ORCHESTRE
ou bien de blanc de céruse, de litliarge ou de terre d'ombre, le tout détrempé à l'huile d'œillette ou à Thuile grasse ; on couche cette substance sur la teinte dure et l'on y applique l'or en feuilles ; on s'en sert également, soit pour faire les hachures sur les parties que l'on veut rehausser d'or, soit pour faire de la fausse dorure (voy. ce mot) ;
L'or d^ Allemagne ou or massif, cuivre battu en feuilles, qu'on emploie comme l'or;
L'or moulu, aspect que l'on donne aux pièces, dans la dorure, en les frottant d'abord avec une petite brosse en tils de laiton , appelée gratte-bosse, et en les chaulïant à une température moins élevée que pour donner le mat (voy. Dorure); on les laisse un peu refroidir, puis on étend à leur surface un mélange de sel marin, d'alun et d'oxyde de fer ; enlin, on chauffe ces pièces jusqu'à ce qu'elles commencent à brunir et on les plonge dans un bain d'acide nitrique faible ;
h' or rouge, teinte que Ton donne au bronze en suspendant la pièce par un fil dans une composition appelée cire des doreurs (voy. Cire) ;
L'or mussif appelé aussi bronze moulu et qui est un bisulfure d'étain, broyé dans la proportion d'une partie avec six parties d'oi' calcinés ; le mélange, réduit en poudre fine, est étendu avec un linge humecté sur l'objet à bronzer ; on frotte ensuite avec un linge sec et l'on \ rocède au brunissage.
Orange, adj. — Mine orange : minium que l'on obtient en calcinant à l'air du carbonate de plomb ou céruse.
Orangerie, s. f. — Grande salle couverte et munie de larges fenêtres où l'on conserve les orangers, pendant l'hiver, dans les pays où ces arbres ne peuvent supporter la température ambiante. Les ouvertures ne sont pratiquées que dun seul côté , au midi.
Oratoire, s. m. — Pièce retirée d'un appartement, dans laquelle on se livre à la prière, mais où les canons de l'Église défendent de célébrer la liturgie.
Le même nom désigne de petites chapelles construites sur le bord des roules, particulièrement en Italie, et où les voyageurs s'arrêtent pour prier. La figure 24:23 représente un petit oratoire
Fig. 2423.
de ce genre élevé sur le chemin de la Querlia, près Viterbe. L'usage de ces oratoires est fort ancien ; ils formaient autrefois de petits édifices isolés ou joints aux monastères (voy. Chapelle).
Orbe, 6'. m. et adj. — Filet sous l'arc d'un chapiteau.
Mur orbe : mur sans ouverture.
Orl)evoie, s. f. — Vieux mot qui signiliait fausse arcade, fausse fenêtre.
Orcliestre, .s\ m. — Partie la plus basse d'un théâtre ancien et qui était comprise entre les gradins et la scène.
Dans les théâtres grecs, Vorchestre était l'endroit où se tenaient les chœurs et où ils faisaient leurs évolutions ; c'est pourquoi l'on donnait à cette partie de l'édilice une ,urand(^ profondeur (voy.
Théâtre); elle foimait plus qu'un demicercle. Au centre de Vorchestre était la thymélée, autel consacré à Bacchus.
ORDRE
ORDRE
Chez les Romains, qui n'avaient pas de chœurs dans leurs représentations dramaiiquesX orchestre était beaucoup plus petit et garni de sièges pour les sénateurs, les édiles, les vestales et les personnages de distinction. Le sol était légèrement incliné vers la scène et pavé de carreaux ou de dalles de marbre, tandis que Yorchestre grec avait un plancher de bois pour donner plus d'élasticité aux pieds des danseurs et ajouter à la sonorité des voix et des instruments.
Dans les théâtres modernes, Yorchestre ou parquet est la partie où se tiennent les musiciens ; on désigne également sous ce nom l'espace occupé par des sièges pour les spectateurs et qui s'étend entre Yorchestre et le parterre.
L'orchestre des musiciens doit être établi à un niveau inférieur à celui de Yorchestre des spectateurs, de sorte que la vue de la scène ne soit masquée à ces derniers ni par les artistes, ni par leurs instruments.
Le sol sur lequel sont placés les exécutants doit être une caisse en bois de sapin, bois léger et résonnant, et disposée de manière à produire des vibrations, comme la table dliarmonie des instruments.
Ordonnance, s. f. — 1° Terme qui s'applique, en général, à la composition d'un édifice, à la disposition d'ensemble de ses parties.
2° Application d'un ordre à la décoration d'une façade ; c'est ainsi que l'on dit : une ordonnance dorique, ionique ou corinthienne.
3° On emploie le même mot pour désigner le nombre de colonnes d'une façade et la manière dont elles sont disposées. On dit qu'un édifice, un temple, possède une ordonnance tétrastyle .
hexastyle, décastijle, lorsqu'il a quatre, six ou dix colonnes sur la façade principale.
Ordre, 5. m. — Combinaison des
diverses parties d'un édifice dans des proportions telles que leur ensemble soit harmonieux et régulier.
Les Grecs et les Romains sont, parmi les peuples de Fantiquité, ceux qui ont plus particulièrement soumis l'architecture à des règles fixes et à des lois rationnelles. On peut ramener leurs édifices à un petit nombre de systèmes archilecloniques, caractérisés par les proportions nettement définies qu'offrent leurs éléments principaux.
On reconnaît ainsi cinq ordres classiques présentant chacun un type de colonne avec son piédestal et son entablement particuliers, des moulures, des ornements et accessoires qui lui sont propres. Parmi ces cinq ordres, trois sont d'origine grecque, le dorique, Yionique et le corinthien , et deux, d'origine italienne, le toscan et le composite (voy. ces mots).
On a appelé dorique romain un ordre qui n'est que la modification du dorique grec.
Certains de ces ordres ont un caractère sévère ; d'autres expriment la stabilité ; quelques-uns sont élégants et délicats ; il faut adopter celui qui est en rapport avec la nature et la destination de rédifice qu'il doit décorer.
Un ordre d'architecture se compose donc de trois parties bien distinctes : le piédestal, la colonne et Yentablement ; les deux dernières de ces parties sont seules essentielles.
C'est à la colonne et parlicuUèrement à la forme du chapiteau (voy. ce mol) que se reconnaît, à première vue, la différence des ordres. C'est encore d'après la colonne que se détei'minent les rapports des autres parties entre elles. C'est le module, ou demi-diamètre pjùs à la base du fût, qui sert de mesure proportionnelle (voy. Module).
Il faut observer toutefois que les architectes grecs et romains n'ont jamais établi de règles bien précises sur les détails et même sur les hauteurs récipropres de leurs ordres ; on ne ren-
ORDRE
ORGUE
contre pas, en effet, deux monuments de Tantiquité qui soient identiques dans leurs proportions. Celles-ci étaient modifiées, pour chaque édifice, au gré de l'artiste, qui conservait à Vordre choisi son caractère principal, le considérant comme un type dont il disposait les détails suivant son goût et son génie particulier.
C'est ainsi que Vitruve, Palladio, Scamozzi, diffèrent entre eux dans les préceptes qu'ils donnent à cet égard. Vignole, dans son Traité des cinq ordres, a eu le mérite d'en ramener les proportions générales à un principe uniforme et ce sont les règles qu'il a posées que suivent encore, de nos jours, la plupart des architectes; nous en faisons l'exposé à chacun des articles correspondant aux mots Dorique, Ionique, Corinthien, Toscan et Composite.
Ces cinq ordres sont les seuls qu'admette l'architecture classique et encore on pourrait les réduire à trois seulement, qui diffèrent essentiellement les uns des autres, le dorique, V ionique et le corinthien.
On a encore employé d'autres désignations, telles que :
Ordre persique ou caryatide : ordre dans lequel les colonnes sont remplacées par des femmes ;
Ordre attique : système de pilastres et d'entablement qu'on élève au-dessus d'un ordre principal, pour former la partie supérieure d'un édifice.
On appelle ordres assemblés des ordres superposés pour orner une façade ; dans ce cas, il est de règle que les axes des colonnes se trouvent , aux différents étages , en prolongement les uns des autres. En outre, Vordre qui offre le caractère le plus grand de solidité doit porter Vordre le plus délicat ; ainsi , l'ionique se superpose au dorique et le corinthien à l'ionique. Le plus élégant de ces trois ordres , le corinthien , est réservé aux étages les plus importants et dont on veut accentue]' la richesse.
Oreille, s. f. — MAço>iNERiE. Extrémité d'un appui de croisée, encastrée dans le tableau de la baie et conservant une saillie sur le nu de la muraille.
Ce système de construction, encore appliqué de nos jours, est vicieux, en ce sens que le moindre tassement de l'un des pieds-droits peut briser la pierre d'appui. Si, en vue d'un effet architectural préconçu, on veut donner à cette pierre plus de largeur qu'à la baie, on doit ménager à chacune de ses extrémités un évidement qui épouse le tableau et la feuillure.
Serrurerie. Partie saillante ou appendice qui donne au corps d'un ouvrage plus d'empâtement ou qui permet de le saisir plus facilement. C'est ainsi que l'on appelle écrou à oreilles, un écrou portant deux petites branches qui servent à le tourner à la main (voy. Écrou).
FoNTAOERiE. Saillie que l'on ménage à un porte-clapet pour y faire passer les vis.
Oreille-d^âne : outil méplat que l'on passe dans l'anneau d'une clef pour la fixer sur l'étau lorsqu'on lime le 'panneton.
Orezza [Marbre). — Variété de marbre vert antique que l'on exploite dans la commune de Carcheto, département de la Corse.
Oryaneau, s. m. — Voy. Arganeau.
Orgnes, s. f. pi. -- Rangées horizontales de javelles dans un toit en chaume (voy. ce mot).
Orgue, s. m. — Instrument de musique dont l'origine est supposée très ancienne, car saint Augustin en parle dès le v^ siècle.
Le premier orgue dont l'usage en France puisse être regardé comme certain ne remonte cependant pas au-delà du xn° siècle ; cet instrument était placé dans l'abbaye de Fécamp.
ORGUE
ORGUE
Ce n'est guère qu'au xV' siècle que les buffets d'orgues commencèrent à prendre une véritable importance architectonique ; ils furent alors construits dans le style ogival tleuri.
A partir du xvi^ siècle, on sortit de la forme plate, donnée jusqu'alors à la façade de ces instruments ; au xvni% au fur et à mesure que l'art de construire les orgues se perfectionnait, on donna aux buft'ets un plus grand développement ; quant à leur architecture, elle était en rapport avec le style du temps. Pendant le siècle suivant, les orgues, continuant à grandir, prirent les proportions vraiment monumentales qu'on leur donne encore de nos jours.
Si l'on étudie, au point de vue de l'acoustique, la question de l'établissement des orgues ([diXi% les églises, on remarque que les instruments placés dans le bas d'un édifice produisent beaucoup plus d'effet de sonorité que dans les parties hautes. De plus, les orgues adossées contre le mur du portail, sur une tribune plus ou moins élevée, sont très éloignées du lieu où doivent être perçus les sons, qui n'arrivent à l'oreille que par suite des réflexions successives répercutées par les voûtes et par les murs de l'édifice ; il en résulte une confusion des notes et une diminution dans leur sonorité. L'emplacement le plus favorable à la propagation des sons dans une église serait le centre du monument ; mais ici l'architecte est arrêté par des considérations d'un autre ordre auxquelles il est tenu de se soumettre.
Nous citerons néanmoins, comme dispositions convenables et adoptées, du reste, dans plusieurs monuments religieux, les orgues placées sur des jubés à l'entrée du chœur, comme à l'église de Saint-Paul de Londres, ou bien sur des tribunes adossées contre les pignons du transept, ainsi qu'on le voit aux cathédrales de Reims, de Tours et du Mans.
Le placement des orgues à l'extrémité de la grande nef, au-dessus du portail, est généralement en usage , comme
étant celui qui convient le mieux sous le rapport architectonique ; mais, dans ce cas, il importe de prévoir cette disposition dans la construction de l'édilice.
D'après Dom Redos, savant bénédictin, qui a publié un Traité de l'art du facteur d'orgues, une tribune à' orgue doit être absolument inébranlable ; par conséquent, elle est plus convenable en pierre qu'en bois et, si on la fait en bois,
^BP^P^^tP*'
Plg. 2424.
il faut qu'elle soit construite de manière à ne pouvoir faire aucun mouvement, faute de quoi Vorgue est bientôt dégradé, surtout dans sa partie mécanique ; dans le dernier cas, il faut donc un ap-
ORGUE
ORGUEIL
pui portant de fond, tambour ou colonnes. Comme exemples d'orgues construites dans ces conditions, nous citerons celles de Téglise de la Madeleine, à Paris, que représente la figure 2424, en plan et en élévation, à l'éclielle de 0°',004 pour mètre. Cet instrument est porté sur le tambour d'entrée de l'édifice ; deux escaliers vus en plan permettent d'y accéder.
Les proportions à donner aux buffets d'orgues varient avec la disposition de l'église ou de la tribune ; mais il y a des dimensions commandées par la nature même de l'instrument; ainsi, les tuyaux en étain poli, dits tuyaux de montre, et qui servent non-seulement à décorer, à orner les buffets, mais encore à former la basse des jeux principaux de l'instrument, ont des dimensions qu'on ne peut altérer sans nuire à la qualité même de Yorgue; il faut donc prévoir, à l'avance, quelle sera la disposition des compartiments du buffet pour pouvoir y placer ces tuyaux dans leurs véritables proportions. C'est même par la liauteur des tuyaux de montre que l'on distingue les orgues. Ainsi, l'on dit un orgue de 32 pieds en montre, ce qui signifie que les grands tuyaux ont 32 pieds de corps sonore, sans compter la partie conique inférieure. Ces orgues sont les plus grandes qui existent ; on n'en trouve que très peu d'exemples , en Allemagne et en Angleterre. Les orgues des grandes églises de France sont de 16 pieds en montre. On s'écarte quelquefois de ces cbiffres en choisissant des hauteurs intermédiaires ; mais il faut alors compléter la basse par des tuyaux en bois placés à l'intérieur de Yorgue.
Outre les grandes orgues qui sont adossées au portail des églises, un grand nombre de ces édifices sont pourvus d'orgues de plus petites dimensions placées généralement près du chœur. Nous citerons, par exemple, l'instrument de ce genre établi, à l'église Saint-Pierre de Montrouge àParis, derrière le maître-
autel et dont la figure 2425 représente
l'une des montres installées dans les angles du sanctuaire.
Orgueil, s. m. — Cale de pierre, de bois ou de toute autre matière dure, que l'on place sous la tête d'un levier ou d'une pince pour soulever un corps quelconque en se servant d'un point d'appui.