‹ Dictionnaire des termes employés dans la construction (volume 3)Chapitre 46 sur 232 · COUPEROSE · texte numérisé non relu

COUPEROSE

sans qu'on puisse affirmer qu'un peuple aussi avancé dansTarlde construire, ne connaissait pas la coupe des pierres telle que nous l'avons définie, établirent les architraves destinées à recevoir les plafonds de leurs temples au moyen de grandes pierres portant d'un mur ou d'une colonne à l'autre.

Les Romains, au contraire, firent de cet art un grand usage pour construire des plates-bandes et des plafonds, ainsi que des arcs et des voûtes en berceau ; mais la simplicité de cette dernière forme n'exigeait pas une très grande habileté pour son exécution.

Par contre, la coupe des pierres commença à devenir un art très complexe au moyen âge, et Ton est frappé de l'excellence des méthodes qui ont pu aider les constructeurs de cette époque à établir des voûtes si remarquables par leur légèreté, leur hardiesse et la variété des compartiments qui les décoraient.

Formées d'arcs et de panneaux en maçonnerie de remplissage, ces voûtes présentaient leur plus grande difficulté d'exécution au point de réunion de ces arcs, c'est-à-dire à la clef commune qui les relie entre eux. Aussi, trouve-t-on des clefs pendantes appartenant aux édifices du xiv*^ et du xv° siècle qui sont de véritables chefs-d'œuvre par leur exécution. Les roses et les compartiments ornés de vitraux, n'étant que des découpures, exigeaient moins d'étude pour leurs coupes, dont l'épure pouvait se faire aisément sur une surface plane en vraie grandeur.

Mais c'est lorsqu'on a commencé à exécuter des voûtes pleines en pierre de taille et surtout des voûtes irrégulières avec pénétrations que l'art de la coupe des pierres arriva à sa perfection.

La rencontre des difl'érentes parties qui se pénètrent forme des courbes à doubles courbures (jui ne peuvent se tracer ni se développer sur des surfaces planes.

Le biais et l'inclinaison de certaines pai-ties augmentent encore la difficulté.

Enfin, la distribution des joints, la di-

mension des coupes, la manière d'appliquer le trait à la pierre d'après Tépure, toutes ces difficultés réunies constituent une véritable science dont la possession exige une étude très approfondie.

Coupé, part, passé. — Pan coupé (voy. Pan).

Coupe-larme, s. ni. — Voy. Coupe.

Coupenient, s. m.— En charpente, faire un coupenient sur le tas, c'est couper à la scie, sur le heu même d'exécution, une pièce de bois quelconque, chevron, solive, sablière, etc.

Couper, V. a. — i° Couper: faire une coupe (voy. ce mot).

2° Couper une pierre: diminuer son lit ou son parement, de façon qu'elle ne puisse plus servir à la place désignée.

3° Couper le plâtre: faire les moulures de plâtre à la main et à l'outil sans calibre ; c'est ainsi que Ton exécute les angles des corniches.

Couperet, s. m. — Marteau très lourd qui sert pour refendre le pavé. Le

Fig. 1209.

couperet a deux pannes droites et trai chantes (fig. 1209).

Couperose, s. f. ~ Peinture. Ce nom est donné, de concurrence avec celui de vitriol, aux sulfates de fer {couperose verte), de cuivre {couperose bleue), de

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zinc [couperose blanche). C'est de ce dernier sulfate qu'on se sert surtout en peinture, dans le broyage à l'huile des couleurs claires. La couperose agit comme siccatif; mais elle ne doit pas être en excès, sans quoi elle jaunit la couleur en séchant.

Couplet, s. m. — On donne ce nom à l'assemblage de deux pièces de fer au moyen de charnières et de rivures : les couplets servent de pentures aux portes et aux fenêtres ; ce sont des espèces de charnières portant plus de longueur que

Fiar. 1210.

de hauteur ffig. 1210;, à pans A ou à goujons B. On les emploie pour les portes

légères.

Coupole, s. f. — Voûte de forme hémisphérique ou engendrée par une demi-ellipse ou par deux courbes qui se coupent à leur sommet.

Les coupoles reposent sur plan circulaire ou polygonal. Leur partie extérieure prend le nom de dôme (voy. ce mot).

L'intérieur des coupoles est souvent orné de compartiments sculptés ou peints ; quelquefois aussi on y place un grand sujet de peinture à fresque.

Les coupoles sont construites généralement en pierres ou en briques, disposées par assises horizontales ; les lits tendent vers un centre commun, et les voussoirs vont en diminuant de volume de bas en haut. La disposition même de cet appareil indique que les éléments qui composent ces voûtes se soutiennent mutuellement ; la poussée sur les piedsdroits et les murs de soutien est presque nulle. Aussi, laisse-t-on presque toujours au sommet une ouverture circulaire appelée œil-de-dôme ; au-dessus de cette

ouverture est placée une lanterne vitrée qui doit éclairer l'intérieur de la coupole.

La forme de la rotonde, c'est-à-dire la coupole élevée sur un mur montant de fond se rencontre assez fréquemment dans les édifices de l'antiquité. Toutefois, les premières coupoles à assises régulières ont élé consti'uites par les Romains. Les essais antérieurs tentés par î les Grecs étaient des espèces de voûtes j composées de pièces posées à plat et en ' encorbellement, puis taillées après coup [ en forme de calotte.

La forme de la rotonde avec coupole semble avoir été plus particulièrement affectée aux temples de certaines divinités, telles que Vesta, Cybèle, Bacchus, etc. La plus célèbre et la mieux conservée des coupoles anWqiies est celle du Panthéon.

Dans les basiliques chrétiennes, la forme en croix étant adoptée, le point de réunion des deux nefs devint, en quelque sorte, le point principal de l'édifice ; de là vint naturellement l'idée de le décorer d'une manière particulière, de l'accuser au dehors, et, à cet etîet, d'y élever un dôme ou une ro^z/^o/^. L'église de Sainte- Sophie, à Constantinople, témoigne, par sa coupole, du progrès accompli dans ce genre. L'église Saint-Marc de Venise est célèbre par les cinq dômes qui s'élèvent au-dessus de cet édifice.

Toutefois, c'est à la cathédrale dePise que l'on trouve le premier exemple d'une coupole placée au-dessus d'un tambour formant tour à l'extérieur, comme sont disposés les dômes chez les modernes. Mais le monument que nous citons est plus intéressant par la disposition et rétendue de ses nefs que par sa coupole, qui n'est qu'un faible accessoire de l'édifice. Le premier grand progrès efl'ectué dans ce genre est dû à Brunelleschi, l'auteur de la coupole de Sainte-Marie-des-Fleurs , à Florence.

L'illustre architecte conçut non-seulement l'idée des doubles coupoles, mais encore celle de cette forme ovoïde et

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pyramidale qui est devenue, après lui, la forme la plus générale des dômes, à commencer par celui de Saint-Pierre de Rome.

La beauté de cet ouvrage devait lui créer des imitateurs. L'Italie vit bientôt se multiplier les coupoles dans tous les édifices sacrés ; mais aucune de ces copies plus ou moins approchées de l'œuvre de Michel -Ange ne mérite d'être mentionnée particulièrement.

De ritalie, le goût des coupoles se répandit en Europe. Le chevalier Wren bâtit Saint-Paul à Londres, dans le même temps que Jules Hardouin Mansard élevait la coupole des Invalides. Le premier de ces dômes est remarcjuable surtout par l'étendue de son diamètre, le second par la richesse de sa décoration. A Saint-Paul, le chevalier Wren imagina le premier d'ouvrir les piliers massifs du dôme pour donner un passage libre aux bas-côtés. Aux Invalides, Mansard perfectionnant la disposition des doubles voûtes de la coupole, ouvrit le plafond de la plus basse, fit peindre celui de la plus haute et l'éclaira par des croisées percées dans un attique (voy. Dôme).

La coupole de l'église Sainte-Geneviève, dite aussi Panthéon, à Paris, est encore un perfectionnement sur la disposition précédente. On Irouve, dans ce monument , cette particularité que les voûtes de ses trois coupoles sont en pierres de taille.

Nous citerons, d'autre part, la coupole avec ossature en fer du Val-de-Grûce, à Paris (voy. Dôme).

Après cet aperçu historique des coupoles, disons. quelques mots de leur construction. Les voûtes en coupole dont la capacité intérieure est une demi-sphère sont remarquables, tant à cause de l'unité et de la simplicité que de la beauté de leur forme. Comme il est démontré, par les voûtes sphériques, à Tarticlc Voûte, on peut, sans en changer l'appareil, sans en diminuer la solidité, i»ratiquer, au milieu d'une coupole, une grande ouverture circulaire comme au Panthéon

de Rome, à la première coupole des Invalides, et, ainsi que nous l'avons dit plus haut, à celle de l'église Sainte-Geneviève, etc. On peut encore n'exécuter qu'une moitié de coupole, comme aux grandes niches que l'on voit dans les basiliques et les thermes des anciens; on peut même n'en exécuter qu'un quart, en forme de trompe, pour supporter en encorbellement l'angle d'un édifice.

C'est chez les Étrusques et les anciens Romains que l'on trouve les premières coupoles. On ne connaît, parmi les ruines de la Grèce, qu'un seul édifice circulaire, le monument de Lysicrates (voy.

Chorafjiques), qui n'a même pas, d'ailleurs, 2 mètres de diamètre intérieur et dont le couronnement est formé par un seul bloc de marbre, creusé par dessous en forme de calotte et orné en dessus d'un fleuron à trois branches d'une forme particulière.

Les Romains firent, au contraire, un usage 1res fréquent de la voûte en coupole ; on voit encore, à Rome, les ruines d'un grand nombre de temples ronds tels que le Panthéon, les temples de Bacchus, de Vesta, d'Hercule, etc. Les thermes présentent aussi des coupoles dans certaines de leurs parties. Mais la plus célèbre de ces voûtes, nous l'avons dit plus haut, est, sans contredit, celle du Panthéon, qui, n'ayant pas moins de 44 mètres de diamètre intérieur, repose sur une muraille circulaire de 6 mètres d'épaisseur. Elle est ouverte au milieu par un œil d'environ 10 mètres de diamètre, et est décorée, à l'intérieur, par cinq rangs de grands caissons cari-és (voy. Caisson), qui étaient autrefois revêtus de bronze (voy. ce mot). La maçonnerie de cette coupole est partie en bi'ique, partie en blocage; l'enceinte circulaire qui la soutient est évidée par de grandes niches et renfoncements carrés qui réduisent le cube à peu près au tiers; il en résulte que cette muraille évidée n'est qu'une suite de contreforts qui contre-boutent la poussée de la calotte. Des arcs de décharge en briques,

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noyés dans la construction, répartissent

les pesanteurs sur les points d'appui principaux. Grâce à la bonne qualité des mortiers, cette masse d'arcs et de remplissages est d'une grande solidité.

Il y a tout lieu de croire que, pour exécuter cette immense coupole, on avait fait un cintre en charpente légère qui servait en même temps d'échafaud et que, sur ce cintre, on avait foi'mé en relief les compartiments des caissons.

Après les coupoles antiques, l'une des plus célèbres est celle de l'église de Sainte-Sophie, à Constanlinople. Portée sur quatre pendentifs qui rachètent les angles du plan carré de la base, cette voûte a environ 35 mètres de diamètre.

Le galbe extérieur de la coupole est divisé par des côtes saillantes et arrondies, couvertes en plomb. Le milieu est terminé par un amortissement en forme de balustre, aujourd'hui surmonté d'un croissant. Détruite par un tremblement de terre, vingt et un ans après son achèvement, la coupole de Sainte-Sophie fut reconstruite en briques blanches extrêmement légères.

La coupole de Saint-Vital, à Ravenne, présente une construction des plus curieuses. Élevée sur plan octogone régulier, elle est soutenue par huit piliers placés aux angles ; la base même de la voûte est un cercle inscrit dans un polygone de huit côtés ; cette base n'est pas rachetée par des pendentifs; la saillie des angles est seulement soutenue par des arcs. La coupole, qui est hémisphérique, est formée par un double rang de vases en terre cuite présentant une double spirale, qui commence au-dessus des croisées percées au bas de la voûte et qui finit à la clef (voy. Amphore, Poterie).

Plusieurs autres édifices de Ravenne ont, comme le baptistère de SainteiMarie-in-Cosmedin, leurs voûtes en coupole construites de la même manière.

A réglise de Saint-Marc de Venise, la coupole placée au centre est la plus élevée des cinq qui surmontent cet édifice.

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Chacune d'elles est renfermée entre quatre parties de voûte en berceau, qui constituent ensemble un carré, dans les angles duquel sont quatre pendentifs cjui rachètent la base circulaire de chaque coupole.

La cathédrale de Florence, Sainte- Marie-des-Fleurs, a été dotée d'une double coupole reposant sur une tour octogonale dont les murs ont o°^,20 d'épaisseur et sont allégés par huit œils-debœuf ou fenêtres circulaires. La voûte extérieure a 2°^, 40 d'épaisseur à la base; l'intérieure a l'°,40 ; l'intervalle qui les sépare est aussi de 1^,40. Des contreforts établis aux angles et vers le milieu des faces réunissent les deux voûtes. La coupole intérieure, dont le diamètre est de 42 mètres entre les faces opposées, forme huit angles rentrants et huit faces qui se rétrécissent à mesure de leur élévation ; elle se termine au sommet par une ouverture de même forme que la base et constituant le vide intérieur de la lanterne. Le centre de cette coupole est extrêmement surhaussé ; sa hauteur, depuis le dessus de la corniche intérieure qui couronne la tour jusqu'à l'œil de la lanterne, est de 40^^,50 ; elle est analogue, sous ce rapport, à la coupole du dôme de Milan, qui fut faite à peu près dans le même temps.

La ville de Rome possède comme coupole, dans l'église de Saint-Pierre, l'ouvrage de ce genre le plus remarquable des temps anciens et modernes par sa grandeur, sa hardiesse et sa magnificence. L'idée de sa construction appartient à Bramante, qui ne put achever son œuvre et eut pour successeurs Julien Sangallo, Fra Giocondo, Raphaël d'Urbin, Baltasar Peruzzi, Antoine San- Gallo, puis enfin Michel-Ange. Ce dernier, ayant modifié le plan primitif, renforcé les piliers qui devaient supporter la coupole, fit exécuter, cà la hauteur de l'entablement qui couronne les pendentifs, un soubassement formant, à l'extérieur, un octogone, et, à l'intérieur, un cercle. Le diamètre extérieur de l'octo-

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gone est de 59 mètres et celui du cercle intérieur de 41 mètres, de sorte que La moindre épaisseur comprise entre le cercle et l'octogone est de 9 mètres. Audessus de ce soubassement il établit un stylobate circulaire renfermé entre deux surfaces distantes entre elles de 8°',85. Celle épaisseur est divisée en trois parties par un corridor de 1°',80 de large. Le mur placé du côté de l'intérieur du dôme a 4™, 50 d'épaisseur; il est construit en blocage revêtu en briques, et quelques parties sont en pierres de taille. Il renferme aussi de petits corridors , d'environ 0™,90 de large, formant rampes d'escalier et servant à communiquer aux quatre petits escaliers en limaçon pratiqués dans l'épaisseur du mur du tambour du dôme. Le mur extérieur, construit de môme en briques et en pierres de taille, a 2", 45 d'épaisseur. Au-dessus de ce stylobate , élevé de 3°", 75, on érigea le mur du tambour du dôme épais de 3"',10, sans y comprendre la saillie des pilastres qui décorent l'intérieur du dôme et qui ont un peu plus de 0°',30. Ce mur est construit en maçonnerie de blocage, petites pierres et briques; le parement intérieur est en briques revêtues de stuc et l'extérieur en travertin. On y a ménagé seize grandes croisées et on Fa fortifié extérieurement par seize contreforts en pierres de taille, terminés chacun par deux colonnes accouplées, qui ont près de quatre pieds de diamètre ; la hauteur des contreforts dépasse 15 mètres. La construction de l'édifice en était à ce point quand Michel-Ange mourut , laissant de son projet un modèle en bois avec dessins et mémoires détaillés. On donna au grand maître, comme successeurs, Pierre Ligorio , Jacques Barozzio di Vignole , puis Jacques de la Porte ; mais les travaux du dôme étaient, en quelque sorte, abandonnés pour les décorations intérieures. Sixle-Quint les fit reprendre, en adjoignant à Jacques de la Porte Dominique Fonlana. Au-dessus de la partie construite par Michel-Ange, on

éleva un attique circulaire de 5'°,60 de hauteur, épais de 3 mètres et fortifié, k l'extérieur, par seize avant-corps saillants de près d'un mètre et placés directement au-dessus des contreforts de la tour du dôme. Sur cet attique, construit, comme le mur du dessous, en briques revêtues de pierres travertines, on posa l'immense coupole double qui couronne l'édifice. Son diamètre intérieur, pris aux naissances, est de 42™, 30 ; elle n'est pas parfaitement hémisphérique ; elle est surhaussée de 4°',2o.

Son épaisseur par le bas est de 3 mètres et va en augmentant , parce que la courbe extérieure est plus surhaussée que celle de l'intérieur. Au point où elles se séparent, les deux voûtes ont, comme épaisseur, celle du dedans 2 mètres, celle du dehors 1 mètre. Cette dernière est fortifiée extérieurement par seize côtes saillantes dont l'épaisseur est égale à celle de la voûte. Les deux coupoles sont reliées entre elles par seize murs ou éperons tendant au centre, épais de 2°',60 par le bas et d'un mètre seulement par le haut. Au-dessus de cette double voûte, est une plateforme circulaire, au centre de laquelle s'élève, sur un stylobate formant seize avant-corps, une lanterne qui a 12 mètres de diamètre extérieur et 8 mètres de diamètre inlérieur. La construction de cette coupole exigea l'emploi de cintres composés d'un nombre incalculable de pièces de bois dont les plus grosses avaient des dimensions extraordinaires.

Deux cercles en fer furent placés pour former chaînage, l'un sur la coupole Mérieure à 11 mètres au-dessus de la naissance, l'autre noyé dans la maçonnerie qui sépare les deux voûtes. Mais des lézardes se produisirent aux maçonneries, les cercles se rompirent, et ces effets peuvent être attribués à des causes qui se réduisent à trois principales : 1° l'affaissement inégal du sol de fondation des quatre gros piliers ; 2° le mélange des différentes espèces de matériaux employés dans la construc-

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tion; 3° relTort latéral des coupoles, dont le cintre n'est pas assez surhaussé, eu égard au poids énorme de la lanterne ; enfin, les tremblements de terre, contribuent pour beaucoup aux mouvements des parties déjà désunies. Vers le milieu du siècle dernier, pour arrêter ces effets dangereux, on résolut de placer d'autres cercles de métal. On en posa six : le premier au-dessous de la corniche du stylobate extérieur, sur lequel sont établis les contreforts; le deuxième au-dessus de la corniche des contreforts; le troisième au-dessus de Tattique, à la naissance de la coupole extérieure; le quatrième à la moitié de la hauteur de cette même coupole ; le cinquième au-dessous du plateau de la lanterne ; le sixième, reconnu nécessaire après la pose des cinq autres, environ 0™,32 au-dessous de l'endroit où la coupole se divise en deux. Enfin, on raccommoda l'ancien cercle de fer autour de la coupole intérieure.

Le dôme de Saint-Paul de Londres s'élève au milieu de quatre nefs sur un tambour qui supporte huit pendentifs rachetant les angles du plan octogone formé par les piliers de soutien. La coupole, qui a 3:2 mètres de diamètre à sa naissance sur 17 d'élévation, est, par conséquent, surhaussée d'un mètre. Le sommet de celte voûte est percé d'une ouverture circulaire de 6 mètres de diamètre , autour de laquelle règne une plate-forme de 2 mètres de large. L'attique qui couronne le tambour supporte le galbe de la coupole extérieure, formé par une charpente couverte en plomb.

Le dôme des Invalides, qui date ta peu près de la même époque que l'édifice i précité, s'élève au-dessus d'une croix grecque inscrite dans un carré. La tour qui le porte est terminée, à l'intérieur, par une double coupole. La partie inférieure présente une voûte sphérique , incomplète, terminée par une grande j ouverture circulaire, autour de laquelle est une corniche ; le surplus de la voûte .

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est décoré par des arcs-doubleaux divisés en caissons avec des rosaces ; les intervalles de ces arcs-doubleaux sont ornés de peintures. La partie de la voûte supérieure que l'on voit au travers de l'ouverture de la première est une voûte spliéroïde surhaussée; un grand sujet de peinture en occupe le sommet, et le bas, qui est caché par la voûte inférieure, est élégi par douze lunettes qui aboutissent à des fenêtres percées dans l'attique extérieur ; la peinture se trouve ainsi éclairée au-dessous sans qu'on puisse voir, d'en bas, d'où vient le jour. Une lourde charpente forme le galbe de la coupole extérieure, qui est surmontée d'une lanterne également en charpente (voy. Dôme).

La triple coupole du Panthéon français est très remarquable par sa construction, tout en pierres de taille. La tour du dôme de cet édifice est soutenue, au centre d'une croix grecque, par quatre piliers triangulaires, dont les angles sont fortifiés par des colonnes engagées, formant suite à celles des nefs. La coupole intérieure, qui à 20"^, 30 de diamètre au droit de sa naissance, est décorée de caissons octogonaux, avec des rosaces ; elle est percée, au sommet, d'une grande ouverture circulaire de 9°',60 de diamètre. Au travers de cette ouverture on aperçoit la partie supérieure de la voûte intermédiaire sur laquelle est exécuté un sujet de peinture. La grande coupole extérieure, construite en pierres de taille, comme les deux autres voûtes, est recouverte en plomb. A l'intérieur, cette coupole est élégie par quatre rangs de niches dont la profondeur est égale à la moitié de l'épaisseur de la voûte, prise au droit des côtes saillantes qui en divisent la surface extérieure. Cette épaisseur va en diminuant depuis le bas jusqu'au sommet ; par le bas elle est de O'^.SO et de 0°',40 par le haut. La voûte intermédiaire est très surhaussée ; la forme de son cintre est la chaînette ; son élévation est de 15°^, 30 sur 21°^,o0 de dia-

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mètre. Celte coupole est percée, dans la partie supérieure , de quatre grandes ouvertures en forme de lunettes ; les quatre parties qui restent, formant pied-droit, sont encore pénétrées par les murs circulaires des escaliers éclairés par les croisées de l'attique. On est frappé de la hardiesse que semblent donner à la voûte ces parties isolées et les grandes ouvertures des lunettes.

Deux escaliers en rampe droite diamétralement opposés et pratiqués sur l'extrados permettent de monter au-dessus de cette voûte et servent d'arcs-boutants pour fortifier son sommet. Le dôme (voy. ce mot) est surmonté d'une lanterne qui porte elle-même une croix.

Il était réservé aux architectes du xix° siècle de construire, à l'aide du fer, des coupoles qui, pour la légèreté, laissent bien loin derrière elles tous les ouvrages de ce genre dus aux siècles précédents. Les dômes en fer sont, avec les ponts-viaducs, les deux plus grandes applications que Ton ait faites de ce métal dans l'art du constructeur.

Ces dômes peuvent avoir la forme hémisphérique ou polygonale ; leurs formes peuvent être surélevées. Ordinairement on enlève la calotte supérieure, suivant un petit cercle, et la lunette qui en résulte est surmontée d'une lanterne. La charpente est essentiellement composée de fermes courbes, en plein cintre ou . en ogive, qui se recoupent sur l'axe au sommet ou qui viennent se fixer à un parallèle supérieur, lorsqu'on a enlevé la calotte. Ces fermes sont formées de poutres en tôle ou en treillis. Les pannes, de même construction (jue les fermes, sont courbes ou droites, suivant que le dôme est liémisphéri(iue ou polygonal. Il est essentiel de placer ces pièces dans un plan parfaitement horizontal, de manière à partager le dôme en zones régulières, et éviter toute espèce de déformation obli(|ue. A la relombéc, toutes les formes sont fixées sur un tambour. Il faut, de plus, un contreventemcnt énergique qui

relie les fermes entre elles et les force à travailler toutes en même temps, ou, au moins, à se transmettre mutuellement les charges imprévues qui pourraient afl'ecter l'une ou plusieurs d'entre elles. L'un des essais les plus remarquables de ce genre de construction qui aient été faits, de nos jours, est le dôme de l'église Saint-Augustin, à Paris, qui mérite une description détaillée. Ce dôme se compose de deux coupoles hémisphériques superposées. Seize arcs en fer ayant une section en double T, de 0°',4o aux naissances, réduite à 0°',3o au sommet, forment l'ossature de la coupole intérieure. Ces arcs sont composés de quatre cornières, d'une semelle d'intrados de 0°^, 175x0°^, 01 et de fers méplats disposés en zigzags, dans l'intervalle desquels un fleuron en fer découpé est serré et rivé entre les cornières. Des potelets divisent chacun des arcs en sept compartiments. L'intrados est orné de culots en fonte fixés sous la semelle. Les arcs se réunissent, au sommet, à une couronne garnie de clous pendants au droit de chacun des arcs. Ceux-ci, apparents à l'intérieur , supportent trois rangs de pannes en fonte, et les fers à T simple, assemblés dans ces pannes divisent en deux parties l'espace laissé libre entre les arcs principaux. La couronne laisse un œil de 6°',30 de vide, divisé par une seconde couronne de 2", 675 de diamètre, en fer à simple T ; elle est soutenue par d'autres fers à simple T, qui forment le prolongement des arcs, huit allant jusqu'au centre et les autres s'arrêtant à la deuxième couronne ; tous ces fers situés dans l'œil ne sont pas apparents en dessous. Les arcs l'oposent, à leur pied, sur la tête île seize colonnettes en fonte doublées d'un pilastre accolé au mur. Ce pilastre, qui devient unique à sa partie inférieure, reporte le poids de la coupole sur des colonnes triples partant du sol. Lu coupole extérieure est composée, de même, de seize fei'iiies ou arcs en fer, qui ont, en section, une hauteur de

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O'^Sd aux naissances et de O'",o0 au sommet. Ils sont formés de poutres à croisillons,avec tables de0'^.-21ox0^. 01, réunies par 4 cornières de 0°^, 10x0°^, 0:2 aux potelets et croisillons. Cinq pannes, également à croisillons, sont assemblées sur des potelets plus larges que ceux intermédiaires. Le pied de cbaque arc est renforcé par une tôle rivée de cbaque côté d'une âme pleine, sur la bauteur d"un croisillon. Ces arcs reposent sur des cbevalels en fonte solidement entretoisés et contreventés. Au sommet, les seize fermes se réunissent à une couronne en fer sur laquelle vient s'assembler le campanile. Des fers à simple T de 0°',io X 0°',09, placés en diagonale, contreventent les fermes. Sur ces diagonales et sur les pannes reposent des fers de recoupement des travées en simple Tde 0°^,12ox0°^,06; ily en a un par travée. Un premier chevronnage borizontal en bois, puis un second, perpendiculaire au premier et un voligeage joinlif supportent la couverture en ardoises divisée en zones par quatre bandes de métal ornées de canaux et de dents de scie. La couronne qui termine la coupole est formée de deux enrayures, l'extérieure ayant 0°,80, Tintérieure 0°',60. Sur cette double couronne reposent les doubles colonnes de la lanterne, surmontée elle-même d'une pyramide en fonte ajourée, que termine une croix également en fonte. L'enrayure intérieure de la double couronne est portée par quatre fers en croix qui reposent sur le cercle intérieur divisant l'œil de la première coupole.

Ces détails, présentés au sujet des coupoles les plus célèbres, suffisent pour donner une idée assez complète des diverses manières dont ces voûtes sont construites.

Nous citerons seulement, pour terminer cet article, les coupoles mobiles telles qu'on en établit dans les observatoires, à celui de Paris, par exemple.

Cette dernière coupole est en fer; sa forme est spbérique ; elle repose sur la

plate-forme de la tour placée à Test de Tédifice principal ; elle a pour objet de permettre d'examiner avec la lunette tous les points du ciel au-dessus de l'horizon, sans déplacer l'instrument.

Sa construction a présenté de grandes difficultés et nécessité des études spéciales pour en assurer la stabilité. Le système consistait à faire mouvoir simultanément la coupole et un plancher autour de la lunette et à surélever cette coupole au moyen d'un soubassement cylindrique en fer.

Cour, s. f. — Espace découvert entouré d'une clôture ou de bâtiments dont il est ordinairement une dépendance.

Dans les palais et dans les hôtels, il y a plusieurs cours : la cour principale ou cour d'honneur et la cour ou les cours de service; c'est dans ces dernières que se trouvent les écuries, remises, selleries, etc. Dans les habitations des villes, les cours sont pavées, dallées ou bitumées ; elles communiquent avec le passage ou entrée de la maison et sont pourvues de ruisseaux ou de caniveaux qui conduisent au dehors les eaux pluviales et ménagères ; à cet effet, on doit leur donner une légère pente vers la rue. Pour qu'une voiture de luxe puisse aisément tourner, il faut donner à la cour au moins 8 mètres de côté.

Dans les domaines ruraux, la cour doit être close par des murs, des barrières ou des haies vives ; une seule entrée est suffisante et doit être placée en face ou à côté de l'habitation; on la ferme au moyen d'une barrière mobile ou d'une porte charretière, à côté de laquelle on dispose souvent un guichet pour les piétons; cette entrée peut avoir jusqu'à 0 mètres. Le sol doit être pavé ou caillouté ; des trottoirs doivent exister le long des bâtiments ; on les remplace souvent par un chemin pavé, légèrement incliné, pour éloigner les eaux des constructions. A côté des trottoirs et des chemins sont réservés des ruisseaux en

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pavés de pierre dure. La fmnière , l'abreuvoir, le puits, des loges pour chiens de garde se placent dans la eour. La surface de cet espace découvert doit être d'au moins 400 mètres carrés.

Les cours destinées aux récréations des élèves , dans les établissements d'instruction publique, doivent être spacieuses et plantées d'arbres ( voy.

Préau).

Les cours de service sont étroites dans les maisons des villes, et quelquefois vitrées pour donner au rez-dechaussée une pièce de plus.

Les cours des maisons de Pompéi étaient, pour la plupart, pavées en compartiments de marbre ou de mosaïque.

Chez les modernes, on trouve rarement un semblable luxe ; à part quelques exceptions, qui ne se rencontrent que dans des palais de souverains, les cours de toutes les maisons sont pavées comme les rues de la ville.

C'est à l'usage des voitures que l'on doit celui des cours étendues et proportionnées à l'importance des habitations et à la hauteur des bâtiments qu'elles comprennent.

Par extension, on appelle cour nonseulement l'aire comprise entre les bâtiments d'un palais ou d'une maison, mais encore l'ensemble même des intérieurs d'édifices; c'est ainsi que diverses cours sont célèbres par la disposition ou la décoration des portiques ou des façades qui les entourent. Nous en citerons quelques-unes parmi les plus connues.

La cour des lions de l'Alhambra, si fameuse par le massacre des Abencérages, est une des merveilles de l'art arabe. C'est un parallélogramme d'environ 30 mètres sur io mètres, entouré de porti(jues et dont chaque petit côté est occupé, en son milieu, par un pavillon. Les arcades des galeries reposent sur '128 colonnes de marbre blanc et sont recouvertes d'ornements très bien conservés, mais dont la couleur a disparu sous les couches de badigeon que des

restaurations maladroites y ont appliquées. Ces colonnes sont tantôt isolées, tantôt accouplées sans que la symétrie intervienne dans cette disposition, qui ne nuit pas, parait- il, à l'harmonie générale. Les chapiteaux, semblables dans leurs contours, présentent une très grande variété dans leurs ornements de feuillages. Au centre de la cour se dresse la célèbre Fontaine des lions, bassin en albâtre, de forme dodécagonale, sur douze lions debout, sculptés en marbre blanc.

La cour du Louvre est la plus belle partie de cet édifice ; elle a la forme d'un carré presque parfait (122 mètres sur 124), percé, dans ses quatre faces, de magniliques passages voûtés ornés de colonnes. Les bâtiments qui l'entourent ont un rez-de-chaussée et deux étages couronnés par un tcit à l'italienne avec une balustrade et des avant-corps accompagnés de colonnes cannelées d'ordre composite pour le bas et d'ordre corinthien aux 1" et 2^ étages. Les portes et les fenêtres sont ornées de chambranles et de corniches d'un goût exquis et d'une rare élégance. Le côté occidental n'a qu'un attique avec toit apparent à la place du 2^ étage. Au milieu de chaque face , le pavillon formant avant-corps est surmonté d'un fronton avec bas-relief dans le tympan.

La grande cour des Invalides ne manque pas de caractère. Oblongue et spacieuse, elle est entourée de portiques à deux étages. Dans l'axe de cette cour est un avant-corps très orné qui annonce rentrée de l'église.

Cours couvertes: On désigne ainsi les cours vitrées qui servent de halles, de magasins, d'atehers, etc.

Il est indispensable d'établir dans les couvertures de ces cours des orifices destinés au renouvellement de l'air; on les garnit habituellement de châssis mobiles également vitrés.

La ligure 1211 représente, en plan, une couverture vitrée établie dans une cour servant d'annexé à un magasin et

COUR

COUR

qui a 7 mètres de largeur sur 13 mètres de la poulie dans Taxe du châssis ; celui

Fig. 1211.

de longueur. Une seule pente en appentis forme cette couverture ; au point le plus bas est disposé un chéneau, tandis qu'à la partie supérieure est ménagée une plate-forme longitudinale permettant, h ce niveau, d'accéder au-dessus de la couverture, ainsi qu'aux châssis grillagés, placés au-dessus pour arrêter la chute des objets pesants. Soutenus par des consoles en métal encastrées dans les murs, le chéneau et la plateforme présentent des points d'appui résistants, dont le constructeur a profité pour y fixer des fers sur lesquels viennent reposer les abouts des fers à vitres. De plus, la portée de 7 mètres étant assez considérable, l'ensemble est soutenu, en son milieu, par une poutre en treillis, dont on voit la projection sur la figure.

Nous donnons aussi (fig. 121;2) un croquis perspectif indiquant la disposition des châssis ouvrants, placés au droit de la couverture, sous des grillages horizontaux qui leur permettent de se développer. On les manœuvre à l'aide d'une tige en fer rond, maintenue verticalement par un guide disposé au droit

Fig. 1212.

ci est pourvu de charnières fixées sur le fer de tète de la plate-forme et, lorsqu'il est fermé, il recouvre les deux fers à vitres de jouée.

Législation. Une cour peut être grevée d'une servitude de passage; dans ce cas, le passage peut s'effectuer dans toutes les parties de la cour, et le propriétaire ne peut y établir de nouvelles constructions que si elles ne nuisent pas à l'exercice de la servitude.

« Les cours formant passages publics « sont susceptibles d'être assimilées aux « voies publiques, en ce qui concerne la « police. Mais, pour les assujettir à ce (( régime, un arrêté municipal est né- « cessaire.

« Au point de vue de la police mu- « nicipale, sont réputées passage pu- (( blic :

(( 1° La cour communiquant par les « deux bouts à la voie publique et où (( tout le monde circule librement ;

« 2° La cour formant cul-de-sac, si « cette cour est ouverte au public et si « tout le monde peut y circuler comme « sur la voie publique légale. L'éta- « blissement d'une grille à l'un des <( bouts ou aux deux bouts ne change « pas le caractère public de la cour au « point de vue de la police : le public « peut y circuler librement.

« L'autorité municipale peut régler,

COUR

COUR

(( par arrêté, les pentes d'une cour for- (( mant passage public, si ces pentes ne <( sont pas suffisantes pour récoulement « des eaux ; prescrire la clôture des « angles et renfoncements qui pour- « raient y exister, si ces angles et ren- « foncements sont dangereux pour la « sécurité ou défavorables pour la salu- « brité ; ordonner la clôture des terrains « placés en bordure de cette cour ; im- « poser l'obligation de former des ruis- « seaux convenablement jointoyés. »

Toute maison de ville doit être pourvue d'une cour à l'usage de tous les locataires de la maison, du moins pour une certaine superficie dont le minimum est déterminé ainsi qu'il suit :

La superficie des cours doit être proportionnée à l'usage qu'on en fait et à la bauteur des bâtiments qui les bordent ou dans lesquels elles sont incorporées. Ainsi, dans les maisons à construire, il convient de donner à la cour au moins :

4 mètres pour un étage (minimum adopté par l'administration delà Seine) ; 7 mètres pour deux étages ; 40 » » trois étages ; 13 » » quatre étages ; 16 » » cinq étages.

Si l'on vient à surélever un bâtiment nouveau contenant ou bordant une cour, celte cour, toutes les fois qu'elle éclairera une ou plusieurs pièces, telles que cuisines, chambres à coucher, loges de concierge, ou toute autre pièce principale de l'habitation, devra être agrandie jusqu'au sol, suivant les proportions indiquées au tableau qui précède, à moins qu'elle n'ait déjà reçu les dimensions voulues en prévision de l'exhaussement.

Dans les bâtiments anciens, Fagrandissement des cours, suivant le même tableau, ne sera, au contraire, exigible en cas d'exhaussement que dans les hauteurs de cet exhaussement.

Les cours destinées à éclairer des lieux d'aisances peuvent n'avoir que 4 mètres de superficie au minimum, si

elles sont ventilées d'une manière continue au moyen d'un tuyau pratiqué au travers des caves.

Celui qui possède une cour au-dessus de la cave de son voisin peut êti-e contraint de la paver pour empêcher les infiltrations.

Si la cour est soumise à un droit de vue, le propriétaire ne peut couvrir celte cour, même par un vitrage.

Des dimensions réglementaires sont imposées pour les petites cours de service attenantes au mur mitoyen : ces cours sont ordinairement rectangulaires ; on doit laisser 1°',90 entre l'axe du mur mitoyen et la face du mur de la cour qui lui est parallèle; de plus, la cour même doit avoir en surface au moins 4 mètres carrés.

Des règlements administratifs sont en vigueur, à Paris et en province, au sujet des cours couvertes.

Ainsi, les pièces destinées à l'iiabitation devant être éclairées et aérées directement, le préfet de la Seine, à Paris, et les maires, dans les villes, ne peuvent laisser couvrir les cours intérieures, soit à la hauteur des premiers étages, soit à la hauteur des combles, qu'autant que les couvertures ne doivent pas nuire à l'aération des localités habitées.

Par délibération de 1863, la commission des logements insalubres de la Seine a admis la solution suivante pour les cours -ayant plus de 4 mètres superficiels : lorsque les localités qui y prennent jour et air sont affectées à l'habitation et se composent de cuisines, de chambres à coucher, de cabinets d'aisances, etc., la couverture de ces cours peut encore, dans la plupart des cas, être admise en contre-bas du comble de la maison, mais un espace sans couverture doit toujours être réservé au droit des couvertures des pièces habitées.

La superficie de cet espace libre, que la commission n'avait pas fixée, ne peut être , comme l'indique l'expérience ,

COUR

COURBE

moindre de 2 mètres ; il doit y avoir au moins i mètre de largeur.

N'est pas considérée comme nuisant à l'aération la couverture de la cour par un châssis vitré placé au-dessus des combles, si entre ce châssis et le comble un isolement de Û°^,50 au moins est réservé pour assurer la ventilation.

{Disposition adoptée par la commission des logements insalubres de Paris en 1863.)

Si la cour est très vaste et si des courants y sont établis, on peut, sans inconvénient, la couvrir en vitrage audessus du comble du bâtiment, même dans le cas où des localités habitées de jour et de nuit prendraient jour et air sur cette cour, sans exiger des espaces ouverts de 2 mètres superficiels audevant des baies de ces localités. Dans la majorité des cas, une lanterne à face verticale à jour peut suffire, pourvu qu'elle ait une superficie au moins égale au sixième de la superficie de la cour.

Si les localités prenant jour et air sur la cour servent de magasins, de dépôts, etc., l'intérêt de la salubrité n'exige pas l'interdiction de couvrir cette cour en vitrage ou autrement ; mais, dans tous les cas, on doit laisser un espace à jour d'au moins un sixième de la superficie totale de la cour. Une lanterne à jour sur toutes ses faces pourrait être permise au-dessous de ce vide, à la condition que les jouées de cette lanterne eussent au moins 0°',50 de hauteur (1).

Lorsque la cour n'a que 4 mètres superficiels, la couverture ne doit jamais être admise en contre-bas du comble de la maison si le rez-de-chaussée ou les étages inférieurs à cette couverturcprojetée sont habités et s'ils contiennent des cuisines, à moins que les lieux occupés ne reçoivent l'air et le jour par une autre voie.

(1) Ligcr, Dictionnaire historique et pratique de la voirie, de la police municipale, de la construction et de la contiguité des cours et courettes.

Quand il existe des lieux d'aisances, des cuisines ou des chambres à coucher directement au-dessous de la couverture de la cour, ces pièces peuvent être éclairées par le haut, dans la couverture de la cour, par des châssis à bascule, mais ces châssis ne doivent jamais présenter une superficie inférieure au sixième de la superficie de la pièce qu'ils éclairent.

Basse-cour (voy. ce mot).

Courant, s. m. — Fumisterie. Conduite de chaleur dont les parois sont en briques et le dessus en tuiles.

On établit le courant sous le carreau ou le parquet d'une pièce à rez-dechaussée. Une circulation d'air chaud est ainsi installée au moyen d'un poêle ou d'un calorifère construit dans le soussol.

Courant, adj. — 1° Mètre courant :

mètre linéaire.

S'' Main courante (voy. ce mot).

Courbaril, s. m. — Gros arbre résineux qui croît dans les contrées tropicales de l'Asie, de l'Afrique et de l'Amérique.

Le bois qu'il fournit est d'un rouge pâle, veiné de brun ; mais il brunit en vieilhssant et tient le milieu entre l'acajou et le palissandre. Il est dur et solide et prend bien le poli, qu'il conserve longtemps. On en fait de très beaux meubles, et son aspect accidenté de jolies veines, onduleuses et chevelues, a engagé les décorateurs à l'imiter en peinture.

Courbe, s. f. — 1° Ligne qui n'est ni droite ni composée de lignes droites.

2° Pièce de bois dont la face ou le plat est cintré.

3** Courbe de pose : courbe adoptée pour le cintre d'une voûte, et réglée de façon que cette voûte, une fois décintrée, prenne la forme qu'on veut lui donner.

COURCHATON.

COURONNE

3° Courbe rampante : se dil du limon courbe d'un escalier suspendu ou en spinale.

4'' Courbe des pressions : ligne brisée ayant pour sommets les points d'application des réactions mutuelles des voussoirs d'une voûte (voy. Poussée des voûtes).

Chemins de fer. 5° Courbe de raccordement : partie courbe d'une ligne servant à raccorder entre elles deux parties droites; on fait ces courbes circulaires et on leur donne, en général, de 700 à i,000 mètres de rayon.

Courbure, s. f. — Forme arquée d'une ligne, telle que le profil de la coupe d'un dôme, d'une feuille de chapiteau.

Courbure des bois : Il y a plusieurs procédés pour rendre les bois courbes.

1° On les place au-dessus du feu sur des supports de pierre ou de bois ;

2° On les amollit h l'eau bouillante, puis on les porte sur les formes qui doivent leur donner la courbure voulue ;

3** L'amollissement se fait dans une caisse en madriers dans laquelle on introduit de la vapeur ;

4° On enfouit les pièces sous un sable chaud et mouillé placé dans une étuve en maçonnerie, puis, comme précédemment, on les porte sur des formes.

Courchaton {Pierre de). — Pierre à bâtir que l'on extrait de la carrière de La Pérouse, commune de Courchaton, arrondissement de Lure.

Cette pierre porte de O'",3o à 0'",T0 de hauteur d'assise et pèse i2,o60 kilogr. le mètre cube. La charge nécessaire pour produire la rupture par écrasement est de 610 kilogr. par centimètre carré.

La pierre de Courchaton a été employée notamment aux ouvrages d'art du canal du Rhône au Rhin, du chemin de fer de Relfort à Besancon, et au fort du mont Vaudois.

Gourçon, s. m. — Menuiserie. Bois qui n'est pas de longueur. On en fait des panneaux de remplissage, des feuilles de parquet.

Serrurerie. Fer de Berry dont la forme est à pans, et dont la longueur varie de 0°^,60 à l'°,20.

Courge, s. f. — Corbeau de fer ou de pierre portant le faux manteau d'une ancienne cheminée.

Couronne, s. f.— 1° Sorte de bordure de pierre ou de balustrade de dimensions et de formes diverses, terminant le sommet d'une tour et présentant l'aspect d'une couronne.

2° Ornement de sculpture sur pierre ou sur bois (fig. 1213).

Fig. 1213.

L'usage des couronnes sculptées se trouve fréquemment appliqué aux monuments de l'architecture antique. Employées comme symboles ou à des titres divers, dans un grand nombre de cérémonies publiques ou privées, il n'est pas étonnant que les arts décoratifs s'en soient emparés pour l'ornementation des édifices. On voit des couronnes sculptées sur les autels, les cippes, les sarcophages, les vases, les trépieds, etc., et avec une grande variété de formes dans la composition et dans l'exécution. La figure 1214 représente une couronne civique, sculptée sur l'une des faces d'un sarcophage trouvé à Pompéi. On em- | ployait encore les couronnes pour la décoration des plafonds, des frises, des

COURONNEMENT

COURONNEMENT

dessus de poi'tes et d'un grand nombre

Fig. 1214.

de membres de Tarchitecture. Le petit monument de Thrasyllus , publié par Stuart, dans les Antiquités d'Athènes, présente une frise ornée de la manière la plus élégante, avec des couronnes répétées onze fois et composées de brandies d'olivier gracieusement entrelacées.

Comme ornements allégoriques, les couronnes peuvent encore, de nos jours, se placer, avec grâce et convenance, sur les édifices, surtout lorsqu'ils comportent avec eux l'idée de victoire ou de récompense publique.

3° Synonyme de frette (voy. ce mot' .

4° Couronne de poêle : ornement en faïence ou en biscuit dont on décore le haut d'une colonne de poêle.

0° Couronne de lumière : cercle de métal chargé de cierges qu'on suspendait autrefois dans les églises et qui servait pour les grandes cérémonies. Ces couronnes étaient souvent à plusieurs étages ou en pyramide, et portaient quelquefois des tourelles représentant ainsi une enceinte de ville. On leur donnait encore les noms de phares et de roues. L'usage des lustres remplaça, au xvii'^ siècle, celui des couronnes de lumière.

Couronnement, s. m. — Architecture. Tout membre ou ornement qui

termine un ensemble général ou particulier : ainsi, une corniche couronne un entablement, une lanterne couronne un dôme, une crête couronne un mur, un comble, etc. (voy. Corniche, Crête, Lanterne].

Nous nous bornerons à donner ici quelques exemples de couronnements ou amortissements.

La figure l^lo représente l'espèce de

Fig. 1213.

vase en feuilles d'acanthe qui forme l'amortissement de la couverture du monument de Lysicrate à Athènes.

Les pignons terminant les murs des

Fig. 1216.

édifices, tant au moyen âge qu'à l'épo-

COURONNEMENT

COURS

que actuelle, sont souvent terminés par des motifs de décoration qui forment couronnement ; ce sont tantôt des croix (fig. 1216), tantôt des figures dliommes ou d'animaux, seules ou accompagnées

Fig. 1217.

d'autres motifs, comme le montre la figure 1217, donnant un couronnement (\ç^ pignon en terre cuite.

Les grilles ornées sont ordinairement

Fi?. 1218.

surmontées de motifs décoratifs ; nous en donnons un exemple (fig. 1218).

Construction. Couronnement de voûte:

la partie la plus haute de l'extrados d'une voûte.

Charpente. About d'un chevron assemblé à enfourchement (voy. ce mol).

3ÏAÇ0NNERIE. Couronnement de cheminée : ces ouvrages se font en plâtre ou en pierre. Dans le règlement des prix qui y sont aiïeclés, on compte donc pour le premier cas : la moulure. Tendait en pente du dessus et la fourniture, pose et scellement des mitrons.

Dans le cas de corniches en pierre, on détaille ainsi qu'il suit : 1° cube de la pierre employée ; — 2'' montage de cette pierre ; — S*" taille des parements ; — 4° refouillement à la masse et au poinçon des trous pour le passage de la fumée ; — 5° taille des feuillures circulaires pour mitrons ; — 6° moulures du couronnement ; — 7° ragrément de la face et du dessus avec recoupement de O'^jOS formant pente (1).

Cours, s. m. — 1° Nom que l'on a donné, par abréviation, ta des lieux destinés aux courses. C'est ainsi que certaines rues, dans les villes d'Italie, ont reçu le nom de Corso, parce que autrefois s'y exécutaient des courses de chevaux.

Aujourd'hui, les cours sont de grandes avenues plantées d'arbres, situées en dehors ou aux extrémités d'une ville et qui servent de lieux de promenade.

2° Dans la construction, ce terme s'appUque, d'une manière générale, à une suite continue de plusieurs objets de même espèce placés bout à bout.

Maçonnerie. Cours d'assise : rang continu de pierres de même hauteur et posées de niveau.

Cours de plinthe : continuité d'une assise de pierres ou d'un bandeau de plâtre indiquant la séparation des étages dans les murs de face.

Charpente. Coî(r5 dépannes : suite continue de pannes posées bout à bout et formant la longueur d'un comble.

(1) Masselin, Dictionnaire raisonné du métré.

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