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cintrement se fait en ruinant les coins.

Outre les cintres on a besoin, pour l'exécution de l'ouvrage, d'un pont de service, au moyen duquel on amène les matériaux et qu'on plat» latéralement à la construction ou sur les cintres mêmes.

Quelle que soit la forme adoptée pour les arches, ces voûtes se composent d'un nombre impair de voussoirs dirigés normalement a la courbe d'intrados et séparés par des plans de joints. Leur appareillage sur les plans de tète exige le plus grand soin, car c'est surtout de leur arrangement et de leur raccordement que dépend l'ornementation du pont.

Duos la pose des voussoirs on vérifie, au moyen d'un quart de cercle muni d'un fila plomb, s'ils ont l'inclinaison voulue; de plus, il faut charger les cintres pour leur faire éprouver tout leur tassement.

Lorsque l'un décintre, l'arche construite perd toujours une certaine hauteur de sa flèche. Aussi est-il important, dans le tracé de l'épure, de surhausser le cintre, afin que la voûte retrouve à peu près sa véritable position au-dessus des naissances.

Les parties comprises au-dessus d'une pile, entre deux arches, se nomment tympans; c'est en ces points que l'on ouvre quelquefois des arches supplémentaire?, destinées a augmenter la section offerte à l'écoulement des eaux. Le pont antique Pabricius (fig. 2253), joignant l'île du Tibre

à la rive gauche du fleuve, offrait un exemple de cette disposition, que l'on a abandonnée a cause de son peu d'efficacité.

(•ONT. - Il

Les tympans laissés pleins peuvent être occupés, à leur surface, par des bas-reliefs, par des pilastres portant des des, au-dessus desquels s'élèvent des statues ou des candélabres- (flg. 2254), ou par le prolongement des becs saillants, qui atteignent quelquefois le niveau des trottoirs du pont et sont disposés en lieux d'abri et de repon pour les

Fift. ÎSS4.

passants. Lorsque les tympans et les têtes, c'est-à-dire les remplissages au-dessus des vousBoirs, sont terminés, on pose la chape (voy. ce mot), puis les corniches de couronnement, les garrfe-œrps et l'on exécute la chaussée pavée. Si le pont a une grande longueur, il faut ménager des orifices ou gargouilles pour l'écoulement des eaux.

Ces gargouilles sont formées de tuyaux en fonte qui traversent toute l'épaisseur de la voûte et débouchent vers les reins.

Ponts en charpente. Ce système convient seulement, lorsque la circulation n'est pas importante, dans les pays où le bois est peu coûteux, et lorsqu'on n'a pas à craindre de

ï - PONT,

fortes crues ou des débâcles de glaces. On n'y a pins guère reconrs que dans des terrains sans consistance, des terrains tourbeux par exemple. On fait reposer les tabliers sardes polies (voy. ce mot), que l'on protège souvent par des brise-glaces. Ces pont* Bont dits à travées. La flg. 2255 représente an ouvrage de ce genre. Les

Fig. 2155.

poutres sont soutenues pardes sous-poutres maintenues par des contre-fiches qui s'appuient sur les palées et qui sont reliées audessus avec les poutres, au moyen de moises pendantes. La coupe de ce pont est donnée par la fig. 2256. Celle combinaison

ïWMwraramïiBr

peut être adoptée pour une portée d'une vingtaine de mètres entre lee palées. Sur les travées on pose des poutres sur lesquelles on fixe les madriers qui doivent former le plancher du pont. Si le passage des voitures doit être fréquent, on empêche le tablier de s'user rapidement en établissant sur Ses madriers une couebe de sable, puis uo pavage ordinaire. Les ponts mixtes à lablier en charpente, avec piles et calées en maçonnerie, sont plus fréquemment employés.

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Pour les ponts de ce genre qui sont peu importants, on fait les culées en maçonnerie assez épaisse pour résister à la pression des terres; une pile ou deux occupent les intervalles des culées ; des poutrelles, posées sur ces appuis, à 0m,50 les unes des autres et dont récarlement est maintenu par des boulons, reçoivent le tablier, formé de madriers, épais de 0m,05 à 0m,06 et placés transversalement. On établit au-dessus un faux plancher qui empêche l'usure du tablier et que Ton enlève au besoin pour le remplacer.

Dans les ponts de plus grande importance on donne aux arches la forme de cintres composés de pièces de bois courbes, solidement reliées entre elles. Il ne faut pas dépasser, pour la flèche des arcs, 1/8 de l'ouverture. Le pontd'ïvry, sur la Seine, a des

Pig. 2257.

arches de 22m,50 d'ouverture pour 3m,48 de flèche el qui sont formées de pièces de bois cintrées, ainsi que le représente la fig.2257, à l'échellede 0m,002 pour mètre. Ces pièces sont reliées, d'une part, au moyen d'étriers en fer et, de l'autre, par des moïses pendantes dont la double fonction est celle-ci: serrer les bois courbes et leur transmettre Je poids du tablier. Au dessus et au-dessous de Tare, ces moises s'assemblent avec des longuerines qui relient les fermes transversalement. En outre, des consoles, fixées aux piles et aux culées par des tirants en fer, reçoivent aussi une partie du poids du tablier et sont elles-mêmes soutenues par des jambes de force. Le tablier est formé de poutres longitudinales, supportées par le sommet de Tare, les moises et les consoles; de pièces transversales reposant sur les premières poutres, et enfin de madriers qui reçoivent

immédiatement le poids des voitures.

Lorsque la circulation est importante, il vaut mieux établir une chaussée en pavés ou en matériaux plus résistants que le bois de ebéne. Au lieu de pièces courbes, difficiles à plier, on peut employer, pour composer les cintres, des madriers de 5 à 6 centimètres d'épaisseur, qui reçoivent plus facilement la forme qu'on veut leur donner. On les relie entre eux au moyen d'étriers et de chevilles que Ton serre avec des coins. Les longuerines sont remplacées par des entretoises qui maintiennent i'écartement des fermes et par des tirants en fer résistant mieux à la traction. Quelle que soit la disposition que l'on adopte, il faut fairereposer l'about des arcs sur des coussinets en fonte aménagés de façon à permettre à l'air de circuler et éviter le séjour de Peau. De plus, il convient de revêtir les bois d'une couche de peinture et de surmonter le pont de garde-corps en fer qui présentent une grande légèreté.

Ponts en métal. Les ponts que nous venons d'examiner offrent divers inconvénients : ceux qui sont en maçonnerie exigent, en raison de leur poids considérable, des fondations très-massives et des arches d'une assez faible ouverture; en outre leur établissement est fort coûteux. Dans les ponts en charpente c'est l'entretien qui est dispendieux et qui nécessite, au bout de peu d'années, la reconstruction complète de ces ouvrages. Aussi emploiet-on maintenant, de préférence, la fonte, qui permet de donner plus de légèreté et plus d'ouverture aux arches, en même temps qu'elle exige moins d'entretien.

Ces ponts sont formés de piles en maçonnerie ou en fonte et d'arcs ou de poutres armées également en fonte.

Les arcs en fonte sont faits de deux manières différentes, suivant l'intervalle des points d'appui. Lorsque l'ouverture est faible, on les compose soit de deux pièces cintrées rigides, qui s'assemblent au sommet de la voûte, à l'aide de boutons et de plaques, soit d'une pièce pleine formant clef et se reliant à deux sommiers évidés, comme le montre la figure

PONT. — K

2258, au moyen de plaques boutonnées.

Si l'ouverture est considérable, tes arches

soni formées tantôt de voussoirs en fonte

éviilés ol assemblés cuire eux, comme au

Fig. «58.

pont d'Auslerlili, à l'aide d'équerres en fer 'que l'on place dans des rainures ménagées à cet effet dans la Tonte, tantôt de portions d'arcs en fonte évidées boulonnées entre elles et réunies par des croix de saint André, également en fonte, qui supportent le tablier.

Dana tes ponts métalliques en arcs une partie des plus délicates de l'ouvrage est le remplissage des tympans ; au pont du Carrousel, à Paris, ceux-ci sont remplis par des cercles en fonte dont le diamètre va en décroissant depuis la pile jusqu'au sommet et sur lesquels sont posés les longerons qui soutiennent le tablier du pou/. Chacun de ces cercles, n'ayant avec l'arc et le longeron eupérieur qu'un seul point de contact, se comporte comme une barre droite comprimée et transmet, en un seul point de l'arc, les pressions d.its aux surcharges en mouvement; de la des déformations dans les arcs qui produisent des vibrations considérables.

Alin donc de relier d'une façon rigide l'arc au tablier et de trntiBineUre en beaucoup de points de l'arc les pressions accidentelles, il est bon de composer les tympans de croisillons métalliques, qui sont attachés, d'une part, au longeron supérieur, de l'autre, en différents points de l'arc et qui, se trouvant, de plus, reliés entre eux, donnent de la rigidité à tout te système et atténuent considérablement les vibrations. Le pont de Solîérino, à Paris, est construit dans ces conditions.

Au-dessus des tympans sont disposées

1 — PONT

des voûtes en briques qui supportent la

chaussée en empierrement.

Dans les ponts en arcs le fer travaille principalement à la compression et c'est en vertu des conditions de résistance de la fonte à des efforts de cette nature que l'on doit calculer les dimensions de la section des arcs.

Le montage des ponts ainsi disposés nécessite, en général, l'établissement de pâtées avec cintres ; on peut les éviter pour les faibles portées, en employant des arcs articulés aux naissances et à la clef; on peut ainsi prendre chaque partie de l'arc, l'appuyer par ses coussinets aux naissances et la Taire tourner sur son tourillon, jusqu'à ce que les coussinets de clef puissent se rejoindre sur leur tourillon commun, que l'on présente au moment de la jonction. Lorsque l'établissement des points d'appui est difficile et coûteux, il convient d'eu diminuer le nombre et la section et, par suite, de n'exercer sur eux que des actions verticales. On a donc été conduit à adopter des systèmes que l'on peut classer eu deux groupes principaux : celui des poutres armées et celui des poutres droites.

Le» poutres années consistent principalement en un arc soumis à la compression et dont les extrémités sont réunies par un entrait soumis à la traction: ces deux pièces sont rattachées entre elles par des liens et des croisillons qui transmettent les efforts résultant des charges. La H g. 2259

Fig. ÏÏ5B.

représente le système Brune! appliqué an pont de Windsor, qui se compose d'un arc, et d'un entrait, ce dernier étant au

Fig. 2ïso.

niveau du tablier est rattaché à la première pièce par des croisillons munis de tendeurs; mais le vrai type de la poutre

PONT. — 1

armée a été appliqué au pont de Chepston ((ty. 2260) et consiste en un tablier suspendu en deux points de l'arc, armé lui-même de poinçons et de tirants dont (a ter jion est réglée par des tendeurs.

Les ponts à poutres droites sont '. petite au à grande portée.

Les premiers se composent ordinairement (Kg. 2261) de solives en fer à double T dont l'écartement est maintenu par des

tretoises sout rendues également très-légères par des évidements.

Fig. MM.

entremises et qui supportent le tablier du pont en madriers. Dans le cas que nous présentons ici les garde-corps sont très-légers et sont soutenus par deux solives, sur la semelle inférieure desquelles viennent s'appuyer les madriers du plancher par leurs extrémités.

Les ponts de chemins de fer à petite portée sont composés de poutres en tôle placées, tantôt sous les rails, tantôt eu dehors, et réunies entre elles par des entretoises pleines ou évidées.

La fig. 2262 représente, en coupe, à l'échelle de 0m,05 pour mètre, le détail des poutres et entretoises d'un tablier de pont de chemin de fer porté par six poutres, dont quatre placées directement sous les rails. Les poutres de rives sont de dimensions Irés-réduiles, parce qu'elles n'ont à porter qu'une (barge Irès-uiiniuie. Les cn-

l'ig. SÎ8Ï.

Nous donnons, à la môme échelle et dans les mêmes conditions (fig. 2263), le détail d'un tablier porté par six poutres dont quatre en dehors des voies. Les rails sont soutenus, dans toute leur longueur, par des lODgrines en bois boulonnées sur les eulrctoises le plus près possible des poutres en tôle, afin que la surcharge agisse en un point trèe-rapproché de l'attache des entretoises et fatigue moins celle-ci. Les tabliers de ce système sont très-fréquemment employés.

Fig. Ï!B3.

Les ponts à grande portée ont leurs tabliers formés généralement de longrines placées sous les rails el s'assemblanl avec des entretoises réunies elles-mêmes aux poutres principales qui supportent finalement toutes les charges. Le eboix du nombre des poutres résulte des conditions de stabilité, de débouché et d'économie.

Parmi les nombreux systèmes en usage, nous en citerons quelques-uns qui peuvent être regardés comme se rattachant à trois cas principaux, ceux où le tablier est placé : Ie à la partie supérieure des poutres ; 2» dans leur région moyenne , 3° à leur partie irilï-ricure.

PONT

Le pont sur l'Aar, à Berne (Suisse), offre on exemple du premier système ; l'espace qui sépare les poutres est, de plus, utilisé comme pont tabulaire pour les piétons. La figure '2364 * est une coupe de cet ouvrage, failejà l'échelle de 0=,0066 pour mètre.

1086 — PONT

troisième système. Cette disposition n'est pas seulement applicable aux ouvrages comme celui que nous citons, où les poutres formant garde-corps n'ont que 2-,î)5 (33 baut, mais aussi et sutoat aux

Fig. '«Et.

Cette disposition permet de placer le garde-corps à l'extérieur de la semelle supérieure et de donner plus de largeur à la TOie.

Le deuxième cas est également représenté par une coupe faite à la même échelle (fig. 2265). L'exemple choisi est le pont de Langon sur la Garonne. Le tablier.

Fig. Î265.

ainsi placé au milieu de la hauteur des poutres, forme à lui seul le contre-vente ment; des goussets verticaux saisissent ces pièces et les raidissent sur tout l'intervalle des semelles.

Noue donnons (fig. 2266], à l'échelle de 0",0075 pour mètre, une coupe du pont d'Orival sur la Seine, qui est un exemple du

1 Oppermann, NtmveUa onnolei de la Cont-

Fig. 2Î68.

ponts où l'intervalle entre la semelle supérieure et le tablier est d'au moine 4>B,50 ; on peut alors conlreveuter par la partie supérieure ; c'est là la solution qui est généralement adoptée pour les grandes portées et qui fournit des ponts tabulaires. Au point de vue de la construction des pièces principales qui entrent dans la composition de ces ouvrages, nous remarquerons que les parties horizontales des poutres sont toujours formées d'une ou plusieurs tôles plates et pleines rivées entre elles et assemblées avec les parois verticales au moyen de cornières rivées. Les parois ver ticales sont tantôt pleines et, par suite, économiques comme emploi de t

Fig. 2287.

main-d'œuvre, transport et montage, mais d'un aspect peu satisfaisant; tantôt à jour et disposées diversement.

PONT. — I

Le système en treillis est fréquemment usité ; c'est ainsi que sont faites les parois verticales du pont de Breslé cité plus haut et dont nous donnons (fig. 2267), à l'échelle de 0m,003 pour mètre, une pile avec deux amorces du tablier. Cette pile est fondée sur caisson rempli de béton ; des enrochements sont échoués au pourtour.

La partie métallique de l'ouvrage est formée de deux poutres de rive en forme de double T, avec âme en treillis renforcés par des montants verticaux an droit desquels s'attachent les poutrelles qui supportent le plancher en bois.

La figure 2268 ' représente un second exemple de pont en treillis construit sur la

Fig. 2SB8.

Seine, a Argenteuil, pour le passage de la ligne de Paris à Dieppe. Le tablier est composé de deux grandes poutres formées chacune (fig. 2269) d'une âme, de 3-°,40 de hauteur, en partie pleine et en partie treillis, et de deux semelles de 0m,G0 de largeur.

Au droit des points d'appui l'âme est entièrement pleine. Ces poutres sont reliées par des entretoises ou pièces de pont en tôle pleine de 0m,80 de hauteur.

Ce qui distingue surtout cet ouvrage des précédents, ce sont les points d'appui sur lesquels porte le tablier. Celui-ci repose, par ses extrémités, sur des culées en maçonnerie et, dans l'intervalle, sur quatre piles tributaires. Chacune de ces piles est composée, comme le mon Ire la fig. 2270, de

1 Oppermano, fiouwlkt annaUt de la Com-

deux colonnes cylindriques en fonte, eBpa-

Fig. !!96.

1 d'axe en axe, remplies de

Fig. 2Î70.

béton et reliées, à leur partie supérieure, par des entremises.

Ces colonnes sont formées d'anneaux

PONT

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cylindriques en fonte, de 1 mètre de hauteur, portant à leurs extrémités des brides intérieures qui servent à les réunir au moyen de boulons.

Examinons maintenant quelles sont les conditions d'établissement des ponts suspendus. Ces ouvrages se composent (fig. 2271) de câbles ou chaînes en fer tendues d'une rive à l'autre, supportant, au moyen de tiges de suspension, un tablier qui donne passage aux piétons et aux voitures.

Les chaînes, plus employées en Angleterre qu'en France, sont des barres de fer forgé reliées entre elles par des boulons ; mais le moindre défaut dans le forgeage' de l'une de ces pièces peut en amener la rupture et, par suite, la chute du pont ; aussi préfère-t-on, en France, les câbles en fil de fer comme offrant une exécution plus facile et une plus grande sécurité.

par les tiges de suspension et espacées de lm,25 à lm,50. Ces pièces sont reliées entre elles par les longuerincs formant le trottoir.

Le plancher est fait de madriers épais placés dans le sens perpendiculaire à celui des pièces de pont et espacés entre eux de O"^ à 0",08 ; les planches qui composent le sol sur lequel circulent les voitures sont posées dans le sens transversal. Le trottoir est formé de madriers placés en exhaussement de la chaussée sur les looguerines qui relient les poutrelles. Il est, en outre, bordé d'un garde-corps en charpente.

Les culées se font en maçonnerie et doivent, par leur poids, contrebalancer la traction à laquelle elles sont soumises. Les amarrages des câbles sont établis dans des puits où Ton doit pouvoir toujours descendre afin de les visiter.

Avant d'atteindre le sol pour s'y fixer,

Fig. 2271.

Ceux-ci sont généralement formés de fils de fer n° 18 que Ton enroule en écheveaux autour d'une croupière et que l'on serre, de distance en distance, au moyen de ligatures en fils recuits.

Les tiges qui supportent le tablier sont en fer forgé ou en fil de fer. Dans le premier cas, ces barres sont reliées aux pièces transversales ou pièces de pont au moyen d'un écrou ou d'un étrier en fer. Dans le second cas, les tiges sont elles-mêmes prolongées de manière à former collier autour des pièces de pont.

les chaînes ou câbles reposent sur des piles, par l'intermédiaire de supports fixes ou de supports mobiles.

Dans le premier cas, ces supports sont des portiques en maçonnerie ou des piliers en fonte. Les câbles posent sur dès rouleaux appelés secteurs oscillants (fig. 2273)

Le tablier est composé (fig. 2272) de poutres transversales soutenuesdire clemenl

i»ivi i un wrrcnzri u ' i luuœu

rrf«".*

Fig. 2273.

et qui reposent eux-mêmes sur une surface plane. Cette disposition empêche la rupture que pourrait causer l'inégalité de tension entre deux portions consécutives du câble.

Les supports mobiles sont des colonnes

PONT. — IOW

ou de grandes bielles en fonte (fig. 2274) reposant sur des points d'appui fixes, par l'intermédiaire d'une arête arrondie. Dans ces conditions, le support obéit aux mou-

PONT

Fig. ïî7t.

vements du câble et prend la position de la bissectrice de l'angle formé par les deux brins, position qui est celle de la résultante des tensions égales exercées sur le câble dans ces deux directions. Pour éviter le renversement des supports, on les réunit à leur sommet, an moyen de haubans, soit entre eux, soil à des amarrages.

Ou a cherché & diminuer la mobilité de ces ouvrages, en formant, par exemple, le tablier de poutres en treillis amarrées ellesmêmes par les baubans.

En résumé, le système des ponts suspen dus est le plus économique de tous. Il fait travailler tout le métal dans toute la section mise en œuvre à la traction ; il permet de franchir les plus grandes portées et donne aux cours d'eau le débouché le plus large. Mais les ouvrages de ce genre présentent le grave inconvénient de n'être pas rigides et la solution du problème est encore à trouver.

Pmu^tmaux. Ces ouvrages s'exécutent lorsqu'on a à faire la traversée de cours d'eau importants ou de rivières traversant le fond d'une vallée, quand on veut faire passer le canal d'un versant sur le versant opposé. Ce sont des ponts ordinaires, sur lesquels on établit une cuvette dont la sec-

VICTJOKHAIM OR COHaTBIJCTIOH-

tion est réduite à celle qui est nécessaire pour le passage d'un seul bateau, mais toutefois un peu plus grande que celle des écluses.

Les voûtes, les piles et culées d'un pontcanal sont établies d'après les mêmes principes que celles des ponts fixes ordinaires, mais en tenant compte d'une pression beaucoup plus considérable.

De chaque coté du canal sont disposées des banquettes de balage (fig. 2275) avec parapet ou garde-corps. La largeur de ces banquettes varie de 1",30 à 1»,90.

Vie, «'s-

La question importante, dans ces sortes d'ouvrages, est l'étancbéité de la cuvette, difficile à obtenir à cause des dilatations et contractions successives auxquelles les mortiers et les pierres même sont soumises.

On peut alors employer, comme enduit, une matière douée d'une certaine élasticité, le bitume. On fait encore des cuvettes en bois, qui durent peu et sont d'un entre- Lien coûteux et des cuvettes en tôle ou en fonle, dont le prix élevé est le seul inconvénient.

IL Ponts mobiles. Il n'est pas toujours possible d'employer des ponts /ixes sur les rivières ou sur les canaux, soit par suite de la disposition des rives, soit en raison des besoins de la navigation.

Pont de bateaux. Un ouvrage de ce genre est composé de bateaux amarrés k une certaine distance l'un de L'autre, .réliés entre eux par deB poutrelles et sur lesquelles on établit un plancher avec garde-corps. Pour donner passage aux navires, on fait déri-

PONT

PONT

ver sur le côté un ou deux bateaux que l'on replace ensuite. Le tablier s'élève et s'abaisse avec le niveau de la rivière et, par conséquent, le plan incliné qui y donne accès est mobile.

Ponts-levis. Ce genre de ponts mobiles, employé particulièrement en fortification, est traité dans un article spécial.

Ponts roulants. Ces' ouvrages, utilisés sur les canaux; sont formés d'un tablier mobile sur des rouleaux en fonte et se retirent en arrière par un mouvement de translation horizontale. L'inconvénient de ce système est d'occuper beaucoup de place et d'exiger, pour les rouleaux, un grand entretien.

tablier ont leur portée diminuée par des baubans en fer se rattachant à deux colonnes en fonte placées de chaque côté du pont. Ces colonnes sont fixées sur une forte traverse placée sur le châssis qui repose immédiatement sur le pivot. Le tablier étant composé de deux travées inégales, puisque le point de rotation n'est pas au milieu de l'ouverture, on rétablit J'équilibre au moyen de contre-poids.

Lorsque le pont a une assez grande ouverture, on le divise en deux parties mobiles qui vienoent s'ajuster l'une contre l'autre. La fig. 2276. représente un exemple de cette dernière espèce d'ouvrage, le pont tournant de Brest, dû à l'ingénieur Oudry.

Fig. 2276.

Ponts tournants. Ce sont les ponts mobiles les plus employés sur les canaux et dans les ports. On les fait en bois ou en fonte, en une seule partie ou en deux portions.

Dans le premier cad, le tablier exécute son évolution à l'aide d'un axe de rotation vertical placé sur un massif de maçonnerie que l'on a établi à une distance de la berge égale à la moitié de la largeur du pont.

Le pivot est en fer aciéré et s'emboîte dans une crapaudine fixée au pont. Autour de ce pivot est un chariot qui sert à empêcher le déversement, quand il y a déplacement dans le centre de gravité, et qui est composé de deux cercles concentriques, reliés par des bras et munis de galets qui se meuvent sur un cercle en fonte scellé dans la maçonnerie.

,. Les poutres horizontales qui forment le I

Le tablier est composé de deux parties pouvant pivoter facilement sur deux pilestours au moyen d'un mécanisme particulier. La grande volée est équilibrée par la petite, additionnée d'une charge disposée dans une caisse à parois pleines.

Historique des ponts.

Les ponts les plus anciens dont il soit fait mention dans l'histoire sont attribués à Menés, roi d'Egypte, qui, selon Hérodote, en fi t construire un sur le Nil et à Sémiramis, qui fit bâtir un pont sur l'Euphrale, à Babylone.

Les Grecs semblent avoir édifié des ponts où les piles étaient en pierre ; mais ce sont surtout les Romains qui, les premiers, employèrent les arches voûtées, donnèrent h ces ouvrages un caractère monumental et y déployèrent, en même temps, une grande habileté d'exécution.

PONT. — ti

Les ponts romains étaient toujours trèsétroits. La chaussée était pavée de larges dalles et munie de trottoirs de chaque coté. Quelquefois était érigée, à cbacuue des extrémités du pont, une porte monumentale, qui décorait la construction et pouvait servir ainsi à intercepter le passage. Le

il — PONT,

qui donnait à la construction une forme en dos d'âne très-prononcée. En outre, des tours fortifiées défendaient souvent chacune des extrémités du pont et parfois même une troisième tour semblable surmontait une des piles centrales. Le pont Valendé, sur le Lot, à Cahors (8g. 2278),

pont de Saint -Chaînas (Bouches-du-Rhône), que représente la fig. 2277, offreun exemple de cette disposition. Le fameux pont du Gard montre sur quelles dimensions colossales étaient quelquefois conçus ces aortes d'ouvrages.

A l'époque des invasions des Barbares, la plupart des ponti romains furent renversés, et l'on ne franchit plus les rivières que sur des bateaux ou des bacs. Cbarlemagne fit établir des ponts de bois sur le Rhin.

Les architectes du moyen âge se bornèrent d'abord a copier les pontt romains ; ce n'est que plus tard qu'ils en modifièrent les dispositions ; ils continuèrent toutefois à les faire très-étroits, mais en ménageant, au-dessus des piles, des enfoncements qui servaient de refuge aux passants, lorsque la chaussée était encombrée de voitures. Quant aux arches, ils les firent circulaires ou ogivales, suivant les époques, et de dimensions presque toujours inégales. L'arche du milieu, dite marinière, étant beaucoup plus haute et plus large que les autres, ce

est le plus grand pont fortifié, encore existant, qui date de cette époque.

Plus tard on bâtit aussi des maisons sur les ponts eux-mêmes. La fig. 2279 montre, en coupe, le pont dit Ponte- Vecchio, qui possédait, de chaque côte, des boutiques à

PONT. — 1'

arcades, dont l'élévation est donnée par la

8g. 2280. Ceti dessins sont reproduits d'après la restauration qu'en présente M. Rohault de Fleury dans l'Architecture toicane.

Fijf. Î2S0.

Les façades extérieures avaient un aspect des plus sévères; les fenéires mêmes y étaient prohibées par un règlement de voirie.

Jusqu'au commencement du IV* siècle, Paris n'eut que des ponts de bois, qui étaient fréquemment emportés par les eaux. C'est en 1412 que fut construit le premier pont de pierre. Cet ouvrage fut également détruit par une inondation, puis remplacé, en 1507, par le pont dit de Notre-Dame, qui a été démoli en 1848. Le Pont-Neuf fut achevé en 1606.

Un progrès sensible consiste dans l'adoption de l'anse de panier pour les ponts de Chûtellerault et de Toulouse. Ce système a été appliqué d'une façon remarquable au pont de Neuilly, construit par Perronnet, de 1768 a 1773. Il se compose de cinq arches en anse de panier ayant chacune 39 mètres

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