‹ Dictionnaire des termes employés dans la construction (volume 4)Chapitre 120 sur 349 · HOTEL-DIEU · texte numérisé non relu

HOTEL-DIEU

de maisons communes ou mairies (vov.

ce mot).

La création des hôtels de ville date de ratïranchissement des communes ; ces monuments sont les témoignages des premières libertés publiques depuis la cbute de l'empire romain.

Le Nord surtout nous oITre encore de nombreux exemples de semblables édifices, qui nous montrent, par leurs vastes proportions, quelle importance attachaient les populations à ce qu elles regardaient comme leur propriété commune, le bien appartenant à tous les citoyens.

La disposition générale d'un hôtel de ville du moyen âge, construit ordinairement sur la place centrale de la cité, est la suivante : au rez-de-chaussée, portiques plus ou moins ouverts servant de halles et de marchés publics ; au-dessus, les bureaux, les archives de la commune et la grande salle destinée aux assemblées, aux élections et aux fêtes ; au milieu ou à un anale de la façade, un beffroi (voy. ce mot) qui servait à donner le signal annonçant l'ouverture des assemblées populaires, ou à appeler les bourgeois à prendre les armes pour marcher à Tennemi. Le beffroi et la grande salle étaient les parties les plus importantes et les plus caractéristiques de rédifice. Occupant souvent toute la longueur de la façade, éclairée par de nombreuses fenêtres , cette salle était décorée aussi richement que le permettaient les ressources de la ville. La tour du beffroi était portée à une grande hauteur et dominait même quelquefois celle des. églises.

Parmi les hôtels de ville les plus remarquables on peut citer : en Belgique, ceux de Bruxelles, de Bruges, de Louvain, d'Anvers, de Gand et d'Ypres, dont les beffrois sont très élevés ; en Hollande, celui d'Amsterdam ; en Suisse, ceux de Berne et de Bàle ; en Italie, ceux de Florence, de Sienne, de Pistoja, de Padoue ; en France, ceux de Reims, de Lille. d'Arras, delà Rochelle,

de Toulouse, de Gompiègne, de Rennes, de Lyon, Tancien hôtel de ville de Paris détruit en 1871, et au sujet duquel nous entrerons dans quelques détails.

Ce monument, le plus vaste de tous les édifices du même genre que nous venons d'énumérer, datait du xvi" siècle et fut commencé sous François I". d'àprès les dessins d'un architecte italien, Dominique Boccador de Cortone. Les travaux, interrompus pendant un assez grand nombre d'années, ne furent achevés qu'en 1628 ; mais Y hôtel de ville n'avait pas alors l'étendue qu'il possédait à l'époque de sa récente destruction. C'est vers la fin du siècle dernier que des annexes y furent ajoutées et ce n'est qu'en 1844 que la majeure partie des nouvelles constructions, dues à MM. Lesueur et Baltard, put être utilisée. Le premier de ces deux architectes fit exécuter la façade sud et le second la couverture, le magnifique escalier de la cour d'honneur et le campanile. m

Pour donner une idée des services divers" qui peuvent entrer dans un hôtel de ville de premier ordre, nous ne pouvons mieux faire que donner le programme du concours qui a été ouvert pour la reconstruction du nouvel hôtel de ville de Paris :

1° Logement particulier du préfet; 2° appartement du préfet ; 3° conseil municipal ; 4° conseil de préfecture ; 0'' deux salles de réunions publiques; 6° cabinet du préfet; 7° secrétariat général ; 8° direction des affaires étrangères ; 9° direction de l'enseignement ; 10° direction des travaux; 11° direction des eaux et des égouts ; 12° service d'architecture ; 13° service de l'asent-vover en chef du département ; 14° direction des finances ; 15° service des caisses municipales et des titres ; 16° services divers au rez-de-chaussée ; 17° bibliothèque et logement du chef de matériel et de quatre garçons dans les combles ; 18° watcr-closets avec urinoirs.

Hotel-Dieu, s. m. — Voy. Hôpital.

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