‹ Dictionnaire des termes employés dans la construction (volume 5)Chapitre 328 sur 553 · SD · texte numérisé non relu

SD

F =T=- en appelant S la surface du

voussoir, D la distance horizontale mp' du point m au centre de gravité c de ce Voussoir, et H la hauteur op du point o au-dessus du point m.

Cette formule suppose connue la position du joint de rupture mn. Aussi, pour avoir la véritable valeur de F, doit-on faire différentes hypothèses sur cette position, calculer les valeurs correspondantes de F et choisir ensuite Je chiffre ,le plus élevé ; on examine alors si la construction peut résister à cette force , on calcule, eu faisant encore diverses hypothèses sur le mode de rupture, quel est le plus petit effort nécessaire pour que la voûte vienne à rompre, et il faut, pour qu'il y ait équilibre, que ce minimum soit plus grand que le maximum trouvé pour F.

Un cas qui se présente fréquemment est celui daus lequel il y a glissement aux naissances sur le joint m, qui est presque constamment horizontal. La condition d'équilibre est alors

en appelant S' la surface m'n'og et f le rapport du frottement à la pression, pour les matériaux qui composent la voûte '. Outre ces deux modes de rupture, qui se rencontrent habituellement dans la pratique, il eu existe d'autres auxquels on applique des calculs analogues. On peut alors avoir besoin, soit de diminuer la valeur maximum de F ou de diminuer celle de F', soit de faire l'un et l'autre. On réduit la valeur de la poussée en diminuant l'épaisseur à la clef ou en construisant la partie supérieure de la voûte eu matériaux plus légers. On augmente , d'autre part, la résistance de la voûte

1 Heynaud, Traité d'architecture.

en donnant plus d'épaisseur ou de poids aux parties inférieures de la construction ; c'est ainsi que les clochetons qui s'élèvent souvent au-dessus des contre-forts des églises du moyen âge contribuent non seulement à la décoration, mais à la stabilité de ces édifices.

L'expérience a fourni des données qui permettent de trouver immédiatement la position approximative des joints de rupture.

Ainsi dans les voûtes en plein cintre, ce joint auquel correspond la poussée est situé entre 30° et 40° à partir des naissances ; dans les voûtes eo anse de panier, il est à 50° environ de la naissance du petit arc; dans les voûtes en arc de cercle la rupture tend presque toujours a se produire a la naissance.

Le joint de rupture de la résistance est habituellement placé à la naissance de la voûte ou a celle du piédroit.

Les quelques lignes qui précèdent renferment un aperçu de la méthode à puivre en théorie; mais, dans la pratique, la plupart des constructeurs emploient des procédés graphiques pour déterminer les centres de gravité et les superficies des ligures à formes irrégulières.

Soit par exemple (fig. 238J) ', le profil

de la moitié d'une voûte en plein cintre, sur l'extrados de laquelle repose une ma-

i H'-ynuud, Traité d'archiieclurt.

çpnnerie de remplissage. On trace ce profil à grande échelle pour éviter les erreurs, et on le divise par des traits dirigés suivant te sens des joints des voussoirs en un nombre de parties suffisant pour que les portions de l'intrados et de l'extrados comprises entre ces lignes puissent être regardées comme des lignes droites.

Les différents voussoirs sont alors des quadrilatères fermés dont on évalue la surface. On détermine aussi géométriquement leurs centres de gravité et ceux des trapèzes formés en tirant des verticales par les points où les joints tracés rencontrent l'extrados.

Si donc on cherche la valeur de la poussée en supposant que la rupture ait lieu par rotation autour de l'arête passant par le point 4 et qu'onappelle d, «f , d", les distances horizontales des centres de gravité des voussoirs 1-2, 2-3, 3-1, au joint pour lequel on veut avoir l'expression de la poussée, et d„ d/, dt ,", les mêmes dislances pour les centres de gravité des parlies correspondantes du remplissage ; S, S', S", les surfaces des voussoirs, S«, S,', S/, celles des trapèzes du remplissage, on déduira la valeur de la poussée de la for- SD

mule F = — , dans laquelle SD = dS -f-

tTS'-r- d"S" + d.S, + d/S,' + <*,%".

La valeur de H, qui n'est autre chose que la ligne OP, se mesure directement sur la figure.

En opérant de la même façon on trouverait la poussée pour les joints 3, 5, 6, 7...

On cherchera, par la même méthode, la valeur de la résistance, au moyen de la S' D'

formule F'

. Si cette dernière

quantité était inférieure a celle calculée plus haut, la voûte ne serait pas en équilibre ; son piédroit serait renversé au dehors et la partie supérieure tomberait en dedans en tournant autour du point 5.

C'est alors qu'il faut charger ce piédroit par un massif de maçonnerie placé à la partie supérieure, ou augmenter son épaisseur.

povssée.

On trouve par le calcul que l'épaisseur du piédroit qui assure l'équilibre strict est égale à la racine carrée du double de la poussée, si Ton prend pour unité de poids le poids de l'unité de volume de maçonnerie : x = V2 F-

On peut également, pour réduire la valeur de la poussée, diminuer l'épaisseur des parties de la voûte comprises entre le joint de rupture et la clef ou les exécuter en matériaux plus légers.

On peut encore consolider la construction par des demi-voûtes servant de contreforts et venant s'appuyer à hauteur de la naissance delà voûte principale; on trouve, dans l'architecture romane, de nombreux exemples de cette disposition ( voy. Bas côtés). Il est seulement essentiel toutefois de s'assurer que les voussoirs de la partie supérieure ne seront pas, dans ce cas, soulevés par la réaction de la voûte contrebutante.

Des procédés analogues ont été employés par les constructeurs de la période dite gothique pour maintenir l'équilibre des voûtes d'arête si fréquemment appliquées à la couverture des édifices de cette époque. Il est convenable de prévoir, dans les calculs préliminaires à la construction , un excès de stabilité, en raison des surcharges accidentelles et des mouvements qui se produisent toujours lors du décintrement.

Il faut aussi tenir compte de l'écrasement possible des matériaux, particulièrement dans les voûtes dont l'ouverture est trèa-surbaissée. Une quantité qu'il est important de prévoir aussi, est l'épaisseur de la clef. Dans les voûtes en plein cintre cette épaisseur, que nous appellerons E, peut se déduire, selon M. Reynaud, des formules empiriques suivantes, tout en réservant la vérification ultérieure, quand on a calculé la valeur de la poussée :

1° Pour les voûtes légères qui ne supportent que leur propre poids :

E = 0-10 + 0» 01. 0 ; 2° Pour les voûtes supportant des planchers :

3° Pour les voûtes exposées à de fortes surcharges :

4° Pour les voûtes qui doivent supporter des pressions considérables :

La lettre 0 représente l'ouverture de la voûte.

M. Méry, ingénieur des ponts et chaussées, a proposé une méthode graphique très-fréquemment appliquée. Supposons connue la poussée horizontale qui s'exerce sur le joint ab dans la demi- voûte représentée en profil par la fig. 2384 ; fe pression supportée par un joint quelconque xy sera la résultante de cette poussée, d'une part, et du poids des voussoirs supérieurs augmenté de la charge qui est placée audessus d'eux d'autre part. Appelons P ce poids, qui s'appliquera en g, centre de gravité de la partie de la voûte considérée.

Fig. 2384.

Soit m le point d'application sur ab de la poussée horizontale de la voûte, dont la direction rencontre en m' celle de la force P. Représentons par m'q la longueur de cette poussée ; reportons en mp' la longueur gp ; la résultante de ces deux forces sera la ligne mV, qui rencontre en u le joint xy.

La même opération, répétée pour tous les joints, donne une série de points que l'on

réunit par une courbe constituant ce que l'on appelle courbe des pressions.

Or, il ne peut y avoir de rupture par un mouvement de rotation si cette courbe est toujours comprise entre l'intrados et l'extrados de la voûte ; il n'y a pas glissement si nulle part elle n'est inclinée à moins de 60° sur le joint; enfin, l'écrasement des matériaux n'est pas à redouter si la courbe se maintient partout à une distance suffisante des arêtes.

M. Méry construit cette résultante des pressions en faisant deux hypothèses. Il suppose d'abord, d'après la nature des matériaux et les charges supportées par la voûte, que la courbe des pressions doit passer sur le joint ab en un point m, par exemple, situé à une certaine distance de l'intrados ou de l'extrados: puis il admet que la courbe passera par un second point et alors il en construit le tracé, en suivant une marche diamétralement opposée à celle que nous venons d'indiquer.

Il mène une horizontale par le point m ; la verticale gm' porte la longueur n\pf, représentant le poids du voussoir abxy et de la charge qu'il supporte ; il tire la ligne atri et l'horizontale pV, et d'un côté la' ligne m'ri représente en grandeur et en direction la résultante des pressions qui agissent sur le jointa?y ; de l'autre, la droite pn' mesure \z poussée horizontale de la voûte.

La même construction, appliquée à d'autres points, donne plusieurs points de la courbe.

Si les points d'essai ont été mal choisis, on le constate immédiatement par le tracé qui en résulte et l'on recommence la construction en tenant compte des premiers résultats.

Nous avons supposé ici le point m placé à peu de distance de l'extrados, ce qui donne une courbe répondant à un minimum de poussée. On en trace une seconde partant d'un point d près de l'intrados et qui répond à un maximum ; l'on s'assure qu'elle remplit les mêmes conditions que l'autre. La stabilité est alors complète.

Pour la plupart des voûtes de nos édifices, qui n'ont à supporter que leur propre poids

ua — POUSSÉE.

ou des charges accidentelles assez faibles, par rapport au poids de la construction, on donne donc seulement à la voûte l'épaisseur rigoureusement nécessaire pour que la courbe des pressions soit toujours comprise entre l'intrados et l'extrados.

On n'a plus alors qu'une seule courbe à tracer et, dans la pratique, on opère ainsi :

On trace l'extrados de manière à ce que l'épaisseur de la voûte, déterminée empiriquement à la clef, augmente du sommet aux naissances. On divise en trois parties égales cette épaisseur à la clef et le point le plus rapproché de l'extrados est considéré comme appartenant à la courbe des pressions.

Pour déterminer un second point, on estime quel est l'endroit où la rupture doit se produire; l'expérience démontre qu'elle a lieu, pour les voûtes en plein cintre, à 35° environ au-dessus de l'horizon ; à la hauteur de la naissance, si la voûte est en arc de cercle surbaissé ; enfin, dans une position intermédiaire, si la voûte est tracée en anse de panier.

Le point étant déterminé, on y fait passer une normale à l'intrados et l'on divise également en trois parties la portion de cette normale comprise entre les surfaces inférieure et supérieure de la voûte ; le point de division le plus rapproché de l'intrados est considéré comme faisant partie de la courbe.

On trace alors celle-ci et on en conclut la poussée de la voûte, avec vérification du tracé s'il y a lieu.

Moyennant certaines modifications dont l'examen nous entraînerait trop loin, les méthodes qui viennent d'être exposées s'appliquent non-seulement aux voûtes en berceau, mais encore à toutes les autres voûtes. Nous dirons seulement que pour les voûtes en arc de cloître, on considère chacune des moitiés des deux cintres qui la forment comme des portions de voûtes en berceau comprises, non plus entre deux plans normaux à leur direction, mais entre deux plans inclinés par rapport à son axe et venant se rencontrer à son sommet. On fait alors entrer dans le calcul,

non plus les surfaces seulement, mais les volumes des voussoirs.

Cette méthode s'emploie si l'on craint la rupture suivant les arêtes d'intersection. Si, au contraire, on la redoute dans un sens perpendiculaire à la direction des demi-voûtes, on divise celles-ci en un certain nombre de parties par des plans dirigés dans le sens qui vient d'être indiqué et on détermine successivement l'épaisseur du piédroit convenable à chacune d'elles.

Ces considérations sur les voûtes en arc de cloître ont pour objet d'indiquer la marche a suivre pour les voûtes sphériques. On divise celles-ci en un certain nombre de fuseaux indépendants les uns des autres, opposés deux à deux par le sommet et se contre-butant.

On peut, du reste, si les divisions sont assez multipliées, considérer comme une ligne droite l'arc de cercle qui sert de base à chacune d'elles et regarder l'intrados de chaque fuseau, comme une portion de surface cylindrique ; ainsi on rentre dans le cas des voûtes en arc de cloître à base polygonale.

Pousse-fiche, t. m. - Morceau de fer cylindrique sur lequel on frappe avec le marteau pour faire sortir les broches de dedans les liches.

Pousser, ». a. - 1« Terme qui s'applique à un mur bouclé, c'est-à-dire faisant le ventre. On dit qu'il pousse au vide.

2° Pousser à la main signifie couper les ouvrages de plâtre faits à la main et qui ne sont pas traînés. Le même terme s'emploie dans le sens de tailler des moulures dans la pierre.

3° En menuiserie, former sur le bois des moulures, rainures et feuillures avec des outils à lût.

4" Pousser les marches, en charpente, veut dire foire, avec un rabot particulier, des moulures sur le devant des marches.

Poussier ou Poussière. — Recoupes de pierres ou gravois que l'on a passées à la claie et qu'on mêle avec le plâtre pour former l'aire d'un carrelage (fig. 2385), afin que le plâtre ne bouffe pas.

On emploie souvent dans les rez-de-

chaussée du poussier de charbon ou du mâchefer que l'on place entre les lam-

* Fi|{. 1385.

bourdes d'un parquet pour préserver les frises de l'humidité.

Poutre, s. f, — Pièce de bois de Tort équarrissage qui sert à soulager la portée des solives dans un plancher.

Au moyen âge, on employait fréquemment ce système pour la construction des planchers et les poutres reposaient ellesmêmes, par leurs extrémités, sur des corbeaux qui en diminuaient la portée.

Aujourd'hui, ce genre de planchers est encore en usage dans les provinces (voy. Plancher).

Lorsqu'on a à supporter un plancher très-lourd ou quand la poutre doit avoir une grande longueur, on les compose de plusieurs pièces reliées entre elles de manière à former des solives de grande résistance et qu'on appelle poutres armées.

On peut superposer ou accoler deux pièces par leurs longues faces et les boulonner ou les réunir par des brides ou colliers eu 1er, à vis et écran (voy. Plancher}.

Si l'on manque de pièces de bois de dimension suffisante, on forme la partie inférieure de la poutre au moyen de plu-

sieurs pièces (fig. 2386} et on les relie soit par des brides, soit par des boulons.

Un système fréquemment employé est

celui que représente la fig. 2387 et que l'on appelle assemblage à crémaillère. Les pièces sont superposées et maintenues par

Les détails représentés fig. 2390 et (i«. 2391 sont des coupes' faites, la première suivant la ligne AB et la seconde

Fig. ÏJ87.

des crans et des clefs en bois, de telle sorte qu'elles ne puissent glisser; on les relie soit par des étriers en fer, soit par des boulons.

Une excellente combinaison est celle dans laquelle deux arbalétriers sont placés entre deux poutres méplates et posées de

Fig. S388.

champ. La fig. 2388 représente ce système en plan, avec les solives du plancher reposant sur les moises horizontales. Les deux

suivant CD. On voit que ces pièces, ainsi que les sabots, s'assemblent latéralement à rainure et languette.

Fig. 5391,

On fait encore, pour supporter des chargea considérables, des poutres armées, composées, soit d'arbalétriers assemblés dans un entrait et dans un poinçon, soit de pièces horizon taies reliées entre elles par d'autres pièces verticales et obliques, ainsi que le montrent les deux moitiés de la fis 239:!. Les poutres ont alors une grande hauteur et sont habituellement doublées.

Fig. Î39Î.

Cette disposition est fréquemment appliquée à la construction des ponts et passerelles en charpente.

Il I IJIf4-Wr^-|-t7TTT-t^^4;lrUJ I I I

pièces inclinées s'appuient, par leur sommet et par leur pied, sur des sabots boulonnés avec les pièces, et marqués en pointillé Bur le profil donné par la fig. 2389.

Chaque pièce longitudinale est, dans ce cas, remplacée par deux moises entre lesquelles viennent se placer des pièces inclinées à 45°, en sens inverse, et tantôt se

juxtaposent simplement, tantôt s'assemblent à mi-bois.

Des boulons maintiennent ces pièces aux points de jonction. Leur ensemble forme ce qu'on appelle une poutre en treillis.

Dans les fermes en bois à grande portée on forme souvent et surtout on formait, avant l'emploi du fer, les arbalétriers au moyen de pièces dont la combinaison constitue de véritables poutres armées. Les fermes peuvent souvent être considérées comme telles (voy. Ferme).

I. Poutrbs en fer Bt en bois. Parmi les systèmes qui ont été le plus fréquemment employés nous citerons les suivants :

1° L'armature se compose (fig. 2393) de deux tringles de tirage fixées aux extrémités supérieures de la pièce de bois et qui s'assemblent à charnière avec un tirant horizontal placé au-dessous de la

JêLÏ

Fig. 2393.

pièce. Des ancres, qui traversent les charnières, soutiennent la poutre. Les tringles sont tendues au moyen d'écrous dont la pression est répartie sur une certaine portion de l'extrémité de la pièce à laide de plaques de fonte. Tantôt la poutre est refendue, comme le montre la fig. 2394, et l'armature se pose entre les deux mor-

Fif . 2394.

ceaux, qui sont reliés entre eux par des boulons ; tantôt on applique deux armatures semblables sur les deux faces latérales de la poutre.

Fig. 2395.

Il est préférable, si l'espace le permet,

de faire descendre l'armature à quelque distance au-dessous de la poutre et de la soutenir au moyen de bielles placées de distance en distance (fig. 2395).

2° Un autre système consiste dans-Pinterposition entre deux poutres jumelles soit d'une feuille de tôle de forte épaisseur, soit d'un arc en fer forgé entaillé dans Tune d'elles et maintenu par un tirant également en fer. Dans les deux cas ces pièces sont reliées entre elles par des boulons.

IL Poutres en fer. L'emploi du fer forgé ou laminé pour ces sortes d'ouvrages est encore le meilleur procédé.

Les poutres les plus simples sont celles en fer à double T que l'on trouve dans le commerce avec une hauteur de section allant jusqu'à 0°\30 (voy. Arbalétrier, Ferme, Plancher).

Lorsque ces pièces ne semblent pas devoir être suffisamment résistantes, on emploie des feuilles de tôle A (fig. 2396) rivées haut et bas sur deux cornières qui, ellesmêmes, ainsi qu'on le voit en B, peuvent élre rivées sur d'autres feuilles de tôle placées horizontalement.

Fig. 2396.

Pour obtenir plus de résistance encore, on associe souvent deux ou trois poutres à double T que l'on rend solidaires par des frettes et par des croisillons (voy. Poitrail).

Les charges ou les portées très-considérables exigent des pièces de grandes dimensions qu'on obtient, comme pour les poutres armées en bois, par la combinaison dite en treillis.

Les articles Arbalétrier, Ferme, Pont, en offrent des exemples. Certaines poutres or* mées sont formées de fers à simple T, non attenants l'un à l'autre, mais réunis par des joues ou feuilles en tôle qui sont rivées

POUZZOLANE

sur la tige du T (fîg. 2397). Ces joues sont pleines ou découpées suivant un dessin quelconque.

Fig. 2397.

D'autres poutres sontcomposéesdefeuilles de tôle assujetties entre elles par des cornières el des rivets.

Dans le cas où la pierre est de petites dimensions on place les cornières à l'extérieur, afin de pouvoir les river plus facilement (fig.2398). Si, au contraire, l'intérieur

Fig. 2398.

est assez spacieux pour qu'un ouvrier puisse y pénétrer et maintenir la tête des rivets pendant qu'on les refoule au dehors, on donne à la poutre là section présentée par la fîg. 2399. Il est même convenable,

Fig. 2399.

pour les poutres de grandes dimensions, de les consolider, en un ou plusieurs points de

leur longueur, par des cloisons en tôle évidées et rivées sur les parois.

On exécute même, et particulièrement en Angleterre, des poutres en fonte auxquelles on donne un profil à double T à branches égales ou la forme d'un simple T renversé. Mais cette matière est peu convenable pour la résistance à la flexion et l'emploi du fer forgé ou laminé doit nécessairement prévaloir.

Dans le commerce du bois, on donne le nom de poutre à un échantillon de bois de sciage qui constitue un prisme rectangulaire, dont le plus petit côté de la section transversale a au moins 0m,30.

Législation. Tout copropriétaire d'un mur mitoyen peut, avec le consentement du voisin, enfoncer dans ce mur des poutres et solives jusqu'à 34 millimètres du parement extérieur (voy. Encastrement).

Dans le cas où le mur mitoyen, sans être condamnable, surplombe du côté de celui qui fiait construire, celui-ci a le droit de donner aux poutres et solives qu'il fait placer un scellement qui corresponde à l'aplomb de Taxe du mur à rez-de-chaussée (voy. Mitoyenneté).

Parmi les grosses réparations qui, dans un immeuble mis en usufruit, restent à la charge du propriétaire, on compte les poutres et pièces principales telles que poutrelles, lambourdes portant plancher, solives d'enchevêtrure, chevêtres, que ces pièces soient en fer ou en bois.

Poutrelle, s. f. — Pièce de bois d'échantillon de plus petite dimension que la poutre (voy. ce mot). Les solives des planchers en bois prennent le nom de poutrelles.

Pouzzolane, s. f. — Terre volcanique rougeâtre qui tire son nom de Pouzzoles, près de Naples et dont on se sert, dans une grande partie de l'Italie, pour le mélanger, au lieu de sable, avec la chaux et constituer ainsi un mortier de qualité supérieure. On trouve de la pouzzolane dans bien d'autres localités italiennes et particulièrement aux environs de Rome; il s'en rencontre également dans les montagnes de l'Auvergne et du Vivarais.

Ces produits sont appelés pouzzolanes

POUZZOLANE

POUZZOLANE

volcaniques et se classent parmi les pouzzolanes naturelles, qui comprennent, en outre, les roches silieiféres, les roches amphiboliques ou diorites décomposées, les sables argileux ou arènes, les sables de Bretagne et les craies à silice gélatineuse.

On appelle pouzzolanes artificielles des pouzzolanes qui proviennent de la calci nation de corps composés de silice et d'alumine.

I. Pouzzolanes naturelles. Les pouzzolanes volcaniques sont essentiellement composées de silice, d'alumine et de peroxyde de fer, auxquels viennent s'unir, suivant les circonstances, de la magnésie, de la cbaux , de la potasse ou de la soude.

La couleur de ces pouzzolanes est variable; celle de Rome, réputée une des meilleures, est d'un rouge brun mêlé de particules d'un brillant métallique. Les autres sont blanches, noires, jaunes, grises, brunes ou violettes.

Une matière excellente comme pouzzolane volcanique est le trass ou tuf traohytique poreux, que Ton nomme encore terrasse d'Andernach (voy. Trass).

Les pouzzolanes non-volcaniques ont pour bases la silice et l'alumine, auxquelles s'ajoutent certaines matières étrangères.

Les roches silieiféres doivent leur propriété pouzzolanique à la silice gélatineuse qu'elles renferment; leur composition, d'après M. Sauvage, ingénieur des mines, est la suivante :

Silice soluble dans la potasse liquide

Sable eblorité très-fin

Sable quarlzeux

Argile

Eau

Les roches amphiboliques ou diorites décomposées ont, suivant les localités d'où on les tire (en France, Saint- Servan et Châleaulin), une couleur rouge brique pâle, rousse ou blanc sale. Celle qu'on extrait des environs de Châteaulin est composée, d'après M. Vicat, de la manière suivante :

Silice 60,30

Alumine 23,70

Magnésie 2,50

Peroxyde de fer 10,30

GbaUX Trit».

Pertes et alcalis 3,20

Certains sables provenant de la décomposition spontanée de gneiss granitiques ont des propriétés pouzzolaniques qui augmentent par la cuisson. Tels sont les sables de Bretagne, que Ton trouve aux environs de Brest et sur d'autres points de la Bretagne.

Ces sables se composent, suivant M. Vicat, de :

Silice 60,33

Alumine 21,43

Peroxvde de fer

Chaux. )

Magnésie.) **:

Principes solubles

Les sables argileux ou arènes, que Ton trouve dans les environs de Saint-Astier, entre Périgueux et Mucidon (Dordogne), diiïèrent des sables argileux ordinaires par leur propriété pouzzolanique, qui s'augmente à une torréfaction ménagée.

La composition de ces sables est la suivante, selon M. Vicat :

Quartz ou sable 4,13

Silice 38,54

Alumine 20,00

Peroxyde de fer 12,00

Carbonate de chaux 8,00

Eau 17,00

Certains calcaires renfermant de 30 à 40 pour 100 de silice sont de véritables pouzzolanes, mais ne peuvent être employés, mélangés à la chaux, que hors du contact de l'eau et de l'air. Ce sont des craies à silice gélatineuse.

IL Pouzzolanes artificielles. On obtient ces produits en calcinant des argiles, des schistes ardoisiers, des basaltes, des grès ferrugineux, des terres ocreuses.

POUZZOLANE. — 1

Ou emploie encore à cette fabrication des débris de tuileaux et de briques, des cendres de bois, de tourbe et de houille, des scories de forges, etc.

Les argiles, par la cuisson, éprouvent certains changements physiques et chimiques et acquièrent la propriété de se combiner intimement avec la chaux et for mer ainsi des pâtes qui durcissent progressivement sous l'eau et dans les lieux humides.

M. Vicat indique le procédé suivant pour obtenir une excellente pouzzolane artificielle : réduire en poussière de la terre argileuse bien sèche et la placer, pendantdixà vingt minutes, sur une plaque de tôle rouge.

Une très-bonne pouzzolane artificielle est celle que Ton obtient en mélangeant une partie de chaux grasse cuite et éteinte à Pétat de pâte molle et quatre parties de terre argileuse en pâte de môme consistance que la chaux. Après le mélange, on forme des pains que Ton fait dessécher; on cuit dans des fours et on pulvérise.

On doit remarquer, d'après les expériences de M. Vicat : 1° que plus les argiles sont pures et riches en silice, plus leur valeur pouzzolanique est élevée ; 2° que la cuisson normale doit, en général, s'appliquer aux argiles exemptes de carbonate de chaux et de magnésie ; 3° que la présence de l'oxyde de fer, dans une certaine proportion, diminue la valeur pouzzolanique d'une argile, malgré la présence d'une forte proportion de silice ; 4° que la présence de matières inertes, telles que le sable ou le quartz divisé, abaisse également la propriété pouzzolanique des argiles, lorsque la proportion de silice combinée est peu considérable.

Le schiste ardoisier bleu porté à la chaleur blanche, pendant plusieurs heures, dans des fours à chaux ordinaires, et réduit en poudre, donne une pouzzolane que Ton peul employer avec succès dans les travaux hydrauliques.

Le basalte, chauffé jusqu'à ce qu'il coule au feu blanc, se réduit en pouzzolane ; pour l'employer on le pulvérise et on le passe au crible.

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