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HYGIÈNE

Hygiène, s. f. — Hygiène des bâtiments : ensemble des conditions de salubrité qu'exige la conservation de la santé publiijue ou privée dans la construction des édifices.

C'est dans les anfractuosités du sol.

dans les cavernes et les souterrains que l'homme des temps préhistoriques cherchait un abri contre les intempéries des climats. Aujourd'hui encore, les habitants de la Géorgie et de la Russie méridionale vivent dans des demeures souterraines qui les garantissent du froid. Dans les grandes plaines de l'Asie, des populations entières habitent sous la tente. Dans les régions arctiques, les Esquimaux se construisent des maisons de glace. Quelques contrées de l'Europe, telles que certaines parties de la Suisse et de la Lombardie, sont occupées par des groupes vivant au milieu des eaux, dans des habitations lacustres. Des matériaux de toutes sortes, tels que la pierre, la brique, le bois, le fer, etc., sont employés à la construction des édifices publics ou privés dans les diverses régions du globe. On voit donc que l'homme est soumis, sous le rapport de l'hygiène, aux conditions les plus diverses. 3Iais il existe, à ce point de vue, des règles générales que le constructeur doit observer, particulièrement sous le rapport de la ventilation et du calorique nécessaire. Nous donnerons ici ces règles, en tenant surtout compte des conditions climatériques de nos pays.

Tout d'abord, disons qu'un adulte renfermé dans une pièce doit avoir à sa disposition un cubage d'air de 20 à 60 mètres cubes. H est admis, en effet, qu'un adulte absorbe par heure de 20 à 25 litres d'oxygène et qu'il exhale, dans le même espace de temps, de 15 à 20 litres d'acide carbonique. Il s'ensuit qu'au bout de quelques heures l'air de la pièce contiendra plusieurs millièmes d'acide carbonique; or, l'air qui renferme 7 à 8 millièmes de ce gaz produit déjà un sentiment de malaise sur les personnes qui le respirent. Il faut donc éviter de

dépasser ce chiffre, à l'aide de la ventilation (voy. ce mol).

Le maintien du calorique nécessaire, c'est-à-dire l'abri contre les etTets de la température extérieure, est obtenu, dans les pays chauds, par l'absence de fenêtres, par des cours intérieures pourvues d'eaux jaillissantes ; dans les pays froids, comme la Russie, par des murs doubles enveloppant des espaces chauffés ; dans les pays tempérés , comme l'Europe occidentale, par le chauffage des pièces renfermées dans des murs simples.

L'éclairage, qui contribue à vicier l'air d'une façon notable, doit être l'objet de sérieuses préoccupations de l'architecte. En effet, une bougie ordinaire et une lampe brûlant 10 grammes d'huile par heure consomment 100 litres d'air à 15° et produisent 15 litres d'acide carbonique dans le même laps de temps, un bec d'éclairage brûlant de 130 à 150 litres de gaz enlève à l'air 190 à 220 litres d'oxygène.

Enffn, les matériaux employés dans les constructions ont une influence particulière sur la salubrité des bâtiments. Les fondations établies sur un terrain sec, résistant, incompressible sont les meilleures. Les pilotis, les puits de béton employés dans les terrains humides ou compressibles offrent encore assez de solidité. Pour la construction des murs, la pierre et la brique sont préférables au bois. Le pisé (voy. ce mot) doit être absolument rejeté comme n'otîrant aucune solidité et ne résistant pas à faction de l'eau. Le fer et le verre préconisés dans certains pays, comme très favorables à la répartition de la chaleur, de la lumière et de la ventilation, ne garantissent pas plus que les autres matériaux du danger d'incendie, puisqu'en pareil cas, le feu s'attaque non pas aux murs, mais au mobilier et aux objets renfermés à l'intérieur.

Quant à l'humidité, très difllcile à combattre dans les constructions, des procédés très divers sont employés pour s'en garantir autant qu'il est possible.

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Etant donné ces considérations générales, examinons comment les meilleures conditions hygiéniques peuvent être obtenues dans les cas particuliers.

Habitations privées. Tout d'abord, il est nécessaire, en vue de la bonne distribution de la lumière et de la libre circulation de Tair, d'établir un rapport entre la largeur des rues et la hauteur des maisons qui les bordent. En France, à Paris notamment, ce rapport est déterminé par des règlements administratifs (voy. Façade).

La superposition des étages, adoptée dans la plupart des villes de l'Europe, a rinconvénient de diminuer considérablement la proportion d'air et de lumière qui revient à chaque appartement. Aussi, faut-il ménager des cours intérieures que Ton fait d'ordinaire étroites , mais qui devraient être spacieuses, dallées ou bitumées et non pavées, pourvues de moyens d'écoulement faciles pour le débit des eaux malpropres (voy. Cour).

Dans les appartements mêmes, lorsque toutes les pièces sont de plain-pied, la situation de la cuisine doit être déterminée de manière à ce que cette pièce n'incommode point les habitants par l'odeur des aliments et par les dégagements d'acide carbonique et d'oxyde de carbone que produit le fourneau. La ventilation de la cuisine doit aussi être particulièrement étudiée en ce qui concerne la salubrité des maisons particulières, de même que l'aménagement des lieux d'aisances (voy. Cabinet, Latrines).

A Paris , les conditions générales àliygiène et de salubrité auxquelles doivent satisfaire les habitations privées sont établies par des règlemenls de police (voy. Salubrité).

Edifices publics. L'application des règles de Vhygiène demande ici des aménagements particuliers, en raison de la destination spéciale de chaque genre d'édifices.

Les monuments religieux présentent, pour la plupart, des obstacles presque insurmontables à l'établissement de

bonnes conditions hygiéniques ; Fimmensité du vaisseau rend le chauffage très difficile et la fermeture continue des baies, ornées de vitraux, s'oppose tant au renouvellement de l'aération qu'à la distribution uniforme de la lumière.

L'architecte se heurte ici à la disposition de l'édifice, défectueuse sous le rapport de VInjgiène , mais nécessitée par des considérations multiples d'ordre différent. Nous devons dire cependant qu'on s'efforce aujourd'hui d'établir dans les églises des systèmes de chauffage par calorifères ; mais ce mode est à la fois insuffisant et très dispendieux, en raison de la chaleur perdue dans l'immensité des nefs.

Dans les théâtres, il est plus facile de résoudre les questions diverses d'éclairage , de chautïage et de ventilation.

Des procédés plus ou moins efficaces sont appliqués depuis- longtemps (voy.

Théâtre, Ventilation).

Les établissements d'instruction publique, tels que les écoles et lycées, doivent être pourvus d'un large renouvellement d'air et d'une distribution abondante, facile de la lumière. La capacité des classes et des dortoirs doit être calculée en raison du nombre d'élèves que ces salles sont appelées à contenir. L'infirmerie demande une installation séparée des autres corps de bâtiments (voy. École).

La construction des casernes ne répond pas, la plupart du temps, aux conditions hygiéniques que l'on devrait exiger pour ce genre d'établissements. Souvent, d'ailleurs, on se contente de transformer de vieux bâtiments avec le moins de frais possible et d'y entasser un nombre d'hommes considérable. Reconnaissons, cependant, que des améliorations sensibles sont réalisées, de nos jours, dans la construction des nouvelles casernes (voy. ce mot).

Dans les prisons, les conditions spéciales, telles que l'étroitesse et l'obstruction des baies, le peu d'emplacement réservé aux cellules, aux préaux, etc.,

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