LOUDUN
LOUPE
La hauteur d'assise de cette pierre va jusqu'à 2 mètres; elle pèse 2,630 kilogr. le mètre cube et s'écrase sous une charp:e de 670 kilogr. par centimètre
carré.
Losange, s. m. — Figure géométrique représentant un parallélogramme dont les quatre côtés et les angles opposés sont égaux.
L'architecture romano-byzantine présente des exemples d'ornements en losange, en creux ou en relief, disposés sur les moulures plates des archivoltes et des corniches.
Les mosaïques offrent aussi des panneaux en losange.
Losange, part, passé. — Se dit d'un membre d'architecture tel que bandeau, corniche ou colonne, qui est décoré de losanges (voy. ce mot).
Loabières {Pierre de). — Calcaire compact, dur, qui provient de la carrière de l'Espagnol, commune de Loubières, arrondissement de Foix.
Cette pierre est de couleur gris café au lait ; elle est susceptible de poli. Sa hauteur d'assise est de 1 mètre; elle pèse de 2,730 à 2,770 kilogr. le mètre cube et s'écrase sous une charge de 650 à 770 kilogr. par centimètre carré.
Louchard, s. m. — Nom que l'on donne à une variété de pierre calcaire tendre que l'on extrait du département de la Vienne.
Louchet, 5. m. — Sorte de bêche ou boyau que l'on emploie pour fouiller les terres meubles.
Louchon, s. m. — Nom que les charpentiers donnent à un tronc de sapin sans nœuds.
Loudun (Tuffeau de). — Craie tuffeau, blanchâtre, tendre, homogène, que l'on extrait des carrières des Grandes-
Caves, commune et arrondissement de Loiidun.
Cette pierre pèse de 1,360 à 1,380 kilogr. le mètre cube et s'écrase sous une charge de 55 à 70 kilogr. par centimètre carré.
Lougres (Pierre de). — Calcaire oolithique, dur, provenant des carrières d'Armont et de la Côte-aux-Chevaux, commune de Lougres, arrondissement de Montbéliard.
Cette pierre, de couleur grisâtre, avec taches bleues, est susceptible de poli ; elle porte de 0-,20 à O'^JO de hauteur d'assise.
Loup, s. m. — 1° Forte pince recourbée à l'une de ses extrémités et avec laquelle on arrache les vieux clous.
2° Découpure à dents de loup : découpure qui forme une suite d'angles aigus (voy. Dent).
3° Dent de loup : gros clou qui sert à fixer les poteaux d'une cloison.
4° Gueule-de-loup [y 0^. ce mot).
5° On dit vulgairement faire tm loup dans un ouvrage, lorsque l'on commet une erreur quelquefois assez grave pour que le travail ne puisse pas servir.
Loupe, s. f. - 1° Sorte de barre en bois pourvue, à sa partie supérieure, d'une ouverture dans laquelle on peut passer la main et qui sert aux peintres en décor et aux doreurs pour s'asseoir ou se lever.
2° Masse spongieuse de métal réduit que, dans la métallurgie du fer, on bat pour que le métal s'agrège et donne du fer ductile.
3° Défaut des bois qui se manifeste par des excroissances sur le tronc ou sur les branches de certains arbres.
C'est une espèce d'exostose très grosse et recouverte d'une écorce, qui est comme galeuse et très ridée ; elle est d'un bois très dur, et dont la direction des fibres est en divers sens.
LOUPE
LOUVE
La science n'a pas encore bien résolu si la loupe est un produit spontané, adéquat, propre à la nature même de Tarbre, ou provenant d'un germe dévié; si elle est causée par la piqûre d un insecte particulier, ou si elle est engendrée à la suite d'un choc extérieur, ou de tout autre elïet violent, quand la plante était encore à l'état rudimentaire d'arbrisseau ; ce qui reste constant, c'est que c'est une extravasion de la sève.
La loupe procède pour sa formation à la manière des racines. Le tissu cellulaire serpente dans l'intérieur, que des fibres longitudinales traversent et entrelacent de toutes parts, et la sève, qui recouvre annuellement toutes les sinuosités extérieures d'une couche de nouveau bois, y produit à peu près l'effet rubané des albâtres. De là, naissent tous les accidents bizarres qu'on observe dans les racines, aussi bien que dans les loupes, et qui en font la beauté. Ces accidents et le bois même que renferme la loupe sont plus fins, plus serrés que ceux de la souche, avec laquelle elle a beaucoup d'analogie.
Certains arbres sont particulièrement affectés de loupes, entre autres l'orme, le frêne, le noyer, etc. L'arbre entier du frêne devient quelquefois complètement loupeux, et le bois uni disparaît.
Les loupes sont fréquemment employées pour le placage. On en distingue trois variétés : la lonpe blanche, la loupe rousse on jaune et la loupe brune.
La loupe blanche est celle qu'on débite le plus souvent en feuilles pour le placage, parce que son dessin est plus frisé et plus tigré que celui de la loupe rousse. La loupe, rousse est supérieure par son dessin à la loupe brune. Elle sert pourtant peu comme bois de placage. La loupe brune est rarement saine, et presque toujours elle est traversée par des veines pourries ; elle se fonce en couleur quand on la laisse séjourner dans l'eau croupie ; les ébénistes s'en servent peu. La loupe blanche est toujours à l'extcrieur dans le même arbre ;
la rousse ou jaune, dans le cœur du bois, vers le haut du tronc ; la brune, dans le cœur du bois aussi, mais vers le bas. Suivant le sens dans lequel on scie ces. loupes, on les obtient flammées ou frisées.
Les loupes de bois sont fort recherchées pour certains usages ; celles de l'orme, par exemple, servent à faire de jolis ouvrages de tabletterie. La peinture de décoration a tiré un parti fort avantageux de l'imitation des loupes.
Lourdes. — 1° Dalles de Lourdes :
calcaire argileux, schistoïde, dur, noir d'ardoise, que l'on tire de la carrière Bourié, commune de Lourdes, arrondissement d'Argelès. Cette pierre porte de 0"",10 à 0°',oO de hauteur d'assise.
2° Pierre-marbre de Lourdes : calcaire cristallin, bleuâtre-clair, tacheté de noir, provenant de la carrière de Peyremalle, commune de Lourdes, arrondissement d'Argelès. Cette pierre, susceptible de poli, offre une hauteur d'assise indéfinie.
Lourdines {Pierre des). — Calcaire tendre ou demi-dur, blanc, à grains très fins, un peu crayeux, homogène, que l'on tire des carrières des Lourdines ou de Château-Gaillard, commune de Migné , arrondissement de Poitiers.
Cette pierre, qui porte de 0'°,50 à l'°,10 de hauteur d'assise, pèse 2,070 kilogr. le mètre cube et s'écrase sous une charge de 225 kilogr. par centimètre carré.
Louve, s. f. — Outil de fer à deux branches que l'on emploie pour le montage des matériaux.
Les Romains se servaient de louves pour élever les blocs de pierre à la hauteur à laquelle ils devaient être placés. La figure 2145 représente un de ces instruments, composé de deux branches, qui s'introduisaient fermées dans un trou pratiqué en queue d'aronde dans
LOUVE
LOUVE
la pierre. On les ouvrait alors en tirant sur les queues annelées, de façon à pouvoir introduire à coup de maillet la clef, qui faisait écarter les extrémités
Fig. 2145.
inférieures des branches contre les parois inclinées du trou. La corde de la poulie, passée ensuite dans les deux oreilles, permettait d'enlever la pierre. On voit (fig. 2146) une louve décrite par Vitruve ; elle consistait en deux pièces de fer AD, BC, en forme de ciseaux ou de tenailles, un peu recourbées par le bas, pour serrer la pierre
Fig. 21i6.
dans deux trous pratiqués à cet effet.
Une corde passée dans les deux anneaux ménagés à la partie supérieure des branches rapproche, en tirant, les deux extrémités et, par suite, serre les deux pointes inférieures.
Nous donnons aussi en A (fig. 2147) une louve composée d'une clef accompagnée de deux coins D, D ; ceux-ci étaient d'abord introduits dans un trou pratiqué dans la pierre en forme de
queue d'aronde ; on les écartait en les pressant contre les parois de la cavité, on introduisait la clef entre deux et Ton rendait toutes ces pièces solidaires au moyen d'une cheville E. On se sert encore aujourd'hui d'un engin analogue.
Une louve à deux branches représentée par la figure 2148 est de même employée de nos jours; comme dans le pre-
Fig. 2148.
mier des outils de ce genre dont nous avons parlé ci-dessus, les extrémités supérieures se rapprochent, tandis que celles du bas s'écartent.
LUCARNE
LUCARNE
Ce procédé de montage des matériaux n'est plus guère usilé.
Louver, v. a. — Poser une pierre en se servant de la louve (voy. ce mot).
Louveiir, 5. m. — Ouvrier qui fait les trous destinés à recevoir la louve dans le montage des pierres.
Louvières [Chaux des). — Chaux hydraulique ordinaire fabriquée à l'usine des Louvières, dans le département de la Marne.
Louvigné (Granit de). — Granit commun, dur, blanc-grisâtre el bleuâtre, qui provient de la carrière de Mont- IjOiw'xev, commune de Louvigné-le-Désert, arrondissement de Fougères.
Le massif est de 40 mètres d'épaisseur et donne des blocs de toutes dimensions.
Lucarne, s. f. — Ouverture pratiquée dans le rampant d'un comble pour éclairer et aérer une chambre en galetas ou un grenier ménagé sous le toit.
Les lucarnes datent du xui« siècle ; on les fit alors, soit avec devanture en maçonnerie, soit entièrement en charpente apparente, recouverte de plomb ou d'ardoises.
Parmi les lucarnes en pierre du moyen âge, on remarque d'abord celles dont la devanture repose sur la corniche, au nu du mur de face; nous en donnons un exemple sur la figure 2149, qui représente, à l'échelle de 0™,02 pour mètre, l'élévation d'une lucarne en briques, à Furnes, en Relgique.
Le cliâleau de Blois possède des lucarnes qui datent du règne de Louis XII (fig. 2150) et dont la devanture porte également sur la corniche ; elles sont composées de pieds-droits avec allège et d'un linteau terminé par un gable et un tympan qui est orné de rosaces finement sculptées; une balustrade peu éle-
vée relie ces baies et forme le couronnement de la corniche.
Fig. 2149.
Dans d'autres baies de ce genre, l'ouverture descend plus bas que la corniche ; on a imité aujourd'hui ces sortes de lucarnes dans certaines constructions d'architecture gothique, comme à l'archevêché de Sens (fig. 21oI).
La Renaissance ramenant le goût de l'antique, les lucarnes se surmontèrent de frontons (fig. 2152) et s'entourèrent de chambranles à moulures.
Les lucarnes en charpente apparentes sont tantôt de petites dimensions et constituent alors de simples chiens-assis, destinés à éclairer le comble (fig. 2153), tantôt de véritables fenêtres.
Les lucarnes sont composées, en général, de deux portions triangulaires en pans de bois que l'on nomme joues ou
LUCARNE
LUCARNE
jouées, assemblées dans les chevrons
Fig. 2150.
latéraux de l'ouverture, appelés chevrons de jouées et auxquels on donne plus d'épaisseur qu'aux autres chevrons.
Les jouées de \a lucarne supportent le toit de la baie, terminée sur le devant par un châssis dormant qui forme, du côté de la façade, une fenêtre pouvant être fermée par des châssis vitrés ou par des volets.
Les pannes sont coupées au droit des jouées, pour le passage de la lucarne, et. si les fermes sont trop écartées pour qu'on puisse laisser sans soutien les bouts de la pièce qui restent en bascule, on assemble ces extrémités de la panne dans deux linçoirs établis sous les chevrons portant sous les jouées de la lu-
carne, ainsi qu'on le voit sur la figure
Fig. 2151.
2io4. Ces linçoirs s'assemblent dans la
Vf,/,'.*'
Fig. 2152.
panne et portent sur des blochets de sablière ou sur la sablière même.
LUCARNE
LUCARNE
La lucarne que nous présentons ici
Fier. 2153.
est dite à la capucine : elle est pourvue
Fig. 2154.
d'une croupe sur le devant ; mais ordi-
Fig. 2155.
nairement elle n'en a point (fig. 2155)
et, dans ce cas, on dit aussi qu'elle est à chevalet.
On distin.îrue encore :
Fig. 2156.
La lucarne flamande ou à fronton triangulaire (fig. 2156);
La lucarne avec fronton cintré appelée lucarne bombée (fig. 2157), lorsque le
Fig. 2157.
toit suit la courbure du fronton ; ces lucarnes sont souvent soutenues latéralement par des contreforts en consoles renversées tels que les représente la figure 2158 ;
Les lucarnes à toit saillant , dont nous donnons un exemple (fig. 2159) avec chapeau et consoles en bois découpé ;
LUCARNE
LUCARNE
La lucarne retroussée ou à demoiselle
dirigée dans le même sens que celle du grand comble.
Fig. 2138.
(fig. 2160) dont le comble se relève; on
Fiff. 2160.
On établit souvent dans les greniers
l'emploie sur les toits de peu d'importance ;
La lucarne rampante (fig. 2161), dont le comble est plat et suit une inclinaison
Fig. 2161.
des laçâmes qui permettent l'introduction et la sortie des objets qui doivent y être mis en dépôt ou qu'il faut en retirer. La figure 2162 (1) représente l'élévation d'une lucarne de ce genre formant saillie sur la façade d'un bâtiment, avec palier soutenu par des consoles en fer; la coupe en donne le profil. La croupe de cette lucarne est conique ; la ■frise qui la soutient est arrondie comme la pièce qui forme le bord du palier.
Souvent , une poulie est ajoutée h la
(1} Emy, Traité de charpente.
l.UCARNE.
charpente de la lucarne pour monter les fardeaux.
!282 — LUCARNE
très au-dessus de la base des combles.
Fig. 2162.
Les greniers des écuries sont munis de portes-lucarnes nécessaires pour le service des fourrages. Ces baies peuvent donner lieu, dans les écuries de luxe, à des ouvrages de charpente très intéressants. La figure 2163 représente rélévation ([' \ïwq porte-lucarne exécutée, d'après les dessins de M. de Sanges, aux écuries du château de Bagatelle ; elle est en bois apparents avec remplissage en briques ; un balcon avec balustrade à jour est soulagé par des consoles en bois plein ; la toiture de cette lucarne est surmontée d'un campanile avec abatsons, destiné à recouvrir une cloche pour le service des écuries.
Centaines lucarnes ont encore les formes dites en œil-de-bœuf ou en guitare (voy. ces mots).
Législation. En vertu du décret du 27 juillet 1859, la façade extérieure des lucarnes que l'on veut établir dans un comble doit être placée en arrière du parement extérieur du mur de face donnant sur la voie publique et à une distance d'au moins 30 centimètres.
Les lucarnes ne peuvent s'élever, y compris leur toitui'e, à plus de 3 mè-
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Fig. 21G3.
Leur largeur ne peut excéder 1°',50 | hors-œuvre. Les jouées doivent être | parallèles entre elles.
Les intervalles compris entre deux /?/c/7n?^5 auront au moins 1™, 50, quelle