‹ Dictionnaire des termes employés dans la construction (volume 5)Chapitre 311 sur 553 · PORT · texte numérisé non relu

PORT

on remplace les jetées par de simples estocades.

Les ports soumis à l'action du flux et du reflux sont pourvus de bassins de retenue ou d'écluses de chaste daos lesquels on rassemble et l'on retient les eaux à la marée montante ; lorsque la mer se retire, ou ouvre les bassins et les eaux, se lançant avec toute la vitesse due à la différence de niveau, balayant et creusant les chenaux, brisent les bancs qui obstruent l'entrée et frayent le passage aux navires.

Dans les ports où le niveau de la mer ne changé pas on est obligé de draguer.

Les ports à marées, où la mer, se retirant, laisse les navires à sec, reçoivent le nom de ports d'échouaçe. Il peut en résulter des avaries pour certains bâtiments ; aussi a-t-on dû créer des bassins à flot, qui sont munis de portes que l'on ouvre peodant le flux et qu'on ferme au moment du reflux. Dans ces bassios les bâtiments entrent avec le flux et y sont maintenus à flot quand la mer, en se retirant, laisse à sec le port proprement dit. Celui-ci se nomme, dans ce cas, avantport.

Les grands ports, et particulièrement les ports militaires, contiennent des ouvrages intérieurs qui servent, soit au chargement et au déchargement des marchandises , soit à la construction, au radoub et au stationnement des navires. Les premiers sont les quais et les débarcadères. Les seconds sont : 1° les cales de construction ou plates-formes de maçonnerie, sur lesquelles on place le navire, pendant qu'on le construit et auxquelles on donne une légère pente douce pour faciliter le lancement; les unes sont en plein air ; les autres sont surmontées d'une toiture soutenue par despiliera; tels sont les bassins de radoub.

Les Grecs et les Romains paraissent avoir construit leurs ports sur le même plan. Ils y plaçaient un bassin extérieur, avec un ou plusieurs bassins intérieurs, enfermés dans les terres et réunis par un chenal & l'avant-port.

ttOO — PORTAIL.

L'entrée du port est défendue contre l'action de la mer par un brise-lames en tète de la jetée, qui portait un phare et des tours fortifiées.

La jetée était construite en arcades pour s'opposer à l'envahissement des bassius par les galets et le sable. La ville d'Eleusis présentait des jetées ainsi disposées.

Le port d'Ostie (fig. 2300), près de Rome, était construit d'après les données que nous venons d'indiquer.

Fig 2300.

Portail, *. m. — On désigne ainsi, d'une manière générale, un frontispice, un ensemble d'architecture, accompagnant et couronnant l'entrée principale, c'est-àdire formant la façade d'un édifice. Dune façon plus spéciale, ce terme s'applique à l'enirée monumentale d'une église.

En effet, les colonnades qui précèdent l'intérieur des temples grecs et romains sont des portiques, des péristyles (voy. ces mots) et non pas des portails, tandis que l'on comprend , sous cette désignation , dans les temples chrétiens, les voussures, tympans, galeries, roses, tours, etc., qui encadrent et surmontent les portes. 11 ne faut pas non plus confondre le 6eos de ce

mol avec celui de porche, qui s'applique à an avaut-corps se détachant des lignes principales d'une façade.

La 11g. 2301 représente le portail de l'église Saint-Gemis, à Paris, qui se compose d'un mur percé d'une baie principale

Fig. 2301.

et orné de buit colonnes accouplées deux à deux, dont quatre sont isolées et forment un simulacre de portique et dont les quatre autres sont adhérentes au mur et présentent, entre elles et les premières, un espace pour les portes latérales, le tout basé sur un socle saillant, auquel on mante par un perron Oc quatre marches, qui n'est pas indiqué sur la figure à cause de la petitesse de l'échelle.

Nous avons choisi cet exemple comme étant l'un de ceux qui offrent le plus manifestement l'application rigoureuse du système de Vignole; l'ordre du rez-dechaussée est dorique et surmonté d'acrotères sur lesquels s'élève, eu diminuant de diamètre, l'ordre ionique, également complet, avec archivolte à la baie au-dessus de la porte du rez-de-chaussée, impoBtes régnant sur le mur et niches ornées, répondant aux portes latérales. Sur cette seconde partie reposent d'autres acrolères décorés de balustrades au milieu et portant des groupes de figures aux extrémités ; enfin sur cette base s'élève un ordrecorinthieu complet, également orné d'impostes et d'archivolte à sa baie et que termine

un fronton circulaire surmonté d'une croix».

Gomme portait adopté de même au corps d'une église déjà existante , nous pouvons citer celui de Saint-Sulpice, également à Paris. Ce portail ne se relie à l'édifice que dans son plan, au moyen de trois entrées, celle principale, qui donne dans la nef du milieu et les deux autres qui dégagent les bas-cûtés. Il offre un péristyle ou porche {voy. ce mot) orné de colonnes doriques et flanqué de deux sanctuaires fermée. Au-dessus s'élève une galerie à jour d'ordonnance ionique. Ce dernier ordre est surmonté d'acrotères avec balustrades sur lesquels s'élèvent deux tours a plan carré et circulaires à leur partie supérieure.

Porte, s. f. — Mot qui désigne, à la fois, l'ouverture pratiquée dans une enceinte pour lui servir d'issue et l'assemblage mobile de bois ou de métal qui sert à clore celte ouverture.

Toute parle se compose de deux jambages ou piédroits, qui eu sont les parties lalé'-ales , d'un linteau ou d'un cintre, qui forme la partie supérieure, et d'un seuil, qui en est la partie inférieure, que le pied foule en entrant. Lee jambages comprennent un tableau et une feuillure, qui reçoit les parties mobiles composant la clôture.

Les formes adoptées pour les portée sont très-variables, mais peuvent se ramener à deux groupes principaux : tantôt la baie est terminée, à sa partie supérieure, par un linteau ou par une plate-bande, et, dans ce cas , elle est rectangulaire ; tantôt elle

est fermée par une courbe continue ou brisée passant par toutes les formes .de l'are (voy. ce mol).

• Les portes terminées à leur sommet par des triangles, comme. les portes de l'enceinte cyclopéenne d'Alée , en Arcadie (flg. 2302), par des assises ou encorbellement, comme celle de l'antique Phigalée (fig. 2303), ou encore par des trapèzes,

Fig. 2303.

ainsi que l'on en voit dans les murs étrusques de Circeji (fig. 2304), ne sont que des acheminements successifs yers les formes typiques que nous avons citées plus haut.

?&rft&à£rC

Pig. 2304.

Les dimensions des portes varient suivant leur destination, bien que dans des limites assez éloignées, mais non pas tout à fait arbitraires. Une proportion que l'on trouve souvent adoptée est celle où la hauteur est comprise entre une fois et demie et deux fois et demie la largeur de l'ouverture.

Les systèmes de décoration sont également très-divers et dépendent du style des édifices auxquels ces ouvertures appartiennent. Prenons des exemples dans l'architecture des différents peuples.

Les portes appartenant aux monuments de l'antique Egypte sont rectangulaires

et se composent de deux montants et d'un linteau soit lisses, soit ornés d'hiéroglyphes.

La fig. 2305 représente, à l'échelle de 0m,003 pour mètre, la porte du grand

Fig. 2305.

temple d'Edfou ; son chambranle, recouvert de sculptures, est couronné d'une comiche à profil égyptien et ornée du globe à serpents ailés. Cette porte se distingue des autres entrées principales des temples de cette région en ce qu'elle possède

Fig. 2306.

deux consoles, à droite et à gauche de la traverse supérieure, dont la fonction n'est pas encore parfaitement déterminée.

Une autre forme de port* égyptienne est celle indiquée par la flg. 2306 qui donne, a la même échelle, la ports d'entrée de la seconde cour ou pronaos du temple que nous venons de citer. Le linteau est supprimé.

Les maisons des anciens habitants de l'Egypte étaient pourvues de portes qui, par leur forme, se rapprochaient plus ou moins de celle qui servait d'entrée aux édifices religieux, mais d'une décoration beaucoup plus simple. On remarquait sur le linteau, soit le nom du propriétaire ou de la personne qui habitait la maison, soit une sentence hospitalière. Ces porte» étaient munies de vantaux qui s'ouvraient en dedans et se fermaient à l'aide de verrous et de loquets. Quelques-unes avaient des serrures eu bois, comme on en voit encore de nos jours en Egypte. La plupart des portes intérieures n'avaient qu'une simple tenture.

La forme quadrangulaire de la porte égyptienne est celle que l'on retrouve dans l'architecture grecque ; celle forme, ainsi que nous l'avons montré précédemr ment, n'a été que le résultat des tentatives faites par les populations primitives

Fig. 1807.

de l'Hellade. Nous ajouterons ici deux exemples de porte* tirés des monuments

pélasgiques et dans lesquels deux jambages supportent un linteau.

Le premier exemple (lig. 2307) est la porte dite des Lions a "Mycenes, qui se compose de deux pierres formant piédroits, haute de 5",35 environ et surmontée d'un linteau ayant une longueur de 4B,50, une hauteur de 1",30 et de 1»,20 d'épaisseur.

Cette porte est surtout remarquable par le bas-relief qui la couronne et qui est la plus ancienne sculpture européenne connue. Il est encastré dans une ouverture triangulaire et se compose d'un pilier central semi-circulaire reposant sur on soubassement formé de deux plinthes séparées par une Bcotîe. De chaque coté de cette colonne se dressent deux animaux a corps de lionnes, mais dont les

têtes sont détruites et qui ont leurs pattes de devant appuyées sur le soubassement

du pilier, landiB que leurs pattes de derrière reposent sur le linteau de la baie

Le second exemple (Hg- 2308) est la porte du trésor d'Atréè dans la même ville.

Elle est formée de deux jambages inclinés sur lesquels est placé un énorme linteau formé de deux pierres superposées. La plus grande a 8",15 de long sur 6" ,50 de large et 1*,22 d'épaisseur. Le second linteau est de la même hauteur et sans doute de la même largeur.

La porte a 3-.17 a sa base, 2-,32 au sommet et 6-,30 de hauteur; mais cette dernière dimension devrait être plus considérable.

La face du linteau est ornée de deux moulures parallèles qui se continuent sur les jambages. Au-dessus de celte baie est une ouverture triangulaire qui servait sans doute à l'aération de l'intérieur et à soulager les linteaux.

Le principe du rétrécissement des portes, admis dans les constructions pélasgiques,

On rencontre, eu . Sicile, plusieurs exemples de porta de style grec fort ancien; le temple de Diane, à Cefahj, présente deux portes ', l'une extérieure (Kg. 2309), l'autre intérieure (fîg. 2310), qui sont Ires-remarquables.

Vig. 1309.

fut également observé dans les édifices de l'art grec; c'est de là qu'est venu le nom de porte atticurgs donné aux baies qui ont cette forme.

Fig. ïSIO.

La première est pourvue d'un linteau largement profilé soutenu par des piedroits en forme de pilastres ornés de chapiteaux ; la seconde est accompagnée d'an chambranle a crosseltes, offrant ceci de particulier que les moulures qui dessinent le linteau et les piédroits sont en retraite, au lieu d'être en saillie sur le nu du mur; de plus, le linteau, qui a 0",76 de baaleur, est de beaucoup plus large que les montants. An-dessus du chambranle court une corniche composée de quelques moulures.

Nous ne pouvons omettre ici la perte dorique du petit temple tétrastyle d'Agrigente, connu sous le nom de chapelle de Pbalaris.

La flg. 2311 donne l'élévation de cette porte, qui présente à peu près le même caractère que les précédentes, mais dans

■ P. Cbahal, Fragment* d'arekilttttart.

■aquelle le ronronnement repose direelement sur le chambranle horizonlal.

On peut encore juger du goût grec pour la proportion et la décoration des baies

par la célèbre porte ionique de l'Érecbtbéion, qui s'ouvre dans le portique nord

DICÏIOHIUIRS DE C ON 3TB UCT! OU

s — PORTE,

et que représente la fig. 2312 '. L'ouverture a 2m,44 à la base et 2",35 au sommet ; la hauteur est de 5-,2f, compris le seuil.

Le rétrécissement est plus modéré, l'ornementation, plus riche que dans les exemples que nous venons de citer.

Les jambages et le linteau sont décorés de rosaces dont les boutons, en bronze doré, étaieot scellés dans des cylindres en bois de cèdre. La corniche est ornée de palmettes et soutenue, à ses extrémités, par des consoles placées' en dehors des montants du chambranle. Ce dernier est sans crossettes.

Remarquons, du reste, que les crossettes, qui sont de tradition grecque, et qui se retrouvent dans certains monuments de l'Étruric, par exemple dans les portes figurées sur les pierres tumulaires de la vallée de Norchia , près Viterbe (fig. 2313), manquent généralement aux chambranles d'architecture romaine.

Toutefois, on en rencontre dans les portes, comme celle du temple d'Hercule, à Cori (fig. 2314), qui appartiennent aux époques primitives où les peuples de l'Italie étaient encore indépendants de Rome, mais soumis à l'influence de leur origine grecque. La corniche qui couronne la porte que nous citons est soutenue, à ses extrémités, par deux consoles et décorée elle-même d'oves, de perles et de denticulea (voy. Chambrante, fig. 635).

L'influence grecque sur les édifices romains se reconnaît encore dans une porte

1 Gh. Blanc, Grammaire du detiin.

que l'on peut offrir comme type classique, la porte du temple d'Auguste, à An-

Fig. S3U.

cyre (fig. 2315). II est à remarquer que les proportions de cette baie s'accordent parfaitement avec les règles posées à ce sujet par Vitruve.

Fig. 2Î15.

L'architecte romain divise les portes en portât ioniques et portes attiques. Les premières et les dernières ont mêmes proportions; leur largeur au niveau du sol est égale à cinq fois et demie le 1/12 de leur hauteur, et le rétrécissement, mesuré au

sommet, se règle ainsi : il est le 1/3 du la largeur du chambranle pour les portes de moins de 16 pieds de hauteur; il en est le 1/4 pour les portes de 16 à 25 pieds et il descend au 1/8, pour celles qui sont comprises entre 25 et 30 pieds. La largeur du chambranle est la douzième partie de la hauteur.

Pour les portes ioniques, Vilruve établit la même loi de rétrécissement; mais il Tait l'ouverture plus large; il lui donne 3/5 de la hauteur. Le chambranle a pour largeur la quatorzième partie de cette dernière dimension.

Comme portes d'architecture romaine proprement dite, la porte du temple de Vesta représentée (fig. 2316) est un des exemples les plus anciens.

Fig. S3tS.

La corniche qui en forme le couronnement ne repose pas directement sur le chambranle ; elle en est séparée par une frise.

Il en est de même pour la porte du Panthéon de Rome {fig. 2317), qui est un exemple des plus classiques.

Dans la première de ces deux baies, la partie plane du chambranle se divise en deux bandes; elle comprend trois bandes dans la seconde.

Les portes des temples grecs étaient closeB par des vantaux mobiles ordinairement en bronze. La disposition géné-

tants; quelquefois les panneaux étaient ornés de bucraues et de rosaces.

{Les mêmes dispositions se retrouvent cbez les Romains ; mais souvent les panneaux sont plus nombreux et une fenêtre grillée, hypxthmm, est fréquemment placée au-dessus de la porte principale, comme le représente la lig. 2318, qui donne la porte du temple d'Hercule, à Cori, avec ses vantaux et son hypétbre.

II n'existe guère de renseignements sur les portes des habitations grecques.

Il y a tout lieu de croire qu'elles étaient formées de panneaux de bois disposés en un ou deux vantaux, suivant l'importance de la maison, comme en possédaient les demeures pompéiennes.

Les Romains donnaient aux portes extérieures le nom de jatiua et aux portes intérieures celui à'ostium.

Flg. an.

raie était toujours a peu prés la même : un grand compartiment en bas et un plus petit en haut.

Fig. 2318.

Les ornements consistaient en clous dorés fixés sur les traverses et les mon-

S Fîg. 2319.

Les premières, dans toutes les maisons découvertes à Pompéi, sont étroites, à peu

près de même largeur el de même forme ; la fig. 2319 représente un exemple d'une porte des plus simples.

L'entablement et les chapiteaux ne sont indiqués que par masse ; l'architrave est en moellons, soutenus seulement par une planche. Ce procédé de construction, tout vineux qu'il est, se trouve répété dans presque toutes les maisons de Pompéi.

Les pilastres reposent sur une sorte de piédestal peint en noir. -Les deux battants de la porte, restaurés d'après une porte de marbre de la rue des Tombeaux, faite à l'imitation des panneaux de bois, tournaient sur des gonds avec crapaudines, comme le montre le plan. Chacun d'eux se fermait au moyen d'un verrou qui entrait dans des œillets creusés dans le seuil du travertin '-

Ces portes s'ouvraient, ainsi qu'on le voit sur la figure, de dehors en dedans.

Fift. !3ï0.

Parmi les entrées d'habitations plu:

1 Mazoia, Ruina de Pompéi.

somptueuses, nous citerons celle de la

maison dite de Pansa à Pompéi.

La fig. 2330 représente une vue de la restauration de cette porte par Duban.

On remarque, sur le seuil, l'inscription salve, qui signifie total et qui accompagnait généralement l'entrée des demeures particulières.

Pendant la période qui suivit l'empire, les portei des basiliques sont établies, d'après le système antique, avec un chambranle composé d'un linteau soutenu par deux montants.

Les basiliques latines présentent des portes ainsi disposées; les encadrements sont formés de (rois pièces de marbre de grande dimension, décorées de sculptures. Ln avant de la porte principale on voit fréquemment deux lions en marbre entre lesquels on rendait la justice.

La porte que représente la flg. 2321 appartient à l'église de Grotta-Ferrata; elle est

Yig. 13! |.

du x1 siècle, mais sa forme est latine. Son riche chambranle est orné de moulures et de sculptures imitées de l'antique. Trois tètes de lions saillantes, sculptées

sur le linteau,. rappellent les lions placés à l'entrée des basiliques et dont il est question plus haut. Une frise portant une inscription gravée sépare le linteau d'une large doucîne très-sai liante qui forme couronnement et qui est ornée de sculptures.

Les vantaux sont en bois et se divisent en panneaux ou compartiments carrés peu ■ profonds et sans sculptures. Sur les montants et les traverses de gros clous fixent des ornements en fer découpé '.

Cette porte, était surmontée d'un sujet religieux, suivant l'usage adopté dans les premiers siècles du christianisme.

Les églises de style byzantin sont encore pourvues de portes à linteaux de grande dimension, mais surmontés d'arcs plein cintre formant décharge, ainsi que le montre la lig. 2322, qui représente la

Kig. !3S3.

porte de la façade de la cathédrale d'Athènes. Cette entrée , précédée de deux marches, a ses jambages unis et son linteau sculpté de lions, de croix et de rosaces. Le cintre est entouré de moulures

i G»illabiud , Monumentt anciens et mo-

et son tympan, rempli par un ornement

byzantin.

Les portes des édifices religieux, au moyen âge, se divisent en portes principales, placées généralement dans l'axe de la nef centrale et richement décorées do sculptures et impostes secondaires beaucoup moins ornées.

Pendant l'ère romane primitive , ces baies, formées de jambages et de linteaux, sont accompagnées d'une arcade en saillie reposant sur de simples piédroits ou pilastres, plus rarement sur des colonnes.

Les tympans sont remplis de petits matériaux disposés en appareil ordinaire ou réticulé , soit par une pierre unie et sculptée d'un bas-relief représentant la croix ou un sujft religieux quelconque.

Fig. 2333.

La lig. 2323 représente l'entrée de l'église du Sauveur d'Aix, à l'échelle de 0B,02 pour métré, un des spécimens les plus curieux qui, selon M. Revoil \ appar-

■ Architecture romane.

tienne a l'architecture carlovingienne.

L'ordonnance de cette porte consiste dans une archivolte reposant sur deux colonnes isolées et décorée de moulures et de sculptures presque antiques.

Jusqu'au commencement du xi* siècle, les portes conservèrent leur caractère de simplicité. C'est vers la fin de ce siècle et pendant le suivant que les archivoltes deviennent nombreuses , chargées d'ornements, et qu'à chaque voussure correspond une colonne de support , ainsi que le montre le portail de l'église de Baux (Bouches-du-RhÛne), dans lequel les colonnes aujourd'hui disparues sont restituées; la fig. 2'iW, que nous donnons ici, est faite à l'échelle de 0m,0l5 pour mètre.

Fig. m*.

L'ornementation des archivoltes affecte un grand nombre de combinaisons ; les formes géométriques y abondent.

Les tympans, comme pendant l'ère romane primitive, sont tantôt unis, tantôt formés de pièces disposées symétriquement en échiquier ou bien ornés de basreliefs.

1 Revoit, ArchilKturu roman*.

Dès la fin du xi' et pendant le in* siècle, quelques porte* sont divisées en deux baies. L'église Sa in te -Marthe, à Tarascon (Boucbes-du-Rhône), en offre an exemple, que nous donnons (fig. 2325) \ à l'échelle de 0°,0i pour mètre. Ce portail parait dater de 1 187, époque de l'invention des reliques de cette église.

Fig. 23S5.

Les portes secondaires, c'est-à-dire latérales ou intérieures, des édifices religieux de ce temps présentent des caractères analogues, mais avec beaucoup plus de simplicité. Elles sont composées d'une baie rectangulaire, avec une ou deux voussures reposant sur "des colon nettes ou seulement de deux jambages surmontés d'un linteau avec arc en décharge.

Au xiii* siècle, l'ogive remplace le plein cintre au-dessus des baies. Dans les églises peu ornées, les voussures des porte* sont garnies simplement de tores et les parois latérales, de colonnes sans statues.

La baie est souvent divisée eu deux

1 Revoit, Architecture roman*.

partie? par un pilier ou trumeau central sur lequel reposent soit un linteau formé dft deux pierres, avec tympan au-dessus, soit des arcades découpées dans le tympan mime, qui, en outre, est parfois ajouré d'ouvertures à plusieurs lobes , trèfles , qaatrefeuilles ou rosaces.

Dans les grandes églises, les parois latérales des portes sont garnies de statues entées de colonnes. Les voussures sont ornées de petites figures et des bas-reliefs plus ou moins compliqués décorent le tympan

Sur le pilier qui occupe souvent aussi la partie milieu est fréquemment sculptée soit une slatue de la Vierge, comme on le voit à la porte qui donne accès au collatéral nord de l'église Notre-Dame de Paris, soit une slatue de saint ou d'évèque, ainsi que le montre (fig. 2326) la porte du croi-

Fig. ÎSIG.

sillon septentrional au transsept de la cathédrale de Reims.

Dans les cathédrales,' les portes se présentent ordinairement au nombre de trois sur la façade principale ; il y a, de plus, deux portes latérales ouvertes, l'une au uord et l'autre au midi.

Les portes du xiv siècle diffèrent peu

■ lllî - PORTE,

de celles du xin* ; les montures sont seulement plus nombreuses, mais plus maigres, les figures plus petites, les ornements plus confus.

Les formes géométriques dominent la statuaire et lui enlèvent son râle principal. Les frontons triangulaires qui les surmontent sont souvent découpés à jour. L'un des beaux exemples que l'on puisse citer comme grandes portes d'églises élevées au commencement du xiv siècle est l'une des deux portes de la cathédrale de Rouen.

Cette entrée est partagée eu deux baies par un trumeau qui portait autrefois une slatue du Christ. Ce pilier sert d'appui aux extrémités des deux linteaux que surmonte le tympan, orné de sculptureB qui représentent la Passion. Des statues d'apôtres occupent les niches des ébrasemenls. Le gable qui surmonte cette porte est plein dans sa partie basse jusqu'au niveau inférieur de la galerie placée derrière et ajourée au-dessus.

Les portes du xv* siècle rappellent, par leur aspect général, celles du siècle précédent; elles n'en diffèrent que par le détail et le style ; les gables sont plus importants encore; les moulures et les voussures se multiplient; la sculpture est étouffée par les lignes. Les tympans sont à claire-voie, les linteaux Tout place à des arcs surbaissés. Parfois de chaque celé de la baie sout plmés des pilastres divisés en plusieurs panneaux et surmontés d'aiguilles.

Les portes du commencement du xvi° siècle conservent encore leurs données principales : ébrasemenls, voussures, trumeaux, tympan ; mais les détails de sculpture et les prolils sont modiliés.

Parmi les portes secondaires dépendant d'édifices religieux du un* au xvi" siècle se classent celles qui s'ouvrent soit sur les collatéraux , soit sur des dépendances , telles que cloîtres, sacristies, salles capitulaires, etc. Ces portes sont de petites dimensions, dépourvues de trumeau central, simples ou richement décorées et fermées par un ou deux vantaux. Nous donnerons seulement ici deux exemples de ces porto:

PORTE. — Il

l'une (flg. 2327) appartient à la cathédrale de Chartres et date du commencement du

xiii0 siècle ; elle est d'une extrême simplicité, mais très-belle de structure ; l'autre

Fig. ÏJ28.

(fig. 2328), surmontée d'un arc aplati ou ogive surbaissée et décorée d'un encadrement en feuillages sculptés, s'ouvre dans le mur de l'ancienne sacristie à la cathé-

drale de Clermont '. Cette porte est de la Un du Xlll* siècle.

Au XV* siècle, les arcades qui surmontent ces haies ont souvent leur extrados bordé de feuillages et de crochets. Dans on grand nombre de ces ouvertures datant de la fin du XV* et du commencement du xvi* siècle, les lignes de l'arcade, au lieu de produire une points mousse, par leur intersection diagonale, comme dans les ogives des xili* et x;v* siècles, se relève au point de jonction, de manière à former une accolade. Les porta en arcs surbaissés appelés arcs Tudor (voj. Arc) se rencontrent fréquemment aussi à la même époque.

Les habitations du moyen âge sont pourvues de portes très-simples an II* siècle, souvent Irès-ornées à partir du xu*. Les jambages, unis ou accompagnés de colon nettes, sont surmontés de tympans couronnés d'archivoltes qui forment arcs de décharge. Tantôt ces tympans sont

Fig. 2329.

soutenus par des linteaux (fig. '2329}, tantôt par des arcs appareillés (ilg. 2330). Celle dernière porte, représentée à l'échelle de 0",O12 pour mètre, est la porte du Palais public, à Sienne (Italie).

1 Viollet Le- Duc, Dictionnaire ttarehilecntri.

Les châteaux, les palais ou les hôtels étaient généralement Ira seules demeures

Fig. ÏS30.

avec portes charretières. Dans ce cas une poterne on entrée pour les piétons accompagne cette baie principale.

Jusqu'au XV* siècle, les portes intérieures des habitations étaient Étroites et basses ; on les cachait ordinairement sous des portières. Les linteaux sont rectilignes. en portions d'arcs de cercle ou en cintres surbaissés.

Des corbeaux, pendant les Ml" et XIV* siècles, soulagent les linteaux de ces portes.

Dans les demeures luxueuses, les linteaux étaient surmontés de dessus de porte en menuiserie qui contribuaient à la décoration des appartements.

Les parties mobiles ou vantaux qui

formaient la clôture des baies du moyen âge dont il vient d'être question ne sont d'abord que des ouvrages de menuiserie très-simples, composés de planches joiulives, reliées entre elles par d'autres planches posées en travers et fixées par des clous sur les premières. Plus tard un système de porto fréquemment employé pendant les xill" et xîv siècles est celui qui avait été appliqué aux anciens vantaux de la porte de la Sainte -Chapelle baute de Paris et que représente la fig. '2331 ', à l'échelle de 0-.03 pour mètre, Chaque van-

Fig. 5331-

tail est formé d'un châssis composé de deux montants, de trois traverses et de pièces en décharge, ainsi qu'on le voit but le coté intérieur. Sur ce bâti sont clouées des frises assemblées à grain d'orge et reliées en outre, par trois traverses, comme le montre le côté extérieur. Sur celte face est fixé avec pointes, en manière de placage, un gable avec son tiers-point, ses redents,

1 Viollet-Le-Duc, Dictionnairt d'architecture.

ses crochets et ses coloonettes. Cet emploi de pièces posées en déchaîne a été appliqué de nos jours à des portes d'édifices construits dans le même style, par exemple à la porte de la sacristie de l'église Notre- Dame de Paris, dont la fig. 2332 représente

' Fig. *u«.

le coté intérieur. Un autre système, appliqué particulièrement aux portes d'église est celui dans lequel les vantaux sont couverts de ferrures formant des enroulements et des dessins quelquefois très-compliqués, Des clous à tètes saillantes maintiennent eus pou turcs. Un des plus remarquables exemples à citer est offert par les portes de Notre-Dame de Paris. Dans les portes du xv* siècle et du commencement du xvi\ on rencontre fréquemment un genre de décoration fort en vogue à celte époque et qui consiste dans des nervures figurant des parchemins plies, sculptées sur les panneaux pleins (fig. 2333).

L'époque de la Renaissance remit en honneur, pour Tes portes, comme pour les autres éléments des édifices, les formes do l'architecture grecque et romaine, mais, avec certaines adjonctions, telles par exem. pie que les frontons, les conlre-chambranles.les corniches supérieures des portes surmontées de consoles renversées ou de

motifs de sculpture pins ou moins riches OU variés.

Fig. î^3ï.

La lig. 2334 ' montre, à l'échelle de 0-,015 pour mètre, une porte assez simple appartenant à la Renaissance italienne et formant l'entrée du petit palais Massimi, à Rome. Le dessin de cette porte est de Balihasar Peruzzi, l'un des architectes les plus érainents du commencement du xvi* siècle.

La corniche est soutenue, à ses extrémités, par deux consoles que des contre-chambranles ou sortes de pilastres semblent supporter.

La Renaissance française, tout eo revenant aux traditions antiques, conserve nne plus grande originalité. Un certain nombre de portes d'édifices civils, disposées, du reste, comme celles de plusieurs portes d'églises, sont surmontées d'un cintre dont l'extrados est couronné de moulures qui

1 Reyna

l, Traité d'architecture.

a'élèveni encore eu accolade, en réminiscence dn XV* siècle. Les pilastres sont

Fig. 233i.

également moulurés et les parties lésées sont ornées de rinceaux. La lig. 2335, qui représente cette disposition, est tirée de V Abécédaire d'urchéotogie de ÏA. deCaumont.

Les portes avec couronnements en forme de consoles renversées sont fréquentes au XVii* siècle. La fig. '2336 en donne, à l'échelle de 0™,03 pour mètre, un exemple tiré d'une maison de Nantes, dont cette baie forme l'entrée. La partie inférieure est très-simple; la décoration ne commence qu'à la naissance du plein cintre, oii des impostes en saillie supportent les pilastres que couronnent une architrave à deux faces, une frise à triglyplies et une corniche finement moulurée. Ce deroier membre est lui-même surmonté de consoles renversées entre lesquelles est placé un piédouebe soutenant une boule ; souvent ces deux consoles sont séparées par □n buste.

Les vantaux des port» sont quelquefois d'une grande richesse pendant la Benais-

sauce ,-uous donnons (fig. 2337) une porta provenant de Rouen qui est encadrée de menuiserie et couverte d'ornemeots sculptés. La porte est divisée en quatre panneaux

Fig. 233S.

à tables saillantes dont deux sont arrondis par le haut. *

Au xvu* siècle et particulièrement sous le règne de Louis XIII les vantaux sont divisés en deux ou trois parties dans leur hauteur et eu plusieurs panneaux sur la largeur. La fig. 2338 représente, à l'échelle de 0m,0S pour mètre, une porte de cette

■ Il

époque, dont le vantail est composé de panneaux à tables saillantes maintenus par un bâti très-simple et des montants intermédiaires moulurés.

Fig. 7338.

Au siècle suivant on voulut revenir à des formes plus délicates, plus élégantes que celles qui avaient marqué la fin du siècle précédent, et l'on tomba dans la maigreur. La seconde moitié du xvjh" siècle Tut signalée par un retour aux traditions de l'antiquité, puis on arriva à l'excess variété qui domine de nos jours et qu pour résultat l'absence de caractère spécial dans l'architecture de noire époque.

Nous ne saurions terminer cette élude des portes dans les édifices religieux et civils, anciens et modernes, sans indiquer par quelques exemples comment ces mo-

tifs sont traités dans l'architecture arabe. Simples ou richement décorées, les porte» des mosquées sont établies sur nu type que l'on retrouve dans la plupart des édifices

Fig. S337.

de ce genre : la porte est fermée, a sa parlie supérieure, par un cintre surbaissé ou une plate-bande qui soulage un arc eu décharge. Au-dessus est toujours une baie générale aie ni grillée et le tout est surmonté d'une arcade ou voussure à forte saillie qui forme, avec les murs qui lui servent de piédroits, une espèce de porche. De chaque côté de l'entrée et adossées à ces murs sont ménagées des assises de pierres qui servent de bancs.

Deux colonneltes occupent presque toujours les angles intérieurs des jambages de l'arcade. La lig. 2339 représente une entrée de mosquée des plus simules, a Coostauline, et dans laquelle on retrouve les dispositions que nous venoos d'indiquer. L'archivolte est en fer achevai.

Dans les temples musulmans d'une plus

grande richesse des arabesques décorent le chambranle de la porte et les parties pleines qui surmontent l'arcade. Celle-ci est souvent formée, suivant le goût mau-

resque, de pendentifs étages les uns audessus des autres; quelquefois elle est ogivale. Nous donnons (fig. 2340) * une porte dans laquelle on retrouve cette dernière forme et qui appartient a uo couvent de derviches au Caire. Les entrées des maisons particulières sont, en général, disposées, dans les villes, comme celle que représente^ l'échelle de 0m,0l pour mètre, la fig. 2341.

La porte est placée au centre de la façade et fermée, dans le haut, par un arc surbaissé. Au-dessus on voit les fenêtres de l'entresol, réservé aux hommes. C'est au premier étage que se tiennent les femmes

■ A. CosIp, ArchiitCUite arabe.

et que se trouve placé, sur le môme axe que la porte, un balcon de chaque côté duquel sont disposées deux fenêtres grillées, ornées de vitraux de couleur.

Kig. !3S9.

Le vantail de la porte est formé de planches jointives renforcées de plates-bandes en fer. Souvent une ouverture rectangulaire, percée dans une imposte ou partie dormante qui surmonte le vantail, est pourvue d'un fort grillage et sert à donner au vestibule ou porche de l'air et de la lumière.

Les portes des habitations de Fellahs dans les provinces sont d'une simplicité beaucoup plus grande |fig. 2342), leur construction est du reste faite ordinairement en briques cuites formant appareils

et compartiments autour de la baie '.

Outre les porte* qui forment nue entrée

directe ou qui serrent de communication

directe dans les édifices religieux et civils,

d'hui de prison. Deui colonnes engagées, auxquelles on a donné la forme de canons, ornent les cotée de la baie.

Comme portes modernes nous donnons

Fig. S3*0.

il faut citer aussi les grandes portes à arcades qui forment l'entrée des cours d'honneur dans les grands hôtels ou dans des enceintes d'une certaine importance.

Nous en donnerons ici quelques exemples. La fig. 2343 représente, à l'échelle de 0B,0I pour mètre, une porte rustique du xvi* siècle, qui forme façade sur la rue, à Fontainebleau ; de chaque coté de l'arcade en plein cintre sont disposées des colonnes engagées, ainsi qu'on le voit sur le plan. La corniche est surmontée d'un fronton interrompu au centre duquel eBt placé un médaillon circulaire.

Le deuxième exemple (fig. 2344} est la porte de l'ancien château deCompiègne.qui date aussi du xvi* siècle et qui sert aqjour-

1 A. Coste, Architecture arabe.

(fig. 2345], à l'échelle deO-,005 pour mélns, la porte de la maison d'arrêt de la rue de la Santé construite par M. Vaudremer. Celte

ouverture est terminée par un arc plein cintre. Les vantaux de la porte sont en

fer; l'imposte est fermée par on grillage.

Pig. 3343.

Au-dessus de 1 archivolte est une chambre

formant corps de garde et éclairée par trois fenêtres munies de cUautnu.

Portes de villes ou de forteresses. LeB port» pratiquées dans les enceintes des grandes villes ont généralement un aspect monumental par les constructions dont on les a surmontées ou accompagnées en vue de la décoration ou de la défense.

Fig. 2345.

L'Egypte nous offre encore des ruines grandioses de portes de villes. Au commencement de cet article, nous citons, parmi les constructions pélasgiques, la porte de Mycèoes. La porte de l'Acropole d'Athènes était remarquable par le vestibule qui la précédait (voy. Propylées).

PiR. 2348.

Parmi les restes des constructions étrusques, nous signalerons la porte de l'antique Faléries, située prés du Tibre. Cette baie, représentée (fig. 2346) ', à L'échelle de

i Pierre Chutai, Fragment* d'architecture.

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