dictionnaire des termes employés dans la construction (volume 3)Chapitre 160 sur 232 · ÉQUARRISSEMENT · texte numérisé non relu

ÉQUARRISSEMENT

Équarrissement,5. m.— Maço»e-

lUE. L'une des mélhocles employées dans la coupe des pierres et qu'on appelle la taille par équarrissement (voy. Taille).

Chahpeme. Opération qui a pour objet de tirer du corps d'un arbre, en enlevant l'écorce et l'aubier, une pièce de bois prismatique rectangulaire , forme la plus aisée à obtenir et la plus propre aux travaux de construction.

\J équarrissement se fait à la cognée ou à la scie de long. Les bûcherons équarrisseurs ou doleurs emploient la première méthode, dans laquelle le bois enlevé est réduit en copeaux. Le second système, appliqué par les scieurs de long, est plus coûteux, mais cependant préférable, parce que le bois retiré est d'une seule pièce et forme des dosses qui peuvent être utilisées dans un grand nombre de circonstances et dont la valeur excède même souvent la différence du prix entre Y équarrissement à la cognée et Y équarrissement h la scie.

On n'équarrit pas de bois au-dessous de 0°',16 de diamètre.

Dans Y équarrissement des bois, on se propose toujours de tirer d'un arbre la plus grande quantité possible de bois équarri. Si l'on veut obtenir la plus grande dimension d'une poutre carrée à prendre dans un arbre court et de diamètres à peu près égaux à ses extrémités, on doit avoir égard à cette donnée fournie par l'expérience , que le côté de la section, dans la pièce obtenue, est égal à la circonférence de l'arbre divisée par 4,5. Ainsi, un tronc de l'",12 de tour produira une poutre maxima de 0'",25 de largeur. Il est donc facile de choisir les arbres capables de fournir une pièce d'un équarrissage déterminé et récipro(iuement de savoir (fuel équarrissage auront les pièces tirées d'un ai-l)i-e de grosseur connue.

\j équarrissement à la cognée se fait en plaçant les arbres sur des chantiers ou pièces de bois qui les élèvent de terre de 0",10 ou O^je environ. Ceux de forme elliptitiue se posent de ma-

— 368 — ^ EQUERRE.

nière que le plus grand axe de la section soit vertical.

La direction des faces à dresser se trace au cordeau, puis la pièce s'ébauche à la cognée et enfin se polit avec la doloire (voy. ce mot).

Le sciage de long se fait sur tréteaux (voy. Débit, Sciage).

Équarrissoir, s. m. — Instrument de fer ayant la forme d'un poinçon à

Fis:. 1509.

section polygonale (fig. Io09) et qui sert à agrandir des trous percés dans du métal.

Équerre, s. f. — Instrument de bois ou de métal qui sert à élever des perpendiculaires, à tracer et à vérifier des angles droits.

Les anciens employaient des équerres de deux formes différentes : l'une composée de deux règles se coupant à angle

Fiff. loli.

Fig. 1510.

droit (fig. lolO), l'autre formée d'une planchette sur l'un des côtés de laquelle est découpé un angle droit (fig. loli).

Aujourd'hui, les équerres varient de formes, suivant l'usage auquel ces instruments sont destinés.

Les équerres du tailleur de pierre cornprennent :

1" ISéquerre simple ou règle coudée en fer plat (fig. 1512), dont l'une des extrémités est taillée à 45'' et dont la branche verticale a de 0*,50 à 1 mètre de hauteur;

2° h' équerre mobile ou fausse équerre.

ÉQUERRE

représentée par la même

figure

et qui

ÉQUERRE

est formée de deux lames dont Tune, en bois ou en acier, rentre dans l'autre, qui est en Lois et porte de 0™,20 à 0'°,40 de longueur.

Les équerres dont nous allons donner maintenant la description sont employées pour le travail du bois.

1° Léquerre ordinaire ou à épaulement (fig. 1513) est ainsi nommée, parce que le corps en est plus épais que la lame. Cet outil sert à tracer, sur les faces des pièces de bois, des lignes perpendiculaires aux arêtes. A cet etïet,

Fig. 1313.

on pose la branche a c contre la face sur laquelle on veut tracer et Ton applique le côté intérieur du corps a d contre rareté à laquelle la ligne à tracer doit être perpendiculaire. Un tenon d, dont les joues sont dans les mêmes

plans que les faces de la branche a c, sert à supporter le corps de Véquerre quand il est appliqué contre la pièce de bois, sans qu'on soit obligé de le soute-

Fig. 1314.

nir avec la main ; cependant, il arrive souvent que le tenon ou repos est supprimé, comme le montre la figure J514.

La lame de cette équerre, qui est ici en bois de charme ou de cormier, peut encore être en acier, et quelquefois même Véquerre entière est en métal.

Tune de ses branches étant fixée dans

Fig. 1315.

une règle épaisse en bois qui forme le corps (fig. 1515). C'est ce que Ton appelle une équerre à lame d'acier continue.

2° L' équerre à écharpe (fig. 1516) a ses deux branches réunies et consolidées, en raison de leurs grandes dimensions, par une écharpe.

3° Véquerre mobile ou fausse équerre (fig. 1517) est composée de trois règles b, a, b, jointes d'un bout par un clou c, rivé sur deux rosettes novées dans le

ÉQUERRE. — 370

bois ; la règle du milieu a peut tourner

ÉQUERRE

Fig. 1516.

librement autour de ce clou comme axe ; les autres sont réunies et maintenues

fr2?\

parallèles au moyen d'une cale c; un tenon d, également mobile autour d'un clou rivé, sert d'appui lorsqu'il est ouvert, comme dans Yéquerre simple.

Cet instrument sert à mesurer des angles et à tracer, dans certains cas, les joints obliques et les fausses coupes.

Les deux règles, qui forment le corps

Fig. 1518.

de Yéquerre, sont souvent remplacées par un morceau de bois évidé (fig. lol8).

Quelquefois, la règle, au lieu d'être en bois, est en métal (fig. 1519), afin de

Fig. 1519.

présenter plus de résistance pour appuyer le tracer et (voy. ce mot).

4° Équerre double ou télégraphe (voy.

ce mot).

5° L'équerre à onglets, vue en deux projections (fig. 1520), est formée d'un corps b d f g et de deux ailerons d z y Q[ b a X îj. Ces deux ailerons sont disposés de façon à présenter deux angles droits a b d, xy z eiun angle obtus en d, de 135°, c'est-à-dire supplémentaire de l'angle de 45°. L'angle a b d sert à tracer, sur la face d'une pièce de bois, une perpendiculaire à l'arête contre laquelle on appuie l'épaulement; l'angle

di'oil X y z permet de vérifier si deux plans ou deux faces d'une pièce de bois formant une arête saillante sont perpendiculaires l'un à l'autre. L'angle obtus a pour objet de donner une ligne qui fasse un angle de 45° avec l'are le contre laquelle on appuie l'épaulement.

Par sa position, l'angle x y z peut encore fournir, suivant x y, une ligne à 60° et suivant y z une ligne à 30°.

ÉQUERRE

Les ailerons de cette équerve peuvent

ÉQUERRE

FJg. 1521.

être en acier (lig. lo21) et Yéquerre est dite alors à lame (Tacier continue.

6° Les charpentiers emploient aussi

Fig. 1522.

une équerve en fer de 2 ou 3 millimètres d'épaisseur (Tig. lo22).

7° Une équerre mobile utilisée dans cerlains travaux est représentée par la figure lo23. Cet outil est à double épau-

Fig. 1523.

lement, dont l'un est mobile et peut être serré contre l'autre au moyen d'une vis.

8° Pour mesurer Téquarrissage des pièces de bois , les charpentiers emploient une équerre formée d'une règle graduée qui se termine, à l'une de ses extrémités, par une armature en fer

coudée, telle que la représente la figure

fe-

i f^^T^^^^né-i^ifi tj f:t UrgEJTèrrn

Fig. 1524.

Les équerres à dessin, que l'on emploie pour tracer des angles droits sur le papier, sont des plaques minces de métal ou de bois de poirier bien sec, auxquelles on donne la forme d'un triangle rectangle dont les trois côtés

Fig. 1525.

sont parfaitement dressés et à vives arêtes; ces équerres sont ordinairement percées d'un trou qui permet de les faire glisser sur le papier. On distingue (fig. 1525) : Yéquerre à 45° a et Yéquerre scalène h, dont les angles complémentaires ont souvent 60° et 30°.

Les charpentiers se servent quelquefois de ce genre d'équerres pour tracer des détails d'assemblages compliqués; elles ont alors au moins 8 millimètres d'épaisseur.

Serrurerie. 1° Pièce de tôle coudée à angle droit, qui sert à consolider les assemblages des montants avec les traverses dans les croisées, les châssis et les portes.

ÉQUERRE

On distingue : Véquerre simple que l'on renforce ordinairement par un congé (fig. 1526) ; Véquerre double,

— 372 — ÉQUERRE

pondent à deux diamètres de la base perpendiculaires entre eux. Cliacune de ces fentes s'élargit sur la moitié de la hauteur, de manière à former une petite fenêtre dans Taxe de laquelle est tendu un fil de crin ; mais la disposition des fenêtres est inverse à l'extrémité du même diamètre, comme on le voit en xV et en B. Si Ton vise par la fente A, la ligne de visée est déterminée par cette

Fig. 1526.

bande de fer de la longueur d'une traverse de croisée et pourvue de deux petites branches, formant retour (lig.

Fig. 1527.

1527) ; Véquerre à té ayant la forme d'un T.

2° Ferrure à équerre : ferrure telle que paumelle, pivot, etc., à laquelle on a donné la forme d'une équerre, au moyen d'une deuxième branche soudée.

3° Équerre de chéneau : fer plat à deux branches qui sert à fixer les socles ou planches composant un chéneau.

4° Pièce coudée placée à l'intérieur d'une serrure et qui à l'aide de la clef fait ouvrir le pêne demi-tour (voy. Serrure).

Équerre d'arpenteur : instrument qui sert à tracer des perpendiculaires sur le terrain, soit pour le levé de ce terrain, soit pour rétablissement d'une construction.

L'équerre d'arpenteur (fig. 1528) se compose principalement d'une boîte cylindrique de 0'",08 àO'",10 de hauteur sur 0™,0o à 0°\06 de diamètre, percée de quatre fentes verticales qui corres-

Fig. 1528.

fente et par le fil qui traverse la fenêtre B ; l'inverse a Heu si l'on vise par la fente placée en dessous de la fenêtre B. Indépendamment de ces quatre fentes principales, il en existe quatre autres placées également aux extrémités de diamètres rectangulaires, dont les directions font avec celles des fentes principales des angles de 45° ; ces ouvertures secondaires n'ont point de fenêtres ; mais elles sont pourvues haut et bas de trous circulaires qui servent d'œilletons.

Au moyen de cet instrument, on peut élever, en un point 0 (fig. 1529), une

ÉQUINEÏTE.

perpendiculaire à une droite déterminée par deux signaux A et B.

Fi g. lo29.

Supposons Véquerre plantée au point 0, par l'extrémité inférieure de son bâton. On fait tourner la boîte de façon que la ligne CD, ou ligne de deux fentes opposées, coïncide avec la direction AB ; ensuite on regarde par les fentes F, G et Ton plante des jalons M, N qui déterminent la perpendiculaire à tracer sur le terrain.

Pour abaisser une perpendiculaire d'un point M sur la ligne AB, on place Véquerre au point présumé 0 du pied de la perpendiculaire ; on fait coïncider la ligne des fentes CD avec AB, puis on déplace Véquerre à droite ou à gauche jusqu'à ce qu'en regardant par la fente F on aperçoive le jalon M.

Souvent, la boîte n'a pas la forme d'un cylindre, mais celle d'un prisme régulier à base octogonale ; les fenêtres sont alors pratiquées au milieu de chaque face.

Équier. 5. m. — Anneau de fer dans lequel passent les sommiers à chaque extrémité de la scie du scieur de long (voy. Scie).

Éqiiilil)re des voûtes, sée des voûtes.

Vov. Pous-

Éqiiinette, s. f. — Partie horizontale du fer qui sert de support aux girouettes.

373 — ÉBABLE.

Équipage, s. w. — Ensemble de tous les engins, outils, tels que chèvres, chariots, camions, échelles, échasses, planches, cordages, etc., servant à la construction d'un édifice et au transport des matériaux.

Équipe, .s-, f. — Réunion d'un certain nombre d'ouvriers attachés à. un travail spécial ; on dit : une équipe de maçons, de bardeurs, de tailleurs de pierre, etc. ..

Erable, s. m. — Bois qui provient d'un arbre de première grandeur, dont il existe plusieurs variétés.

En Europe, on distingue :

1° L'érable commun, dont le bois, serré, est de couleur gris-blanc: on l'appelle aussi érable blanc, faux platane ou faux sycomore. Cette essence fournit un bois dont la couleur tire sur le gris, qui est ferme, se travaille facilement et prend un beau poli ; il sert à l'ébénisterie et à la tabletterie ;

2° L'érable sycomore, ou érable de montagne, gris de couleur, mais à libres ondulées. Cette variété est la plus propre aux constructions : son bois, que l'on range dans la deuxième classe des bois durs, est un peu jaune et souvent brun, surtout vers le cœur ; le grain en est fin, quelquefois marbré, susceptible d'un beau poli. Il se travaille facilement, soit à la varlope, soit au tour, ne se déjette point, et ne se laisse pas attaquer par les vers. Son poids spécifique est de 0,755.

Le bois d'érable est recherché des luthiers, des ébénistes, des menuisiers, des sculpteurs et des tourneurs. Les racines et les souches servent à l'ébénisterie et à la tabletterie ; on l'emploie pour les constructions à l'eau et à l'air. Comme arbre d'ornement, il se place en avenues, en massifs et en quinconces ;

3° L'érable de Norvège, qui ne se distingue guère du sycomore ;

4° L'érable de Montpellier, peu connu dans le commerce ;

ÉRAUDIÈRE.

ESCALIER

5° Vérable de Suisse, très recherché à cause de ses ondulations, de ses veines immenses et de la multitude de petits nœuds qu'il contient.

En Amérique, on trouve un assez gi'and nomhre d'espèces :

1° L'érable à sucre, dont le bois est blanc-gris, à fibres fines, serrées, soyeuses et lustrées. Nouvellement travaillé et poli, ce bois présente un aspect miroitant et argenté, qui se transforme, avec le temps, en une couleur rosée ou jaunâtre, sans cependant perdre son brillant. Ses fibres sont, d'ordinaire, en zigzags et, quand on le fend, les seclions offrent des surfaces ondulées. Les ébénistes lui donnent le nom (Y érable gris ondulé ;

2° L'érable à feuille de frêne, dont le bois est blanc et dur, quoique léger;

S** L'érable noir, dont le grain est moins fin que celui du précédent et qui ne se polit pas aussi bien ;

4° L'érable rouge ou érable de Virginie, peu recherché en ébénisterie, à cause de son tissu lâche et de sa facilité à se corrompre ;

5° L'érable de Pensylvanie ou érable strié, qui semble de l'espèce fournissant le bois gris ondulé.

Les loupes de ces bois sont très estimées ; celles de Vérable d'Amérique se distinguent en deux variétés :

La loupe argentée ou loupe blanche et la loupe de couleurs variées.

Toutes ces diverses sortes cVérable ne sont pas seulement employées dans l'ébénisterie ; on les imite aussi dans la peinture décorative. La palette comprend les couleurs suivantes : terre de Sienne naturelle, terre de Sienne brûlée, terre de Cassel, noir d'ivoire.

Éraudièrc [Pierre de V). — Calcaire crayeux, tendre, qui provient de la carrière de ÏÉraudière, commune de Saint-Savinien, arrondissement de Saint- Jean-d'Angély.

Cette pierre porte 0°',50 de hauteur 4'assise, et pèse 1,820 kilogr. le mètre

cube. La charge nécessaire pour produire l'écrasement est de 70 kilogr. par centimètre carré.

Ergastiilum. — Prison d'esclaves chez les Romains.

L'ergastulum était un endroit souterrain ne recevant de jour ou plutôt d'air que par d'étroites fenêtres, assez élevées pour que les prisonniers ne pussent les atteindre avec la main.

Éridelle, s. f. — Voy. Héridelle.

Ermitage, s. m. — Dans les premiers siècles de l'Église, les chrétiens durent chercher un abri contre les persécutions ; un grand nombre d'entre eux, poussés par ce désir et par leur enthousiasme religieux, se réfugièrent dans les lieux déserts.

Les premières habitations qu'ils choisirent pour ermitages furent des grottes ou cavernes, plus ou moins profondes, isolées ou groupées en petit nombre.

Les monastères doivent leur origine à cette coutume, adoptée par les ermites, de choisir, pour demeure, des cavernes rapprochées les unes des autres, de façon à ce qu'ils pussent se prêter un mutuel secours (voy. Abbaye, Monastère).

Escablon, s. m. — Piédestal qui supporte un vase, une statue, etc., dans les galeries et les cabinets.

Escalier , s. m. — Ouvrage de construction qui sert à faire communiquer entre eux les ditïérents étages d'un même bâtiment.

Les escaliers peuvent être établis en pierre, en bois ou en métal ; mais, quelle que soit la nature des matériaux qui les composent, certaines dénominations et divers principes généraux s'appliquent indistinctement à tous ces ouvrages.

Un escalier est une suite de marches ou degrés placés les uns au-dessus des

ESCALIER

ESCALIER

aulres en encorbellement et renfermés, en général, dans un espace que Ton nomme la cage.

La longueur d'une marche est Yemmarchement ; sa largeur, mesurée au milieu de la longueur, est le giron.

La face horizontale de la marche est la marche proprement dite et sa face verticale, la contremarche.

Phis le giron est étendu, moins la marche doit être élevée ; ainsi, pour O'^jS^ de largeur de marche on donne environ O'^.U de hauteur ; mais on adopte plus ordinairement 0™, 25 ouO"", 30 de giron et 0'°,i6 d'élévation ; en tout cas. la première de ces deux dimensions ne doit varier qu'entre 0°'.2o et 0°',40, la seconde entre O'",!! et O^'/IO.

Toutes les marches d'un escalier doivent avoir la même hauteur.

Les paliers sont des girons plus étendus que ceux des marches ; ils servent de repos, soit entre les niveaux des étages, soit à l'entrée des logements de ces étages. On place des paliers aux angles, c'est-à-dire à chaque révolution ^'escalier.

On nomme rampe ou volée une suite non interrompue de marches comprises entre deux paliers. Ceux-ci ne doivent pas avoir moins de 0'°,80 et le nombre des marches, qui généralement est impair, ne doit pas être inférieur à 3, ni supérieur à 21 .

On distingue d'abord les escaliers à rampe droite, qui ont leurs marches parallèles. On ne les emploie que si l'es-

pace le permet et l'on met souvent un palier h la moitié de la hauteur (fig. 1530.)

3Iais ce genre cVescalier ne s'emploie que dans les dépendances ou les bâtiments peu importants ; on en fait sou-

Mki

Fig. 1531.

vent usage h l'extérieur, afin d'économiser l'espace intérieur, comme le montre la figure 1531.

V escalier peut se composer de rampes droites, mais contraires, c'est-à-dire dirigées en sens inverse et séparées' par des paliers.

Les palais, les hôtels et les habitations importantes de ville et de campagne possèdent de ces escaliers h rampes droites parallèles, formant entre elles des angles droits, et séparées par des paliers carrés ; nous donnons en plan(fig.lo32), à l'échelle de 0^,01 pour mètre, un escalier de cette nature appartenant à une maison de la rue du Coq Saint-Jean, à Paris.

On appelle jour d'un escalier la partie laissée vide entre les rampes, qui permet de voir depuis le haut jusqu'en bas.

Les paliers correspondant à chaque étage d'un bâtiment prennent le nom de cet étage ; le premier et le dernier sont aussi nommés paliers de départ et

ESCALIER

ESCALIER

d'arrivée ; ceux qui sont inlermédiaires sont les paliers de repos.

Fig. 1532.

La première marche est appelée marche de départ; la dernière, marche d'arrivée; celle qui correspond à la hauteur d'un palier reçoit le nom de marche palier e ; la première marche d'un étage intermédiaire, placée immédiatement au-dessus du sol d'un palier est la marche de remontoir.

Fig. 1333.

Pans les escaliers à deux rampes

contraires et à marches tournantes, les degrés tournent aux angles en se continuant et remplacent le palier, ainsi qu'on le voit sur le plan représenté par la figure 1533.

Dans tous les escaliers à marches tournantes, la largeur du giron se mesure sur une courbe tracée parallèlement à la projection horizontale de la rampe, à une distance de 0°',50 de cette rampe ; on la nomme la ligne de foulée, parce que c'est la projection de celle que l'on parcourt en montant et en descendant lorsque l'on s'appuie sur la rampe.

Les escaliers tournants ont les arêtes saillantes de leurs marches perpendiculaires à la courbe que forme la rampe ou, ce qui revient au même, à la ligne de foulée. Mais, lorsqu'un escalier présente, comme dans un grand nombre d'habitations privées , deux parties droites réunies par une partie demicirculaire, la largeur des marches du côté de la rampe se trouve tout à coup diminuée, en passant de la partie droite à la partie courbe, et l'inclinaison change brusquement, ce qui peut être dangereux ou incommode. On évite cet inconvénient en répartissant la diminution d'une manière progressive sur un plus grand nombre de marches, ce qui constitue l'opération appelée balancement (voy. ce mot).

Dans les escaliers à rampe droite, on compte :

1« Les escaliers à jour ;

2° Les escaliers à quartiers tournants simples ou doubles, où les rencontres des limons de chaque rampe sont curvilignes ou circulaires ;

3° Les escaliers en biais, ou ceux qui n'ont point d'ouverture , comme le montre la figure 1533.

Parmi les escaliers h rampe circulaire, on distingue :

1*^ Les escaliers ronds, dont les marches portent, d'un bout, sur le mur de la cage et de l'autre sur un noyau central; la cage peut être pleine ou évidée;

ESCALIER

nous donnons, par exemple (fig. 1534), à réchelle deO°»,01o pour mètre, le plan de Vescalier des gardes au Palais de

— 377 — ESCALIER

généralement adoptées pour les esca-

Fi- 1534

justice ^"de Paris; les marches portent de trois en trois sur des colonnettes qui forment, dans la partie basse de cet escalier, une cage ajourée;

Fig. 1533.

2° Les escaliers ronds suspendus qui laissent un jour au centre (fig. lo3o};

3° Les escaliers en fer à cheval, dont la rampe est un peu plus que demicn-culaire [Cig. 1536;.

Après avoir passé en revue les formes

Fig. 1536.

Hers, examinons le mode de construction de ces ouvrages, suivant la nature des matériaux avec lesquels on les exécute.

Escaliers en pierre. La disposition la plus simple est celle qui consiste dans rétablissement de marches formées d une seule pierre et scellées, par leurs

extrémités, dans deux murs parallèles,

ESCALIER

ESCALIER

les marches successives se recouvrant les unes les autres d'une certaine quantité. Mais, lorsque l'écartement des murs est considérable, il devient difficile de se procurer des pierres de longueur suffisante et, de plus, il pourrait se faire que ces blocs se rompissent sous les charges auxquelles on les soumettrait. On les fait donc quelquefois de plusieurs morceaux, en les soutenant par de petits murs, comme dans les perrons de peu de hauteur. Cependant, ce système serait très dispendieux, appliqué à des escaliers d'une grande élévation ; en outre, il empêche de tirer parti de l'espace placé au-dessous ; aussi, dans ce cas, soutient-on les marches au moyen d'une voûte rampante en berceau que l'on nomme descente et dont les génératrices sont parallèles à la ttgtie de plus grande pente de V escalier (lig. 1537).

C'est suivant Tun ou l'autre de ces deux systèmes que sont construits les escaliers des édifices de l'antiquité.

Les architectes du moyen âge établissaient souvent les escaliers extérieurs sur une série d'arcs séparés par des

plus grande pente (fig. 1S38). Quelquefois même, ils posaient ces escaliers découverts, en encorbellement, les marches étant encastrées dans la muraille.

Les constructions militaires offraient de nombreux exemples de ces deux dispositions.

Quand le plan de Y escalier, au lieu d'être rectangulaire, est curviligne, le berceau rampant qui supporte les marches devient une voûte annulaire en descente ou vis Saint-Gilles (voy. ce mot).

Lorsque l'espace où l'on doit établir Yescalier est très restreint, on a recours à la disposition dite en limaçon, où les marches sont supportées, d'un côté, par le mur d'une cage cyUndrique et, de l'autre, par un noyau placé dans l'axe du cylindre. Ces escaliers, que l'on désigne encore sous le nom de vis à noyau plein, sont ceux qui occupent le moins de place ; ils sont très usités dans les tours de clochers, et dans certains phares, etc.

Il peut arriver que les marches d'un escalier ne soient engagées dans le mur que par une seule extrémité, qu'elles ne soient supportées par aucune construction étrangère et que le dessous présente une surface continue ; on dit, dans ce cas, que Yescalier est suspendu.

Souvent, les extrémités des marches opposées au mur formant la cage de Yescalier, sont engagées dans un petit mur, suspendu lui-même, qui réunit les degrés entre eux et qu'on nomme limon.

Les marches consécutives sont réunies par un joint normal à la surface inférieure de Yescalier, et celle surface est appelée intrados, par analogie avec les voûtes.

Fig. 1539.

Uescalier peut être droit et l'intrados

ESCALIER

ESCALIER

est alors un plan incliné ; les joints sont

perpendiculaires à ce plan (fig. lo39;i. Si l'escalier est tournant, l'intrados

devient une surface gauche et Ten-

semble prend le nom de vis à jour (voy.

ce mot).

Dans ce genre cVescaliers, les marches se supportent les unes les autres ; mais il est essentiel, pour la solidité de la construction, cju'elles soient scellées dans le mur d'au moins O'^jâO de longueur; de plus, la coupe ne doit pas avoir moins du tiers de la hauteur de la marche et plus des deux tiers.

Les escaliers à limon peuvent avoir leurs marches disposées de deux manières différentes : tantôt elles reposent, par leurs extrémités, dans des entailles pratiquées sur la face inférieure de ce mur suspendu ; tantôt chacune d'ehes porte la partie du limon qui lui correspond.

Nous avons vu que les grands escaliers construits dans le palais et les hôtels pendant les deux derniers siècles, sont, pour la plupart, établis sur plan rectangulaire, avec rampes droites et pahers aux angles, présentant ainsi un caractère monumental. Dans ces escaliers, les marches sont appuyées sur des portions de voûtes en berceau ou sur des voussures reposant sur les murs qui forment la cage de l'escalier; les deux premières rampes sont, en général, supportées par un mur (ïé chiffre et la troisième, ainsi que le paher supérieur, régnant dans toute la largeur de la cage, sont soutenus par des voûtes apparentes.

Dans les escaliers en pierre des édifices ou habitations de cjnelque importance, les arêtes saillantes des marches sont remplacées par des moulures arrondies (voy. Marche) ; si les escaliers sont suspendus, sans limon, ces moulures se retournent ordinairement sur les têtes des marches (fig. '1540).

Escaliers en bois. La disposition générale, les proportions des marches pour les escaliers en bois sont les mêmes que

pour les escaliers en pierre ; le mode de construction seul diffère.

Fig. loiO.

Les escaliers en charpente se composent en général :/P d'un limon rampant analogue au limon des escaliers en pierre et qui soutient les marches du côté du vide; S*» de marches composées ordinairement de deux pièces de bois, l'une horizontale, qui est la marche proprement dite, l'autre verticale, la contremarche ; ces deux pièces s'assemblent entre elles à rainure et languette ; elles sont scellées, par une de leurs extrémités, dans la cage formant

Fig. 1541.

le mur et, par l'autre, encastrées dans le limon. Au-dessous, on plafonne sur lattes clouées contre l'arête inférieure des marches ou mieux, on dispose des traverses a horizontales, vues par bouts sur la figure io41, et qui reçoivent le lattis destiné à porter le plâtre formant le plafond ; ces traverses sont indépendantes des marches, afin que les oscillations' de celles-ci ne détruisent pas l'enduit.

Les marches peuvent être pleines et

ESCALIER

prises dans un seul morceau de bois; elles se recouvrent alors d'une petite quantité et sont profdées sur le devant

380 — ESCALIER

lie au-dessus des marches et au-dessous

Fi g. 1542.

et délardées à leur partie inférieure, comme le montre la figure 1542.

Quelquefois, les marches pleines sont posées à recouvrement et en coupe, comme les marches en pierre ; la figure 1539 montre la disposition des joints.

Dans les anciennes constructions, les marches des escaliers étaient massives et encastrées de 0^,03 dans des entailles pratiquées sur la face intérieure du limon. Celui-ci était soutenu, à chaque changement de direction, par un poteau ou noyau montant de fond, dans lequel il s'assemblait. Si l'emplacement était suffisant, les rampes étaient droites et séparées par des paliers ; dans le cas contraire, les marches étaient tournantes et assemblées par leur collet dans les noyaux. Les rampes étaient formées de balustrades en bois. La figure 1543 représente un escalier de ce genre dont nous avons déjà donné le plan (fig. 1533). Cet ouvrage de charpente, très remarquable par sa décoration, se trouve au musée de Cluny, à Paris, et provient de fancienne Cour des comptes.

Les escaliers modernes sont à jour ; les noyaux pleins montant de fond sont supprimés ; le limon est droit ou courbe et composé de pièces reliées entre elles par des boulons ou par des plates-bandes en fer (voy. Limon) ; en outre, il fait sail-

Fig. 1543.

du plafond , comme on le voit sur la figure 1542.

La première marche de Vescalier est souvent en pierre, en raison de rhunii-

ESCALIER

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dite produite par le dallage du rez-deciiaussée ; son extrémité est habituellement ciiTulaire ; c'est cette marche qui supporte le limon , s'assemblant dans une pièce horizontale appelée patin.

La partie inférieure du limon se termine par une volute au centre de laquelle on fixe le premier balustre de la rampe.

Les marches palières sont scellées par leurs extrémités dans le mur et présentent un point d'appui au limon. Ce dernier s'arrondit dans les angles et est consolidé, de distance en distance, par des boulons de grande dimension, scellés dans le mur, à Tune de leurs extrémités.

On fait également des escaliers qu'on nomme escaliers à l'anglaise, dans lesquels le limon est supprimé ; mais alors les marches consécutives sont reliées entre elles par des pièces de fer ou bou-

Fig. 1544.

Ions appelés clefs qui les traversent deux k deux et sont serrés par dessous au moyen de chevilles [Wg. io44). Il y a même parfois plusieurs cours de boulons.

Il existe encore une autre disposition dans laquelle on conserve le limon, mais entaillé en crémaillère, au droit de chacune des marches qui peuvent être pleines ou évidées (voy. Limon). Ces marches ne sont plus encastrées sur le limon, mais reposent sur cette pièce, à laquelle elles sont lîxées par de fortes vis ou par des équerres placées en dessous. La partie verticale de la crémaillère est coupée ta onglet pour recevoir l'onglet de la contremarche. Ce genre d'escalier se nomme demi-anglais. La

Fiff. lo4c

rampe, au lieu d'être posée sur la face

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supérieure du limon, est fixée en dehors.

Nous avons vu que les marches û\m escalier s'appuient d'un côté sur le mur de la cage et de l'autre restent apparentes ou reposent sur une pièce de bois droite ou courbe ; mais il peut arriver qu'on ne veuille pas entamer les parois de la cage, par exemple, si elle est en pan de bois, ou bien au droit d'une baie ; on pose alors contre le mur une pièce de charpente inclinée qui est découpée pour recevoir le bout des marches , et qu'on appelle fauxlimon.

Il peut môme arriver que la cage soit supprimée complètement, comme dans les escaliers en limaçon ou à vis fréquemment employés dans les magasins ; on maintient alors ces marches à l'aide

» :;^.^^Miiii^i^i^

Fi^. 1546.

de deux limons, l'un exiérieur qui rem-

place la cage, l'autre intérieur qui tient lieu de noyau.

La figure 1545 représente un escalier de ce genre, dont les marches tournent en limaçon autour d'un jour ouvert, déterminé par une circonférence de cercle.

Ces escaliers ont l'avantage d'occuper peu de place et d'être facilement déplacés; mais ils ne peuvent supporter de grandes charges et ont besoin d'être fixés solidement, par leur partie supérieure, à l'étage qu'ils desservent.

On fait également des escaliers à vis destinés aux mêmes usages, avec des noyaux pleins. Nous en donnons (lig.

1546) un exemple dans lequel la projection des marclies forme un carré.

La figure 1547, au contraire, montre un escalier en limaçon et à noyau plein, établi sur plan circulaire ; le limon est composé de pièces ayant toutes les mêmes dimensions, la même pente et la même courbure.

La stabihté de ces sortes à'escaliers est assurée par des barres boulonnées passant au-dessous des marches et reliant, soit les deux limons dans le premier exemple, soit les limons aux colonnes pleines dans les deux derniers.

En outre, deux pièces consécutives d'un même limon sont fortement boulonnées entre elles suivant des directions obliques à la fois à chacune de ces pièces.

On a donné le nom d^ échelles de meunier à des escaliers droits que l'on établit dans certaines dépendances, telles que greniers à fourrages, écuries, etc.

(voy. Échelle).

Escaliers en bois et fer. On fait des escaliers dans lesciuels les limons à crémaillère sont exécutés en fer, ce qui donne à la construction plus de légèreté apparente et plus de solidité. Mais on en fait également avec les marches seules en bois, les contremarches et le limon étant métalliques.

Ces nouveaux escaliers offrent sur les anciens de grands avantages ; en effet, les limons en bois se composent d'une

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série de pièces de bois qui se transmet-

Fig. 1547.

tent les charges auxquelles elles sont soumises ; TassemLlage de ces pièces exige une grande perfection de maind'œuvre et des armatures soigneusement exécutées, en raison de la dessiccation des bois et du grand nombre de joints ; ces différentes causes amènent souvent une sorte d'affaissement du limon et, comme conséquence, une certaine pente des marches du côté du jour de Y escalier.

De plus, il est rare de trouver des bois parfaitement secs, et les dimensions considérables qu'exige le débillardement des quartiers tournants rendent l'exécution difficile et coûteuse.

En outre , les contremarches des escaliers en bois ne jouent qu'un rôle passif, celui de remplissage, tandis que dans les escaliers en fer, elles fonctionnent comme des bras de levier ayant en longueur la largeur de VescaUer, une hauteur moyenne de 0^,12 et une épaisseur de 0°',004 ta O^^.OOG, pour un escalier de 0™,80 k 1°^,20. Les limons en fer, étant des tôles découpées en crémaillère, peuvent s'établir en pièces de grandes dimensions, ce qui diminue le nombre des joints, et prennent facilement à froid la forme cintrée qu'on veut leur donner aux changements de direction.

La figure lo48 représente en coupe la disposition d'un escalier avec limon et contremarches en fer, et marches en bois ; ces dernières ont 0°',0o d'épaisseur et reçoivent dans une rainure les contremarches en tôle avec lesquelles

Fig. 1348.

elles sont reliées au moyen d'équerres en fer fixées par des vis et des rivets. Des crochets rivés aussi à la partie inférieure des contremarches et vissés sur le dos des marches supportent des fantons qui maintiennent le hourdis et le plafond en plâtre.

La figure 1549 montre en perspective les détails de ces pièces : on voit en A la contremarche, avec les équerres qui la relient à la marche, les pattes à crochets et réquerre verticale qui la fixe au limon ; en R, le limon, en tôle découpée à crémaillère, avec les trous des boulons d'assemblage et des pitons de la rampe ; ce limon a une épaisseur de

ESCALIER

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0°^,005 à 0°^,007. A chaque palier, le

Fig. 1549.

limon reporte une partie de la charge sur le filet qui double la marche palière, ainsi que le montre la figure 1548.

Nous donnons en coupe (fîg. 1550) la disposition qui est adoptée dans le cas où les marches sont en marbre : les con-

tremarches sont coudées et reliées par des entretoises à des cornières auxquelles sont fixées les pattes à crochet supportant le hourdis.

Si Ton veut se rendre compte de la charge que peut supporter un escalier de ce genre, avec marches en bois, on peut considérer les contremarches , scellées de O"^,!^ dans le mur, comme

des poutres encastrées. Le poids mort uniformément réparti sur chacune de ces pièces est de 70 kilogr. par mètre courant ; la charge de sécurité, déduite des formules de résistance des matériaux, sera de 170 kilogr. Mais le limon soutenant les contremarches à Tune de leurs extrémités , on peut regarder celles-ci comme des pièces reposant sur deux points d'appui ; en supposant leur longueur égale à 1 mètre, la charge de sécurité à laquelle on peut les soumettre est alors de 960 kilogr., et chaque marche ayant une largeur de 0°',30, Vescalier pourra résister à 3,200 kilogr. par mètre carré. Or, la plus grande charge accidentelle sur chaque marche, celle de 3 personnes, est de 210 kilogr., chiffre bien inférieur aux évaluations présentées plus haut.

Ces escaliers offrent encore cet avantage que leur prix, calculé par marche, n'est que de quelques centimes supérieur à celui des escaliers en bois.

Nous avons décrit à Tarticle contremarche (voy. ce mot) un autre système d'escaliers en bois et fer, dans lequel les marches seules sont également en bois.

Escaliers en fer. Dans ces ouvrages, il n'entre plus que des pièces métalliques, en fonte ou en fer laminé.

L'une des principales dispositions adoptées comme escaliers en fonte est celle où les marches, fondues d'une seule pièce, sont scellées d'un bout dans le mur

Fig. 1531.

et se soutiennentréciproquement, sans le secours d'un limon (fig. 1551). Les faces en contact sont réunies par des vis ou

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(les lioulons. L'épaisseur de la fonte est de O'°,01o et la surface liorizonlale des marches est striée.

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Dans un autre système (fig. Ioo2}, la marche, fondue également d'une seule pièce, est comprise entre deux hmons en fer laminé et repose sur des cornières fixées à ces limons par des vis. Chacune

bou-

des contremarches se coude et se lonne sur la marche mférieure. Si Vescalier est adossé à un mur,' le limon extérieur est relié à la maçonnerie par (les boulons à scellement.

Dans les escaliers circulaires, avec noyau montant de fond, on emploie fré(iuemment le système suivant :

La marche est fondue avec sa contremarche et la partie du noyau qui répond à sa hauteur, comme on le voit en A (fig. 1553). Le novau R est creux et

'mm

1 ii^^

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Fig. 15o3.

formé de lron(^ons cjui s'emboîtent les uns dans les autres. Un boulon fixé l'eunit la marche à la contremarche

supérieure. Les têtes des marches sont à jour pour diminuer le poids ; quelquefois même, les contremarches sont évidées. Les barreaux de la rampe sont fixés à de petits appendices qui sont ajoutés à la marche ou fondus avec elle. Des escaliers en fer se placent dans les phares, dans les flèches en fonte, sur les coupoles , aux extrémités d(3 passerelles en métal, etc.

Historique. Les escaliers que les Romains établissaient dans les édifices publics, si l'on en excepte ceux des théâtres et des amphithéâtres, étaient étroits et peu nombreux. C'étaient, en général, des escaliers tournants, à vis ; on trouve cependant des escaliers L rampes droites, notamment aux thermes de Dioctétien.

Il n'était réservé que fort peu de place aux escaliers dans l'intérieur des maisons. Dans la description qu'il fait des demeures particulières, Vitruve ne fait pas mention des escaliers ni de Tcmplac(?ment où ils étaient situés.

Les escaliers qui conduisaient aux étages supérieurs des petites habitations romaines, étages qu'on mettait en location, avaient souvent leur issue dans la rue même et étaient fermés par une porte particulière; il semblerait donc qu'il n'y avait pas de communication entre l'étage inférieur et l'étage supérieur; il fallait, pour accéder à ce dernier, monter par Vescalier donnant sur la rue, et qui cependant ne paraît pas avoir été appliqué hors-d'œuvre, mais enclavé sans doute dans les murs principaux.

Toutefois, cette disposition n'a dii être en usage que dans les temps reculés et dans les habitations modestes ; il est naturel de penser qu'il y avait aussi des maisons où les escaliers avaient leur issue à l'intérieur. On a découvert, à Pompéi, des escaliers d'une partie d'un étage de l'habitation à l'autre. Ces escaliers sont étroits et incommodes; les marches en sont très élevées.

Les dispositions monumentales étaient,

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à cette époque, réservées pour les degrés à ciel ouvert.

Dans les tliéàtres, les thermes, les amphithéâtres, les escaliers étaient ordinairement disposés ainsi : on y voyait (fig. 1554) deux rampes droites séparées par un mur de refend, la première arrivant à un palier d'entresol, la seconde

à un palier de premier étage et ainsi de suite. Les marches étaient portées sur des voûtes rampantes lorsqu'elles étaient larges ; elles étaient encastrées des deux bouts dans les murs si, au contraire, les degrés étaient étroits.

Au moyen âge, on donnait aux escaliers diverses dispositions. Les escaliers extérieurs sont très nombreux dans les édifices de cette époque; ils offraient l'avantage de ne gêner en rien les dispositions intérieures et ne coupaient pas les bâtiments du haut en bas, en interceptant ainsi les communications principales.

On accédait à la plupart des grandes salles des châteaux, situées au premier étage, soit par de larges perrons, soit par des rampes droites couvertes, accolées ou perpendiculaires à ces salles.

Les couvertures de ces rampes étaient en bois ou voûtées.

Pour monter sur les chemins de ronde des fortilications , on étabhssait des rampes droites le long des courtines.

Dans les intérieurs, les escaliers à vis, employés déjà par les Romains, étaient d'un usage général au moyen âge. Ils présentaient plusieurs avantages importants :

« 1° Ils pouvaient, dit Viollcl Le Duc, être englobés dans les constructions ou

n'y tenir que par un faible segment ; ^^ ils prenaient peu de place ; 3° ils permettaient d'ouvrir des portes sur tous les points de leur circonférence et à toutes les hauteurs ; 4° ils s'éclairaient aisément ; 5° ils étaient d'une construction simple et facile à exécuter ; 6° ils devenaient doux ou rapides à volonté; 7° pour les châteaux, les tours, ils étaient barricadés en un moment ; 8" ils montaient de fond à des hauteurs considérables , sans nuire à la solidité des constructions voisines ; 9'' ils étaient facilement réparables. »

Les plus anciens escaliers à vis du moyen âge sont composés d'une cage en maçonnerie construite en tour ronde, d'un noyau plein et d'un berceau en spirale i-eposant , d'une part, sur le noyau, de l'autre, sur le parement intérieur de la cage , et supportant les marches.

Au commencement du xni® siècle, on supprima les voûtes rampantes , on lit porter à chaque marche un morceau de noyau et on les encastra par un bout dans la cage (voy. Vis).

Dans les palais, ces escaliers à vis furent bientôt construits sur de grandes dimensions et devinrent même l'objet de combinaisons savantes. C'est ainsi (|ue tantôt ils étaient à double révolution, de sorte que l'on pouvait descendre par l'une et remonter par l'autre sans se rencontrer et même sans se ^ oir ; tantôt deux vis s'élevaient l'une dans l'autre, l'une étant placée dans une cage intérieure, l'autre dans une cage extérieure.

Enfin, on ne saurait décrire toutes les merveilles accomplies dans la disposition des escaliers au moyen âge et particulièrement au commencement de la Renaissance, époque à laquelle on s'elTorçait, dans les résidences seigneuriales, dans les hôtels et même dans les abbayes, d'élever les vis les plus belles et les plus surprenantes.

Nous ferons seulement remarquer que les architectes cherchaient alors, dans la disposition de ces accessoires indis-

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pensables des habitations, à n'être point gênés, pour la distribution des entrées, par le passage des rampes et des paliers. Aussi, plaçaient-ils les escaliers en dehors des bâtiments, et cette métliode se conserva longtemps dans la construc-

Fig. lo5o.

ion des demeures seigneuriales. Ray-

mond du Temple avait ainsi disposé le grand escalier du Louvre. On trouve le même parti adopté au château de Gaillon, où l'escalier principal était posé à ranglerentrantformé par deux portiques.

La figure loo5 représente un de ces escaliers extérieurs produisant un eiïet des plus pittoresques ; il appartient au château de Pailly (1). On remarquera cependant une erreur de construction I assez grave : les marches de Vescalier se sont trouvées dépasser la balustrade du premier étage, qu'il a fallu élever au moyen d'une assise de pierre produisant un très mauvais etTet; toutefois, ce défaut ne nuit pas absolument à l'ensemble de l'œuvre.

Le château de Rlois présente un escalier (fig. I006) indépendant des corps de logis et placé au milieu d'une des ailes, au lieu d'être élevé, comme le précédent, dans un angle.

Vescalier extérieur du château de Chambord est également célèbre.

Ces vis étaient généralement terminées par une lanterne qui formait le couronnement et donnait souvent entrée sur une terrasse.

L'agrandissement des escaliers avait dû être suivi de l'élargissement des noyaux, pour éviter l'aiguilé des marches se rapprochant du centre; celles-ci furent donc encastrées dans le noyau bâti par assises.

Souvent aussi, les noyaux furent composés de grandes pierres en délit et furent enrichis de sculptures délicates; quelques-uns même furent mis à jour.

Quelquefois, dès le xiv« siècle, lorsque l'espace réservé à Vescalier à vis était restreint, on supprimait le noyau, et les marches, posées simplement alors en spirale, portaient chacune un boudin à leur extrémité, près du centre, pour servir de main courante.

Dans rarchitecture moderne, la magnificence des escaliers a ausmenté en

(1; Cl. Sauvagcot , Palais et maiso7is de France.

cimieaux, liôtcla

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