POLISSAGE
Les Trottes se posent à chaud, pour qu'après leur refroidissement elles produisent le serrage énergique des fers les uns contre les autres. Le poitrail ainsi construit est nourrie ou rempli d'une maçonnerie de briques reposant sur la semelle inférieure des fers à T et qui se prolonge au-dessus en plusieurs assises. C'est cette maçonnerie qui sert d'assiette à la corniche du rei-dechaussèe et qui reçoit les scellements des devantures de boutiques.
Lorsque plusieurs poitrails doivent être placés les uns à la suite des autres, comme dans certaines façades de maisons, on les réunit entre eux par des bandes de fers plats boulonnés aux fers a T et, de plus, il est bon de les ancrer dans la maçonnerie même des piles.
Les solives du plancher reposent directement et sans aucun assemblage sur les fers du poitrail, et sont noyées dans la maçonnerie de briques, comme nous l'avons indiqué plus haut.
Polastre, s. /. instrument formé de deux plaques de fer réunies par des clous et qui peuvent s'écarter et se rapprocher à volonté. On remplit la polantreie charbons allumés et on l'applique sur les fractions d'un tuyau pour les chauffer et faciliter la pose de la soudure, quand on veut la réparer.
Poli, s. m. — Travail exécuté sur une surrace pour la rendre unie et luisante.
Les ouvrages de serrurerie soignés sont polit à la lime, puis à l'émeri, jusqu'à ce qu'on ne .voie plus de trace de la lime. Le brunissage donne un résultat encore plus parfait.
Polissage, s. m. — Opération qui consiste à rendre une surface lisse, unie et douce.
On distingue :
1' Le polissage des marbres, qui comprend cinq opérations distinctes : Yigrisage, le rabat, ['adouci, le piqué, le lustré ou relevé (voy. cefl mots).
2' Le polissage des glaces, auquel OU procède de la façon suivante : la glace est fixée, au moyen de plâtre, sur une table de pierre ; on la frotte avec une glace plus
petite en interposant d'abord entre les deux du sable quartzeux à gros grains, puis du sable fin et ensuite de l'émeri délayé dans une grande quantité d'eau.
3* Le polissage du stuc, qui se fait d'abord avec du grès pilé et une molette de pierre ; ensuite on rebouche avec du stuc plus liquide ; puis on passe à la pierre ponce et Ton rebouche de nouveau jusqu'à parfaite régularité de la surface.
4° Le polissage du vernis, qui se fait à la pierre ponce et au tripoli.
Pollssolr, s. m. — Morceau d'acier fixé dans un manche en bois et qui sert à polir et à brunir. On dit aussi brunissoir (voy. ce mot).
Polka, 5. f. — Outil de tailleur de pierre, formé d'un marteau à deux têtes et d'un manche en bois.
Des deux tètes l'une est à biseau simple, l'autre à biseau dentelé (fig. 2*238).
Fig. 2238.
Polychromie, s. f. — Décoration des édifices au moyen de la couleur.
On distingue : la polychromie naturelle^ qui résulte de l'emploi de matériaux produisant certains effets par leurs tons naturels et la polychromie artificielle, qui n'est autre chose que l'application par couches . de la peinture sur les diverses parties des édifices, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur.
On ne saurait assigner une date à l'origine de la polychromie naturelle ; toujours est-il qu'on peut citer, parmi les méthodes d'ornementation les plus anciennes et les
plus usitées, l'usage des enduits de stuc et l'emploi de panneau* de bois revétissant les murs intérieurs.
L'art céramique fut appelé plus tard à concourir à la décoration ; tout porte même à croire que la terre à poterie peinte et même vernie au feu a précédé l'utilisation des briques cuites, dont la fabrication ne fut que la conséquence des procédés de cuisson des décorations céramiques. Les substances métalliques, telles que l'or, l'argent, Pétain et le bronze, étaient fort anciennement usitées pour le revêtement des murs. L'emploi pour le même objet de tables de pierre ou de marbre, de granit, d'albâtre, etc., peut être considéré comme d'une invention d'une date relativement récente, bien qu'on en retrouve les traces dans les plus anciens monuments de la terre.
La polychromie artificielle, c'est-à-dire l'application de la peinture sur les édifices, dut suivre de près les origines de la polychromie naturelle ; il est même certain que ces deux procédés durent contribuer simultanément, dès les temps les plus anciens, à l'ornementation des édifices.
C'est ainsi qu'on ne peut plus aujourd'hui élever aucun doute sur la polychromie architectonique et plastique des Égyptiens. Lors de l'expédition française en Egypte, on découvrit que les monuments de cette contrée, y compris même ceux exécutés en granit, ont été recouverts d'une couche complète de peinture et de vernis sur leur surface totale.
On sait aussi, par les témoignages des historiens, que les Perses, les Assyriens et les Babyloniens donnaient à leurs édifices les nuances les plus éclatantes et les plus splendides.
Quant à la polychromie chez les Grecs, on en a longtemps nié l'existence ; mais après un examen approfondi des monuments élevés pendant les beaux siècles de l'art grec et devant les témoignages nombreux qui se sont présentés aux investigations des archéologues, il a bien fallu reconnaître que tous ces édifices avaient été revêtus de couleurs variées ; mais le
système alors appliqué ne parait reposer ni sur un principe de construction ou de matériaux, comme en Assyrie, ni sur un principe hiérarchique, comme ches les Égyptiens. Les contrastes les plus frappants s'y trouvent réunis et harmonisés.
Toutes les parties des temples étaient détachées par une teinte différente, qui rendait encore plus sensible le but de chaque membre d'architecture. Les frises, les métopes, le fond des frontons, les moulures, les corniches étaient recouverts d'enduits colorants, harmonieusement disposés.
Dans les chapiteaux les feuilles étaient détachées des fruits et les côtes des tiges, par des couleurs éclatantes. Les palmettes, les méandres, les perles et les moulures lisses étaient rehaussées d'or. Sur les monuments en marbre les peintures étaient appliquées sans aucun intermédiaire ; sur la pierre, une légère couche de stuc ou d'enduit d'une autre matière était d'abord étendue sur la place à recouvrir; les sculptures elles-mêmes étaient peintes ainsi que l'attestent de nombreux fragments conservés aujourd'hui dans les musées de l'Europe.
A l'exemple des Grecs, les Romains cultivèrent la polychromie, mais d'une façon plus restreinte. Ils sont les premiers qui aient élevé des monuments entiers de marbre ou de pierre sans aucune coloration ; quant aux enduits de stuc extérieurs ou intérieurs, ils étaient recouverts de peintures.
Les peuples de l'Europe septentrionale et occidentale peignaient leurs maisons et leurs temples de bois. Les Byzantins et les Arabes adoptèrent également la polychromie. Gel usage se continua en Occident pendant la période mérovingien ue.
Ainsi, dès le i Ve siècle, tous les monuments paraissent avoir été peints en dedans comme en dehors, soit sur la pierre môme, soit sur un enduit qui la recouvrait. Les tons foncés, brun, rouge, noir, relevés de filets jaunes, verdâtres ou blancs étaient réservés aux parties placées près du sol ; les tons clairs, blanc ou blanc jaunâtre, rehaussés de dessins très-déliés en noir ou |
en ocre rouge ornaient les parties élevées. Les ornements sculptés se détachaient sur des fonds rouges et étaient eux-mêmes couverts d'un badigeon clair de faible épaisseur.
Ce système de décoration polychrome dura jusqu'à Charlemagne qui fit alors venir des artistes de l'Italie et de l'Orient. Les procédés de l'art grec et de l'art byzantin furent alors remis en honneur et appliqués par les peintres du xi* et du xhi° siècles; ainsi les couleurs sont étendues par larges teintes plates, sans que les ombres soient marquées ; d'une manière générale les saillies sont indiquées en clair et les contours accusés par des teintes foncées. Les plis des draperies sont marqués par des traits sombres, quelle que soit la couleur de l'étoffe, avec rehauts clairs presque blancs sur toutes les saillies.
L'or n'est jamais admis comme fond ; mais comme broderies, nimbes ou points brillants.
Les couleurs dominantes sont l'ocre jaune, le brun rouge clair, le vert de nuances variées ; les couleurs secondaires sont le rose pourpre, le violet pourpre clair, le bleu clair.
Deux couleurs juxtaposées sont toujours séparées par un trait brun. L'aspect général est doux clair, avec fermetés produites par le trait brun et les rehauts blancs.
Au xiii0 siècle, deux couleurs dominent, le rouge et le bleu ; le vert ne sert que de transition ; le brun rouge, le bleu foncé, les noirs mômes sont appliqués -sur les fonds devenus sombres. Le blanc n'est plus employé que comme filets. Les tons sont toujours séparés par un trait brun foncé ou noir. L'or avec rehauts noirs se répand à profusion.
L'aspect général est chaud, brillant et soutenu dans toutes les parties.
A la fin du xme siècle, les tons heurtés apparaissent plus souvent, les fonds deviennent plus sombres; les figures, au contraire, prennent des tons clairs; l'or est moins fréquemment employé.
Au xive siècle, le dessin l'emporte sur