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MORLEY

MORTAISE

Mordant, s. m. — Substance qui sert à fixer Tor dans la dorure en détrempe (voy. Assiette, Batture, Mixtion).

Morettes {Pierre des). — Calcaire magnésien, dur, que Ton tire des carrières des Morettes, près d'Annecy.

Cette pierre, de couleur blanc-grisâtre, porte de 1°',70 à 2"',80 de bauteur d'assise.

Morfil,5. m. — On désigne ainsi les barbes ou dentelures très fines que l'on remarque sur le trancbant d'un outil aiguisé sur la meule. On rend ce trancbant plus vif en faisant tomber le morfil, au moyen de la pierre fine.

Morgue, s. f. — Établissement dans lequel on transporte les personnes qui meurent bors de cbez elles et dont on n'a pu constater l'identité.

Les cadavres sont exposés dans une grande salle où le public peut les voir et les reconnaître s'il y a lieu. Cette salle, vitrée sur un de ses côtés, renferme des tables de pierre inclinées, sur lesquelles on pose les corps.

Comme annexes, la morgue comprend une loge et un logement pour le gardien, un bureau pour le greft'e, une remise et souvent une pièce avec cabinet noir pour le pbotograpbe chargé de photographier les cadavres à leur arrivée.

Moriset, s. m. — Sorte de boulin, long de 4 mètres environ, employé dans les échafaudages que l'on dresse pour faire les plafonds.

On écrit aussi morizet.

Morley (Liais de). — Calcaire oolithique, dit aussi des Meules, dur, blanc, un peu grisâtre, provenant de la carrière de la forêt de Morley, près de Barle-Duc.

La hauteur d'assise de cette pierre est de 0'",90 à i mètre; le poids du mètre cube est de 2,120 à 2,230 kilogr., et la

charge nécessaire pour produire l'écrasement est de 380 à 470 kilogr. par centimètre carré.

Morne, s. f. — En blason, ce terme désigne un cercle que forme une trompette ou un huchet, à son extrémité.

Une petite morne prend les noms de mornet, ou mornette.

Mors, s. m. — Nom que l'on donne aux mâchoires d'un étau (voy. ce mot).

Mors d'âne (voy. Mordâne).

Mortagne {Pierre de). — Gi-anit assez dur que l'on extrait des carrières de Mortagne, commune de ce nom (Vendée).

Cette pierre, de couleur grise ou jaunâtre, a une hauteur d'assise de 0™,25 à 0°',60 ; elle pèse 2,670 kilogr. le mètre cube et s'écrase sous une charge de 820 kilogr. par centimètre carré.

Mortaise, s. f. — Entaille faite dans une pièce de bois ou de métal pour recevoir un tenon.

La mortaise (fig. 2333) doit être de même largeur que l'épaisseur du tenon qu'elle doit contenir et un peu plus profonde que la largeur de ce tenon, pour

qu'il ne touche pas au fond de la mortaise et ne s'oppose pas à l'adhérence des joints. Ces entailles sont toujours pratiquées dans le sens de la longueur du bois qui les porte.

On donne le nom de joues ou jouées aux deux surfaces de joint ainsi qu'aux

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deux épaisseurs de bois séparées par la mortaise.

Les serruriers appellent mortaise d'empénage, dans une serrure, Tentaille qui reçoit le pêne.

On dit : mortaiser une pièce de bois.

Morteau {Pierre du Val de). — Calcaire demi-dur, jaune nankin, provenant des carrières de Montlebon, près de Pontarlier. Cette pierre, propre à la sculpture, s'exploite en blocs de toutes dimensions; elle pèse 2,125 kilogr. le mètre cube et s'écrase sous une charge de 175 kilogr. par centimètre carré.

Mortier, s. m. — Ce mot vient du latin mortarium, signifiant mortier ou vase dans lequel on opérait la trituration, le mélange de divers ingrédients.

On se sert de ce terme, en construction, pour désigner toute composition servant à Raisonner les matériaux. La propriété essentielle de ces composés est de durcir, en adhérant plus ou moins fortement aux éléments des constructions avec lesquels ils forment liaison ; lorsque les morfe*5ontbienrésisté, dèsTorigine, aux influences de diverses natures dont ils ont à subir l'action, leur durcissement augmente avec le temps et c'est surtout à cette propriété qu'il faut attribuer la conservation des édiOces romains, construits d'ailleurs avec le plus grand soin.

C'est donc de la bonne préparation et de la qualité des matériaux choisis que dépend la qualité du mortier et, par suite, la solidité des constructions en maçonnerie.

L'emploi du mortier remonte à une haute antiquité ; toutefois, les premières traces que l'on en trouve appartiennent seulement à des tombeaux que l'on a découverts, en Italie, aux environs de quelques anciennes villes bâties par les Tyrrhéniens ou les anciens Étrusques.

Ce serait d'ailleurs à ces peuples, selon les traditions les plus dignes de foi, que les Romains auraient emprunté leurs procédés de maçonnerie.

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Leur manière de faire le mortier ne semble pas avoir été différente de celle que l'on appUque encore, de nos jours, à Rome et dans toute l'Italie.

L'excellence qu'on attribue au mortier des anciens Romains provient autant des bonnes qualités de la chaux et du sable qu'ils employaient que de l'attention qu'ils avaient de le bien broyer, afin d'augmenter l'union et de faciliter le mélange des matières. Il est, en effet, certain que plus le mortier est broyé, plus il acquiert de consistance et plus il durcit promptement.

La nature des mortiers varie suivant les localités et la destination de l'édifice; on les fait généralement de terre, de plâtre, de ciment ou de pouzzolane.

On distingue les mortiers simples et les mortiers composés. Parmi les premiers, nous citerons :

1° Le mortier de terre, qui est assez fréquemment employé dans les constructions rurales, tantôt seul, tantôt comme remplissage entre des matériaux plus résistants, tantôt pour servir de liaison entre ces matériaux. Dans le premier cas, c'est un mortier composé de terre argileuse pétrie avec de la paille ou du foin et qu'on emploie surtout pour des murs de clôture (voy. Bauge, Pisé); dans le second, ce sont ces mêmes éléments qui servent à remplir les vides d'un pan de bois ou les intervalles de piliers en maçonnerie ; enfin, dans le troisième cas, la terre est utiUsée pour réunir entre elles les pierres ou les briques ; mais ce mortier est peu durable, car il ne résiste pas à une humidité médiocre et encore moins à l'action de feau.

On fait de la terre à four avec un mortier de terre bien passée au tamis, dans la proportion de 2/5, plus 2/5 de terre calcaire et 1/5 de sable ; souvent même on supprime la terre calcaire pour la remplacer par du sable, surtout si l'argile est très liante.

2° Le plâtre, employé particulièrement à Paris, sert comme élément de liaison,

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ou bien comme enduit intérieur ou extérieur (voy. Plâtre).

Les mortiers composés, ou mortiers proprement dits, sont formés de chaux combinée avec du sable, de la pouzzolane ou du ciment. On les divise en mortiers ordinaires non hydrauliques et mortiers hydrauliques.

Mortiers ordinaires. Le mélange de la chaux non hydraulique, grasse ou maigre, avec du sable, est le plus fréquemment employé dans les constructions qui n'ont point à redouter l'humidité ; le morrier obtenu ainsi durcit assez promptement à Tair en se desséchant et en absorbant de Facide carbonique ; lorsqu'il est enfoui, ce composé conserve longtemps la même consistance et ne durcit que très lentement. Si, dans le mélange, on remplace le sable par de la pouzzolane, le mortier devient hydraulique et acquiert, sous l'eau, une très grande dureté ; mais, h l'air, il devient pulvérulent et se laisse attaquer par la gelée. Les sables gros sont préférables, pour ces chaux, aux sables fins et, à égale grosseur, il vaut mieux employer ceux qui ne sont pas arrondis, mais anguleux et rudes au toucher.

Selon M. Vicat, la fabrication de ces mortiers exige des soins que ne prennent pas 'ordinairement les maçons : ainsi, il ne faut pas noyer la chaux en l'éteignant et gâcher le mortier à consistance très molle ; c'est, au contraire, en pâte ferme que cette chaux doit être employée, et c'est surtout du corroyage que dépend la bonne confection du mortier ; il suffit d'ajouter, pendant l'opération, la quantité d'eau que le sable trop sec exige absolument.

La fabrication comprend trois opérations distinctes : l'extinction des chaux (voy. Chaux); le dosage des matières; la manipulation ou le mélange de ces matières.

Le dosage des éléments qui entrent dans la composition des mortiers repose d'abord sur ce principe qu'il vaut mieux pécher par absence que par excès de

chaux, quand elle est grasse, et, au contraire, par absence que par excès de matières étrangères, quand la chaux est hydraulique. Les proportions des matières doivent toujours être comptées en volume; les mesures employées souvent, à cet effet, sont les brouettes fermées sur le devant par une planche mobile et ayant une capacité de 5 à 8 centièmes de mètre cube. Il est nécessaire, quand on veut fabriquer une quantité de mortier déterminée, de tenir compte de la contraction, de S/7 à 4/5, qui a lieu, après le mélange, sur le volume total des composants.

La manipulation des matières se fait généralement sur une aire plane, au moyen d'un rabot mû à bras d'homme, quand on n'a besoin que d'une petite quantité; dans les grands travaux, on se sert de machines. Dans le premier cas, il est bon d'établir l'aire en pierre dure, en ciment ou en planches, pour que la terre ne se mélange pas au mortier. La fabrication mécanique se fait au moyen de machines mises en mouvement par des chevaux ou par la vapeur ; ce sont des manèges ou des tonneaux dits malaxeurs ou broyeurs (voy.

Manège, Tonneau).

Les mortiers fabriqués ont une densité très variable et qui dépend de leur âge, de leur composition et de la façon dont ils ont été gâchés. M. Vicat, à la suite des expériences qu'il a faites à ce sujet, a adopté comme limites les chiffres 1,26 et 2,05.

Parmi les principaux mortiers ordinaires, on distingue :

Le gros mortier de chaux et de sable, composé de 1 partie de chaux bien éteinte en pâte épaisse et de 2 parties de sable ; on l'emploie pour les fondations et le corps des gros murs ; il est bon de l'employer de suite après sa fabrication ;

Le mortier fin à poser, de chaux et de sable, formé de 2 parties de chaux éteinte en bouillie épaisse et de 3 parties de sable très fin ; on s'en sert, dans

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les départements de Test de la France, pour lapose des pierres détaille, des briques, les rejointoiements et les enduits ;

Le mortier fin, composé de 1 partie de chaux, mesurée vive et réduite à l'état de bouillie épaisse et de 2 parties de sable très fin ; on remploie pour les cheminées de briques dans l'intérieur et pour les cloisons ou refends en briques ;

Le mortier bâtard, mélangé, en parties égales, de mortier ordinaire et de plâtre en poudre, que l'on utiUse dans quelques villes, mais qui est de mauvaise quahté et qu'on ne doit pas employer à l'extérieur.

Mortiers hydrauliques. On range dans cette classe de mortiers tous ceux qui jouissent de la propriété de durcir sous Teau et à l'air humide en plus ou moins de temps.

L'emploi de ces mortiers est nécessaire pour toutes les constructions exposées à rhumidilé, soit par le contact de l'eau, soit par les influences atmosphériques.

Les maçonneries immergées exigent, pour leur liaison, les plus énergiques de ces composés ; ceux dont la prise et le durcissement sont moins rapides suffisent, mais sont recommandés pour les fondations et les soubassements des constructions ordinaires.

On distingue :

1° Les m.ortiers hydrauliques ordinaires, composés de chaux hydraulique et de sable ;

2" Les mortiers hydrauliques à base de chaux et de pouzzolanes naturelles ou artificielles ;

3° Les mortiers de ciment.

1° Les mortiers hydrauliques ordinaires se préparent au moyen de chaux hydrauliques éteintes par le procédé le plus commun, c'est-à-dire par fusion ou à grande eau, et broyées avec le sable, au rabot, au pilon ou au manège, en employant le moins d'eau possible. La proportion la plus convenable est de 1 volume 50 à 2 volumes de sable pour 1 volume de chaux en pâle. Pour les mortiers destinés à Timmersion dans

une eau profonde, il ne faut pas dépasser 1,50 de sable pour 1 de chaux en pâte. Pour les fondations établies dans une terre constamment fraîche, les proportions peuvent être de 1 jusqu'à 2,40 de sable pour 1 de chaux en pâte, sans que la différence de sohdité soit appréciable, et la dernière proportion est la plus économique.

Il faut insister sur les précautions à prendre dans le gâchage du mortier.

Cette matière ne doit pas être réduite en bouiUie ; elle doit bien tenir sur la truelle, surtout pour la maçonnerie exposée à l'air. Ce degré de fermeté du mortier présente des inconvénients avec les matériaux absorbants et très secs, tels que les briques; on mouille alors ces matériaux en les arrosant de temps à autre jusqu'au moment de leur emploi.

2° Nous avons vu plus haut que le mélange de chaux grasse et de pouzzolane donne un mortier hydraulique, et il faut remarquer que le composé est meilleur sous l'eau que les mortiers à chaux hydraulique.

Dans le premier cas, le dosage des matières à employer est le suivant :

12 à 18 parties de chaux caustique pour 100 de pouzzolane. Si l'on se sert de chaux hydrauUque, la proportion doit en être double de celle de chaux grasse pour 100 de pouzzolane.

On distingue les mortiers de pouzzolanes naturelles et les mortiers de pouzzolanes artificielles.

Parmi les premiers, nous citerons, d'après la Technologie du bâtiment de Th. Château :

Le mortier de pouzzolane volcanique, composé de 2 parties de chaux éteinte mesurée en poudre et de 3 parties de pouzzolane volcanique ;

Le mortier de chaux hydraulique, pouzzolane et sable, composé de 2 parties de chaux hydraulique éteinte mesurée en poudre, del partie de pouzzolane volcanique et de 1 partie de sable ;

Le mortier de trass, en usage dans le nord de la France et dans les villes du

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Rhin, composé de 2 parties de' chaux éteinte mesurée en poudre pour 1 partie de trass ;

Le mortier de chaux hydraulique, trass et sable, composé de 4 parties de chaux hydraulique mesurée vive et réduite en pâte, de 5 parties de trass et de 5 parties de sable.

Parmi les mortiers de pouzzolanes artificielles, nous signalerons :

Le mortier de chaux hydraulique , pouzzolane artificielle et sable, qui • se compose de 8 parties de chaux hydraulique éteinte par immersion, mesurée en poudre ; de 3 parties de schiste calciné, ou basalte, ou grès ferrugineux, ou terre ocreuse et de 3 parties de sable ;

Le mortier composé par M. de Saint - Léger et qui est formé d'une partie de chaux hydraulique vive et réduite en poudre, d'une partie de pouzzolane d'argile cuite, d'une partie de sable fin de rivière et de 2 parties d'eau. Ce composé prend très rapidement ;

Le mortier de cendrée (voy. Cendrée);

Le mortier dit ciment à poser (voy.

Cinioit) ;

Le mortier connu sous le nom de gros ciment (voy. ce mot).

En résumé, de toutes les considérations qui précèdent il résulte que les meilleurs mortiers, pour les ouvrages immergés dans l'eau douce, sont ceux de chaux non hydraulique avec pouzzolane ou de chaux peu hydraulique avec sable et pouzzolane et que les mortiers les plus convenables, au contraire, pour les constructions exposées à l'air, sont ceux de chaux hydraulique avec sable.

3° On divise les mortiers de ciment en deux classes : ceux dans lesquels le ciment ione, vis-à-vis de la chaux, le rôle de pouzzolane, et ceux qui sont formés simplement de ciment et de sable, ce dernier élément ayant pour objet d'empéchcr le premier de se fendiller par le retrait ou par la gelée.

Dans la première catégorie, on dislingue :

Le mortier dit de ciment, qui se compose, soit de deux parties de ciment de première cuite en poudre, et d'une partie de chaux commune , grasse ou moyennement hydraulique, mesurée en poudre, éteinte par immersion et réduite en pâte ; soit de chaux hydrau- Hque, ciment et sable, dans les proportions suivantes : 7 parties de ciment de première cuite en poudre, 4 parties de sable fin et 3 parties de chaux récemment éteinte par immersion ;

Le mortier Fleuret, qui se compose de

2 parties de ciment de première cuite en poudre, de 4 parties de sable fin et de

3 parties de chaux récemment éteinte par immersion ; ce mortier devient très dur et très imperméable et cela d'autant plus facilement que la chaux est plus hydraulique ;

Les mortiers bâtards, qu'il ne faut pas confondre avec le composé dont nous avons déjà parlé plus haut et qui sont formés de mortiers de chaux dans lesquels on fait entrer une certaine quantité! de ciment en poudre, pour les rendre plus résistants et les faire durcir plus rapidement.

Dans la seconde catégorie, nous signalerons particulièrement le mortier de ciment de Vassy, pour les différentes compositions duquel nous emprunterons le tableau suivant établi par MM. Claudel et Laroque dans la Pratique de l'art de construire.

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