POMME
la coloration ; les fonds noirs avec figures claires donnent à l'ensemble un aspect froid. Vers la lin de ce siècle, les fonds se recouvrent de couleurs variées, comme une mosaïque, l'aspect général est doux et brillant. Au commencement du XVe siècle, les couleurs redeviennent chaudes et intenses ■
Les artistes du moyen âge recouvraient ainsi de peintures l'intérieur et l'extérieur de leurs édifices; cependant il ne faut pas croire qu'ils peignaient complètement des façades aussi étendues que celles des cathédrales. Les portails, les galeries des rois, les roses étaient les seules parties ornées de couleurs brillantes et accompagnées de dorures qui en rehaussaient l'Éclat. On peut aussi regarder les vitraux peints comme une forme particulière de la polychromie (voy. Vitrait).
C'est à partir du xvr siècle que l'on a renoncé à la peinture extérieure de l'architecture. On peut signaler cependant quelques essais qui datent du xvn* siècle et qui avaient pour but la recherche des effets colorés, soit au moyen du mélange de la brique et de la pierre, soit à l'aide de faïences colorées." Aujourd'hui l'on revient sur ces tentatives : la brique émaillée, les poteries vernissées ou émail lées, les combinaisons de marbres, de bronze, la dorure sont les moyens mis en œuvre pour produire des façades polychromes.
Le temps aidera sans doute à trouver, pour ce genre de décoration, des règles que des expériences récents n'ont pas encore suffisamment établies.
Polygone, s. m. —Figure plane, régulière ou irréguliére, ayant plusieurs cotés. Les blocs de pierres quelconques, qui forment les constructions cyclopéennes, ont fait donner à ce genre d'appareil le nom de polygonal (voy. Appareil),
Pomme, s. f. — Ornement dont la forme se rapproche de celle d'une boule. C'est, du reste, improprement que l'on donne ce nom à la boule de rampe (voy. Rampe),
i Viollel-Le-Duc, Dict. darchiiiclure.
3 — POMOER1UM.
Pomme de pin. Ornement de sculpture ayant la forme d'une pomme de pin et décorant l'angle de la corniche ionique d'après Vignole (iig. 2239).
Fig. ï!39.
Les amortissements de couverture sont quelquefois en pomme de pin, partienlièrement dans les édifi ces circulaires.
Rdteau en pomme. Les serruriers donnent ce nom à un râteau qui, dans une garniture de Berrure, porte de petites pommes qui obligent à évider le panneton de la clef d'une façon toute spéciale.
Pommelle, s. f. — 1» Ferrure de porte {voy. Paumelle).
2° Les footainiers nomment ainsi une petite plaque de plomb évidée de plusieurs trous et que l'on place a l'orifice d'un tuyau pour empêcher les ordures d'y entrer et de l'engorger.
On dit aussi crapattdine (voy. ce mot).
Pommier, s. m. — Arbre de la famille des rosacées qui fournit un bois a tissu fin et que l'on peut employer comme le poirier, bien qu'il soit moins dur, à la confection d'ouvrages tels que les roues dentées, fuseaux de lanternes, vis d'établi. Le pommier est facile à travailler, mais il est sujet à se déjeter et à se fendre, si on le met en œuvre avant qu'il soit parfaitement sec.
Son poids spécifique varie de 0,757 à 0,800.
Pomœrlnm. — Espace libre que les Étrusques et plus lard les Romains ménanageaient autour d'une ville pour former une enceinte religieuse.
Le pomœrium était consacré par des augures et nul se pouvait l'habiter ni le
POMPE. - Il
cultiver. C'est là qu'avaient lieu les cérémonies religieuses dans lesquelles les augures consultaient la volonté des dieux, lorsqu'un magistrat était sur le point de commencer une entreprise dont le succès importait à la République.
Pompadoor, adj. — Mot que l'on emploie pour désigner le style des objets d'art qui datent du régne de Louis XV. Celle expression caractérise, en particulier, on genre de cheminées que l'on trouve dans le commerce (voy. Cheminée).
Pompél {style). — Genre de décoration peinte rappelant les peintures qui décoraient les murs des édifices publics et privés de Pompéi.
Pompe, s. f. — Machine servant & élever l'eau qu'on emploie, soit pour les usages domestiques ou industriels, soit pour épuiser un bassin, une fouille, un bâtard eau, etc.
Un distingue, d'une manière générale, les pompes ordinaires à cylindre et à piston et les pompes rotative*.
Les premières comprennent différents types que nous allons successivement examiner:
!• Pompe* aspirantes et élévatoires. Ces appareils se composent A (fig. 2240} d'un
l'"tg. ÏMO.
corps de pompe et d'un tuyau d'aspiration de plus petit diamètre qui plonge dans le
réservoir inférieur du puisard d'où l'on veut tirer de l'eau. Un ajustage, qui sert de dégorgeoir, est adapté à la partie supérieure do corps de pompe et l'intérieur de ce dernier cylindre est parcouru, à frottement, par un piston a soupape, que meut un levier on balancier, par l'intermédiaire d'une tringle ou lige de fer.
Supposons le corps de pompe rempli d'air et le piston au bas de sa course : si on élève ce dernier, sa soupape se ferme par la pression de l'atmosphère qui agit dessus, tandis que l'air contenu au-dessous se dilate et le clapet, ou soupape dormante qui sépare les deux tuyaux, s'ouvre pour donner passage à l'eau qui s'élève du réservoir dans le tuyau d'aspiration et le corps de pompe, jusqu'à ce que la colonne qu'elle y forme au-dessus du niveau de l'eau dans le puisard, plus le ressort de l'air extérieur dilaté, atteigne 10m,39?>, limite de la pression atmosphérique.
Le sommet de celte colonne est le point où s'arrête la course du piston ; mais, dans la pratique, la pression de l'atmosphère étant variable et des fuites étant toujours possibles, on ne fixe le point d'arrêt de la course du piston qu'à 8 ou 9 mètres audessous du niveau du réservoir.
La même figure représente en B une pompe dont le tuyau d'aspiration, plongeant dans le bassin, est terminé, a son extrémité, par une grille ou lanterne percée de petits trous, qui laissent entrer l'eau, en s'opposant au passage des corps étrangers.
La pompe des prêtres est une pompe aspirante à double piston. Elle se compose (lig. 2241) d'un balancier 6,6 qui oscille sur son axe G et porte deux secteurs auxquels sont fixées les chaînes qui tirent les tiges des pistons ; les deux corps de pompe sont formés chacun de deux cylindres posés l'un sur l'autre et joints hermétiquement à rainure et languette.
Dans la jointure est pincé le bord d'un manchon en cuir n, parfaitement flexible et dont l'autre bord est saisi entre deux plaques parallèles qui tiennent à un é trier et qui portent des soupapes »,*. Ces deux t corps de pompe communiquent par le
POMPB. - H
moyen -d'autres soupapes V,V avec le tuyau d'aspiration. L'an des pistons monte quand l'autre descend; les manchons de cuir prennent des formes l'une concave, l'autre
Fig. «41.
convexe ; le premier a ses soupapes fermées el fait aspiration ; le second les a ouvertes et donne passage à l'eau par-dessus.
Lorsque ;lcs corps de pompe sont remplis, le liquide tombe dans la double enveloppe, d'où il s'échappe par des orifices d'écoulement.
On doit & M. Letestu une pompe du même genre (fig. 2242), dans les deux cylindres de laquelle jouent deux pistons formés d'une pièce concave en mêlai, per-
Fig. 2m.
cée de trous et recouverte d'une garniture conique en cuir préparée à la cbanxet formant clapet.
Cette garniture est fixée au centre par
la tige. Lorsque le piston baisse, l'eau le traverse, et soulève la garniture en cuir. Quand le piston monte, cette garniture frotte contre les parois du corps de pompe et produit l'aspiration.
Cet appareil est extrêmement simple, léger, facile à déplacer et permet d'épuiser des eaux chargées de sables et toutes sortes d'éléments étrangers.
2° Pompes aspirantes et foulantes. Le tuyau d'aspiration plonge dans le puisard, comme pour les pompes aspirantes et élévatoires : le tuyau d'ascension (fig. 2243) prend naissance au bas du corps de pompe.
Vie. îï*s-
Le piston est plein. C'est lorsque ce dernier monte, que l'eau, par aspiration, s'élève dans la pompe ; quand il descend, la soupape m se ferme, la soupape du tuyau d'ascension s'ouvre et l'eau y est chassée.
Dans tous ces systèmes, il convient, pour éviter les chocs que produit la marche de l'eau contre les pistons et aux coudes, de placer, sur le chemin de la conduite élé valoire, une capacité pleine d'air, qu'on appelle le réservoir d'air ; l'élasticité du ga i sert à amortir les chocs.
Pompée rotatives. Nous citerons la pompe de Dietz, qui est composée de la manière suivante (fig. 2244) ' : A, tuyau d'aspira-
1 Vatteloo, Carnet du conducteur de travaux.
lion, C, tuyau d'ascension, BD, bolle circulaire eu cuivre ou en l'onle munie de petits (TQU3 par lesquels elle communique avec les conduits A et C.
Kig. SÎ4t.
L'intérieur de cette boite conlient un noyau ou cylindre en bois, dont l'axe, parallèle à celui de la boile, est ex<«ntrique et sa surrace vient frotter contre sa paroi en I, point milieu entre A et C. Ce noyau est pourvu de quatre ailes m en cuir qui peuvent s'allonger ou se raccourcir au moyen de ressorts a boudin r. Le cylindre étant mis en mouvement dans le sens de la flèche, les palettes m frottent successivement les parois intérieures de la boite, déterminent en A on vide, que l'eau occupe immédiatement pour être chassée ensuite en D, B et C.
Pompes centrifuges. Ces pompes, qui sont généralement employées dans les travaux d'épuisement, nécessitant de grands débits,
Fig. 9945.
se composent essentiellement d'une roue à aubes ou turbine fixée sur son axe vertical et placée dans une enveloppe isolante munie de deux ouvertures, l'une serrant à l'aspiration, l'autre au refoulement. Ce BOUt dODC des pompes aspirantes et fou
tantes. Celle que représente la lig. 22 43 est
la pompe centrifuge Neut et Dumoot.
Supposons que l'appareil soit rempli d'eau et que l'on imprime le mouvement à la roue. Sitôt que la rapidité de ce mouvement est assez accentuée, l'eau contenue
Fig. îîifi.
à l'intérieur est projetée à lajcirconférence, elle s'en échappe et s'élève par l'ouverture de refoulement A ; il eu résulte au centre un vide que la pression atmosphérique
(end à combler ea ; pressant de l'eau nouvelle amenée par le conduit d'aspiration B.
Pour ce qui est de l'installation des pompes sur les puits, nous donnons ici quelques figures d'appareils de ce genre choisis parmi les produits de la maison Letestu.
Les fig. 2246 et 2247 représentent l'intérieur de deux puits dans lesquels sont ios-
l'ig. î!47.
liillées deux pompes élévatoires, avec leur réservoir d'air e( se manœuvrant de deux
manières différentes, la première par une
roue avec manivelle, la seconde par un
levier.
La roue est montée sur un axe tournant sur des coussinets formant partie d'un châssis eu métal qui sert de support au système. A l'extrémité de l'axe opposée à la roue, est un disque, auquel se rattache à charnière, une bielle qui est fixée par l'autre bout au sommet de la tige du piston. Le mouvement de rotation imprimé a la roue soulève cette bielle, et par suite le piston lui-même.
Fig. 2i»8.
Les deux autres flg. 2248 et 2249 montrentjles corps de pompes installés a l'extérieur du puits fixés sur des plaques en fonte et l'une avec ajustage recourbé pour l'écoulement immédiat du liquide, l'autre avec conduit élévatoire et réservoir d'air
pour verser l'eau à un niveau plus élevé.
Pig. !l*9.
Ponçage, s. m. — Opération préparatoire qui se Tait sur les Tonds que l'on veut recouvrir de peinture a l'huile soignée et qui s'exécute ainsi : on frotte les surfaces imprimées au moyen de la pierre ponce, qui les adoucit et les rend unis, en faisant disparaître les grains de couleur, les poils et es troDS de la brosse.
Quelquefois on trempe la pierre ponce d'essence et d'esprit de vin.
Le ponçage se fait également dans la dorure en détrempe après le rebouchant (voy. ce mot), sur les couches de blanc d'apprêt humectées avec de l'eau trèsfraîche (voy. Dorure).
Ponce (pierre), voy. Pierre.
Ponceau, s. m — Pont supporté par des points d'appui qui ne sont espacés que de 4 a 5 mètres au plus.