ÉTALON
L'étain est employé, sous forme de feuilles très minces, pour Yétamage (voy. ce mot) des glaces. On l'emploie aussi, dans ce cas, amalgamé avec le mercure.
Ce métal, fondu avec le cuivre forme un alliage plus tenace et plus résistant que le cuivre seul, fusible à une température inférieure et plus dense que la moyenne de ses composants (voy.
Bronze).
On s'en sert encore pour étamer le fer. Autrefois, la tôle de ferétamée était utilisée pour les gouttières.
On allie très facilement le plomb avec Vétain; les alliages ainsi produits donnent en général au plomb plus de résistance et n'altèrent pas sensiblement les qualités de Vétain. On emploie ces alliages comme soudures (voy. ce mot).
On a encore employé l'alliage de plomb et iXétain, sous forme de papier métallique, pour préserver l'intérieur des édilices contre Thumidité. Ce sont des feuilles très minces que Ton applique sur les murs au moyen d'une colle composée de blan'c de céruse, d'huile de lin et d'essence. On emploie aujourd'hui, de préférence, pour cet usage, le feutre (voy. ce mot).
On se sert encore de Vétain pour remédier aux inconvénients des tuyaux en plomb, qui sont toujours exposés à devenir insalubres. M. Hamon, il y a quelques années, a pris un brevet pour un système de tuyaux en plomb doublés (Vétain. L'épaisseur de la couche ^Vétain, adoptée pour les tuyaux d'un diamètre quelconque, estuniformément dei/2millimètre; mais elle pourrait être augmentée à volonté. L'épaisseur du plomb qui forme l'enveloppe varie seule ordinairement, selon la force de résistance que l'on désire obtenir.
Le peroxyde d'étain, connu dans le commerce sous le nom de yotée d'étain, sert au polissage des marbres et des matières dures en aénéral.
ÉTAMAGE
Étal
on, 5. m. — Vov. Ételon.
Étamage, s. m. — Opération qui a pour objet de recouvrir la surface d'un métal facilement oxydable d'une couche d'un métal non oxydable. Ainsi, l'on étame le fer au moyen de l'étain, du zinc ou du plomb, pour le préserver de l'oxydation produite par l'air humide.
La tôle étainée prend le nom de ferblanc (voy. ce mot).
h^ étamage du fer au plomb, qui donne le fer plombé, se fait en plongeant les feuilles de tôle dans un bain de plomb fondu ou de plomb mélangé avec 10 à lo pour 100 d'étain. Ce produit a pu être utilisé pour la couverture des édifices ; le zinc employé à cet effet est d'un prix élevé et le plomb, quoique plus durable que le zinc, est encore plus coûteux et charge trop les charpentes des combles.
Le fer étamé au zinc se prépare à l'aide du même procédé : on plonge les objets dans un bain de zinc fondu. Ce dernier métal pénètre le fer et détermine un alliage auquel on donne le nom de fer galvanisé. Ce produit est employé particulièrement à la fabrication des clous dits clous galvanisés.
Étamage des glaces. Cette opération, appelée aussi mise au tain, permet aux glaces de réfléchir la lumière qui les traverse, et se fait au mojen d'un amalgame d'étain. On étend, sur une table de marbre bien dressée et tenue horizontale, une feuille d'étain de la dimension de la glace ; on pose dessus une couche de mercure de 4^ à 6 millimètres d'épaisseur. La glace, préalablement polie, est amenée sur une des extrémités de la table et coulée sur la feuille d'étain, de manière que ses bords chassent le mercure en excès dans des rigoles creusées autour de la table. On ajoute alors au poids de la glace qui presse déjà sur le mercure des blocs do plâtre, distribués uniformément à sa surface, et l'on incline la table pour faciliter l'écoulement du mercure. Au bout de lo ou 20 jours, la lame d'étain a pris tout le mercure qu'elle pouvait prendre ;
ÉTAMAGE
ÉTAMAGE
le mercure en excès a disparu et Tamalgame qui reste adhérent à la glace est composé d'environ 4 parties d'étain et 1 partie de mercure.
Dans le tain de glaces, c'est le mercure qui fournit à la glace la propriété de réfléchir les images, sans décomposition, sans amoindrissement trop sensible de la lumière, et c'est Tétain qui sert à retenir le mercure sur la surface de la glace où il est appliqué.
L'étamage des glaces, ainsi effectué, présente de nombreux inconvénients :
Famalgame d'étain ne peut être rendu absolument fixe, à cause du peu d'affinité réciproque entre l'étain et le mercure. Il faut d'abord de quinze à vingt jours pour étamer une glace au mercure avec de l'étain, et, pendant très longtemps, ce mercure tend à se séparer de l'étain, il s'écoule vers le bas des glaces où on le trouve fréquemment en globules. Dans le maniement et le transport des glaces, on ne peut simplement poser les doigts sur le tain sans le détériorer. Le salpêtrage des murs, l'humidité des locaux, la chaleur lumineuse du soleil et du gaz sont aussi des causes de détérioration pour les glaces étamées.
Il y a une trentaine d'années, une certaine amélioration a été apportée dans la miroiterie, alors que l'on remplaça Vétamage par V argenture des glaces, c'est-à-dire que le tain fut constitué par un dépôt chimique d'argent.
On parvint à obtenir, en peu de jours, des glaces argentées qui pouvaient, jusqu'à un certain point, lutter avec l'ancien système. Toutefois, l'argent vierge, déposé par voie humide à la surface des glaces, y était peu adhérent; on le préservait des accidents de contact et on le garantissait contre les effets de l'humidité, du salpêtrage et des émanations dangereuses, au moyen d'une couche de peinture, appliquée sur la surface extérieure de l'argent. Mais cette précaution n'avait pas une efficacité absolue : la peinture laisse pénétrer jus-
qu'à l'argent les gaz avec lesquels ce métal est susceptible de former des combinaisons chimiques; de plus, l'action prolongée de la chaleur a l'inconvénient de produire des boursouflures et souvent même de détacher, sous forme de lanière, la peUicule d'argent, qui est plus adhérente à la peinture de recouvrement qu'à la surface de la glace. Il s'ensuit que les anciens procédés sont souvent préférables à Vétamage à l'argent pur.
On doit aux recherches de M. Lenoir une amélioration réelle et très remarquable qui s'est produite dans l'emploi des matières premières et dans les procédés.
Uétamage ou tain des glaces est produit par une argenture préalable suivie d'un mercurage, c'est-à-dire d'une couche de mercure appliquée au moyen d'un liquide spécial (composé de cyanure de mercure et de potassium et d'oxalate d'ammoniaque, dans des proportions déterminées ) , sur l'argent vierge déposé d'abord. Ce liquide se décompose : le mercure, jusque-là invisible, se dépose à l'état métallique et s'amalgame aussitôt avec la pellicule d'argent dans laquelle il disparait subitement. L'argenture de la glace se fait en deux opérations successives : il y a d'abord un premier dépôt d'argent, qui exige trois quarts d'heure pour s'effectuer convenablement, puis un second dépôt, qui ne demande qu'un quart d'heure, le tout sous l'influence d'une température humide de 35 à 40 degrés.
Le premier liquide, ainsi employé à deux reprises , est une dissolution aqueuse contenant du nitrate d'argent, de l'ammoniaque et de l'acide tartrique. Lorsque le mercurage est terminé, l'amalgame d'argent est assez solide pour qu'on puisse le frotter avec un tampon à sec, sans pouvoir le détacher; cela tient à l'aflinité réciproque de l'argent et du mercure, beaucoup plus grande que celle de ce dernier métal et de l'étain. Cette même raison fait que
ÉTAMOIR.