‹ Dictionnaire des termes employés dans la construction (volume 3)Chapitre 9 sur 232 · CLOCHER · texte numérisé non relu

CLOCHER

sieurs clochers; ainsi, on en compte jusqu'à sept ou huit, mais plus ordinai-

Fig. iU4:J.

rement trois, dans les grandes églises épiscopales ou abbatiales, savoir : un

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principal au centre de la croisée et deux secondaires aux côtés du grand portail.

Ces derniers rappellent ceux qui flanquaient primitivement, comme nous l'indiquons ci-dessus, la façade extérieure de l'atrium.

Le clocher principal est souvent le clocher unique; étant placé au centre de la croisée, il prend naturellement, au moins à sa base, la forme rectangulaire. Dans les clochers élevés, cette forme s'arrondit plus ou moins vers le sommet ; en effet, les angles sont abattus une ou plusieurs fois, dans le passage d'un étage à Tautre, de manière à présenter Tun des polygones engendrés par le carré ; quelquefois môme le cercle proprement dit termine cette série de transformations. Les emplacements laissés libres par les quatre premiers angles abattus ont été, dès une époque très ancienne, occupés par des clochetons (voy. ce mot).

Suivant les formes qu'ils présentent, on a désigné les clochers sous différents noms.

On les a appelés tours lorsqu'ils finissent brusquement en terrasse ou par un toit peu visible (voy. Tour) ; pyramides, lorsque la construction se termine en pointe, au moyen de retraits successifs rectilignes ou curvilignes ; flèches, quand le sommet est surmonté d'un toit'aigu ; dômes , lorsque ce toit s'arrondit en segments sphériques ou en pyramide curviligne; aiguilles, s'il présente un cône ou une pyramide très allongée (voy. ces différents mots).

Parmi les formes usitées dans les campagnes pour les clochers, on rencontre le clocher à deux ou à quatre pignons, le premier recevant le nom de bdtière (voy. ce mot) ; le clocher de charpente revêtu de plomb ; le clocher de charpente couvert d'ardoises ou de bardeaux ; le clocher arcade, simple arcade sous la([uelle la cloche est suspendue.

Si Ton considèni les clochers du moyen âge au point de vue de l'ornementation, on les voit composés, aux

XI® et XH^ siècles, d'arcades superposées par étages, une colonne centrale subdivisant ces baies en arcades secondaires si elles ont une certaine étendue.

Plus tard, les arcades du clocher s'allongent en lunette n'offrant plus qu'un seul étage ; la colonne centrale devient prismatique et annulaire sur un ou plusieurs points de sa hauteur ; elle finit par disparaître de l'arcade, qui devient de plus en plus aiguë et qui est bordée de colonnettes et d'archivoltes en retraite. On voit alors apparaître les toits élancés en pierre, chargés d'imbrica-

Fig. 1044.

tiens figurées. La figure 1044 représente un des clochers en pierre de la cathédrale de Chartres.

Au xiV^ siècle, la baie perd ses colonnes et son ornementation fine et délicate ; les contreforts des quatre angles se renfient et se prolongent en clochetons arrondis.

Le xv° siècle amène les baies évasées ou surbaissées, pourvues de meneaux au moins à leur partie supérieure et d'abat-sons au-dessous; les lignes contournées et fiamboyantes, les arcs rampants et autres ornements de cette époque sont d'abord d'une exécution fine et légère, puis deviennent lourds, à mesure que la Renaissance approche.

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CLOCHETON

C'est encore au xv^ siècle qu'apparliennent les clochers de charpente revêtus de plomb et décorés de crosses et autres motifs pris dans la flore (1).

Le xvi° siècle remplaça tout ce luxe de pointes et d'aiguilles par plusieurs ordres superposés. Le mouvement avait déjà commencé en Italie, où Ton remarque certains clochers de composition et de proportions bien entendues. La figure 104o (2) représente le clocher de l'église

Fig. 1043.

du Saint-Esprit à Rome, monument du Palais du Commandeur di S. Spirito. Ce clocher est divisé en deux étages doubles avec arcades en plein cintre et pilastres aux angles et au milieu des quatre faces ; il est, comme la plupart des clochers de cette époque, recouvert d'un toit plat.

(1) Instruction du Comité historique des arts et monume7its.

(2) Letarouilly, Édifices de Rome moderne.

A partir du xvu^ siècle, l'usage s'établit de terminer les clochers en forme de dômes ou de les recouvrir d'une calotte arrondie.

Au xvni'' siècle, les clochers ont quelquefois l'aspect de tours élancées, composées d'un nombre indéterminé d'étages et d'arcades superposées. On trouve fréquemment, dans les campagnes, des clochers en dôme avec petit toit hémisphérique appartenant à cette époque.

A l'intérieur des clochers est disposée la charpente ou beffroi qui doit supporter les cloches ; les baies, placées à la hauteur de ces appareils, sont garnies d'abat-sons (voy. ce mot).

Clocheton, s. m. — Amortissement en forme de clocher qui surmonte une tourelle, un contrefort, etc.

Les clochetons qui nous restent de l'époque romane sont peu nombreux ; leur forme générale est celle d'un cône arrondi par le sommet.

A partir de la seconde moitié du xn*" siècle, ils accompagnent la flèche sur les clochers ou occupent les angles des façades et des transepts et semblent devoir être rangés parmi les innovations qui forment le passage de la période romane à la période ogivale.

Au xm^ siècle, les contreforts sont couronnés de clochetons auxquels on donne aussi le nom de pinacles. Hs offrent en petit l'image des tours avec ouvertures en forme de lancettes géminées ; la plupart se terminant par une flèche octogone ou par une pyramide quadrangulaire. On en voit même quelquefois qui, comme à, la cathédrale de Constance, se composent de plusieurs étages superposés au-dessous du toit conique. L'escalier conduisant au sommet des tours correspond ordinairement à l'un des clochetons.

C'est encore au xni^ siècle qu'apparaissent sur les arcs-boutants, les clochetoîis carrés, fréquemment à jour.

Celui que nous donnons (fig. 1046) est un des clochetons du chœur de Notre-

CLOCHETON

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Dame de Paris ; chacune des faces de la

Fi^. 1046.

tourelle est surmontée d'un petit fron- (on triangulaire terminé par un fleuron ; les arêtes du toit pyramidal sont ornées de crochets.

A.U xiv° siècle, les ornements s'amaigrissent, les clochetons des tours sont souvent octogones et pi'ésentent également un petit fronton tiiangulaire audessus de cluuiue face de la tourelle, à la naissance du toit pyramidal.

A partir du xv' siècle, les clochetons offrent assez souvent des tourelles, sans ouvertures latérales, dont les faces sont ornées de panneaux simulés ; les aiguilles sont pleines et hérissées de crosses, de boiiruvons, de fleurons, etc.

A la Krnaissance, ces amortissements jucuncnt l'aspect d'édicules à coupole,

comme celui que représente la figure 1047 et qui se trouve au-dessus du por-

Fig. 1047.

église Saint-Eustache à

tail latéral de Paris.

Les boiseries intérieures des églises sont ornées de clochetons à partir du xv*' siècle ; les grilles mêmes en sont décorées.

Clochette, s. f. — Voy. Goutte.

Cloison, s. f. — Nom que Ton donne aux murs légers qui servent à former les divisions intérieures des bâtiments, et pour la construction des- (juels on emploie la pierre, la brique, le plâtre et le bois.

Les cloisons en inerre de taille sont formées de pierres minces de 0'°,10 à 0'",20 d'épaisseur, posées de champ et en délit les unes au-dessus des autres.

Les cloisons en briques sont faites en matériaux creux ou pleins posés à plat ou sur champ. Les cloisons en briques

CLOISON

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sur champ (fig. 1048) sont légères et occupent fort peu de place ; on se sert,

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Fig. 1048.

pour les construire, de briques dont Tépaisseur varie de- 0^,03 à 0°',06. Les cloisons en briques à plat ont pour épaisseur, les unes la largeur 0"',11, les autres, la longueur 0°',2:2 d'une brique, non compris les enduits ; ce dernier genre de cloison prend déjà le nom de mur. On dit que les murs sont construits, les premiers , en briques de panne, les autres en briques boutisses;

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