PAYÉ
PAVÉ
placer un ou deux rangs de pavés neufs ; puis on place les pavés vieux et Ton termine également par des pavés neufs.
]J entretien simple consiste seulement à remplacer çà et là quelques pavés cassés ou à relever les parues dn pavage enfoncées ou usées. Ce travail exige qu'on fasse subir à la forme, avant de replacer les pavés, les mêmes opérations que pour un relevé à bout.
Les locaux affectés à Thabitation des animaux domestiques ainsi que les granges et les bangars reçoivent aussi des pavements de différentes sortes (voy.
Écurie, Étahle, Grange, Hangar, Porcherie, etc.).
Les pavages de bois, employés depuis longtemps en Allemagne et en Russie, ne le sont en France, en Belgique et en Angleterre que depuis une époque assez récente. On exécute ces revêtements au moyen de billes de bois serrées les unes contre les autres et généralement établies sur une aire de sable, sans toutefois qu'il y en ait entre les joints ; ceuxci sont quelquefois garnis de goudron ou d'asphalte.
Les pavages de bois sont très durables et produisent peu de boue et point de bruit; ils sont seulement glissants pendant les gelées et d'un entretien assez difficile.
Pavé, s. m. — Ce mot est employé avec deux significations différentes. Dans son acception la plus commune, il désigne l'aire d'un chemin, d'une cour, d'un espace quelconque, qui est recouverte ou formée d'un assemblage de petites pierres, de cailloux, de grès ou de toute autre matière solide. On appelle aussi paré le corps solide, pris séparément, qui sert à former l'assemblage dont on vient de parler; on dit ainsi : remplacer un pavé par un autre.
Dans le langage de l'art, le mot pave désigne les compartiments de matières dont on recouvre le sol à l'intérieur des édifices. On donne encore ce nom à cer-
tains ouvrages de goût où le dessin et l'art des ornements produisent des compositions plus ou moins agréables ; on dit ainsi : un pavé de stuc, de marbre, de mosaïque.
Les pavés proprement dits sont des blocs de grès, de porphyre ou de schiste qui servent au revêtement du sol des voies publiques et de certains espaces couverts dans les bâtiments.
Les pavés se débitent ordinairement en cubes dont les dimensions varient de 0°^,16 à O'°,2o ou en parallélipipèdes rectangles, formés de pavés de grande dimension refendus en deux.
Parmi les pavés de grès, on distingue le pavé en roche dure, c'est-à-dire celui qui a le grain le plus serré et le plus dur après le grisard et qui sert entier, sans être refendu, pour le pavage des places, des rues, etc., et le pavé en roche franche, qui sert pour les cours, écuries et autres endroits, soit entier, soit refendu.
Les pavés employés à Paris, qui proviennent en partie de Fontainebleau, sont désignés, suivant leurs dimensions, sous différentes dénominations :
Le pavé d'échantillon ou pavé de ville a de 0°',22 à 0'",23 en tous sens et se pose sur une forme de sable de plaine de 0°',16 à 0'^,20 d'épaisseur : on garnit les joints avec du sable, puis on le bat et on le dresse à la demoiselle. Cet échantillon s'emploie pour les voies publiques et les surfaces destinées à supporter de lourds fardeaux.
Le pavé bâtard ou rabot n'a pas la dimension du pavé d'échantillon et provient, ainsi que les écales, des restes de blocs dans lesquels les fendeurs ne peuvent trouver un pavé de ville. Le pavé bâtard a de 0"',16 à 0°',!20 de parement sur 0™,10 à 0'°,14 d'épaisseur.
Le pavé de deux ou de refend est formé de l'une des moitiés d'un gros pavé ou pavé d'échantillon refendu en deux.
Le /?aiT' f/^ ^roi5 est obtenu par une levée faite sur un gros pavé refendu en deux.
PAVÉ
— ooO —
PAVlv
Le pave châtré est lo restant (Ywn paré sur lequel on a fait une levée pour obtenir ilu paré de trois.
On emploie encore, à Paris, îles pavés (l'échantillon plus petits (jue les précédents, iiui ont 0'",19 ou 0"^,16 sur les trois dimensions, des pavés méplats de O'^/IO X 0"", 19 sur 0'°,10 d'épaisseur; de 0'°,i6 X O'^.ie sur 0"\07 ou O'^.OO, et de 0'",i4 X 0'°,i4 sur 0'",07 d'épaisseur.
D'autres désignations sont données i\u\ pavés, d'après leurs formes et la position qu'ils occupenl; ainsi, l'on appelle :
Pavé (le champ, celui qui est posé sur la partie la moins large ;
Paré (lémai(jri, celui qui est plus large en dessus qu'en dessous ;
Pavé en recherche, un /^f/re isolé qu'on pose dans un pavage, après avoir arraché un pavé détérioré;
Pavé de rebut, un /Mre suppi'imé dans le remaniement d'une chaussée ;
Pavé de démolition, un pavé qui provient de la suppression d'un pavage quelconque.
On débite encore, sur les carrières, des grands pavés appelés bordures, qui ont 0'",27 d'épaisseur et de 0'°,42 à 0°^,54 de dimension en parement ; ces blocs servent à accoter le pavé de la chaussée des grandes roules.
Législation. L'ordonnance de police du 8 août 18:29 règle, ainsi qu'il suit, l'entretien du pavé de Paris (1) :
« Art. 25. Les entrepreneurs dn pavé de Paris .seront tenus de prévenir, au moins vingt-quatre heures d'avance, les commissaires de police des quartiers respectifs, du jour où ils commenceront des travaux de relevé à bout dans une rue.
u Art. 26. Ils ne pourront former leurs approvisionnements de matériaux que le jour même où les ouvrages commenceront. Les pavés seront rangés et le sable retroussé, de manière à occuper le moins de place possible.
(1) Manuel des lois du bâtiment.
« Art. 27. Ils seront tenus de faire éclairer pendant la nuit, par (|iiel(|ues api)liques , leurs matériaux et leurs chantiers de travail, de veiller A l'entretien de l'éclairage et de prendre les précautions nécessaires dans l'intérêt de la sûreté publi(iue.
« Art. 28. 11 leur est défendu de barrer les rues et portions de rues autres que celles dont le pavé sera relevé à bout et dont la largeur n'excédera pas dix mètres. Toutefois , si des circonstances nécessitaient le barrage des rues ou portions de rues ayant plus de dix mètres de largeur, l'autorisation de les barrer pourra leur être accordée, sur la demande que l'ingénieur en chef du pavé de Paris en fera au préfet de police.
« Art. 29. Lorsqu'il sera fait un relevé à bout dans les halles et marchés, aux abords des salles de spectacles ou d'autres lieux très fré(|uentés désignés dans l'état qui en sera dressé annuellement par l'ingénieur en chef du pavé de Paris, et approuvé par le préfet de police, il ne devra être entrepris ((ue la quantité d'ouvrage qui pourra être terminée dans la joui'née. Dans le cas où il aurait été levé plus de pavés qu'il n'en était besoin, il sera bloqué, en sorte que la voie publique se trouve entièrement libre et sûre avant la retraite des ouvriers. Cette mesure s'étendra à tous les relevés à bout sans distinction, la veille des dimanches et jours fériés.
« Art. 30. Les entrepreneurs réserveront, dans les rues ou portions de rues barrée.s, un espace suffisant pour la circulation des gens de pied. Ils établiront, au besoin, des planches solides et commodes pour la facilité du passage. lis prendront, en outre, des mesures convenables pour interdire aux voitures du public tout accès dans les rues ou portions des rues bari-ées. Ils placeront, à cet effet, des chevalets mobiles, qui, en servant d'avertissement au public, laisseront la facilité de faire sortir eit entrer les voitures des personnes demeurant dans l'enceinte du barrage. Les mêmes
PAVÉ
PAVÉ
précautions seront prises pour les rues latérales aboutissant aux rues barrées.
Il est défendu aux entrepreneurs de substituer des tas dépavés aux chevalets mobiles.
« Art. 31. Dans les rues qui ne seront point barrées, les entrepreneurs disposeront leurs ateliers de telle sorte qu'ils soient séparés les uns des autres par un intervalle de quinze mètres au moins, et que chaque atelier ne travaille que sur moitié de la largeur de la rue, afin de laisser l'autre moitié à la circulation des voitures.
« x\rt. 32. Les chantiers des travaux se)"ont complètement débarrassés de tous matériaux, décombres, pavés de réforme , retailles , vieilles formes et autres résidus des ouvrages, dans les vingt-quatre heures qui suivront l'achèvement des travaux, pour les relevés à bout et pavages neufs, et au fur et à mesure de l'exécution des ouvrages pour des réparations simples et raccordements.
« Art. 33. Il est expressément défendu de troubler les paveurs dans les ateUers et de déplacer ou arracher les appliques, chevalets, pieux et barrières établis pour la sûreté de leurs ouvrages.
« Art. 34. Il est enjoint aux propriétaires des maisons et terrains bordant les rues, ou portions de rues pavées, dont Tentretien est à leur charge, de faire réparer, chacun au devant de sa propriété, les dégradations de pavé, et d'entretenir constamment en bon état le pavé desdites rues.
« Art. 35. Ces pi'opriélaires et leui"s entrepreneurs seront tenus, pour les approvisionnements de matéi'iaux destinés aux réparations, pour l'exécution des ouvrages et l'enlèvement des résidus, de se conformer aux dispositions prescrites en la section précédente aux entrepreneurs du pavé de Paris.
« Art. 36. Il leur est défendu de barrer ni de faire barrer les rues pour l'exécution des travaux, sans v être autorisés par le préfet de police.
« Art. 37. Il est enjoint à tous les propriétaires de maisons et terrains situés le long des rues ou portions de rues non pavées, de faire combler, chacun au droit de soi, les excavations, enfoncements et ornières, enlever les dépôts de fumier, gravois, ordures et immondices, et de faire, en un mot, toutes les dispositions convenables pour que la liberté, la sûreté de la circulation et la salubrité ne soient point compromises. Ils sont tenus d'entretenir constamment en bon état le sol desdites rues, et de conserver ou rétablir les pentes nécessaires pour procurer aux eaux un écoulement facile. Les rues non pavées qui deviendront impraticables pour les voitures seront barrées de manière ({ue tous accidents soient prévenus. »
Outre ces prescriptions, il en existe d'autres concernant les dégradations faites au pavé ou au trottoir à l'occasion de travaux autorisés. Ces dégradations doivent être « réparées aux frais du propriétaire par les entrepreneurs des travaux de la voie pul)lique sous la surveillance des ingénieurs du service municipal. En conséquence, deux jours avant de commencer les travaux qui devront occasionner des dérangements du pavé ou du trottoir, les constructeurs devront donner avis desdits travaux au directeur du service municipal à' l'hôtel de ville, et justifier au commissaire de police du quartier de l'accomplissement de cette formalité. Les frais de premier pavage du terrain dévolu à la voie publique par suite de reculement sont à la charge des propi'iétaires riverains; mais les travaux de viabilité ne pourront être eiitrepi-is qu'à la suite d'une demande spéciale formée lors de l'achèvement des constructions. Les intérêts du prix du terrain livré à la voie publique ne pourront courir (pi'à partir du jour de l'achèvement complet, soit du pavage, soit du trottoir qui en tiendra lieu. »
Enfin, en vertu d'un règlement spécial, le mode de pavage des cours est
r.vviij.ox
PKIGN
laissé au clioix du propriétaire, poui'vu (jue le syslème adopté soit suflisaiit pour assurer la salubrité cl la propreté nécessaires.
Paveinent, s. m. — Voy. Pavage.
— Ouvrioi' qui exé-
Paveur, s. m cute les pavages.
Paviers {Chau.r Injdraulir/uc de). — Chaux émineranient liydrauliciue, fai)riquée à lusine de Paviers, pi'ès Tlle- Bouclianl (Indre-et-Loire).
Pavillon, s. m. — 1° Se dit, d'une manier.' «iénérale , d'un l)riliment de i:randeur médiocre, isolé et couvert d'un seul comble; et de tout corps de bàliment lié à d'autres constructions en retraite.
Comble en pavillon : comble formé par la réunion de plusieurs croupes et dans leipiel chaque pan est soutenu par une demi-ferme de croupe, et chaque arête, par une demi-ferme d'arêtier.
2° Plaque de tôle ou de bois découpé
Fii,' 25 i2.
que l'on place en haut d'une baie de
croisée pour cacher la jalousie quand on la relève (fig. 2545).
Législation. En vertu de l'ordonnance de police du 15 février 1(S50 :
i° Il peut être établi des pavillons de jalousie formés d'une planche, dont chaipie extrémité sera api)li(piée sui* le mur; ces pavillons ne devront avoir d'aulre saillie que l'épaisseur de la planche;
2° Les pavillons de jalousie sont assimilés, pour la perception des droits, aux tableaux servant d'enseignes;
5° Les pavillons en forme de petit auvent sont prohibés.
Peau-de-chieniier, r. a. — Opération de la dorure en détrempe qui a pour objet de polir la surface du bois, d'en enlever les barbes avec une peau de chien de mer, après qu'on a rebouché les trous au moyen d'un mastic appelé gros-blanc, composé de blanc et de colle (voy. Dorure).
Peaucjres {Granit de). — Granit leptinile, très dur, que l'on extrait des carrières de Peaugres, dans l'arrondissement de Tournon (Ardèche).
Cette pierre est de couleur blanc-grisâtre truite, à grains lins, se conservant très bien. Elle présente une hauteur d'assise de toutes dimensions.
Pédicule, s. m. — Mot qui signifie petit pied et qui sert à désigner particulièrement, en architecture, le petit pilier qui supporte certains fonts baptismaux ou certains types de bénitiers, que, pour cette raison , on nomme pédicules.
Pcfjmatite, s. f. — Sorte de granit ne contenant pas de mica, mais seulement du quai'tz et du feldspath.
Peigne, s. m. — 1° Tringle en corne, en cuir ou en acier, garnie de dents, que le peintre décorateur emploie pour faire le faux-bois en figurant les veines.
PEINTRE
PEINTURE
La figure 2543 représente en a le peigne en corne, en b celui en cuir, et en c le peigne en acier ; le second de ces
wmiiiim
Fig. 2543.
instruments sert à faire les veines larges, épaisses, et les deux autres à tracer celles qui sont plus fines.
2° On appelle tenon à peigne un tenon rapporté et collé dans les traverses droites, et surtout dans les traverses cintrées. Ces tenons doivent l'aspect qui les a fait désigner ainsi à des goujons de leur épaisseur, dont ils sont pourvus et qui entrent dans les traverses.
Peindre, v. a. — Appliquer de la peiutîire (voy. ce mot).
Peintre, s. m. — En général, celui qui exerce Fart de la peinture.
Peintre en bâtiments : celui qui revêt de couleurs les parois extérieures et intérieures des édilices.
On distingue, parmi les peintres en bâtiments :
Les peintres d'impression, qui font eux-mêmes toutes les teintes unies destinées à préparer les murs, les plafonds, les boiseries ;
Les peintres de décors, qui, sur les fonds préparés par les ouvriers précédents, imitent les bois, les marbres et les granits, ainsi que la coupe, les assises et les joints des pierres détaille;
Les fileurs, qui ne font ordinairement que les filets ombrés et éclairés des joints imités de la pierre ou des panneaux feints, ainsi que les cimaises, moulures et tables saillantes ou renforcées dont on veut décorer les parties unies ;
Les peintres de lettres, qui font les lettres des enseignes de boutiques et magasins ;
Les peintres d'attributs, qui font les " ornements extérieurs ou intérieurs des magasins.
Peinture, s. f. — Revêtement des surfaces au moyen de matières colorées, qui contribuent non seulement à la propreté et à l'ornementation, mais encore à la conservation des corps sur lesquels on les applique.
L'usage qui consiste à revêtir de couleurs diverses les parois des édifices remonte à la plus haute antiquité. Les temples de flnde, de l'Asie 3Iineure, ceux de l'Egypte et de la Grèce étaient couverts de peintures , à l'intérieur comme à Textérieur; les peuples du nord et de l'occident de l'Europe peignaient leurs habitations et leurs édifices religieux construits en bois.
Cependant, il faut reconnaître que si les Égyptiens appliquaient les couleurs à la décoration des édifices, il est certain que, chez ce peuple, fart de peindre proprement dit, c'est-à-dire celui de donner du relief à des objets dessinés sur une surface plate, à l'aide de la dégradation des couleurs et par les effets du clair-obscur et de la perspective, cet art, disons-nous, était inconnu. La peinture se borna, pour les Égyptiens, à couvrir chaque objet d'une seule couleur mise à plat. Ces couleurs étaient délayées dans de l'eau gommée et employées à la détrempe. Cependant des expériences de Fabroni, faites sur une bande de toile de momies, ornée d'arabesques, il semble résulter que cette toile avait été peinte à l'encaustique, à la cire et que cette cire avait été préparée avec une huile que le savant Italien croit être le naphte ou l'huile de pétrole.
Les Assyriens employaient, pour orner les monuments, la peinture en émail, et l'examen que l'on a fait de ce qui nous reste d'émaux assyriens a permis de re-
PKINTLKE.
l'EINTlUE.
connaît i"e l'usage de doux procédés distincts : la peinture en émail au i)inccau et rorncnicjitalion par une sorte iréinaux cloisonnés, c'est-à-dire par l'application de teintes plates de diverses couleurs séparées par de petites cloisons en relief.
Mais c'est surtout dans raiTliileclure precipie que l'on trouve les plus nombreuses applications de la jteintuve à la décoration des éditices (voy. Polychromie).
De même, l'architecture française du moyen âge n'a cessé d'être poly chrome (1). L'application des couleui's fut soumise aux lignes, aux formes, au dessin de la structuie des édifices. C'est dans la suite, au moment de la Renaissance, que ces deux arts, \à peinture et l'architecture, commencèrent à devenir indépendants l'un de l'autre. Aujourd'hui, certaines tentatives plus ou moins heureuses témoignent néanmoins du désir qu'ont les architectes de revenir à ce système de décoration si judicieusement appliqué pendant la bonne époque de l'antiquité et pendant une partie du moyen âge (voy. Polychromie).
Si, au lieu de considérer la peinture au point de vue historique, nous envisageons cet art dans les rapports qu'il peut avoir avec l'architecture, nous remarquons que, d'une manière générale, ces rappoi'ts sont au nombre de deux : le premier embrasse l'usage que l'on peut faire des œuvres du peintre dans leur application à l'ensemble ou aux parties constituantes de l'architecture et de la construction ; l'autre rapport est celui des substances colorantes, des procédés pratiques et de leur emploi, tant au dedans qu'au dehors des édifices.
Si l'on considère l'usage de la peinture, c'est-à-dire des compositions que l'artiste peut produire comme devant contribuer à la décoration architcclu-
(1) Viollct Le Duc, Dictionnaire raisonné de r architecture française.
l'aie, il faut, tout d'abord, poser en principe (pie le [)einlre n'est ici que l'auxiliaire et le sui)or(lonné de l'architecte. Ce dernier doit rester dans la conception, comme dans l'exécution de l'œuvre, l'ordonnateur et le régulateur de tout ce qui, n'étant (ju'accessoire, doit se conformer au goût et aux convenances de l'objet principal. L'architecte est donc seul juge des motifs que le caractère de son édifice peut admettre dans leur nature, leur proportion et leur exécution.
En eiïet, chaque sujet doit avoir un rapport d'analogie avec la destination de l'édifice qu'il décore. La proportion des motifs n'a pas moins d'importance au point de vue de l'harmonie qui doit résulter des dimensions relatives des masses et des accessoires. Le mode d'exécution présente aussi un très grand intérêt. Une exécution libre, facile, heurtée, convient dans de grands espaces et aux sujets vus de loin. Une exécution fine, légère, est propre aux petits endroits et doit accompagner les membres d'une architecture délicate. Son fini contribue à relever encore celui de l'exécution matérielle des profils et des ornements sculptés.
Mais une convenance indispensable à observer, est celle en vertu de laquelle le peintre est tenu de renfermer ses sujets dans les espaces que l'architecte même lui prescrit ; il ne doit point usurper sur les membres et les saillies de l'architecture. Ce défaut se rencontre pourtant fréquemment en Italie, où la forme de l'édifice disparaît quelquefois sous les empiétements de la peinture.
Le second rapport, qui unit la peinture à l'architecture, est celui de l'emploi des couleurs comme enduits sur les diverses surfaces que présente la construction.
Il est certain que beaucoup de temples très anciens, en particulier ceux de Pïcslum, avaient leurs colonnes et toutes les parties de leurs constructions, surtout lorsque la pierre n'était pas de nature à prendre un beau poli, revêtues
PEINTURE
PEINTURE
d'une couche légère de sluc, qui recevait des couleurs imitant probablement celles des marbres. C'est ainsi qu'ont été colorés tous les temples doiiques de la Sicile.
D'ailleurs, il faut reconnaître que l'usage qu'on a fait de ce genre de décoration tient surtout ta la nature ou à la qualité des matériaux dont on dispose.
Les plus favorables à cette pratique sont les revêtements qui ont lieu avec les mortiers où il entre de la chaux et avec les stucs.
Dans les pays où le bois, non-seulement comme pièces de charpente, mais encore comme panneaux de revêtement est employé à l'extérieur des édifices, l'emploi de la peinture devient une nécessité. Quant à l'usage qu'on en fait à l'intérieur des édifices, tant pour la préservation des enduits, des bois que pour une ornementation des champs, moulures et panneaux, il est inutile d'en signaler l'importance.
D'une manière générale, on distingue :
la peinture ordinaire, qui consiste dans la pose de plusieurs couches de peinture sur les surfaces qu'on veut conserver ou orner, et la peinture de décors, qui est l'imitation des bois, des marbres, des granits, ainsi que des joints d'une construction en pierres de taille.
Les matières colorées en usage dans la peinture en bâtiments sont ordinairement des composés métalliques, réduits d'abord en poudre, puis en pâte par leur mélange avec certaines substances qui les font adhérer plus facilement sur les parois des corps. C'est d'après la nature de ces substances, que l'on distingue : la peinture à Veau, à la colle, à Y huile, au vernis, à la cire.
Certains procédés ont encore donné lieu aux désignations suivantes : peinture à fresque, en camaieu, en mosaïque (voy. ces mots).
Les travaux préparatoires que l'on doit exécuter sur les surfaces à recouvrir de peinture, de manière à ce que les couleurs ne se détachent pas, sont le nettoyage et le rebouc/iage.
Le nettoyage consiste, pour les ouvrages neufs, murs, plafonds ou menuiseries , dans un simple époussetage (voy. ce mot). Si les couleurs doivent être appliquées sur d'anciennes peintures à l'huile, on procède d'abord au lessivage ou lavage à l'eau seconde ou eau de potasse. Il suffit, pour les peintures et les papiers vernis qui sont seulement salis de fumée ou de poussière, d'un simple lavage avec une légère solution de savon noir ou d'eau seconde très faible.
Lorsque le lessivage ne suffit pas pour enlever entièrement les anciennes peintures à l'huile, les vernis et les vieux apprêts, on exécute le brûlage (voy. ce mot) pratiqué surtout pour les peintures sur bois.
Le grattage s'emploie enfin pour enlever totalement toutes les couches anciennes étendues sur les ouvrages à repeindre entièrement. Les parquets sont grattés avec soin ; les carreaux en terre sont grattés au grès, lessivés, lavés et épongés.
Le reboucha g e , qui vient après ce nettoyage, a pour objet de remphr les trous ; il se fait avec un mastic composé de blanc de craie trituré à la colle ou à l'huile, suivant le mode de peinture (voy. Rebouchage).
Les nœuds qui contiennent de la résine, comme dans les boiseries de sapin, sont usés avec de la pierre ponce et reçoivent l'application de deux à trois couches de teinte dure (massicot broyé à l'essence et détrempé à l'huile siccative). Souvent aussi, on enlève une partie du nœud au moyen du vilebrequin ou du fer rouge et on bouche le trou avec du mastic. Si le nœud ne contient pas de résine, on le frotte d'ail pour que la colle y adhère fortement.
Après le rebouchage, on procède à Y encollage, qui se fait, pour la peinture en détrempe ou à la colle, par l'application au pinceau d'une couche d'un liquide composé de colle et de blanc de craie (voy. Détrempe). Pour la peinture
PEINTURE
PEINTURE
à riiuile, rencollage est composé de blanc de céruse et d'huile. Si les murs sont encore frais, on applique, au lieu d'encollage, une ou deux couclies d'huile bouillante.
Les couleurs, avant d'être appliquées, subissent une certaine préparation : on les réduit en pâte par le broyage, puis on les délaye à 1" huile ou à l'eau ; k cet effet, on jette dans un vase vernissé ou dans un seau en zinc, les couleurs diverses dans les proportions nécessitées par les teintes que Ton désire ; on ajoute le liquide et Ton fait enfin le mélange à l'aide d'un bâton que l'on agite ou d'une brosse à peindre qu'on fait rapidement tourner entre les deux mains.
La plupart des couleurs sont obtenues par le mélange, en certaines proportions, de diverses substances ; quelquesunes seulement sont données par des matières spéciales ; les couleurs dont la combinaison forme les teintes employées le plus fréquemment sont :
le blanc, le gris, le rouge, le lilas, le jaune, le vert, le bleu, le brun, le noir (voy. ces mots).
Les peintures employées à l'eau sont le lait de chaux et le badigeon (voy. ces mots).
La peinture à la colle ou en détrempe consiste dans l'emploi de couleurs broyées à l'eau et détrempées dans de la colle (voy. Détrempe).
La peinture à l'huile, la plus solide de toutes est composée de couleurs délayées avec des corps gras. On emploie, à cet effet, des huiles végétales, huile de noix, de lin et iVœillette ou pavot ; à l'intérieur, on se sert, de préférence, d'huile de noix ; à l'extérieur, d'huile de lin ; l'huile d'œillette a des qualités à peu près analogues à celles de l'huile de lin. Ces huiles deviennent siccatives quand on les fait bouillir avec i/7 ou i/8 de leur poids de litharge. Cette dernière substance peut être remplacée par de l'essence de térébenthine mélangée à l'huile, au moment de l'emploi, dans les proportions suivantes : pour la pre-
mière couche, 1/3 sur 2/3 d'huile ; pour la seconde, moitié de l'une et de l'autre ; pour la troisième, 2/3 d'essence sur i/3 d'huile (voy. Siccatif).
La céruse ou blanc de plomb, qui servait autrefois exclusivement de base à la peinture à l'huile, est quelquefois remplacée aujourd'hui par le blanc de zinc, à cause des effets pernicieux de la première substance. Le blanc de zinc, préparé d'abord et trituré avec de l'huile, est soumis au broyage à la machine ou à la molette, puis mélangé avec les substances colorantes nécessaires pour obtenir les tons que l'on désire.
La peinture à l'huile est appliquée sur tous les fers et boiseries à l'extérieur. Sur tous les objets exposés à l'humidité, on en met trois couches successives ; les boiseries intérieures reçoivent au moins deux couches de peinture à l'huile. On peint de même à l'huile certaines parois à l'intérieur des bâtiments, par exemple les escaliers, les vestibules, les antichambres.
Il est un procédé de peinture que l'on appelle peinture économique et qui consiste dans l'application préalable d'une couche de colle qui abreuve les surfaces avec la couleur désirée, et sur laquelle on étend ensuite une ou deux couches à l'huile ; mais il faut remarquer que cette méthode n'est bonne qu'à l'intérieur; c'est ainsi que l'on peint les carreaux. Lorsqu'on a appliqué ces différentes couches, on cire ou l'on encaustique. La mise en couleur des parquets comprend une première couche en jaune à la colle de Flandre, avec une dissolution de safran ou d'ocre jaune et une seconde couche à l'huile ; après l'application de ces deux couches, on cire ou on encaustique comme précédemment.
La peinture à la cire ou encaustique se fait au moyen de couleurs détrempées à chaud au moyen d'une dissolulion de cire dans l'essence de térébenthine (voy. Encaustique).
La peinture au vernis diffère de la peinture à l'huile en ce qu'on détrempe
PEINTURE
PEINTURE
les couleurs broyées à Thuile avec du vernis à Talcool ou du vernis à l'huile. Les peintures au vernis gias doivent être couchées sur des fonds préparés (imprimés, rebouchés et poncés) à l'huile ou à la colle. Chaque couche de peinture au vernis doit, une fois bien sèche, être poncée au papier de verre très lin.
La peinture au vernis à Valcool exige les mêmes préparations.
On supplée souvent à l'emploi de la peinture au vernis par l'application d'une couche de vernis sur des peintures à l'huile dans lesquelles on a augmenté un peu la quantité d'essence.
La peinture à lliuile vernis polie, appliquée à la décoration des appartements luxueux et des riches devantures de boutiques, nécessite plusieurs opérations.
La surface, préparée comme nous l'avons indiqué plus haut, reçoit une première couche d'impression composée de blanc de céruse à l'huile de lin coupée de i/o de son poids d'essence, et additionnée d'un peu de litharge bien broyée à l'huile. Puis, on procède au rebouchage, et l'on applique de six à douze couches de teinte dure (massicot broyé à l'huile siccative et détrempé à l'essence). Après quoi, on encolle avec du blanc de Meudon, détrempé dans de la colle de peau. Pour les peintures très soignées, l'encollage est suivi d'une ou deux couches de blanc d'apprêt. On applique ensuite les couches de teinte ; on les laisse sécher ; puis, on passe deux couches d'encollage à froid, composé d'une colle faible. Enfin, on procède à l'application d'au moins deux couches de vernis à l'esprit de vin.
La peinture au vinaigre s'emploie pour les âtres et les plaques de cheminée : elle se compose de mine de plomb broyée dans du vinaigre et dont on frotte les plaques au pinceau, après les avoir nettoyées préalablement à la brosse.
La peinture au lait se fait au moyen de couleurs broyées à l'eau et délrempées au lait. Ce genre de revêlement a
été proposé par M. Cadet-Devoux, qui indique les deux préparations suivantes : pour la peinture destinée à l'intérieur, on place dans un vase 200 grammes de chaux éteinte et réduite en poudre et on y verse une quantité de lait suffisante pour en faire une bouillie claire ; on y introduit 12o grammes d'huile d'œillette, de lin ou de noix, que l'on verse peu à peu, en remuant avec une spatule de bois; on y ajoute deux litres de lait, 2,500 grammes de craie en poudre et on délaye avec soin. Pour la peinture extérieure, on ajoute aux proportions indiquées ci-dessus 60 grammes de chaux en plus, 60 grammes d'huile et 60 grammes de poix blanche de Rourgogne; on dissout la poix dans l'huile à une douce chaleur et on la mêle avec le lait de chaux précédemment obtenu. Le savon, mis en place du lait, fournirait une peinture analogue.
La peinture au grès s'emploie pour les boiseries destinées à être exposées au dehors. On étend, sur les bois mis à plat, une première couche d'huile pure et chaude, à laquelle on a simplement ajouté un peu de litharge pour la rendre siccative ; au fur et à mesure que l'on applique cette couche, on la saupoudre de sable très fin ou de grès passé au tamis. On laisse sécher, puis on passe une ou deux couches de la couleur que l'on désire.
La peinture au sérum de sang s'utilise à rintérieur comme à l'extérieur, donne une belle couleur de pierre et peut s'employer économiquement dans les constructions rurales, sa préparation étant facile à la campagne. Cette peinture se compose de chaux en poudre délayée dans du sérum de sang qu'on a séparé du caillot en laissant reposer le sang dans un endroit frais pendant trois ou quatre jours.
On fait encore des peintures hydrofuges au moyen de couleurs spéciales, parmi lesquelles nous citerons : les couleurs à bases métalliques de Ruolz, les couleurs à base de paraffine inventées