ORME
Orientation, <?. f. — Règlement de la position d'un objet par rapport aux quatre points cardinaux.
On doit, autant que possible, placer les habitations de manière que les pièces le plus longtemps habitées reçoivent l'action bienfaisante des rayons du soleil et soient abritées contre les mauvais vents. C'est ainsi que Ton doit exposer la salle à manger, la cuisine, avec ses dépendances, la salle de bain, etc., au nord ; le salon et les chambres à coucher au midi.
Les églises reçoivent, enaénéral, une orientation particulière. On dispose le plan de façon que le sanctuaire soit tourné du côté de l'orient. Les premiers chrétiens, au contraire, avaient placé le chœur à l'occident, pour ne pas imiter les païens, qui tournaient leurs temples au levant.
Cette orientation fut reprise par les architectes du moyen âge, et l'usage s'en est conservé jusqu'à nos jours , bien cjue souvent l'on n'en tienne pas compte.
Orienter, v. a. — Orienter un plan, c'est y marquer la position des points cardinaux.
Orillon, s. m. — Plomberie. On désigne ainsi les tenons ménagés sur le pourtour de la chaudière.
Architecture militaire. Saillie arron-
Fig. 2426.
die A (fig. 2426) que forme sur le flanc ou épaule la face d'un bastion.
Inventé par les Italiens, le système des orillons a été appliqué par Vauban, mais on y a renoncé aujourd'hui parce qu'il gêne les feux de flanc.
Orival (Pierre d'). — Calcaire provenant de carrières situées dans la commune d'Amblie (Calvados).
Il y a deux variétés de cette pierre, l'une assez dure, de couleur blanc-grisâtre, portant 0°',40 de hauteur d'assise, pesant 2,o2o kilogr. le mètre cube, et s'écrasant sous une charge de 423 kilogr. par centimètre carré ; l'autre tendre, de couleur blanche, légèrement jaunâtre, présentant une hauteur d'assise de O-^.lo à 0°^,oO, pesant 1,845 kilogr. le mètre cube et s'écrasant sous une charge de 113 kilogr. par centimètre carré.
Orle, s. m. — Listel ou filet placé sous l'ove d'un chapiteau et qu'on nomme ceinture ou colarin.
Situé au bas du fût, il prend également les noms (ïorle ou de ceinture.
Le parement de la volute ionique est pourvu d'un listel qui reçoit la même désignation.
Oiiet, s. m. — Petite moulure plate qui couronne la cymaise (voy. ce mot).
Orme, s. m. — Arbre de première grandeur, appartenant à la famille des uhnacées. Sa hauteur atteint jusqu'à 23 et 30 mètres et la circonférence du tronc, jusqu'à 4 et 3 mètres. Son poids spécifique varie de 0,333 à 0,903.
Le bois que fournit Yorme est jaune, marbré de taches brunes ou jaunâtres, très fibreux, dur, souple et liant, susceptible de prendre le poli ; il se travaille bien quand il est jeune ; mais il se tourmente beaucoup, devient cassant, lorsqu'il est trop sec et est sujet à être piqué par les vers; aussi les menuisiers ne l'emploient-ils pas. On s'en sert quelquefois dans la charpente, mais pour des constructions qui demandent peu de durée.
h'orme tortillard est quelquefois utilisé pour faire des poinçons de combles à plusieurs égouls qui doivent recevoir un .arand nombre de mortaises. On fait
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souvent, avec le bois de Vorme, des pièces qui entrent dans la charpenterie des moulins et des pressoirs, des vis, des écrous, des corps de pompe et des tuyaux de conduite, ainsi que d'autres ouvrages destinés à rester dans l'eau ou dans la terre et qui se conservent très longtemps. On emploie encore ce bois pour faire des dessus d'établis, des billots, des crics, etc.
Les ébénistes fabriquent des placages avec la loupe d'orme.
Le bois d'orme est très fréquemment imité en peinture .en décors, particulièrement ses loupes et ses racines. La couleur de Vorme tortillard approche beaucoup de celle du noyer. Les filaments sinueux, mêlés en tous sens de dessins bizarres et de nœuds brunâtres ou rougeàtres, égayent, par leurs nuances, la sévérité des autres teintes plus sombres, qui vont décroissant depuis le brun noir, en passant par le brun rouge, jusqu'au brun fauve et jaunâtre.
La loupe d'orme, quoique de couleur sombre, ne le cède en rien à la loupe de frêne. Comme cette dernière, elle offre des parties ronceuses et flammées, avec cette différence que ce sont des fdaments sinueux, enroulés et entremêlés de toutes sortes de nœuds d'une couleur bistre, parfois relevés par les teintes claires de l'aubier intercalé, égaré dans la masse.
La racine d'orme présente, en plus grand, les mêmes accidents et les mêmes couleurs que la loupe. Les nceuds sont plus gros, plus serrés; on en trouve même qui sont rubanés comme les albâtres.
Ornemaniste , s. m. — Artiste sculpteur qui fait les ornements destinés à Tarchitecture, spécialement ceux que l'on peut fabriquer à part et appliquer après coup.
Ornement, s. m. — On donne ce nom à toute partie d'un ouvrage qui, sans en être un élément essentiel, sert à
décorer cet ouvrage. Telles sont les moulures, les sculptures, les feuilles, les oves, les volutes, les rinceaux, les fleurons, les festons, les rosaces, les palmettes, les consoles, les denticules, les caissons, les cartouches, les statues, les vases, etc. (voy. ces mots).
Les plus anciens peuples qui nous soient connus, les Indiens et les Égyptiens, appliquaient les ornements à leurs édifices. Ils en ont pris les modèles dans la nature, qui offre k l'artiste un si vaste champ d'études. D'abord ils n'imitaient que la parure des arbres et ornaient leurs ouvrages de plantes, de feuilles, de fleurs, de fruits, jusqu'à ce qu'ils eussent aussi appris à figurer des hommes et des animaux. Ces ornements furent, dans les premiers temps, appliqués sans goût et mal travaillés, jusqu'au moment où l'art fut porté à un certain degré de perfection.
Si l'on étudie les ornements égyptiens, au point de vue de leur caractère, on remarque qu'ils étaient toujours symboliques. Ainsi la colonne, quelle que soit sa hauteur, était un gigantesque arbrisseau de papyrus, la base représentant la racine ; le fût, la tige et le chapiteau, la fleur épanouie entourée d'un bouquet de plantes plus petites, reliées par des cordons.
Si, d'autre part, on considère l'ornementation égyptienne sous le rapport de la forme, on est frappé de la permanence des formes généralement adoptées pendant une période qu'on peut évaluer à plusieurs miUiers d'années. Toutefois, cette unité de style n'excluait pas la variété dans l'agencement. Le chapiteau primitif, pour les colonnes d'un large diamètre, avait l'aspect d'une campane et, pour les colonnes d'un petit diamètre, d'un faisceau de bourgeons végé" taux reliés ensemble et surmontés d'un tailloir carré. Sur le premier de ces chapiteaux étaient reproduites des imitations de lotus et de papyrus sculptées en saillie sur la surface, et qui, plus tard, furent moulées dessus, de manière à
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entourer le plan circulaire primitif de quatre , huit et seize autres cercles.
L'adoption de ce nouveau système explique les modifications subies par la forme générale.
Dans Yornement grec, on ne trouve plus le symbolisme, mais seulement la beauté et la convenance. On remarque surtout dans l'architecture de la Grèce le soin que mettait l'artiste à conserver le caractère de l'édifice. A l'origine, on se contentait de décorer l'extérieur des monuments; plus tard, on orna aussi l'intérieur, et de là le goût de la décoration gagna les demeures particulières.
La variété de l'ornementation correspondait, chez les Grecs, à la différence des ordres. Les ornements de l'ordre dorique étaient, dans la corniche, les mutules et les mufles de lion, qui cachaient les ouvertures par lesquelles s'échappaient les eaux pluviales ; dans la frise, les triglyphes et d'autres ouvrages sculptés 'en relief sur le champ formé par les métopes.
L'ordre ionique, plus délicat que le dorique, exigeait aussi plus d'ornements. Les mufles de lion dans la corniche furent réunis à des fleurs et à des feuillages ; on y appUquait des denticules ; la frise était ornée de bas-reliefs, et on plaçait encore des ornements sur quelques autres membres. Dans l'ordre corinthien, non-seulement le chapiteau, mais aussi les différents membres de l'entablement étaient plus richement ornés que dans les autres ordres, pour les mettre en harmonie avec le luxe du chapiteau. La frise était l'emplacement choisi de préférence pour les ornements allégoriques.
C'est aussi dans la nature que les Grecs prirent leurs modèles pour le choix de leurs ornements. Parmi les végétaux, l'acanthe et le lierre étaient le plus souvent employés dans la décoration ; les feuilles de vigne et de fougère étaient aussi d'un fréquent usage.
Les palmettes, les méandres, les oves, les langues de serpent, étaient encore
des ornements d'architecture. Dans les premiers temps, ces divers objets n'étaient appliqués qu'à l'ornementation extérieure des édifices, aux membres des entablements et des corniches.
C'est là que les artistes grecs ont fait preuve de leur jugement pour les convenances ; loin d'employer ces ornements d'une manière arbitraire, de les appliquer sans discernement ni méthode, ils choisissaient pour chaciue membre Yornement qui convenait le mieux à son profil. Les feuilles d'acanthe trouvaient bien leur place sur le profil creusé de la corniche. Celles du lierre servaient à orner le talon, parce qu'elles ont à peu près la même forme. Les oves convenaient mieux pour décorer le quart de rond, et la baguette recevait un chapelet d'olives, de perles, etc. Enfin, les membres à profil courbe étant seuls ornés et les membres droits restant unis, on obtenait, tout à la fois, la variété et l'agrément.
Plus tard, le goût de la décoration étant porté à l'excès, on arriva à surcharger d'ornements tous les membres droits ou courbes.
A part ces ornements de détail que nous venons d'énumérer, ce qui caractérise surtout la décoration extérieure des monuments de la Grèce, ce sont les magnifiques colonnades qui suffisent à elles seules pour produire une riche ornementation, alors même que l'entablement est uni et dénué de tout objet décoratif.
Lorsqu'on songea à orner l'intérieur des édifices, on employa le marbre, la mosaïque, la peinture. Selon Yitruve, les couleurs servirent d'abord à imiter les différents marbres ; on apprit, dans la suite, à imiter les divers objets de la nature. Dans les lieux publics où il y avait des murs spacieux, on peignait des vues, des scènes tragiques, comiques et satiriques. Sur les murs des portiques destinés à la promenade, on représentait des paysages, des événements, des ports de mer, des fontaines, des temples, des
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