PORT
leurs vives et variées sont recherchées pour les objets de luxe ; mais la plus estimée et celle que les anciens ont le plus employée eu architecture est la première de celles que nous venons d'énuraérer, et qui est dite porphyre rouge antique. Le nom même de cette roche, que Ton tirait de la Haule-Égypte, vient du grec porphura (pourpre).
Le porphyre rouge antique peut recevoir un très-beau poli ; sa texture est uniforme dans toute la masse, la cohésion égale dans toutes les parties.
La dureté de cette pierre surpasse celle de l'acier, sa ténacité est considérable, enfin elle résiste, en quelque sorte indéfiniment, aux influences atmosphériques.
Ce sont ces qualités qui l'ont fait rechercher par les anciens pour l'utiliser dans les monuments, dans la sculpture, dans la statuaire et dans tous les genres d'ornementation architecturale.
Cependant il ne faut pas croire que le porphyre rouge antique ait été communément employé par les Égyptiens ; le granité rose, la syénite, la diorile étaient généralement en usage. Les Grecs euxmêmes ne s'en seraient pas beaucoup servis ; ce sont les Romains qui auraient commencé à l'exploiter et , d'après les recherches de Letronne, seulement à partir du règne de l'empereur Claude.
Mais alors l'exploitation de cette matière eut lieu sur une vaste échelle , malgré les difficultés de l'extraction» de la taille, du polissage et du transport.
Les Romains en firent des colonnes, des cuves, des vases, des urnes, des plaques polies et même des statues.
Au xvi0 siècle, ce porphyre était encore très-employé dans toute l'Italie et particulièrement dans la Toscane.
Les monuments de porphyre rouge antique les plus célèbres sont, d'après Rondelet : l'obélisque de Sixte-Quint à Rome ; les colonnes de Sainte-Sophie, à Constantinople ; quelques colonnes de l'église Saint-Marc à Venise; le tombeau dé sainte Constance près de Rome ; eelui du pape Clément XII.
De nos jours, on recherche encore le porphyre rouge pour l'appliquer aux mêmes usages que les anciens; mais on ne le tire plus de l'Egypte. Il en existe des gisements en France, dans les Vosges ; la couleur de la roche provenant de ces localités est plus sombre que celle du porphyre antique ; mais les qualités sont les mêmes. On en trouve également en Corse, en Espagne, en Suède. C'est peut-être cette dernière contrée qui en fournit le plus actuellement.
Le poids du mètre cube de porphyre varie entre 2756 à 2927 kilogrammes.
Par extension, on appelle quelquefois porphyre une pierre dure et polissable présentant, au milieu d'une pâte d'une certaine couleur , des cristaux dont la lcin:c blanche tranche avec celle du fond.
Port. — Point d'un littoral où la mer, 8'enfonçant dans les terres, offre aux navires un abri contre les vents et les tempêtes.
11 y a : 1° les ports naturels, qui sont entourés par la nature d'une vaste ceinture de hautes terres, coupée seulement par le passage des eaux appelé généralement goulet. Tel est le port de Brest.
2° Les ports artificiels, où il a fallu tout créer de main d'homme.
Les ports, suivant leur destination, se divisent en ports militaires ou ports de guerre, ports marchands ou ports de commerce. Dans les premiers, qui ne sont pas seulement des lieux de refuge et d'abri, se trouvent réunis les ateliers et les divers établissements nécessaires à l'entretien d'une flotte et spécialement à la construction, au radoub et à l'armement des vaisseaux.
Afin de rendre les ports propres & servir d'abri aux navires, on construit des môles et des jetées (voy. ces mots). Quelquefois on établit deux jetées parallèles qui s'avancent de plusieurs centaines de mètres jusqu'à la ligne de retrait des eaux, de manière à former un canal mettant en communication la mer avec l'intérieur du port. Dans les localité^ peu importantes