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CÉRUSE

dans la commune de Céreste, près de Forçait] uier.

Ce calcaire est gréseux, blanchâtre, à grains fins; sa hauteur d'assise est de 1 mètre.

Parmi les emplois remarquables* qui ont été faits de la pierre de Céreste, on cite le pont de Margallon, près d'Apt ; le pont Canoves sur le Calavon, à Apt ; la flèche du clocher de Reillanne.

Gérilly {Pierre de). — Pierre calcaire très dure, provenant des carrières de Cérilly, commune de l'arrondissement de Châtillon.

Celte pierre, d'un blanc jaunâtre, a un aspect un peu caverneux. Sa hauteur d'assise est de 0m,15 à 0m,70. Le mètre cube pèse de 2,500 à 2,560 kilogr. La charge qu'elle peut supporter par centimètre carré, avant de s'écraser est de 505 à 570 kilogr.

On emploie la pierre de Cérilly en dalles, marches, soubassements, et piedsdroits dans les départements de l'Aube, de l'Yonne, de Seine-et-Marne et de la Marne.

Cerisier, s. m.

Arbre de la fa-

mille des rosacées qui comprend plusieurs variétés, parmi lesquelles les plus usitées dans l'art de la construction sont le guignier et le merisier (voy. ces mots).

Ceroma. — Nom que les anciens donnaient, dans les bains publics ou dans les palestres, à la pièce où les lutteurs se faisaient oindre le corps d'huile ou de cire et d'huile mêlées ensemble, avant de se frotter avec du sable fin.

Céruse, s. f. — Carbonate de plomb que les peintres emploient comme base blanche des couleurs à l'huile et de certains mastics. On donne aussi à la céruse le nom de blanc de plomb, blanc d'argent, blanc de Clichy.

Nous donnerons ici le détail des mélanges qui constituent les céruses em-

ployées de nos jours dans le commerce, à l'exception de la première sorte, le blanc d'argent, qui ne doit pas être altérée.

Pour la deuxième sorte, appelée blanc de Venise , on mélange , par parties égales, le carbonate de plomb et le sulfate de baryte. On a soin, pour faire ce mélange, de choisir du sulfate de baryte bien blanc et de le pulvériser très Un. Le blanc de Hambourg forme la troisième qualité, au moyen d'une partie de carbonate de plomb et deux de sulfate de baryte. La dernière qualité, connue sous le nom de blanc de Hollande, est un mélange de trois parties de sulfate de baryte et d'une de carbonate de plomb.

Il y a de prétendus blancs de plomb qui contiennent encore moins de carbonate ; ils sont falsifiés avec différentes autres craies ou argiles blanches. Pour reconnaître la fabrication, on peut employer le procédé suivant :

On creuse avec un couteau un charbon neuf, on l'allume, on jette dans le creux un peu de céruse, broyée entre deux doigts ; on souffle sur le charbon pour allumer le feu ; la céruse jaunit et, après quelques minutes, il paraît des globules métalliques et brillants ; c'est le plomb revivifié par le charbon. Cet effet n'arrive pas si Ton expose la craie à la même épreuve, parce qu'elle est une terre calculable, produite par les débris de substances animales, testacées ou crétacées et qui ne contient aucune chaux métallique.

On donne le nom de céruse de Mulhouse à un sulfate de plomb qui noircit moins que le carbonate de plomb, mais qui ne couvre pas aussi bien; c'est pour cette raison qu'on ne l'emploie que fort peu.

Les anciens se servaient de plusieurs variétés de céruse : la céruse native, qui venait de Smyrne et dont l'usage fut abandonné ; la céruse artificielle ou blanc de plomb ; la céruse calcinée ou sandaraque artificielle. Celle qui venait d'Asie et qui était connue sous la déno-

CHAINAGE.

CHAINAGE.

mination de céruse pourprée, était la plus estimée et se vendait 10 deniers la livre. On fabriquait, à Rome, une sorte de fausse céruse brûlée, en faisant calciner l'espèce d'ocre appelée cilis marbruire, qu'on éteignait ensuite dans du vinaigre. La terre verte, ou theodotion des Grecs, est regardée, par Pline, comme une céruse native et, par Vitruve, comme une espèce d'ocre verte ; elle venait de Smyrne (1).

Chablots, s. m. pi. — Petits cordages qui servent à fixer ensemble les échasses placées les unes au bout des autres pour former un échafaud.

Chaînage, s. m. — Nom que l'on donne aux divers systèmes employés pour empêcher l'écartement des murs d'une construction.

Les Grecs et les Romains reliaient entre elles les assises de pierres de taille au moyen de goujons de fer, de bronze ou de bois ; les blocs d'une même assise étaient réunis par des crampons ou par des agrafes à queue d'aronde (voy. Appareil).

Depuis l'époque mérovingienne jusqu'au xne siècle, l'emploi du bois poulies chaînages était généralement répandu. Des poutres étaient noyées dans la maçonnerie pour en relier toutes les parties. Cet usage était facilité par la construction même des murs, qui consistaient en deux parements de petites pierres ou moellons taillés, ne contenant, à l'intérieur, qu'un blocage. Les inconvénients de ce mode de chaînage ne tardèrent pas à se faire sentir : le j bois tomba en pourriture, se réduisit en poussière et laissa dans la maçonnerie des vides continus, qui eurent pour effet de diminuer la force des murs et de provoquer, dans les parements, des lézardes longitudinales.

Les chaînages en fer furent employés à partir du xne siècle. Un système à

(1) Mazois, Rames de Pompéi.

double rang de crampons relie entre elles les pierres composant la corniclie de couronnement du cliœur de la catbédrale de Paris (l).La Sainte-Chapelle

Fig. 792.

du Palais, dans la même ville, offre l'exemple (fig. 792), d'un chaînage formé de crampons s'agrafant les uns dans les autres et formant une suite continue.

Plus tard, les architectes employèrent les barres de fer plat noyées entre les lits des assises et scellées avec du plomb. Au xve siècle, on plaça souvent les chaînes libres le long des murs, au-dessus des voûtes, suivant la longueur et la largeur ; ces barres étaient en général, réunies, à leurs extrémités, par un assemblage à boucle et

Fig. 793.

à double coin dont on se sert encore aujourd'hui, mais en l'établissant en fer méplat (fig. 793) ; on lui donne le nom d'assemblage à moufle.

L'emploi du fer pour les chaînages offre également de grands inconvénients. Ce métal, pour peu qu'il soit en contact avec l'humidité, s'oxyde, augmente de volume et acquiert une telle force d'expansion qu'il produit les plus graves désordres dans les constructions où il est employé à cet usage. C'est ainsi que le chaînage placé au-dessous des appuis des grandes fenêtres de la Sainte-Chapelle, à Paris, est parvenu à soulever les assises formant ces appuis, de telle façon que les meneaux placés au-dessus ont dévié de leur position verticale ou même ont été brisés.

Parmi les édifices plus modernes, on

(1) Viollet Le Duc, Dictionnaire raisonné de l'architecture française.

CHAINAGE.

CHAINAGE.

peut citer comme ayant éprouvé des préjudices dus au gonflement du fer, le pavillon situé au sud-est de la colonnade du Louvre, le fronton de l'église Saint-Roch, le portail de Saint-Sulpice, où des pierres formant angles, couronnement ou claveaux ont éclaté et sont tombées par fragments ; il a fallu remplacer ces blocs ou les rattacher au moyen de crampons en bronze.

Un autre danger des chaînages en fer est celui qui résulte de la dilatation de ce métal : témoin la rupture du chaînage qui maintenait l'écartement d'un des pignons du transept de la cathédrale de Troyes. Ce chaînage se composait de cinq barres de fer posées au xvue siècle. Il se rompit en 1840, pendant une forte gelée, qui lit éprouver au fer un retrait considérable.

On a établi, dans certains édifices, à Saint-Pierre de Rome, par exemple, des chaînages circulaires en métal. Une lézarde s'étant produite, au xvie siècle, dans toute la longueur de la coupole, fit naître pour la solidité de l'édifice, des inquiétudes qui devinrent plus vives encore vers le milieu du siècle suivant. Il fallut, autant pour calmer l'émotion publique que par nécessité vraie, entourer la coupole de cercles de fer. On remarqua dans la voûte, dans le tambour et dans les contreforts, des lézardes qui venaient, sans doute, du peu de liaison des piliers butants avec la tour du dôme ; on résolut de fortifier le tambour et la coupole, à faide de cinq cercles de fer placés depuis le piédestal des contreforts jusqu'au sommet de la coupole, à la naissance de la lanterne où fut placé le dernier. Cette opération fut exécutée en 1743 et 1744 ; on s'aperçut, en 1747, que l'ancien cercle de fer placé, du temps même de Sixte-Quint, autour de la coupole intérieure, s'était rompu ; on le répara et l'on en mit un nouveau à la coupole extérieure, au-dessous des premières fentes, vis-à-vis celui qui s'était rompu à la cou pôle intérieure. Le poids total de ces six cercles monte

à plus de 50,000 kilogr. L'utilité de ces chaînages, ainsi appliqués après coup, a été fort contestée : il est évident qu'ils ajoutent un poids considérable à la construction et que, dans le cas d'un grand effort, il est probable qu'ils seraient insuffisants pour empêcher les écartements.

Aujourd'hui on emploie, dans les constructions, des chaînages composés de barres de fer méplat, reliées entre elles par divers assemblages. On a reconnu, par l'expérience , que les fers méplats sont, à section égale, beaucoup plus forts que les fers carrés. Cet avantage vient de ce que, pour un même volume, le fer méplat a plus de surface périmétrique. Quand on le forge, c'est la surface externe qui reçoit la plus forte impression du marteau. Cette opération allonge le métal en filaments qu'on appelle nerfs, ce qui lui procure une force beaucoup plus grande que celle du fer à gros grains sortant des filières ou des laminoirs. Mais l'action des plus forts marteaux ne s'exercant pas à une distance de plus de 0m,004o de la surface, il en résulte que le milieu d'une barre de fer, qui a plus de deux fois 0m,0045, c'est-à-dire 0m,009 d'épaisseur, n'acquiert pas de force par le martelage ; on est donc conduit à donner aux fers la section méplate, comme plus avantageuse au point de vue de la résistance, que la section carrée.

Les procédés actuellement employés

Fig. 794.

sont : l'assemblage à charnière et à cla-

Fig-. 795.

vette(lig. 794); l'assemblage à charnière

CHAINAGE.

CHAINE

avec boulon à vis (fig. 795 : l'assemblage dit à talons fie. 796).

Fig. 796,

L'extrémité des chaînages se termine par un œil (fig. 797; dans lequel passe une ancre, que l'on noie dans la ma-

Fig. 797.

çonnerie ou qu'on laisse apparente sur les façades (voy. Ancre, Ancrage). La

Fig. 798.

figure 798 représente le chaînage de deux murs d'angle.

On emploie encore les chaînages avec tirants en fer, soit pour relier entre eus les murs des hangars, des combles à grande portée, soit pour maintenir provisoirement la poussée des voûtes dont les points d'appui sont soumis à des réparations.

Nous citerons, comme exemple, le système de chaînage provisoire qui servit à remplacer les étalements nécessaires à la reprise en sous-œuvre des contreforts, dans la restauration du château de Saint-Germain par E. Millet :

des tirants de fer (fig. 799) furent placés transversalement d'une baie à l'autre, à

la hauteur où s'exerce la poussée des voûtes ; chaque tirant était composé de deux parties en fer rond, réunies en-

x^r>//mkm,

Fig. 799.

semble à l'aide d'une boucle percée de deux trous taraudés en sens inverse et permettant de serrer l'assemblage ; les extrémités de ces pièces de fer retenaient à l'extérieur, au moyen de boulons, des plates-formes de bois embrassant deux contreforts à la fois.

Dans le métré des ouvrages, la part, qui revient au maçon pour rétablissement des chaînages dans les murs en pierre est ainsi comptée : 1° 0.075 de taille par chaque face, avec arêtes bien dressées pour les tranchées faites sur les trois côtés conservés : celte évaluation est réduite aux trois quarts si le dressage des arêtes est imparfait ; 2° 0,10 courant de légers pour les scellements des chaînes ; 3° 10 p. 100 de taille pour les entailles destinées à loger les bagues des chaînes au point de jonction de deux chaînes. Si le chaînage est fait dans une autre construction qu'un mur en pierre, les évaluations sont les mêmes, mais se comptent en légers (1).

Chaîne, s. f. — Construction. On donne ce nom à des piles en pierre placées, de distance en distance, dans les

(i) Masselin, Dictionnaire raisonné du mètre.

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CHAINE

CHAINE

murs en petits matériaux, pour leur donner plus de solidité.

Les chaînes sont généralement appareillées, comme le montre la ligure 800,

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Fig. 800.

en assises alternativement longues et courtes, de manière à former liaison ; les parties d'une assise qui excèdent sur l'assise inférieure se nomment harpes.

Les angles des murs en moellons ou en briques sont généralement renforcés par des piles semblables que l'on nomme

Fig. 801.

chaînes d'encoignure (fig. 801) ; souvent les pierres qui les composent sont séparées par des refends, soit en chanfrein, soit à arêtes vives ou arrondies.

L'appareil en besace (fig. 802), employé pour former la liaison d'un mur

de refend avec un mur de face, produit une chaîne, que l'on accentue quelque-

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Fig. 802.

fois par une certaine saillie, comme le montre la figure 803; mais, dans ce der-

nier cas, la chaîne prend plutôt le nom de pilastre ou de contrefort.

Serrurerie. 1° Suite d'anneaux passés les uns dans les autres, de manière à former un assemblage flexible comme l'est une corde et remplir les mêmes fonctions dans les engins de construction.

On donne ordinairement aux anneaux

Fig. 804.

ou maillons la forme elliptique (fig. 804), pour économiser la matière.

CHAINER.

CHAIRE

Quelquefois les maillons sont des courbes en S à simple ou à double courbure (fig. 805).

Fig. 805.

On a employé les chaînes de Yaucanson. A (fig. 806), dans la construction

Fig. 806.

des stores ; les chaînes de G ail, B, sont plutôt utilisées pour les machines de transmission.

Au moyen âge, on se servait de chaînes pour barrer les rues, les portes des villes et des faubourgs, rentrée des ponts ; on les fixait, par leurs extrémités, aux murs des maisons ou bien à des poteaux de bois , avec contrefiches (1).

2° Bandes de fer plat disposées pour empêcher l'écartement des murs.

Chaîne d'un bâtiment (voy. Chaînage).

Chaîne d'arpenteur (voy. Décamètre)

Chaîneau. s. m. — Voy. Chéneau.

Chaîner, r. a. — 1° Mesurer une distance au moyen de la chaîne d'arpenteur ou décamètre (voy. ce mot).

2° Placer les chaînages d'une construction (voy. Chaînage).

(1) Viollet Le Duc, Dictionnaire raisonné de ï architecture française.

Chaînette, s. f. — 1° Courbe que forme une chaîne suspendue par ses extrémités à deux points fixes et abandonnée à la pesanteur.

Les architectes ont employé cette courbe comme génératrice de certaines voûtes, en la retournant de façon que la partie concave devînt la partie convexe.

Il a été mathématiquement démontré que cette courbe est tellement favorable à la solidité des voûtes, que, si Ton en faisait usage, on pourrait construire sans mortier une voûte dans laquelle tous les joints des pierres seraient parfaitement polis. Aussi l'emploi de la chaînette serait-il plus fréquent si cette courbe n'avait pas l'inconvénient de former un angle désagréable avec les pieds-droits ; mais on peut l'utiliser pour les grands ouvrages où la solidité doit être préférée à la décoration.

Nous citerons, outre l'application de la chaînette à la grande calotte intermédiaire que surmonte la lanterne du Panthéon, à Paris, l'usage qu'on en a fait pour les voûtes du canal Saint- Martin , précisément à l'endroit où s'élève aujourd'hui la colonne en bronze dite colonne de Juillet.

2° Petite chaîne qui retient la broche d'un arrêt de persienne (voy. Arrêt).

Chaînon, s. m. — 1° Anneau d'une chaîne. On dit aussi maillon.

2° On nomme de même la bride qui embrasse les queues des tenailles.

Chaire, s. f. — Siège élevé servant de trône épiscopal à un évêque ou de tribune au président d'une assemblée religieuse ou civile, à un prédicateur, à un professeur faisant un cours, etc.

1° C'est dans les catacombes que l'on trouve la chaire primitive ou cathedra.

La plupart des cryptes possédaient, au fond de la niche ou abside ménagée derrière l'autel, un siège taillé dans le tuf ou formé de tablettes de marbre reliées entre elles par des tenons de fer. C'est là que se plaçait l'évêque pour

CHAIRE

CHAIRE

présider la réunion l\*ï> lidèles. Cette disposition fut reproduite dans les premières basiliques chrétiennes.

Rappelant d'abord la forme des chaises curules antiques, simple dans la décoration, construite en marbre , sans ornements, comme le trône épiscopal de la basilique de Saint-Clément, à Rome, représenté par la figure 807, la

juridiction des évêques et on appela cathédrales les églises renfermant des

Pig. 807.

cathedra fut, dans la suite, enrichie de mosaïques et de sculptures. On releva de plusieurs degrés au-dessus des places occupées par le clergé sur le banc demicirculaire qui garnissait le fond de l'abside ; le pontife, placé ainsi derrière l'autel dépourvu de rétable, voyait l'officiant en face.

La chaire de l'éveque se trouve également dans un certain nombre de monuments religieux de l'époque romanobyzantine ; l'église de Notre-Dame de Vaison (Vaucluse) possède une cathedra en pierre de forme simple et ornée de colonnettes adossées à la face antérieure des accoudoirs (lig. 808) (1). Cet édifice porte les traces de quatre constructions d'un style différent, l'abside et la travée qui la précède étant les plus anciennes et paraissant appartenir à la période mérovingienne.

La cathedra était le symbole de la

(1) Révoil, Architecture romane.

Fig. 808.

sièges épiscopaux. 11 y avait aussi des trônes mobiles que les abbés des monastères plaçaient dans leurs sanctuaires, lorsqu'ils invitaient l'éveque du diocèse, et, ce jour-là, l'église abbatiale devenait cathédrale (1).

Plus tard, les chaires épiscopales furent recouvertes de dais en étoffe et même, pendant les xive et xve siècles, ces couronnements furent en pierre ou en bois découpés à jour et richement sculptés. Vers la fin du xve siècle, le siège de l'éveque ne fut plus établi derrière l'autel, mais à la tête des stalles du chœur.

2° La chaire à prêcher est une tribune ronde, carrée ou à pans, élevée au-dessus du sol d'une église, pour la lecture des livres saints et la prédication.

Les églises primitives renferment plutôt des ambons que des chaires (voy. Basilique)] cependant on peut citer, comme chaires anciennes, celle de l'église de Saint-Georges élevée par Constantin à Salonique ; celle de Sainte-Sophie, à

(1) Viollct Le Duc, Dictionnaire

l'arc h itecture fi a nça ise.

■aisonné de

CHATRE

CHATRE

Constantinople, construite par Justinien, dans le style byzantin , et celle de Saint- Marc, à Venise, d'une époque plus récente, mais également de style byzantin.

L'architecture romane présente aussi des exemples de chaires ou ambons (voy. ce mot) richement décorés. Dans l'église Sainte-Marie, à Toscanella, près Viterbe, un ambon remarquable s'élève entre le sanctuaire et la|nef (flg. 809).

gj Pig. 809.

Cette chaire est supportée par des arcades reposant sur quatre colonnes courtes et sans base; un appui en marbre forme le couronnement; un pupitre est soutenu, à l'un des angles, par un ange et un aigle sculptés en ronde bosse ; l'escalier, tournant autour d'un pilier, est en pierre et porté par un massif demi-circulaire.

L'église de San-Miniato, près de Florence, possède encore une chaire romane en marbre blanc.

Les édifices religieux de la France ne contiennent pas de chaires antérieures au xve siècle ; les jubés servaient alors a la prédication ; cependant, on peut citer, comme étant de cette époque, la

chaire que possédait, en encorbellement sur l'intérieur de la nef, l'église du couvent des Jacobins à Toulouse (1). Les réfectoires avaient des tribunes disposées de même pour la lecture.

L'Italie, au contraire, nous a laissé des exemples de chaires des xme, xive, xvc siècles ; telles sont celles de la cathédrale de Pise, de l'église Saint-Jean de Pistoja, de la cathédrale de Sienne, supportées par des colonnes dont les bases reposent sur des statues ou des lions. Une chaire plus remarquable encore par son escalier pratiqué clans le pilier même contre lequel elle est adossée est celle de Saint-François, à Assises.

Une disposition semblable a été adop-

tée (fi

de Notre-

(1) Viollet Le Duc, Dictionnaire raisonne l'architecture française.

de

CHAIRE

CHAIRE

Dame d'Alençon (Orne). L'église a été construite au xve siècle, et la chaire a été ajoutée au xvie siècle, sans que le pilier, percé à cet effet, dans toute son épaisseur, ait paru en souffrir. La coupe (fig. 811) indique la forme donnée à la

les édifices de cette époque, tant aux sculptures en marbre qu'à celles en bois. La chaire de Santa-Croce peut

Fig. 811.

voûte de l'escalier et la saillie de la tribune sur le pilier. Cette chaire fut, plus tard, surmontée d'un abat-voix, lorsque l'usage s'en répandit, pour empêcher la voix du prédicateur de se perdre dans la hauteur de l'édifice.

La Renaissance italienne a produit comme chaires à prêcher des œuvres très remarquables, que nous ne pouvons passer sous silence ; nous en donnerons ici deux exemples qui méritent d'être cités entre tous.

La chaire de l'église de Sainte-Croix (Santa-Croce), à Florence (fig. 812), est une des plus belles créations de la première époque de Ma Renaissance ; elle est de Renedetto da Majano de Florence, qui sut y appliquer une excessive richesse de décoration et une très grande variété dans les détails. On remarque l'emploi de l'or dans les panneaux, les consoles, la frise sous la corniche et les armoiries qui se trouvent au bas. Notons ici que l'usage de la dorure est appliqué fréquemment, dans

être considérée comme un modèle du genre, tant pour la richesse de la conception et l'harmonie générale, que pour la finesse extraordinaire de l'exécution. On accède à la chaire par un escalier caché dans le pilier et que ferme une porte qui est surtout remarquable par sa magnifique marqueterie.

Le second exemple de chaire italienne de la Renaissance, que représente la figure 813 (1), est celle de l'église du Saint-Esprit, à Rome, édifice dont la construction fut dirigée par Antonio da Sangallo. Les pilastres qui ornent cette chaire et les compartiments du dais qui la surmontent sont décorés d'arabesques sculptées. L'ensemble de la chaire est d'une bonne proportion, et les divisions et la distribution du décor sont bien entendues.

Le xvne siècle nous a laissé quelques

(1) Letarouilly, Edifices de Rome moderne.

CHAIRE. — 439

chaires remarquables : il faut citer d'abord les dispositions qui furent prises par le Bernin, dans la tribune de la ba-

CHAIRE

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Fig. 813.

silique du Vatican, pour renfermer le trône de bois incrusté d'ivoire dont firent usage les premiers papes. Cette cathedra primitive a été placée, par le Bernin. dans une vaste chaire de bronze doré qui est supportée par les statues colossales de quatre docteurs de l'Église.

L'Espagne' et la Belgique possèdent également de très belles chaires en bois ; telle est celle de Sainte-Gudule , à Bruxelles.

On a employé quelquefois le fer pour l'exécution de certaines chaires : la ca-

thédrale de Burgos en renferme un exemple. On en voit encore deux fort belles à la cathédrale de Lugo, également en Espagne.

On peut citer encore des exemples de chaires en métal. L'ouvrage de ce genre, dont nous présentons (fig. 814) l'éléva-

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tion, à l'échelle de 0m,0o pour mètre, a été exécuté pour l'église de l'abbaye des moines bénédictins de Fulda (province de Hesse), en Prusse. L'architecte a placé dans le sanctuaire deux chaires

! semblables, comme le veut l'usage en Allemagne. Ces chaires sont composées de panneaux en fer forgé, constitués par des enroulements ; elles forment un encorbellement demi-circulaire, retenu par

j deux parties planes et posé sur une console armée d'arcs-boutants. Cette console est maintenue par deux branches horizontales fixées dans la pierre et s'y attache à l'aide de clavettes servant à serrer les assemblages. Nous ferons remarquer, dans cet ouvrage, le mode

CHAIRE

CHAIRE

d'attache des traverses horizontales sur | les montants verticaux, lequel consiste en un retour de la traverse fournissant tout à la fois une frise à l'embrasse et un moyen de décoration. Entre les traverses hautes et basses des remplissages en tôle découpée, il existe un motif destiné à faire valoir les parties les plus grandes occupées par les enroulements.

On doit à la Renaissance française quelques chaires qui sont restées célèbres : telle est la chaire en marbre qui avait été exécutée par Germain Pilon, pour le monastère des Grands- Augustins, à Paris.

Parmi les chaires en bois sculpté les plus remarquables, nous pouvons citer celles de Saint-Roch et de Saint-Etienne

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