MATRICE
et extérieurs, aux sols des terrasses, aux couvertures de bâtiments, etc. On distingue, parmi ces mastics , la glu marine, le bitume de Judée, le mastic Machabée (voy. Glu, Judée, Machabée).
Masticage, s. m. — 1° Emploi du mastic (voy. ce mot).
2° Opération du polissage des marbres terrasseux, dans laquelle on remplit, en mastic de couleur convenable, les fils, cavités et crevasses que présente la surface du marbre.
Ce mastic est ordinairement formé d'un mélange de cire jaune, de résine et de poix blanche auxquelles on ajoute un peu de soufre et de plâtre passé au tamis fin.
Mat, adj. — Dorure. Or mat : or sur apprêt qui n'a pas été bruni.
Peinture. Couleur mate : couleur en détrempe non vernie.
Mi\t, s. m. — 1° Les théâtres, les amphithéâtres romains étaient pourvus, au sommet de leurs murs extérieurs, de mâts ou fortes perches auxquelles on
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Fig. 2270.
attachait le velarium ou voile destiné à couvrir l'édifice et à garantir les spectateurs du soleil et de la pluie. Ces mats étaient maintenus, soit par de larges
anneaux de pierre, qui garnissaient les assises supérieures du mur d'enceinte, soit par des trous percés dans la corniche, comme au Colisée (fig. 2270).
2° Mât de signaux : support de sig^ial sur une ligne de chemin de fer (voy.
Disque, Signal).
Matage, s. m. — 1* Opération de la dorure, dans laquelle on passe, sur les parties qui ne doivent pas être brunies, une couche légère et chaude de colle de parchemin.
Le matage conserve l'or et l'empêche de s'écorcher.
2° Opération qui consiste à serrer avec le matoir (voy. ce mot) la soudure de deux tuvaux.
Matériaux, s. m. pi. — On désigne ainsi les diiïérentes matières qui entrent dans la construction d'un bâtiment.
Dépôt des matériaux (voy. Dépôt).
Résistance des matériaux (voy. Résistance).
Matinage, s. m. — Faire le matinage signifie, en terme de treillageurs, donner la courbure voulue aux copeaux qui composentles ornements ouïes fleurs.
Matir, v. a. — Serrurerie. Faire disparaître la raie qui indique la jonction de deux pièces de fer soudées ensemble.
Dorure (voy. Matage).
Matoir, s. m. — 1* Marteau avec lequel on resserre, on refoule le métal, et que l'oii emploie pour river les clous ou boulons chauffés à une haute température.
2° Sorte de ciseau ou poinçon non tranchant qui sert à comprimer le plomb qui soude deux tuyaux.
On écrit aussi mattoir.
Matrice, s. f. — Moule que l'on emploie pour frapper des ornements de métal ou pour les redresser.
MAUSOLÉE
MAUSOLÉE
Matton, 5. m. — 1° Grosse brique servant à faire des dallages.
2" Nœud, bourre ou petit amas de matière dure qui se rencontre dans quelques parties d'un cordage.
Maupiiy [Granit de). — Granit commun, dur» bleuâtre, que Ton tire des carrières de Maupuy, arrondissement de Guéret.
La hauteur d'assise de cette pierre varie de 0°^,30 à 0'°,40.
Mauresque, adj. — Architecture arabe (voy. ce mot).
On écrit aussi moresque.
Peinture moresque, à la moresque ou moresque pris substantivement : peinture imitée de celle des anciens Maures d'Espagne et qui consiste en rameaux et feuillages disposés sans aucun assujettissement à rimitation de la nature.
M au r in {Pierre-marbre de). — Serpentine calcarifère, assez dure, qui provient de la carrière de Maurin, dans l'arrondissement de Barcelonnette.
Cette pierre, de couleur vert foncé, est susceptible de prendre un très beau poli. Sa hauteur d'assise est à volonté.
Mausolée, s. m. — Ce nom a été donné par les anciens au tombeau qu'Artémise II, reine de Carie, fit élever à son mari, Mausole, dans le cours du iv^ siècle avant J.-C.
La beauté de cet édifice le fit compter parmi les sept merveilles du monde, et, depuis, l'on appela mausolées les sépultures les plus somptueuses.
Le mausolée se distingue du tombeau (voy. ce mot), mot générique qui comprend tout ce qui a rapport aux usages et aux monuments funéraires, en ce qu'il donne l'idée d'un ouvrage d'art plus ou moins étendu, tandis que le tombeau ne désigne, en particulier, aucune forme, aucune manière d'être, aucune destination et peut les renfermer toutes. Le terme mausolée exprime, chez les mo-
dernes, l'idée des plus grands et des plus riches monuments funéraires. Il en fut de même chez les anciens, malgré la différence qui caractérise les mausolées antiques et les mausolées modernes.
Au point de vue de l'histoire de l'art, c'est dans l'usage de brûler les corps et dans le bûcher, appelé pyra en grec, que l'on trouve Torigine, et que l'on reconnaît le type du genre de monuments appelés mausolées. En effet, les bûchers que les anciens construisaient pour la crémation des corps ne furent pas de simples amoncellements de bois. De bonne heure, les familles riches, voulant faire honneur à leurs membres défunts, s'appliquèrent à décorer plus ou moins somptueusement ces apprêts funéraires. On arriva même à ériger des monuments auxquels on donna toujours le nom de bûcher, bien que le véritable bûcher fût caché par les décorations d'architecture qu'on élevait alentour.
D'après les descriptions qui nous restent, d'une part du bûcher d'Éphestion par Diodore de Sicile, d'autre part du bûcher des empereurs romains par Hérodien, on peut conclure que les bûchers grecs et romains se ressemblaient de tous points. Ils étaient construits sur plan quadrangulaire, avec un premier étage ou rez-de-chaussée en charpente, orné en dehors de draperies. Ils avaient, de plus, des peintures, des statues et cinq étages superposés. Il y a donc tout lieu de croire que les édifices temporaires des bûchers furent les modèles que l'architecture réalisa en matériaux durables.
Quoi qu'il en soit, le premier mausolée qui fut élevé à Rome est celui qu'Auguste fit construire pour lui et pour les siens. Ce monument dont la figure 2271 représente le plan était, selon Strabon, une haute tour, à trois étages concentriques, terminés par un amortissement qui supportait la statue en bronze de l'empereur. On plantait des cyprès dans un canal rempli de terre qui était creusé sur l'espace laissé libre par chacun des
MAUSOLÉE
MAUSOLÉE
étages en retraite sur le précédent. Des
Fig. 2271.
chambres sépulcrales, au nombre de 84, existaient à fintérieur.
Le mausolée d'Adrien avait de même un soubassement très élevé, de 16 mètres environ, et possédait, selon toutes les apparences, une forme pyramidale, avec cinq étages superposés.
Le nom de Septizoniiun, donné au mausolée de Septime-Sévère, fait supposer que cet édifice était à sept étages. Il fut construit par cet empereur luimême qui, de son vivant, voulut voir son propre tombeau.
Le type des mausolées modernes se trouve dans les plus anciens tombeaux chrétiens qui, tout en imitant la forme des sarcophages païens, sont toujours surmontés de l'image du personnage, vu mort et étendu sur le lit funèbre, autour duquel avaient eu lieu les cérémonies religieuses. On ne saurait, sans doute, donner h ces tombeaux le nom de mausolées ; mais c'est là que l'on retrouve le type de ceux qui, depuis, ont exercé le ciseau des sculpteurs, ; c'est-à-dire que l'on y reconnaît le motif moral ou l'idée puisée dans l'image de l'homme mort et le caractère distinctif qui réduisit les mausolées chrétiens à être des ouvrages de sculpture, au lieu d'être des t'difices construits à grands frais, comme le furent les mausolées antiques. D'ail-
leurs, en raison même des croyances difïérentes des anciens et des modernes, le mausolée, qui était dans l'antiquité spécialement consacré à la conservation du mort, n*a plus été, dans la suite, qu'un monument consacré à sa mémoire ou à sa représentation. Les lieux destinés à l'inhumation s'étant trouvés bornés à l'emplacement des cimetières ou des églises, le mausolée a dû être fort restreint dans son étendue et dans sa composition.
Le type des mausolées chrétiens se retrouve, comme pour les mausolées antiques, dans la pompe décorative déployée dans les cérémonies funéraires. L'exposition des morts fut d'abord en usage ainsi que chez les anciens, suivant le rang, la puissance ou la richesse de la famille ; la simple civière ou le brancard orné de drap noir sur lequel le mort était couché s'éleva bientôt sur des gradins et devint ce que les Italiens ont nommé le catafalco, auquel s'ajoutèrent les candélabres, les symboles, les baldaquins, etc. Les premiers tombeaux qui furent ainsi composés en manière de catafalques, c'est-à-dire les premiers mausolées sont : à Assise, celui d'une reine de Chypre, que Vasari a faussement attribué à un certain Fucio : celui du cardinal Gonzalvi, à Sainte-Marie- Majeure, à Rome, par Giovanni Cosmati; celui du pape Benoit XI, à Pérouse, par Jean de Pise. Ces trois mausolées offrent à peu près le même caractère : ils se composent d'un lit funèbre sur lequel est couché le défunt et qui est monté sur un soubassement, avec arcade gothique pour les deux premiers et une sorte de dais ou baldaquin pour le derniar, tous les trois accompagnés de rideaux que soulèvent des anges. Le mausolée du pape Jean XIII, érigé par Donatello, à Florence, possède un soubassement décoré d'un ordre corinthien, de niches et de statues, avec un attique surmonté du lit sur lequel est couché le pape en habits pontificaux.
Durant le xiv° et le xV siècle, une
MAUSOLÉE
MAUSOLÉE
multitude de mausolées furent élevés dans toutes les villes de l'Italie, et tous ces monuments sont remarquables parce qu'on y voit le même type constamment observé, mais successivement modifié et embelli par les ornements de Tarchitecture et par les détails de la sculpture. Ces compositions, inspirées du même modèle, sont, pour la plupart, adossées aux murs des édifices qui les renferment. Cependant, il s'en trouve qui sont isolées et dans lesquelles le corps est étendu sur le sarcophage, que supportent des colonnes. Quelques autres laissent voir le défunt étendu sur un sarcophage placé lui-même sous un édifice isolé, à deux arcades, au-dessus desquelles s'élève un attique orné de figures et de bas-reliefs. On reconnaît là facilement le genre des mausolées de Louis XII, de François I" et de Henri II à Saint-Denis et l'on y retrouve le même caractère de type ou de modèle puisé dans les décorations temporaires des obsèques et dans les catafalques.
Au xvi^ siècle, les mausolées se ressentirent, comme toutes les autres œuvres d'art, de la révolution qui s'opéra à cette époque ; les artistes s'écartèrent des idées et des modèles adoptés jusqu'alors. On ne saurait mieux faire que de citer, à l'appui de cette assertion, le projet de mausolée que Michel-Ange fit pour le pape Jules II : un massif quadrangulaire orné de niches, décoré par des termes faisant pilastres, auxquels étaient accolées des figures captives, devait supporter un second massif plus étroit, autour duquel auraient été placées des statues colossales de prophètes et de sibvlles ; au-dessus de ce massif devait s'élever par retraites une masse pyramidale où des bronzes et des figures allégoriques auraient trouvé place. Ce vaste projet ne reçut pas d'exécution; il n'en reste que trois statues et quelques légères esquisses. Michel -Ange luimême, dans ses deux mausolées des Médicis, à Florence, se renferma dans une plus grande simplicité, tout en
s'écartant des règles suivies jusqu'alors. On n'y trouve plus cette idée imitative de l'usage d'exposer le mort sur le lit funéraire ou sur le sarcophage qui en tenait lieu. Dans ces mausolées, ainsi que dans un grand nombre de ceux qui furent élevés après, le personnage défunt fut représenté par une figure honorifique placée au milieu d'une ordonnance d'architecture s'élevant sur le sarcophage et accompagnée de statues allégoriques.
En France, avant le xvn* siècle, les tombeaux des personnages célèbres étaient en petit nombre. Leur disposition était généralement fort simple; très fréquemment ils consistaient en une statue agenouillée. Au xvn^ siècle s'introduisit le genre des m,ausolées composés de la statue du personnage, et d'un sarcophage accompagné de figures allégoriques. Les mausolées de Colbert, de Bignon, de Turenne, de Lebrun, sont conçus et exécutés dans cet esprit, auquel le goût du dramatique vint s'ajouter , comme en témoigne le tombeau du cardinal de Richelieu. Ce genre prévalut bientôt et chaque mausolée présenta, en quelque sorte , une scène théâtrale avec des personnages mis en action ; en outre, on employa les fonds artificiels, les marbres de couleur, les nuages, les draperies.
Au siècle dernier, s'efforçant de régénérer l'art italien, Canova produisit en ce genre des œuvres où se dévoilent une manière plus correcte, des formes plus pures que celles des ouvrages qui l'ont précédé dans la basilique de Saint- Pierre, ouvrages au type desquels il sut toutefois rester fidèle. L'un des mausolées les plus célèbres qui aient été exécutés par ce célèbre sculpteur est celui de Clément XIII, que l'on voit dans l'église de Saint-Pierre. Un autre de ses chefs-d'œuvre est le tombeau de Clément XIV dans l'église des Saints-Apôtres.
De nos jours, et particulièrement en France, un nouvel ordre de choses, un