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GRAINE D'AVIGNON

Grain d'orge. — Terme employé par les charpentiers, les menuisiers et les serruriers.

Charpente. Assemblage en grain d'orge : réunion de deux pièces de bois

Fig. 1866.

dont Tune est taillée en angle aigu et l'autre en angle rentrant (fig. 1866).

On emploie particulièrement ce joint dans les écuries pour l'ajustement des fonds de mangeoires avec leurs devants.

Menuiserie. 1° Cannelure ou ravalement triangulaire ou demi-circulaire en forme de dent de scie, que Ton pratique entre des moulures de menuiserie pour les dégager.

Fig. 18G7.

2^ Outil d acier (fig. 18G7) (jui sert à faire cette moulure.

Serrurerie. Ciseau d'acier à tige carrée et à pointe courte que l'on emploie pour faire des trous dans la pierre.

Graine d'Avignon. — Graine jaune fournie par le nerprun de France

! — GRAINERIE.

et qui donne, quand on la fait bouillir avec une solution alunée et un lait épais de craie bien blanche , une couleur jaune serin pâle que l'on appelle stil de grain.

Cette couleur sert à peindre les parquets.

Grainerie, s. f. Grenier, s. m. —

Local destiné, dans les exploitations rurales, à la conservation des grains, depuis leur séparation de l'épi jusqu'au moment de leur emploi. On dit aussi :

granier, grainier ou grenier.

Chez les Romains, le granarium, local où l'on conservait le grain, était un magasin voûté, élevé de quelques marches au-dessus du sol et percé, au nord, de petites fenêtres. L'aire était formée d'un massif en maçonnerie de deux pieds d'épaisseur, sous lequel on avait répandu d'abord du marc d'huile nouvelle et non salée. Ce massif était recouvert d'un enduit de ciment poli, relevé en bourrelet dans tous les angles et fait avec un mortier de chaux et de sable, délayé avec du marc d'huile au lieu d'eau. L'ouvrage une fois sec, on passait dessus une nouvelle couche de marc d'huile. Un magasin ainsi construit olîrait les meilleures garanties contre l'invasion des animaux nuisibles.

De nos jours, l'habitude que l'on a prise de consacrer le vide des combles à la conservation des grains a fait donner le nom de grenier à l'étage supérieur des constructions. Cette coutume est déplorable, au point de vue de la conservation des grains. En effet, ces greniers sont garnis de fenêtres et de portes mal distribuées, tantôt nombreuses ou trop grandes, tantôt insuffisantes ou trop petites, ou bien encore mal orientées. Aussi, la chaleur y est-elle étouffante l'été ; les insectes s'y multiplient, sans qu'on puisse les détruire ; enfin, le grain exposé à la poussière, à une forte température, à la lumière, aux exhalaisons fétides, perd en qualité et en valeur marchande. La grainerie, ou

GRAINERIE.

GRAINERIE.

grenier proprement dit, doit donc être préférée aux combles des bâtiments.

Voici les conditions générales que doit ]-emplir le magasin à grains : isolement, par crainte des incendies ; proximité de la grange, pour éviter les longs transports ; orientation des fenêtres au nord ; emplacement choisi à un étage qui ne soit ni le rez-de-chaussée ni le comble.

Les conditions particulières sont assez nombreuses.

Les planchers doivent être d'une construction solide, à cause du poids des grains ; les planchers soutenus par des voûtes sont les meilleurs. Qu'ils soient en bois, en dalles ou en carreaux, ils doivent être exécutés de façon à ne présenter aucun interstice qui permette aux grains de s'y glisser ou aux animaux nuisibles d'y trouver asile. Le long des parois de la pièce, il est bon de former une plinthe, en y scellant un rang de carreaux minces de terre cuite ou d'argile cimentée. Les plafonnages supérieurs sont nécessaires pour empêcher les insectes de se loger dans le bois des solives ; les plafonds en plâtre sont les meilleurs. Si la grainerieest placée sous le toit, ces plafonds sont encore plus utiles: ils protègent les grains contre la neige qui pénètre par les vides laissés entre les tuiles ou les ardoises. Les portes, de 0™,80 à 1 mètre de largeur, ont 2 mètres à S'^jSO de hauteur. Les fenêtres, étroites, descendent au niveau du plancher et sont munies de deux châssis, l'un vitré et l'autre grillé, ce dernier étant fixe et s'opposant à l'introduction des oiseaux. En outre, il faut ménager, dans un pignon, une fenêtreporte, surmontée d'une poulie pour l'introduction des sacs de grains. Outre les portes et fenêtres, il faut établir des moyens de ventilation énergiques, tels que des cheminées s'ouvrant au plafond supérieur, des trappes à coulisses ménagées dans le plancher. Les tas de grains doivent être eux-mêmes intérieurement ventilés. Un système qui a été

fréquemment appliqué est le suivant :

on assemble deux planches en foi-me de V renversé (A) ou bien trois planches en forme d'auge renversée ; on les perce de trous et on les place de manière que leur côté ouvert repose sur le plancher, les autres côtés devant être couverts par le tas de grains ; on forme ainsi des espèces de tubes que l'on dirige transversalement au bâtiment et dans toute sa largeur, de manière à ce que leurs extrémités correspondent à de petites ouvertures ou à des barbacanes percées dans les murs (1).

Indépendamment des soins d'entretien qu'exige une grainerie, on doit opérer un nettoyage général et à fond au moins une fois par an, afin de rendre moins facile, sinon d'empêcher complètement la multiplication des insectes et des animaux nuisibles.

Le plus souvent, on dispose les tas de grains avec ou sans séparation entre eux, sur les côtés de la pièce consacrée à leur conservation.

Les différentes espèces de grains sont séparées les unes des autres par des cloisons en briques sur champ, maintenues par un potelet ou par des panneaux en bois léger de 0™,60, 0°',75 et 1 mètre de hauteur. Le grain doit être disposé en couches de 0"',50 d'épaisseur en moyenne et la surface de la grainerie est calculée suivant cette donnée que, par exemple, S hectolitres de blé ou froment, en couche de 0°',50, occupent un emplacement de 1 mètre carré.

L'enlèvement du grain peut s'opérer, soit par une trémie établie à l'une des extrémités et munie d'un boyau de toile s'ouvrant dans un passage sis à l'étage inférieur, soit par une fenêtreporte avec poulie. Quelquefois, le magasin a deux étages. C'est ainsi que sont, en général, disposées les qraineries à surfaces horizontales.

On a imaginé des greniers verticaux, destinés à rendre l'aération du grain

(1) Bouchard, Constructions rurales.

GRAIXERIE.

GRAINERIE.

plus facile et plus complète. Ces locaux sont des espèces de cheminées verticales traversées par des courants d'air ascendants ou latéraux.

La figure 1868, empruntée à l'ouvrage de M. Roux sur les Fermes modèles, représente, à réclielle de 0,0035 par mètre, le plan d'un [/renier qui a la forme d'un parallélogramme rectangle.

En avant, règne un hangar ayant toute la hauteur du braiment ; un escalier ex-

'^' I!- \: rr-^v')! "i' 1' -^

Fig. 1868.

térieur, montant du sol , établit une communication avec une sorte de pont ou balcon pratiqué au sommet pour recevoir d'abord les sacs au moment de leur montée à l'aide d'un treuil et d'une poulie et faciliter ensuite le moyen de les transvider dans le grenier particu-

Fig. 1869.

d'angle (fig. 1869) montre comment sont disposées les ti'émies qui supportent la masse du grain pour le verser ensuite dans la trémie inférieure et unique, d'où on le tire en dernier lieu pour la vente ou la consommation. Les rangs d'ouverture aérifères vont alternativement en se croisant à angle droit, d'un mur à l'autre ; ces ouvertures ou conduits, formées de deux planches formant toit ont, à leur extrémité, une inclinaison qui empêche la pluie ou la neige de pénétrer dans le grenier. Le plan représenté par la figure 1870, et fait à lahau-

Fig. 1870.

teur de la ligne D, montre ces conduits entre-croisés ; celui représenté par la figure 1871, et fait à la hauteur de la

lier. La coupe de l'un des greniers

Fig. 1871.

ligne E, montre le plancher des trémies. Il résulte de cette disposition qu'il suffit

GRAISSOIR.

d'ouvrir la trappe à coulisse qui bouche la trémie inférieure pour donner passage au grain, mettre en mouvement par cette sortie toute la masse contenue dans le grenier et exposer ainsi au contact de lair celui qui, un moment avant, en était privé.

Modifiant ce système, M. Pavy a imaginé un grenier qui semble remplir les meilleures conditions possibles. Sans entrer dans le détail de l'appareil Pavy, nous dirons seulement qu'à l'aide d'un tarare et d'une chaîne à godets ingénieusement disposés, le blé est pris à la sortie de la batteuse, nettoyé et versé k la partie supérieure d'un réservoir qui constitue la grainerie proprement dite.

« Les réservoirs, dit M. Pavy décrivant lui-même ce système, sont d'immenses bouteilles de terre cuite creuses, composées de segments réunis par languette et rainure, et forment des zones annulaires superposées à la hauteur voulue et rehées entre elles par de légers cercles de fer. Cette céramique nouvelle compose le logement le plus salubre et le plus économique qu'on ait encore imaginé pour le blé. Un grenier conservateur se compose d'un faisceau de ces bouteilles de plusieurs dimensions, soutenues au-dessus d'un tarare et divisées en autant de compartiments verticaux qu'il est nécessaire. Les murailles de la bouteille défendent le blé contre l'humidité, la poussière et les souris. »

Les arains se conservent encore dans des cavités souterraine^ ou fosses appelées silos (voy. ce mot).

Graisse, s. f. — Partie de cuivre que l'on rapporte, dans une pièce de fer, au point où elle porte un tourillon, pour adoucir le frottement.

Graisser, v. a. — Terme de marbrier qui signifie enduire de mastic les goujons et agrafes de fer pour les préserver de l'oxydation.

Graissoir, s. m. — Morceau de

GRANGE

linge contenant de la graisse et avec lequel les plombiers frottent leur plane pour la rendre plus lisse, avant de la passer dans la couche de sable.

Graniont [Grès tendre de). — Grès demi-dur, gris jaunâtre, à grains fins, qui provient des carrières de Gramont, près de Rrive.

La hauteur d'assise de cette pierre varie de O'^.SO àl mètre. Le mètre cube pèse 2,080 kilogr. et la charge nécessaire pour produire l'écrasement est de 16o kilogr. par centimètre carré.

Grand-antique, adj. — Marbre à fond noir très intense et à racines blanches.

Grand'Gombe [Marbre de la). — Calcaire saccharoïde dur, que l'on tire de la carrière du même nom. dans l'arrondissement de Gap.

Celte pierre est d'un beau blanc ; elle est propre à la statuaire et susceptible de poli. Sa hauteur d'assise va jusqu'à 2 mètres.

Grand-mille, s. m. — Terme qu'emploient les paveurs pour désigner un certain nombre de pavés, onze cent vingt-deux, que l'on vend par mille.

Le mille ordinaire est de mille vingt pavés.

Grange, s. f. — Bâtiment destiné à renfermer les fourrages et les grains en gerbes dans une exploitation rurale.

C'est aussi dans la grange que se font le battage et la préparation du grain; quelquefois même, on y conserve la paille battue.

Au moyen âge, surtout à partir du xi^ siècle , des granges furent élevées comme annexes des abbayes ou en bâtiments isolés dans la campagne, mais entourés d'une clôture souvent fortifiée, pour résister aux attaques des bandes qui parcouraient les provinces. Ces constructions étaient ordinairement ac-

GRANGE

GRANGE

cessibles de deux côtés, c'est-à-dire pourvues de portes principales dans les pignons et de portes secondaires vers le centre des façades longitudinales.

Les granges étaient, comme les églises, divisées en trois nefs (fig. 1872) (1) ; le blé était entassé dans la galerie centrale et dans lun des bas-côtés, l'autre étant réservée pour la circulation ; quelquefois, la nef du milieu était seule libre et Ton entassait le blé dans les galeries latérales. L'aspect général d'une grange était celui d'un bâtiment rectangulaire

Fig. 1872.

dont les murs, armés de contreforts, étaient surmontés d'un grand toit recouvrant la grande nef et les ailes. Les piliers, en pierre ou en bois, établissaient des divisions particulières dans lesquelles on pouvait ranger les différentes espèces de grains. L'entrée était ordinairement fermée par une porte charretière avec porte bâtarde à côté.

De nos jours, on a discuté l'importance des granges dans une exploitation rurale ; on s'est demandé s'il ne fallait pas préférer le système de l'emmeulage h la construction onéreuse et à l'entretien dispendieux de ces bâtiments. Les circonstances locales ont, dans cette question, la plus grande influence : on doit tenir compte du prix des matériaux, de la main-d'œuvre et des conditions climatériques.

(1) De Caumont, Abécédaire d'archéologie.

M. Bouchard conseille, pour les petites exploitations, de construire une grange qui puisse contenir la totalité de la récolte; pour les exploitations de moyenne impoilance, si le climat n'est point mauvais , une grange suffisante pour la plus petite des récoltes annuelles, en réservant les meules pour l'excédant ; et, enfm, si l'exploitation est assez importante pour qu'on y emploie une machine à battre, il est convenable d'établir une grange d'une capacité telle qu'on y trouve un emplacement suffisant pour la machine, pour la circulation et pour la rentrée de deux meules à la fois. On voit donc qu'on ne saurait se passer d'une grange dans un domaine.

La première question qui se présente dans l'établissement d'une grange est l'orientation. L'exposition à l'est ou au nord estlameilleure dans nos pays. La toiture doit avoir une grande hauteur pour augmenter la quantité des gerbes qu'on peut mettre à laljri. A cet effet, on doit surélever un peu le sol ; employer dans la confection des murs des matériaux qui ne soient pas trop hygrométriques, et, pour cette raison, rejeter les pierres poreuses, les plâtras salpêtres, les sables marins, etc.; entretenir avec soin la toiture et n'y ménager ni trous ni lucarnes ; enfin, drainer partout où le sol et les murailles ne promettent pas siccité complète. Un grand nombre de cultivateurs laissent un petit intervalle entre les murs et* la masse des gerbes. Le sol doit être formé à l'aide de déchets de carrière, de rebuts de briqueteries, de cailloux, en un mot, de matériaux qui n'attirent pas l'iiumidité. On les recouvre d'une couche d'argile battue ou détrempée dans un lait de chaux ou de sable de rivière. Sur le pourtour, on pave ou l'on bétonne en talus, pour opposer un obstacle à l'invasion des rongeurs. Les passages sont pavés ou cailloutés et se relient, à l'intérieur, par une légère pente, qui facilite l'accès des véhicules.

GRANGE

La question des dimensions à donner se résout de la manière suivante : il est reconnu que 100 kUogr. de gerbes de blé occupent environ 1 mètre cube; le seigle, l'orge et l'avoine en gerbe présentent, à égalité de poids, un volume qui diffère peu du précédent. Les gerljes pesant d'ordinaire de 10 à 12 kilogr., on voit que neuf ou dix gerbes occupent un volume de 1 mètre cube. M. Bouchard, ayant fait opérer divers tassements, est arrivé à cette conclusion, qu'il faut une capacité de 1 mètre cube par chaque douzaine de gerbes. Quant à la hauteur de la grange, elle ne doit pas dépasser 7 à 8 mètres, parce que la rentrée des récoltes exigerait un personnel trop nombreux. Enfin, l'on peut dire, d'une manière générale, que les dimensions à donner aux granges peuvent être calculées en raison de 50 mètres cubes par hectare de terre cultivée en grain, sans tenir compte des passages, aires et emplacements des machines à battre.

Pour résister à la poussée latérale exercée par les gerbes, lorsqu'elles ne sont pas équilibrées dans leur agglomération, il faut donner aux murailles des granges une certaine épaisseur ou établir, de distance en dislance, des chaînes ou piliers de maçonnerie. Ces murs doivent être soigneusement enduits à rintérieur, pour empêcher les rats de se loger dans les interstices des pierres et d'atteindre le comble, lorsque la grange est en partie vide.

Les portes à établir dans une grange varient de dimensions, suivant l'importance même du local. Depuis le magasin destiné à recevoir seulement quelques douzaines de gerbes jusqu'à la grange dans laquelle doit pénétrer une charrette transportant une grande quantité de gerbes, les dimensions des portes varient entre ces limites : 1 mètre de largeur sur 2 mètres de hauteur, et 5 mètres de largeur sur 6 mètres de hauteur.

Les grandes portes sont à deux battants ordinairement formés d'un pan-

— 57 -- GRANGE

neau en planches verticales jointives» à rainures et languettes, appuyé sur un châssis composé de montants, traverses et décharges. La fermeture s'opère à l'aide d'une bascule en bois ou en fer (voy. Bascule). Dans l'un des battants est ménagée une petite porte de service. Nous ferons observer que les grandes portes cochères ainsi construites coûtent beaucoup à établir et à entretenir et qu'elles gênent énormément par la place qu'elles occupent à l'intérieur lorsqu'on ouvre les battants. Aussi, pour éviter ces inconvénients, construit-on assez fréquemment des portes suspendues sur des roulettes, avec la disposition indiquée parla figure 1873 et recommandée par M. Bouchard, dans son Traité des constructions rurales. Chacune des par-

Fig. 1873.

lies qui composent cette porte est un panneau en planches clouées verticalement sur un châssis rectangulaire en charpente avec écharpe d'assemblage; à la partie supérieure du châssis sont fixées deux mâchoires sur lesquelles sont montées des roulettes pouvant glisser sur une tige de fer soutenue à 0°',10 de la muraille par des crampons scellés dans la maçonnerie. Des poignées de bois attachées aux montants servent à donner à ces panneaux une impulsion, dans le sens horizontal, qui détermine l'ouverture ou la fermeture de la porte. Une bascule en fer avec mentonnet maintient les panneaux rapprochés dans le second cas. Un petit auvent, appuyé sur les murs, protège ce genre de portes contre la pluie.

GRANGE

GRANGE

La question des fenêtres à établir dans une grange est assez délicate. Ces ouvertures olïVent des avantages et des inconvénients. Elles rendent Taéralion plus facile et plus complète et elles peuvent, avec certaines proportions, être utilisées pour rengrangement ; mais elles laissent pénétrer la neige, les oiseaux et offrent un moyen terrible de propagation à l'incendie. Il convient, néanmoins, qu'une grange ait quelques fenêtres, principalement du côté de la cour ; que les fenêtres, larges de 1°',50 environ, soient fermées par des volets très solides et qu'un châssis avec treillis en fil de fer puisse y être appliqué au besoin.

Si Végrenage ou séparation du grain de sa tige se fait au fléau, il faut ménager dans la grange une aire à battre dont la surface soit bien dressée, sans trous ni tissures où le grain pourrait se perdre et assez solide pour résister aux chocs du fléau; on en fait, avec delà terre franche un peu argileuse, que Ton a nettoyée avec soin de tous les cailloux ou corps étrangers et réduite en pâte molle, par l'addition d'eau et d'un bon corroyage ; on y mêle de la fiente de bêtes à cornes, du marc d'olives, du tan ou de la bourre ; on fait aussi des aires en bois de chêne ou en asphalte.

L'emplacement de l'aire à battre, dans les petites granges, doit être situé devant la porte d'entrée. Dans les constructions plus importantes, on l'établit dans le passage par lequel les voitures pénètrent dans la grange. La dimension de ces aires est réglée d'après l'espace nécessaire à un batteur. M. Rouchard indique, à cet égard, les chiffres suivants : 3 mèti-es X 3 mètres pour un batteur tournant autour des gerbes ; 2 mètresx4 mètres pour un batteur qui se tient à une extrémité; 3 mètres x 4 mètres pour deux batteurs qui restent vis-à-vis Tun de l'autre ; 4 mètres X 4 mètres pour deux ou trois batteurs tournant autour des gerbes ; 5 mètres x 5 mètres pour quatre ou cinq batteurs. Sur deux

côtés au moins de l'aire, on établit des rabat-grains, qui empêchent le grain de jaillir hors de l'aire et de se mêler à la paille (pii peut se trouver à côté. Ce sont des pièces de bois reposant sur le sol, des planches posées sur champ ou de petits murs ayant 0°',oO environ de hauteur. Le grain est entassé, soit le long d'une des parois de la construction, soit dans un réduit appelé fourregrains, qui est pris dans la partie destinée aux gerbes et fermé par des planches ou par un mur sur trois côtés.

Quant aux dispositions intérieures d'une grange, elles varient avec son étendue. La plus simple, celle qui est adoptée pour un petit domaine, consiste en un espace rectangulaire divisé en trois parties : l'aire à battre au miheu, et, de chaque côté, un emplacement pour les récoltes. Les granges destinées aux domaines plus importants reçoivent une disposition qui ne difiere de celle ci- dessus indiquée que par le nombre des portails, des passages et des travées.

Il nous reste à dire quelques mots au sujet de la machine à battre, engin devenu à peu près indispensable aujourd'hui dans la grange et que l'on installe tantôt à l'intérieur du bâtiment qui contient les gerbes, tantôt en dehors. On distingue : 1" les machines fixes avec manège; 2° celles qui sont mises en mouvement par la vapeur ; 3° les machines voyageuses, pouvant être transportées d'une ferme à l'autre par un at telage; 4° les locomobiles proprement dites, mues par la vapeur. L'emplacement à réserver à la machine à battre dépend de la forme de cet engin. Dans tous les cas, on doit ménager un certain espace autour de la machine pour la circulation et le service du battage. Si le moteur est à vapeur et fixe, on l'établit quelquefois auprès de la grange avec l'intérieur de laquelle il communique au moven d'une transmission de mouvement ; mais, plus souvent, on l'utilise pour d'autres opérations que le battage

GRAMT.

et on le place dans un local spécial, où se trouvent des liaclie-paille, des couperacines, une batteuse, etc.

Dans certaines contrées, le midi de la France et Tltalie, par exemple, où Ton bat le grain immédiatement après la récolte, on ne construit pas de granges.

Granit ou Granité, s. m. —

Pierre siliceuse très dure, à structure cristalline et composée de quartz, de feldspath et de mica en proportions valiables.

C'est à la présence du quartz (silice pure ou presque pure) que le granit doit sa dureté, qui est d'autant plus grande que cette matière s'y trouve plus abondante et en grains plus fins.

Les granits constituent la plus grande partie du terrain primitif. Ces roches ne sont pas stratifiées, et cependant elles offrent deux directions principales, que les ouvriers désignent sous les noms de grande et petite feuille et suivant lesquelles il est plus facile de les diviser (i).

Les anciens tiraient leurs granits d'Egypte, de l'île de Chypre et de l'île dElbe.

Les Égyptiens semblent être, parmi les peuples de l'antiquité, les premiers qui aient fait usage du granit. Les anciennes carrières se trouvent depuis Sienne jusqu'aux cataractes du Nil, où elles sont situées sur le flanc des montaanes. Pour détacher les blocs énormes dont ils avaient besoin, les Égyptiens commençaient à tailler dans la masse le devant et le dessus de la pierre qu'ils voulaient enlever ; ils taillaient ensuite des tranchées d'environ 0°", 10 de largeur et des trous profonds, espacés d'à peu près i mètre, pour y enfoncer des coins de bois sec, qu'ils mouillaient, de manière à les faire enfler et détacher la pierre. Ce procédé est, d'ailleurs, à très peu de chose près, celui que l'on emploie, de nos jours, pour exploiter, dans

(1) Th. Château, Technologie du Bâtiment.

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