ÉTRUSQUE
ETUVE.
constructions de rÉtrarie est celui de Tutilité matérielle; elles ont eu pour objet le dessèchement des marais, la régularisation des cours d'eau, la fertilisation du sol.
Comme constructions proprement dites appartenant aux temps primitifs, on peut citer des enceintes et des portes de villes, dont il reste d'assez nombreux vestiges.
L'appareil des maçonneries est cyclopéen, c'est-à-dire composé de blocs énormes affectant une forme polygonale irrégulière et tantôt ajustés de façon à se joindre exactement, tantôt juxtaposés avec de petits morceaux intercalés dans les vides.
Dans les constructions plus récentes, l'horizontalité des assises est recherchée, comme en témoignent les murs d'Aurunca, de Cortone et de Fœsulae. Les pierres de Cortone, particulièrement, sont taillées à face rectangulaire, quelques blocs ayant jusqu'à 2™, 20 de longueur et 0°',88 de hauteur. On trouve aussi, dans les enceintes de certaines villes, à Saturnia, par exemple, l'appareil en blocs polygonaux taillés à vive arête.
Il y a lieu de penser que la forme de l'arc était connue des Étrusques. On ne peut, toutefois, citer d'exemples où cette forme se trouve bien déterminée, antérieurs au cloaque de Rome construit par les Tarquins, princes d'origine étrusque. La porte de Volterra, celle d'Alatrium montrent l'emploi du plein-cintre.
C'est aux Étrusques que les Romains ont emprunté les amphithéâtres et les cirques.
On attribue encore à ce peuple l'invention de l'ordre toscan (voy. ce mot), qui paraît n'être qu'une reproduction abâtardie du dorique grec.
Les temples étrusques étaient généralement élevés sur de vastes teri*asses pourvues de murs de soutènement. On n'a malheureusement que des données fort incertaines sur l'architecture de ces monuments. Vitruve, qui parle de l'ordre
toscan ou étrusque, ne s'occupe point des temples étrusques primitifs, mais de ces édifices, tels qu'ils étaient modifiés à l'époque où il vivait (voy. Toscan).
R rapporte que ces monuments, d'abord de petites dimensions , furent élevés plus tard sur de plus vastes proportions, qu'ils étaient construits sur plan rectangulaire et pourvus de frontons surmontés d'ornements en bronze et en terre cuite.
C'est surtout dans les monuments funéraires que l'on rencontre les plus divers et les plus nombreux témoignages sur toutes les branches de l'art étrusque , architecture , peinture et sculpture (voy. Tombeau).
Étuvage, s. m. — Étuvage des bois : Tune des opérations du séchage artificiel des bois (voy. Conservation).
Étuve, s. f. — i° Salle affectée au bain de vapeur dans les thermes romains (voy. Sudatorium).
Dans les étabUssements de peu d'importance, Vétuve était réunie au caldariuni ou pièce dans laquelle on prenait le bain chaud.
S'' Nom que l'on donnait, au moyen âge, aux établissements de bains publics, analogues à ceux que nous possédons aujourd'hui. C'est du xn*' siècle que datent les étuves, qui consistaient en chambres plus ou moins spacieuses renfermant des cuves dans lesquelles on amenait l'eau tiède, au moyen de conduites.
Des salles de bains étaient disposées dans les habitations des riches particuliers ; ces pièces étaient, en général, placées près des chambres à coucher (1).
Pendant les xn' et xni" siècles, l'usage du bain devint beaucoup moins répandu qu'avant cette époque. Aujourd'hui, les étabhssements publics destinés aux soins de propreté ne peuvent
{{) Viollct Le Duc, DiciioJinaire ramnné de r architecture française.
EUVILLE.
ÉYIDEMENT.
donner aucune idée des thermes ou des bains anciens (voy. Bains).
Eurythmie, s. f. — Mot provenant du grec et qui signifie cadence, rhythme, accord.
On emploie ce terme, en arcliitecture, pour désigner la belle proportion d'un ensemble, l'harmonie qui règne entre les parties d'un tout. \S eurythmie a pour objet de lier, dans un concert général, les membres et les ornements variés de l'édifice, de produire des cadences et des repos analogues à ceux que l'on remarque dans la musique.
Eustyle, s. m. — Entrecolonnement de deux diamètres et un quart, celui que Vitruve juge le plus convenable, sauf pour le milieu de la façade et de l'arrière de l'édifice, où l'espace compris entre les colonnes était de trois diamètres.
Eiiville [Pierre d'). — Pierre calcaire dure, de très bonne qualité, que l'on extrait des carrières cVEuviUe, commune de ce nom, arrondissement de Commercy .
Cette pierre qui est connue sous le nom de pierre de Lorraine, comme les pierres de Léronville et de Mécrin, est un calcaire à entroques, dur, blanchâtre, formé presque entièrement de débris d'encrines, et qui est inaltérable à la gelée et aux intempéries.
Il y a trois variétés de pierre d'Euville, provenant de carrières dilïérentes :
1° La carrière de la Sablière fournit une pierre qui porte de 1 mètre à S^'.SO de hauteur d'assise et pèse de 2,200 à 2,430 kilogr. le mètre cube ; la charge nécessaire pour produire l'écrasement est de 280 à 430 kilogr. par centimètre carré .
2° La Vieille carrière produit un calcaire dont la hauteur d'assise est de 1 mètre à 3 mètres et dont le poids, au mètre cube, est de 2,280 à 2,440 kilogr.;
la charge nécessaire pour produire l'écrasement est de 330 à 430 kilogr.
par centimètre carré.
3° Dans la Grande carrière , où la masse exploitée a 18 mètres d'épaisseur, la pierre a de 1°',70 à 4 mètres de hauteur d'assise, pèse de 2,260 à 2,3o0 kilogr. le mètre cube et s'écrase sous une charge de 270 à 340 kilogr. par centimètre carré.
La pierre d'Emilie est très employée à Paris, notamment pour les soubassements.
Évaluation, s. m. — Dans le règlement des mémoires, on appelle évaluations les dépenses réglées sur une mesure commune, tandis qu'on appelle estimations les ouvrages estimés à prix d'argent .
Ainsi , les évaluations d'ouvrages en plâtre sont réduites à une mesure commune, sous le nom de légers ouvrages (voy. Légers) ; celles de toutes les tailles de pierre se nomment évaluations de taille et leur prix varie suivant l'espèce de pierre.
Évent, s. m. — État du plâtre qui a été altéré par son exposition à l'air.
Éventail, s. m. — IVfauisEmE.
Forme qu'afïecte la partie supérieure d'une croisée terminée en demi-cercle ou en ovale.
Éventer, v. a. — Écarter d'un mur ou d'un échafaud, pour éviter les chocs, une pierre dont on fait le montage.
Cette opération s'exécute en tirant sur un cordage appelé écharpe ; le manœuvre qui en est chargé se nomme brayeur parce qu'il passe sous la pierre les brayers (voy. ce mot).
Évidement, s. m. — MAçoNEmE.
Partie de pierre jetée bas entre deux faces adjacentes pour former des angles rentrants d'arrière-corps, pour tailler des harpes, des crossettes, des claveaux