CLOAQUE
lettres qu'on ne pouvait rien comparer aux cloaques de Rome, tant pour leur grandeur et l'utilité de ces ouvrages, que pour les dépenses énormes qu'ils avaient dû occasionner.
Confiés d'abord aux censeurs et plus tard aux édiles, le soin et l'entretien des cloaques furent, sous les empereurs, remis entre les mains de magistrats particuliers nommés curatores cloacarum.
Pendant le moyen âge, ces égouts négligés s'obstruèrent. Grégoire IX, au xiii^ siècle, y fit faire quelques réparations et en établit même plusieurs autres. Dans la suite. Pie V et Sixte V nettoyèrent une partie de ceux de la rive gauche du Tibre et en construisirent de nouveaux sur la rive droite, aux environs du Vatican.
Paul V, Grégoire XV et Urbain VIII les étendirent sous la partie la plus habitée de la ville. C'est en exécutant ces travaux que l'on découvrit, près du Panthéon, de la place Navona et sur plusieurs autres points du Campo Marzo, diverses branches d'égouts antiques qui témoignent que les Romains avaient prolongé leurs cloaques, même sous le champ de Mars (1).
Enfin, Rome de nos jours est pourvue d'une canalisation souterraine, dont le système est composé de canaux partie antiques et partie modernes qui, recevant les eaux par de nombreuses ouvertures, ont achevé d'assainir la ville.
La plupart des villes gallo-romaines avaient des cloaques qui n'étaient certainement pas comparables à ceux de Rome, mais dont l'établissement avait dû être fait d'après le même principe (2). Des canaux principaux, d'une section plus considérable que celle des autres, conduisaient dans le lleuve, s'il y en avait un, les immondices qu'ils recevaient des rues sous lesquelles ils passaient, et des canaux secondaires ou embranchements venaient aboutir aux
{{) De Caumont, Abécédaire d'archéologie. (2) Letarouilly, Edifices de Romç modemç.
CLOCHE
CLOCHE
grandes voûtes. Faisant réparer le canal de TAgau , M. Pelet a découvert , à Nîmes, un canal souterrain semi-circulaire construit en moellons taillés en voussoirs de 0°',40 de hauteur. Le conduit avait 7 pieds environ de largeur sur 4 pieds et demi de hauteur. Des dalles longues de 9 pieds, larges d'environ 5 pieds, épaisses de 1 pied, recouvraient la voûte et formaient évidemment le pavé de la principale rue de la ville antique.
On a, de même, découvert, à Arles, en 1817, un autre cloaque de 12 pieds environ de largeur avec une voûte en pierres de taille d une grande épaisseur et percée, de place en place, pour recevoir les immondices.
A Vienne, il y avait un grand nombre de cloaques ou d'égouts se déchargeant, pour la plupart, dans le Rhône. Les villes de Lyon , Vaison , Besançon , Reims , Metz , Périgueux possédaient une canalisation souterraine.
Dans les localités dépourvues d'eau courante, les égouts se déchargeaient dans des cavités naturelles ou artificielles. On a quelquefois découvert des jmisards (voy. ce mot) remplis de blocs de pierre disposés pêle-mêle et destinés à absorber les eaux des cloaques de petite dimension.
Cloche, s. f. — 1° Instrument de métal sonore qui sert à donner divers signaux.
Les beffrois des maisons communes renferment des cloches pour annoncer les heures et prévenir les habilants dans certaines occasions, dans le cas d un incendie par exemple ; les tours des églises ou clochers en contiennent aussi pour appeler les fidèles aux offices ou annoncer les fêtes religieuses.
Une cloche se compose de trois parties : la cloche proprement dite, sorte de campane renversée, faite ordinairement en bronze, et qui forme la portion vibrante ; le battant ou marteau de fer, dont le choc sur le bronze produit le
son ; les anses, au moyen desquelles on suspend l'appareil à une armature en bois appelée hune ou mouton. Cette hune est munie de deux tourillons qui reposent sur un système de charpente servant de supports à l'ensemble et qu'on nomme particulièrement beffroi.
Les différentes parties de la cloche proprement dite ont reçu des noms particuliers ; on distingue la patte ou bord inférieur, qui est mince ; la passe ou 'pinse, partie la plus épaisse, contre laquelle frappe le battant ; les faiissures, courbure formée à l'endroit où la cloche s'élargit ; le vase ou corps de l'instrument, à peu près cylindrique ; le cerveau, partie supérieure renforcée par Yonde ou calotte. C'est au miUeu du cerveau à l'intérieur qu'est fixé l'anneau auquel est suspendu le battant. Celui-ci est en forme de poire très allongée terminée par un poids qui lui donne de la volée.
L'alliage qui forme le bronze , dit métal des cloches, se compose de trois parties de cuivre pour une d'étain ; aujourd'hui, on augmente la proportion de cuivre et on ajoute quelquefois un peu de zinc.
Le montage des cloches demande beaucoup de soins pour éviter dans les constructions qui renferment ces appareils les ébranlements qui pourraient en amener la ruine.
On commence par placer la hune dans le beffroi, les tourillons s'emboîtant dans les coussinets de cuivre qui doivent les supporter. Ensuite , on monte la cloche à l'aide d'un treuil et de moufles et l'on présente les anses, qui sont au nombre de six et placées deux à deux, dans des entailles préparées à l'avance sur la partie inférieure de la hune ; puis on les y assujettit au moyen de brides et de boulons.
La mise en mouvement se fait, soit à l'aide de cordes, soit par des pédales ou planches fixées au mouton, normalement à sa longueur, et le débordant de 0°',60 ou 0°^,70. C'est par la pression du pied
CLOCHE
CLOCHE
.sur les extrémités de ces pédales que deshommesmclteut l'appareil en branle.
Quand on emploie les cordes, on les fixe à l'extrémité de leviers cintrés liés à la hune.
Les beffrois dans lesquels on place les cloches ont pour but d'é(iuilibrer le poids de ces appareils et les forces qui proviennent de leur mise en mouvement et qui tendent à arracher une partie de la cage en charpente.
Les angles du beffroi (voy. ce mot) doivent être renforcés et les faces latérales avoir du fruit, surtout celles qui sont dire(ftement exposées aux efforts des composantes horizontales qui naissent du déplacement de la cloche.
Nous présentons (fig. 1041) un dessin perspectif d'un système de charpente
Fig. iOil.
proposé par M. Dutot et qui répond mieux que les anciens beffrois aux conditions nécessaires de stabilité.
L'emploi des cloches est très ancien ; les Égyptiens s'en servaient dans certaines cérémonies religieuses, et transmirent aux Grecs cet usage, qui passa ensuite aux Romains. Les chrétiens placèrent ces instruments dans les tours des églises, puis dans les beffrois des hôtels de ville.
D'abord simples et non ornées, les cloches devinrent très riches de décoration auxv" siècle. Leur poids a toujours été en augmentant : certaines cloches
fondues en Russie et en Chine pèsent plus de 100,000 livres.
Les sons différents produits par les cloches de grandeurs diverses ont permis de composer avec ces instruments des carillons (voy. ce mot).
Des cloches de petites dimensions sont placées dans les cours des collèges, des monastères , des exploitations rurales, etc., pour indiquer les heures des repas ou régler le temps des occupations diverses de la journée.
2° On appelle cloche, dans un calorifère à air chaud, la partie en fonte de forme hémisphérique qui est placée au-dessus du foyer (voy. Chauffage).
3° Cloche de plongeur ou à plongeur, appareil qui permet de visiter et même d'exécuter certains travaux hydrauliques.
Le principe sur lequel est basée la construction de cet appareil est le suivant. Si l'on plonge verticalement dans un liquide un vase renversé, le liquide ne pénètre pas dans l'intérieur du vase, en vertu de l'impénétrabilité de l'air ; on peut donc sans danger y placer des hommes et les descendre au fond de l'eau.
La cloche à plongeur ordinaire est un tronc de pyramide quadrangulaire ou-
vert par le bas, entièrement en fonte et coulé d'un seul jet (fig. 1042). Deux
CLOCHER
sièges A et B placés à Tintérieur peuvent recevoir chacun une ou deux personnes ; des cordes C, fixées à des anneaux , permettent de suspendre les outils dont les travailleurs ont besoin.
L'éclairage a lieu par des lentilles de verre incrustées dans la partie supérieure. Un fort tuyau de cuir, vissé sur une ouverture pratiquée au sommet de la cloche, communique avec une pompe foulante placée sur un échafaud ou sur un bateau et sert au renouvellement de Tair.
L'appareil est suspendu à des chaînes
engagées dans des anneaux fondus avec
.le corps de la cloche et rehés à une
chaîne principale qui s'enroule sur un
cabestan installé sur le navire.
Clocher, s. m. — Construction en forme de tour, élevée au-dessus ou à côté d'une église et dans laquelle on suspend les cloches.
C'est au vn*^ et au vni^ siècle que l'on commença à construire des clochers pour appeler les fidèles à la prière. Les plus anciens que l'on connaisse sont des tours rondes, isolées de l'éghse, comme on a souvent continué de les placer en ItaUe et, plus rarement, en France.
Plus tard, on les éleva aux angles de latrium, puis enfin on les fit attenant à l'église dont ils devaient indiquer l'emplacement.
Parmi les clochers isolés de l'Italie, nous citerons celui de l'église cathédrale de Pistoja, ville de la Toscane. Ce clocher, représenté, en vue perspective, par la figure 1043, offre, à la partie inférieure un massif à surfaces nues, sans doute pour leur donner plus d'assiette et de solidité. La partie supérieure est seule ornementée. Trois galeries superposées et établies sur les (luatre faces de la tour donnent à cette partie une grande élégance. Un dernier étage, surmonté d'un toit tronqué, avec beffroi, couronne l'éditice.
Fréquemment le monument a plu-