CARDE-MANGER
bâtiment capable de renfermer le garde et sa famille.
Les maisonnettes, destinées à un garde non marié, se composent ordinairement d'un rez-de-cliaussée et d'un grenier. Le rez-de-chaussée comprend une chambre et un réduit pour le dépôt des outils et la place d'une échelle qui sert à monter au grenier où l'on dépose le combustible.
Les habitations destinées aux gardes mariés et qui se font suppléer par leurs femmes dans le service prennent plus d'importance. Nous donnons (fig. 1814),
Fig. 1814.
à Téchelle de 0°',006 pour mètre, le plan du rez-de-chaussée et l'élévation d'un petit bâtiment de ce genre construit par M. Fèvre sur la ligne du Bourbonnais (1). En a est la cuisine, en b la
(1) Chabat, Bâtiments de chemins de fer.
chambre du garde. L'étage, auquel on accède par un escalier extérieur, comprend deux chambres à coucher. Des water-closets sont disposés sous cet escalier, en face d'une descente de cave qui mène dans un sous-sol occupant la moitié de la surface de la maison. Nous présentons ici la façade de cette construction donnant sur la voie, avec l'escalier, couvert par la saillie du toit et muni d'une rampe et d'un garde-fou en bois découpé.
Garde-corps, Garde-fou, s. m.
— Balustrade à hauteur d'appui que l'on établit le long d'un quai, d'un fossé, d'un pont, d'un palier d'escalier, d'une terrasse, d'une lucarne, etc., pour empêcher de tomber.
Les garde-carps sont en pierre, en bois ou en métal.
Fig. 1815.
Nous donnons (fig. 1815) un gardecorps en fer.
Garde-manger, s. m. — Coffre en menuiserie dans lequel on conserve les mets.
Les garde-manger se placent dans les baies des fenêtres de cuisine. On leur donne la hauteur d'appui et on les fait ouvrir à l'intérieur par des portes d'armoire. L'extérieur est garni de lames de Persiennes ou de toiles métalliques qui laissent pénétrer lair.
GARDE-ROBE
GARDE-ROBE
Garde-robe, s. f. — On donne ce nom à des appareils que l'on place dans les sièges d'aisances pour les fermer herméliquement et empêcher les odeurs provenant de la fosse de pénéti-er dans les appartements.
Il y a une vingtaine d'années seulement, un grand nombre de sièges, dans les maisons de Paris, étaient encore béants, de façon que les émanations infectes se répandaient dans les habitations. On avait déjà essayé de boucher les trous des lunettes au moven de tara-
Fig. 1816.
pons A (fig. 1816) (|ue l'on manœuvrait au moyen d'un crochet B. Mais le passage des gaz n'était pas parfaitement obstrué.
On inventa bientôt un système de fermeture hermétique, dont les appareils actuels ne sont que le perfectionnement.
Fig. 1817.
Ce système consiste (iig. 1817) en une ])la(]iic de métal (jui forme la valve du siège et se meut au moyen d'une clef.
'Vinrent ensuite les appareils à bascule ; à couteau; à manivelle ; le départiteur; le mobile secret, tournant sur
cylindre ; la cuvette hydraulique. Mais tous ces systèmes péchaient par l'exécution, et c'est seulement en 1850, lors de la nomination de la commission des logements insalubres, que fut imposée l'obligation, souvent violée du i-este, de construire des sièges à fermeture hermétique.
Parmi les appareils reconnus comme donnant les résultats les plus satisfaisants, nous citerons les systèmes Havard et Rogier Mothes.
La première de ces fermetures est à tirage ; elle est représentée par la ligure 1818. La tringle G est une échelle dentée dans la presque totalité de sa lon-
Fig. 1818.
gueur, qui traverse le tube H et entraîne les deux secteurs J, également pourvus d'un engrenage. L'une de ces pièces, garnie d'un contre-poids en plomb fondu, sert à faii'e ouvrir et fermer la valve ; l'autre à ouvrir et fermer le robinet laissant arriver l'eau dans la cuvette.
Ces appareils sont avec ou sans etïet d'eau; dans le système à fermeture hydraulique représenté ici, le robinet est placé au niveau de la tubulure de la cuvette, c'est-à-dire à la hauteur nécessaire pour que l'eau ne séjourne pas dans les tuyaux, quand on veut, par crainte de la gelée, vider le réservoir. On préserve aussi le mécanisme de l'action directe des émanations de la fosse en l'enfermant dans une boite en fonte. Un autre appareil du même inventeur,
GARDE-ROBE. - 17
dit siège à bascule, est employé pour les lieux: d'aisances communs ;voy. Lunette, Siège).
Dans le système Rogier Mothes, qui s'applique à la fois aux sièges d'appartement et aux latrines communes, la fermeture a lieu au moyen d'une valve qui s'abaisse sous le poids des matières mêmes. Cette valve a b (fig. i8i9j, qui peut basculer autour d'un pivot c, est
Fig. 1819.
maintenue par un contre-poids û contre l'orifice inférieur du récipient R. En D est l'orifice par lequel les matières sont projetées dans le tuyau de chute ou dans l'embranchement qui y correspond.
Le coussinet dans lequel joue le pivot est en cristal pour éviter l'oxydation. La cuvette qui surmonte ici le récipient est supprimée dans les sièges communs.
Le système Rogier Mothes présente l'inconvénient de laisser séjourner les matières dans la valve lorsque leur poids n'agit pas encore sur le mécanisme. On y applique alors, et surtout pour les cabinets d'appartements, un effet d'eau : un trou, pratiqué sur le côté de la cuvette, reçoit l'extrémité d'un tuyau qui communique avec un réservoir placé au-dessus.
On applique souvent un mécanisme qui. faisant jouer la soupape, ouvre ou ferme en même temps le tuyau.
D'autres appareils, dits siphoides, sont pourvus d'une fermeture hydraulique qui intercepte complètement l'émanation des gaz méphitiques. Ces systèmes se composent dune cuvette et d'un siphon placé au-dessous qui se remplit d'eau, de façon à empêcher tout passage d'odeur entre le tuyau de chute et l'appareil. Nous citerons, par exemple, le
GARE
système Dumuis (fig. 1820). Une valve, à fermeture hermétique, mue par un mé-
Fig. 1820.
canisme, se trouve dans la partie supérieure du siphon.
On donne, en général, le nom de garde-robe à l'anglaise aux appareils à fermeture hermétique et à effet d'eau.
On appelle garde-robe demi-anglaise celle où un bouchon remplace la trappe et où il n'y a pas de réservoir d'eau.
Gardes, s. f. pi. — Synonyme de garnitures.
Gare, s. f. — Nom que Ton donne, en général, aax emplacements choisis, sur le parcours d'une hgne de chemin de fer, pour le départ et l'arrivée des voyageurs, et le chargement ou le déchargement des marchandises.
On divise les gares, suivant leur importance, en gares proprement dites ou gares principales et en gares intermédiaires ou stations (voy. ce mot).
Dans la première catégorie, sont rangées les gares de tète, placées aux extrémités d'une ligne, les gares de passage hors ligne, telles que celles de Lyon, d'Orléans, de Tours, de Nancy, que l'on appelle aussi gares intermédiaires de première classe et les gares d'embranchement, qui contiennent ordinairement un dépôt de machines, des ateliers de réparation plus ou moins considérables, , un buffet, etc.
GARE
Dans toute gare importante, on distingue trois divisions principales affectées respectivement au service des voyageurs, des marchandises et du matériel roulant. Les bâtiments, ainsi que les voies (voy. ce mot), forment des groupes distincts, suivant les diverses destinations que nous venons d'énumérer.
Nous ne traiterons ici que des bâtiments et constructions répondant aux besoins divers qui composent le programme des gares principales.
Dans une gare de tête, on doit établir, tout d'abord, deux grandes divisions : le départ et Varrivée. Du côté du départ, on doit trouver les dispositions suivantes :
i° Une cour de départ, avec descente de voitures à couvert, latrines et urinoirs ;
2° Un grand vestibule ou salle des pas-perdus, dans lequel se trouvent placés les bureaux de distribution des billets et ceux de la correspondance et des renseignements, une buvette, un débit de tabac et une librairie ;
3° Une salle et des bureaux pour l'enregistrement des bagages ;
¥ Une salle et des bureaux pour le service des articles de messageries ;
5° Une salle et un bureau des bagages laissés en dépôt ;
6° Des salles d'attente pour les voyageurs ;
7° Les bureaux du télégraphe, du chef et des sous-chefs de gare et de leurs employés ;
8" Les corps de garde des hommes d'équipe, des conducteurs de trains, des gardes, etc.;
9° La lampisterie ;
10° Des urinoirs et lati'ines sur la voie ;
11° Un quai d'embarquement des voyageurs, un quai extérieur pour l'embar((uement des chevaux, des voitures et chaises de posle.
Du côté de l'arrivée :
l"Uiiqii,ii i)ourlecoiilrôle des billets; j
GARE
2° Une salle de distribution des bagages ;
3° Une salle d'attente des voyageurs ayant des bagages ;
4° Des bureaux de messageries ;
5° Des bureaux pour l'octroi , la douane, la police, la surveillance administrative ;
6° Un vestibule de sortie ;
7° Une cour d'arrivée, avec abri pour monter en voiture, des remises des omnibus et voitures publiques, des latrines et urinoirs ;
8" Des latrines et urinoirs sur la voie;
0° Un quai de débarquement des chevaux, voitures, suivant les dispositions locales, du côté de l'arrivée ou du départ; un petit atelier d'entretien pour les réparations de peu d'importance du matériel ; le buffet, quelquefois même un hôtel; le bureau des réclamations, le dépôt des objets perdus ; les logements des employés.
On admet, comme principes généraux :
1*" Que les bâtiments doivent être placés parallèlement aux voies ;
2° Que les salles des bagages et des messageries doivent être construites en avant des salles des voyageurs pour faciliter le transport des colis aux fourgons ;
3° Que les voies de départ et d'arrivée exigent des trottoirs couverts. Les abris sont, dans les gares principales, de grandes halles qui s'étendent de l'un des bâtiments à l'autre.
La meilleure disposition, pour le plan d'ensemble d'une gare de tête, dite aussi gare de rebroussement, est celle en étrier, les voies aboutissant entre deux bâtiments de départ et d'arrivée. Nous donnons, comme exemple (fig. 1821), le plan de la gare de l'Est, à Pai'is :