CHAUSSEE
prendre ; on rejette ceux qui sont brisés et ceux que Ton conserve doivent avoir environ lm,20 de longueur.
La charpente qui reçoit le chaume doit être légère et inclinée à 45° ; les bois qu'on y fait entrer, pannes, chevrons et perches-lattes n'ont pas besoin d'être façonnés, comme pour une couverture en tuiles et leurs dimensions peuvent être moindres. Les chevrons en bois de brin sont retenus sur les pannes par des chevilles en bois et reçoivent le clayonnage, composé de perchettes attachées avec des liens d'osier ou de lattes fixées par des clous, les espacements de chaque pièce étant de 0m,15 à 0m,20. Les fétus sont réunis en bottes, dites javelles de 0m,2o de diamètre environ ; ces bottes sont d'abord égalisées de chaque bout, puis reliées deux à deux par un osier dont les branches forment une espèce de 8 en se croisant entre les javelles. Le tout est fixé aux lattes au moyen d'un second lien qui enveloppe le premier en passant également entre
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Fig. 947.
les bottes , comme on le voit en a (fig. 947). Quelquefois on attache les javelles une à une par des liens croisés b. Les bottes se posent en allant de la partie inférieure au sommet du toit et par rangées horizontales que l'on appelle orgues ; les bases des javelles d'une même file correspondent aux intervalles des bottes de la file inférieure. Le faîtage est formé par des bottes re-
courbées à cheval sur les pentes et recouvertes ensuite avec de la terre grasse. On laisse les premières pluies opérer un certain tassement et produire des trous, que Ton bouche avec des javelles de remplissage.
Le mètre carré de couverture en chaume de 0m,2o d'épaisseur exige environ 20 kilogr. de paille. La durée de ce système varie de trente à quarante ans et peut aller jusqu'à soixante ans, avec des soins d'entretien.
Ce genre de couverture, qui entraîne à peu de frais de façon, a, comme nous l'avons dit, le grand inconvénient d'être éminemment combustible ; de plus, il est enclin à la pourriture et sert d'asile à toutes sortes d'insectes. On a essayé de préserver ces toitures, sinon contre les chances d'incendie qui leur sont propres, du moins contre les causes accidentelles comme la chute d'étincelles ou de matières inflammables provenant du voisinage ; on a proposé d'enduire la surface du chaume avec certains mortiers de terre grasse à base de chaux, ou de tremper la paille à l'avance dans une dissolution d'un sel métallique qui la rende incombustible ; mais tous ces procédés ne semblent pas d'une grande efficacité et le mieux serait de remplacer le chaume par d'autres matériaux de couverture.
Chaussée, s. f. — 1° Levée de terre qui borde une rivière, un canal, un étang, un marais, et qui sert à la fois de digue et de chemin.
La pente suit, du côté extérieur de la chaussée , le talus naturel des terres ; du côté de l'eau, elle est plus raide et souvent revêtue de maçonnerie.
2° Partie d'une voie publique revêtue d'un sol propre à la circulation des voitures.
Dans une route, la chaussée est la portion comprise entre les deux accotements, qui sont le plus souvent un terrain naturel. Les chaussées des villes sont les parties des rues comprises entre les
CHAUSSES
CHAUVENCY.
trottoirs ou les ruisseaux. Dans les deux | cas, ces chaussées sont bombées, pour rejeter les eaux pluviales sur les côtés, soit dans les fossés, soit dans des ruisseaux.
Anciennement, dans un grand nombre de rues, la partie destinée à l'écoulement occupait le milieu de la voie et la chaussée était dite creuse ou fendue , on en trouve encore des exemples dans les villes qui n'ont pas été transformées.
Il y a trois modes principaux de revêtement des chaussées : le. pavé, Yem- 'pierrement, et le bitume ou asphalte (voy. ces mots). Le premier de ces procédés est le plus économique, mais il est fatigant pour les chevaux et les véhicules. La construction des chaussées en empierrement comprend le système anglais, dit à la Mac-Adam, qui consiste dans l'emploi de pierres cassées (voy. Cailloutis).
Les Romains donnaient le nom (Yagger viœ au milieu d'une rue ou d'un chemin, cette partie correspondant à nos chaussées actuelles; le revêtement était un pavage en pierres cimentées et posées sur plusieurs couches de petits matériaux ; la surface était légèrement bombée.
Chausses d'aisances. — Pots en terre cuite, bouts de tuyaux en fonte qu'on emploie pour former les descentes de lieux d'aisances. Les premiers sont vernissés ou non vernissés et doivent avoir 0m,25 de diamètre et 0m,32 de hauteur. Les seconds, plus usités maintenant, peuvent n'avoir que 0m,20 de diamètre ; on les scelle avec des crampons dans les angles des murs ou on les noie dans leur épaisseur.
Les tuyaux en fonte qui ont un diamètre réglementaire minimum de 0m,191 et qui servent pour les chausses d'aisances se payent au poids dans le règlement du prix des ouvrages. La pose de ces conduits se compte au mètre linéaire et s'évalue ta 0,30 courant de légers, si les tuyaux sont nus, et à 0,80
courant de légers, s'ils sont enveloppés d'une chemise. Les scellements de brides et colliers, compris dans cette évaluation, se comptent néanmoins à part, quand ils sont faits dans de la pierre dure.
Chaussey {Granit de). — Pierre de construction que l'on extrait des carrières des îles Chaussey, commune de Granville, arrondissement d'Avranches.
C'est un granit commun, dur, bleuâtre, à grains fins. On en trouve des blocs de toutes dimensions. Le poids du mètre cube est de 2,745 kilogr. La charge d'écrasement par centimètre carré est de 875 kilogr.
On cite, comme emplois remarquables de ce granit : le port de Trouville, construit en 1860 ; le pont tournant de Honfleur, construit en 1862 ; des travaux maritimes à Cherbourg, Granville et Saint-Malo. On expédie cette pierre sur le Havre, Rouen et Paris, où elle est employée pour trottoirs.
Chaussoy-Epagny (Pierre de). — Cette pierre provient des carrières situées dans la commune de ce nom, arrondissement de Montdidier.
C'est un calcaire demi-dur, blanchâtre, à grain fin et homogène, qui porte 0m,60 de hauteur d'assise et pèse de 1,980 à 2,040 kilogr. le mètre cube. La charge d'écrasement par centimètre carré varie de 240 à 300 kilogr.
Nous citerons comme emplois remarquables de celte pierre, les socles des piliers de la cathédrale d'Amiens et des ouvrages d'art du chemin- de fer du Nord ; on en fait un usage spécial pour seuils, dalles et soubassements.
Chauve, s. f. — Veine blanche dans une carrière d'ardoise.
Chauvency {Pierre de). — Calcaire grossier, demi-dur, de couleur jaune roux, qui provient d'une carrière située dans la commune de Chauvency-Saint-
CHAUX
CHAUX
Hubert, arrondissement de Montmédy.
Cette pierre porte de 0m,60 à 0m,80 de hauteur d'assise ; le poids du mètre cube varie de 1,880 à 2/l°20 kilogr.; la charge d'écrasement par centimètre carré varie de 115 à 214 kilogr.
On cite comme emplois remarquables de ce calcaire : des écluses sur la Meuse ; le viaduc de Thonne-les-Prés sur la vallée de la Chiers et divers ouvrages d'art du chemin de fer des Anciennes.
Chaux, s. f. — Protoxyde de calcium obtenu par la calcination des pierres calcaires ou carbonates de chaux.
Parmi ces pierres, il y en a qui sont particulièrement propres à la fabrication de la chaux ; on les nomme pierres à chaux.
Celte substance, ainsi préparée, est dite chaux vive; elle est blanche, alcaline, caustique, infusible et susceptible de se combiner avec Peau en foisonnant, c'est-à-dire en augmentant de volume et en dégageant beaucoup de chaleur. La chaux unie à Peau se réduit en pâte et s'appelle chaux éteinte; c'est sous cette forme qu'on la mélange avec du sable, pour constituer les mortiers qui servent à réunir les matériaux des édifices ; le sable est quelquefois remplacé par de la pouzzolane ou de la brique pilée (voy. Mortier).
Les anciens composaient le stuc (voy.
ce mot) avec de la chaux et du marbre en poudre; aujourd'hui, on emploie pour le même objet, le plâtre fin ou sulfate de chaux, auquel on ajoute de la colle et de l'alun (voy. Stuc).
On distingue les chaux aériennes et les chaux hydrauliques, les premières faisant prise ta l'air avec le mortier, les secondes se comportant de même sous l'eau.
Les chaux aériennes se divisent ellesmêmes en chaux grasses, maigres ou moyennes.
Les chaux grasses sont celles qui foisonnent beaucoup lors de l'extinction,
augmentant jusqu'à deux ou trois fois de volume ; elles proviennent des pierres calcaires qui contiennent le moins de matières étrangères ; le carbonate de chaux le plus pur est le marbre blanc, que les Italiens emploient pour la fabrication de cette substance. Les chaux gi'asses durcissent au contact de l'air, mais sous Peau, elles restent molles.
Les chaux maigres sont obtenues par la cuisson de calcaires qui contiennent une certaine quantité de matières étrangères, 10 à 30 p. 100 environ; elles ne foisonnent presque pas à l'extinction; elles durcissent à Pair comme les chaux grasses.
Les chaux dites moyennes sont celles qui absorbent, lorsqu'on les éteint, plus d'eau que les chaux maigres et moins que les chaux grasses, depuis deux parties trois dixièmes, jusqu'à deux parties six dixièmes.
Parmi ces diverses classes de chaux, les meilleures à employer sont les chaux grasses, pour les travaux qui sont élevés au-dessus du sol et qui ne sont pas exposés à l'humidité.
Les chaux hydrauliques se divisent en chaux hydrauliques naturelles et chaux hydrauliques artificielles.
Ces chaux sont ainsi nommées parce qu'elles peuvent durcir non-seulement à Pair, mais encore dans l'eau ; cette propriété résulte de la formation, à la cuisson, d'un silicate de chaux dû à la présence, dans la pierre calcaire, d'une certaine quantité de silice (10 à 30 p. 100), à l'état libre ou à l'état d'argile. D'autres matières que la silice peuvent amener l'hydraulicité des chaux; telle est la magnésie quand elle est contenue avec la chaux, en parties à peu près égales, dans les calcaires magnésiens ou dolomies.
Certains caractères, qui ne sont cependant pas absolus en ce sens qu'ils appartiennent également à quelques chaux maigres, permettent de reconnaître les chaux hydrauliques ; telles sont l'absence presque totale de foison-
CHAUX
CHAUX
nement et de production de chaleur à l'extinction, la couleur grise de boue ou de brique crue.
Les expériences faites par M. Vicat sur le degré de rapidité de durcissement des chaux hydrauliques l'ont amené à les classer en chaux faiblement hydrauliques, chaux moyennement hydrauliques ou hydrauliques ordinaires, et chaux éminemment hydrauliques. Les premières ne font prise qu'au bout de quinze ou vingt jours après l'immersion, les secondes, au bout de six à neuf jours et les dernières, du deuxième au sixième jour. On considère que la chaux est prise quand elle résiste à la pression du doigt.
Parmi les chaux hydrauliques naturelles de bonne qualité, nous citerons :
La chaux du Theil (Ardèche), qui provient d'un calcaire siliceux et qui est très propre aux constructions à la mer ;
La chaux de Metz, très hydraulique, provenant d'un calcaire jurassique qui renferme 3,60 d'alumine pour 11.60 de silice ;
La chaux d'Échoisy (Charente), qui prend au bout de six à douze heures ;
La chaux de Morins (Gironde) ;
La chaux de Boue (Maine-et-Loire), qu'on peut employer dans les travaux maritimes ;
La chaux de Senonches (Eure-et-Loir), très hydraulique ;
La chaux dWntony. près Paris, dont la prise est complète au bout de dix-huit heures ;
La chaux de Try (Marne), qui prend au bout de cinq ou six jours.
Les chaux hydrauliques artificielles sont le résultat du mélange des matières contenues dans les chaux hydrauliques naturelles. Un premier procédé consiste à broyer un calcaire tendre, tel qu'un calcaire marneux, avec de l'argile dans la proportion convenable ; le mélange est réduit en pains et soumis à la cuisson. Ce système est économique, mais on ne trouve pas toujours de pierre calcaire assez tendre ; alors on mélange en
quantités réglées à l'avance de L'argile et de la chaux grasse éteinte et amenée à l'état de pâte; ensuite on calcine le produit.
La chaux hydraulique artificielle de Meudon, employée à Paris, est obtenue par le mélange de la craie avec 14,30 pour 100 d'argile.
Cuisson de la pierre à chaux. La calcination du calcaire se fait soit en tas, à l'air libre, soit dans des fours à feu continu ou à feu discontinu; dans les fours du dernier genre, on place les pierres et le combustible, par lits alternatifs, sur une voûte construite à la partie inférieure avec le calcaire même qui sert à produire la chaux; on détourne après refroidissement de la masse ; il faut 100 à 150 heures pour la cuisson dans un four de 75 à 80 mètres cubes de capacité. Dans les fours à feu continu, on extrait par le bas la chaux déjà cuite et on remplit l'appareil, au fur et à mesure, avec de la chaux et du combustible qu'on y jette à la fois.
Certains calcaires contenant de 20 à 25 pour 100 d'argile donnent, à la cuisson complète, des chaux qui contiennent 34 pour 100 d'argile et qui ne s'éteignent que très difficilement ; ces produits sont appelés chaux limites, parce que la quantité d'argile qu'ils renferment représente la limite supérieure de celle qui caractérise les chaux éminemment hydrauliques ; en effet, réduites en poudre et gâchées avec de l'eau, ces chaux font prise immédiatement, mais le durcissement ne persiste pas. Les chaux limites constituent le passage des chaux très hydrauliques aux chaux-ciments qui proviennent de calcaires renfermant de 20 à 35 pour 100 d'argile (voy. Ciment).
On appelle incuits ou biscuits les parties de pierre calcaire qui n'ont pas été complètement calcinées par la cuisson ; on les soumet à une calcination nouvelle (voy. Biscuit).
Extinction de la chaux. Quand la chaux sort du four, elle est dite chaux vive ; on l'arrose d'eau pour la transfor-
CHAUX
CHEMIN
mer en pâte molle , puis en poudre sèche ; c'est ce qu'on appelle éteindre la chaux.
Il y a plusieurs procédés d'extinction ; le plus ordinaire est le suivant : on mélange cette matière dans des bassins avec une plus ou moins grande quantité d'eau, en ayant soin de ne pas la noyer ni la brûler, c'est-à-dire de n'y pas mettre trop ou trop peu d'eau ; cette extinction est dite ordinaire ou par fasion : on a une bonne extinction, quand, en plongeant un bâton dans le bassin et le retirant, la chaux qui s'y attache est gluante.
L'extinction dite par immersion se fait en plaçant les pierres de la grosseur d'une noix dans un panier à claire-voie et les plongeant dans l'eau pour les retirer, quand la surface du liquide commence à bouillonner ; on les met alors dans des caisses où elles se réduisent en poussière.
Dans l'extinction par aspersion, on jette de l'eau sur la chaux, qu'on a étendue sur une aire.
On distingue encore l'extinction spontanée par l'action de l'air sur la chaux placée sous des hangars ; ce procédé, bon pour les chaux aériennes, ne l'est pas pour les chaux hydrauliques.
Conservation de la chaux. Les chaux aériennes se conservent indéfiniment dans des bassins que Ton recouvre de sable ou de terre ; on les mélange avec de l'eau immédiatement avant leur emploi (voy. Mortier).
Les chaux hydrauliques éteintes ne se conservent que peu de jours. Les chaux hydrauliques vives peuvent rester plusieurs mois dans des caisses ou des tonneaux.
Suivant la nature des travaux que l'on exécute, on emploie pour la composition des mortiers, les chaux grasses, maigres ou hydrauliques (voy. Mortier).
Vitruve nous fournit quelques renseignements sur la manière dont les anciens préparaient la chaux : il rapporte que Ton employait à cette fabrication les
marbres de qualité inférieure ou les éclats venant de la taille et de l'extraction des blocs destinés à d'autres usages. Il prescrit, en outre, de ne se servir de la chaux qu'après l'avoir laissé longtemps, plusieurs années même, macérer dans des fosses, particulièrement lorsqu'elle devait être employée pour exécuter des stucs, des enduits, des peintures à fresque, etc.
Chaux fusée : chaux éteinte mais non réduite à l'état de pâte molle.
Lait de chaux ou laitance : bouillie produite par l'extinction de la chaux dans une grande quantité d'eau.
Chaux sulfatée (voy. Albâtre, Gypse, Plâtre).
Chef d'atelier
Vov. Atelier
Chemin, s. m. — En général, toute voie de communication par terre ; les sentiers, les routes, les passages, les allées, les rues, les quais (voy. ces mots) sont des chemins.
Au point de vue administratif, les chemins sont publics ou privés. Dans les chemins publics sont compris : les routes nationales et départementales ( voy.
Route), les chemins vicinaux et les chemins communaux et ruraux. Les chemins privés sont ceux qui appartiennent aux particuliers et sur lesquels nul n'a le droit de passer sans la permission du propriétaire ou sans la création d'une servitude en sa faveur (1).
Chemins vicinaux : sont ainsi appelés les chemins servant de communication entre divers points d'une commune ou entre plusieurs communes voisines ; l'entretien de ces voies est aux frais des communes qu'elles traversent et la police de conservation en appartient aux maires. C'est l'administration qui est chargée de faire rechercher et reconnaître les limites des chemins vicinaux; la largeur en est fixée par l'autorité préfectorale ; pour les cas ordinaires, cette
(i) Code Pen-in.
CHEMIN
CHEMIN
largeur ne dépasse pas 6 mètres, fossés non compris.
Le propriétaire d'un terrain non bâti peut être dépossédé immédiatement, avec réserve d'une indemnité, pour l'élargissement du chemin ; mais, s'il existe une construction, il faut un décret, avec indemnité préalable.
Les propriétaires riverains sont tenus de souffrir l'extraction et l'enlèvement, sur leurs propriétés non closes, des pierres, cailloux et autres matériaux nécessaires aux travaux du chemin : ils doivent également supporter l'occupation de leurs fonds pour les besoins des mêmes travaux.
Toute rue légalement reconnue comme prolongement d'un chemin vicinal est soumise aux mêmes règlements que ce chemin. On ne peut construire le long de ces voies sans autorisation préalable et demande d'alignement.
Les fossés que l'administration juge à propos d'établir pour border un chemin vicinal doivent être pris sur la largeur de ce chemin; le curage et l'entretien de ces conduits est à la charge des communes.
Les contraventions, pour dépôts de fumiers, encombrements, détériorations, etc., sont de la compétence des tribunaux de simple police ; les envahissements et anticipations sont jugés par les conseils de préfecture.
On appelle chemins vicinaux de grande communication ceux qui, servant à un certain nombre de communes, sont placés, par ce titre, entre les chemins vicinaux ordinaires et les routes départementales. Ces chemins sont entretenus par les communes qu'ils traversent, dans des proportions déterminées par le préfet ; il peut aussi y avoir lieu, pour le même objet, ta des subventions sur les fonds départementaux.
Chemins communaux ou ruraux: ce sont ceux qui, servant aux communes, n'ont pas été classés comme vicinaux.
Ces chemins sont susceptibles de propriété privée et leur entretien n'est pas obligatoire pour la commune ; cependant
la surveillance et la police de ces voies appartiennent aux maires, qui peuvent, par des arrêtés spéciaux, en déterminer l'alignement ; s'il n'existe pas d'arrêtés en ce sens, les propriétaires riverains peuvent construire sans autorisation.
Chemtn de halage : espace de terrain que le propriétaire riverain d'un cours d'eau navigable ou flottable doit laisser le long du bord, pour le service de la navigation. Ces voies ne sont assimilées aux chemins publics que sous le rapport de la police et de la conservation. Leur largeur doit être d'au moins 8 mètres, et le riverain ne peut planter des arbres, haies ou clôtures à moins de 10 mètres. Dans le cas où les bateaux ne se tirent que d'un côté, le riverain n'est tenu de laisser sur le bord opposé qu'un chemin de lm,32 qu'on appelle marchepied.
Les plantations ne doivent se faire, dans ce cas, qu'à 3m,30 de la rive.
Quand les cours d'eau ne sont susceptibles de porter ni bateaux, ni trains de bois, mais sont flottables à bûches perdues, un simple marchepied est seulement exigible sur les deux bords.
On ne peut pratiquer des fouilles à moins de 12 mètres des rivières et canaux navigables.
Maçonnerie. 1° Disposition de règles que les maçons préparent sur un mur ou sur un plafond, pour y traîner des moulures.
2° Filet de plâtre dressé à la règle et qui sert à conduire le calibre.
3° Puits ou galerie de carrière.
Couverture. Chemins de service. Pour faciliter aux ouvriers l'accès de tous les points d'une couverture en ardoises, lorsqu'il y a des réparations ou des travaux de fumisterie à exécuter, on établit souvent des chemins de service formés de la manière suivante : sur une travée de couverture en zinc fixée elle-même sur voligeage jointif, on soude, en les espaçant convenablement, des marches en zinc fondu, façonnées en pointe de diamant à leur partie supérieure ( voy.
Marche).
CHEMIN
CHEMINÉE
Architecture militaire. Chemin de ronde : nom que l'on donnait, au moyen âge à la saillie du rempart qui existait derrière les créneaux ; c'était là que combattaient et circulaient les défenseurs de la place ; ce couronnement intérieur de la muraille était revêtu d'un dallage.
Chemin couvert : chemin à ciel ouvert qui règne autour d'une place forte et est compris sur le bord du fossé, entre la contrescarpe et le glacis ; les défenseurs s'y tiennent à l'abri des feux rectilignes.
La largeur du chemin couvert est ordinairement de 10 mètres. On y ménage une banquette et l'arête du glacis est garnie de palissades ; aux angles saillants et rentrants, on réserve des places d'armes où l'on peut réunir des corps de troupes. Des traverses élevées de distance en distance, protègent le chemin couvert contre les feux d'enfilade.
Chemins de fer. Voies formées de deux bandes de fer parallèles appelées rails (voy. ce mot), sur lesquelles circulent des chariots nommés wagons traînés par une machine à vapeur dite locomotive.
Depuis les temps anciens , on eut l'idée de diminuer le frottement et, par suite, l'effort de la traction, en plaçant sous les roues des véhicules des corps unis, durs et résistants; le bois et la pierre furent d'abord employés et il y a tout lieu de croire que c'est ainsi que les Égyptiens transportaient les énormes blocs de leurs monuments.
Dans les temps modernes, on a d'abord construit des voies creuses formées de pièces de bois auxquelles on a ensuite adapté des ornières en fer.
A ce système a succédé celui des rails saillants, les roues étant munies de rebords qui les maintiennent sur la voie.
L'établissement d'un chemin de fer comprend, au point de vue de la construction : le tracé de la voie: l'exécution des travaux de terrassements, tels que remblais et déblais, et des travaux d'art , tels que ponts , ponceaux, viaducs, tunnels; les dispositions acces-
soires, passages à niveau, croisements, changements de voie, plaques tournantes; les poteaux indicateurs et les signaux fixes (voy. ces mots).
Les gares et les stations, avec leurs dépendances, complètent l'ensemble des constructions nécessaires à l'exploitation des chemins de fer.
On emploie souvent aussi le mot anglais railway.
Cheminée, s. f.— 1° Foyer ouvert disposé dans une salle pour recevoir du combustible qui échauffe l'air par rayonnement. L'appareil est pourvu, à sa partie supérieure, d'un tuyau qui donne issue à la fumée.
L'usage des cheminées ne semble pas remonter au-delà du xue siècle; jusqu'alors, on s'était servi, pour le chauffage des appartements, de brasiers ou réchauds portatifs et dliypocaustes (voy. ce mot), sorte de calorifères placés sous le pavage des pièces, avec conduits de chaleur adossés contre les murs.
Les premières cheminées étaient éta-
Pig. 948.
blies sur un plan circulaire; le tuyau de fumée était placé dans l'épaisseur du
CHEMINÉE
CHEMINÉE
mur ; des pieds-droits, surmontés de consoles à forte saillie supportaient le manteau qui se reliait au nu du mur par une botte en demi-cône ; la figure 948 représente une cheminée ainsi disposée qui appartient à l'ancienne maîtrise de la cathédrale du Puy - en - Velay.
Aux siècles suivants, le plan devint rectangulaire ; le fond ou contre-cœur était construit en tuileaux et même garni d'une plaque de fonte pour protéger la maçonnerie contre Faction du feu ; le manteau était formé de pierres de grande dimension ou de claveaux en plate-bande ou en arc ; la hotte conique était transformée en demi -pyramide.
Quelquefois le contre-cœur faisait saillie extérieurement, quand les murs n'étaient pas très épais.
C'est surtout à partir du xive siècle que la sculpture et la peinture furent employées à la décoration des cheminées ; des armoiries, des bas-reliefs ornèrent les manteaux ; les jambages furent également sculptés ou peints.
La Renaissance ramena le style an-
Fig. 949.
tique dans la composition des chemi-
nées; les manteaux furent décorés d'écussons ou de médaillons portés par des enfants, les jambages furent couverts d'ornements de style classique ; nous donnons (lig. 949) une cheminée du xvie siècle construite par A. Du Cerceau. A cette époque, les dimensions du foyer diminuent, tandis que la décoration, qui surmonte le manteau, prend un plus grand développement ; les mêmes dispositions générales se retrouvent dans les cheminées du xvne siècle,
Fig. 950.
où le marbre commence à remplacer la pierre (fig. 950).
C'est au siècle suivant qu'apparurent les glaces placées au-dessus des tablettes, que l'on fit plus larges pour supporter divers objets de décoration, tels que pendules , vases , candélabres, etc.
L'art européen n'est pas seul à avoir
CHEMINÉE
CHEMINÉE
produit des cheminées remarquables :
les manteaux élevés sur pieds-droits à consoles et richement décorés se retrouvent dans l'architecture orientale.
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Fig. 951.
Nous donnons (fig. 951) un exemple de cheminée turque du xvue siècle qui a été dessinée par M. Jules Laurens au palais du gouverneur de Kéresoun, sur le littoral de la mer Noire ; l'encadrement est en pierre dure; la décoration du manteau est en plâtre moulé. Il est bon de remarquer ici que le feu se fait verticalement pour obtenir une flamme vive et prompte.
Jusqu'à l'époque actuelle, ces appareils de chauffage étaient établis dans de mauvaises conditions au point de vue de l'économie et de la quantité de chaleur répandue dans les pièces. Leurs grandes dimensions exigeaient une consommation considérable de combustible, d'où résultait un violent tirage, produisant de forts courants d'air. Aujourd'hui ou ;i cherché à remédier à ces inconvénients : on a rétréci l'orifice de départ de la fumée, pour diminuer la ventilation exagérée, avancé le fond du foyer et disposé les côtés en êvasement, afin de faire rayonner latéralement le foyer. C'estàRumfort qu'on doit ces premières modifications ; Lhomond ajouta
le châssis à rideau mobile, qui permet de régler le tirage de l'air; enfin, cet appel étant atténué par le calfeutrement des portes et des fenêtres, généralement mal closes, on admit l'air sur le foyer en le prenant à l'extérieur, au moyen de ventouses (voy.xe mot).
Suivant le combustible choisi, on emploie divers systèmes pour le supporter et permettre à l'air de passer au travers : les chenets servent pour le bois, les grilles en fonte, pour le coke et la houille.
La construction d'une cheminée est soumise à certaines règles, dans l'intérêt de la sécurité publique.
Cet appareil se compose, nous l'avons dit plus haut, d'un foyer et d'un tuyau d'échappement.
Le foyer est logé dans un vide laissé dans la maçonnerie ; la partie inférieure en est appelée dire ; c'est une aire en briques, carreaux de terre cuite, ou plaque de fer fondu reposant sur une petite fondation, si la cheminée est à rez-de-chaussée ou sur une des barres de fer posant sur la charpente du plancher, quand la cheminée est à un étage supérieur ; l'espace vide occupé entre les solives par l'âtre est la trémie. Le fond du foyer est en briques ou en pierres, on y adosse une plaque en fonte appelée contre-cœur.
De chaque côté de l'âtre, sont placés les jambages supportant le manteau; ces diverses parties sont en pierres travaillées et ornées ou en plâtre revêtu d'un chambranle en pierre ou en marbre.
L'ouverture du foyer est fermée par un rideau mobile en tôle et entourée de plaques de faïence qui forment un êvasement par le haut et sur les côtés. La ligure 952 représente en plan les dispositions de deux cheminées ordinaires dont l'une A est affleurée, c'est-à-dire ayant l'âtre et le tuyau pris dans l'épaisseur du mur, et dont l'autre B est adossée ou posée contre le mur. Les dimensions généralement usitées sont 0ra,50, pour la profondeur totale, 0m,30
CHEMINEE
CHEMINEE
à partir du rideau, 1 mètre pour la largeur entre les jambages, 0m.oo pour celle du rideau, 0m,60 pour sa hauteur,
0m,90 à 1 mètre pour la hauteur de la tablette au-dessus du sol. En avant de latre, est une dalle de pierre ou de marbre qu'on nomme foyer. •
Le tuyau de fumée comprend le corps, sorte de coffre rectangulaire allant du manteau à la couverture du bâtiment et la tête ou souche, formant la prolongation du corps au-dessus du toit de la maison ; ces tuyaux se construisent en plâtre pigeonne, leurs faces prennent le nom de languettes; les carreaux de plâtre, les briques sur champ., les cylindres ou les prismes creux en fonte ou en poterie sont encore employés à l'exécution de ces conduits (voy. Tuyau).
Les cheminées ainsi construites donnent lieu à une grande déperdition de chaleur et à l'introduction d'une grande quantité d'air froid; divers appareils ont été installés dans le foyer même pour remédier à ces inconvénients; tous sont basés sur ce principe : faire circuler autour du foyer, dans des tuyaux de fonte diversement combinés, de l'air froid pris au dehors, à l'aide de ventouses, l'échauffer au contact des parois de ces tubes et le répandre dans la pièce par une ou deux bouches de chaleur. Ces appareils se nomment également foyers (voy. ce mot).
On appelle cheminées à la prussienne des cheminées qui ne font pas partie de la construction même et qui sont construites en tôle revêtue de briques intérieurement ; ce sont des espèces de poêles ayant une large bouche fermée
par un rideau qui se hisse ou se baisse à volonté ; ces appareils se placent, selon le besoin, dans les chambres où il n'a pas été construit de cheminée.
On appelle cheminée à âtre relevé une cheminée dont latre n'est pas au niveau du sol de la pièce, mais est surhaussé par exemple au moyen d'un rang de briques.
Au point de vue de la décoration extérieure , on distingue dans le commerce :
La cheminée capucine (fig. 953), dont
Fig. 953.
le chambranle a deux montants unis couronnés d'un chapiteau avec socle rapporté par le bas ; La cheminée à modillons (fig. 9o4),
Fier. 954.
dans laquelle des modillons supportent la traverse du chambranle ; La cheminée à consoles (fig. 9oo),
Fig. 955.
dont les montants sont en forme de console ;
CHEMINÉE
CHEMINÉE
La cheminée Pompadour (fig. 956), dans laquelle la tablette est contournée
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Fig. 956.
sur ses bords ainsi que la traverse du chambranle ; La cheminée Louis XV {i\g. 957), ana-
Fig. 957.
logue à la précédente, mais dont les montants sont ornés de consoles.
Les cheminées de cuisine sont encore, dans beaucoup de villes, mais particulièrement à la campagne, semblables aux anciennes eh nui nées du moyen âge; elles sont de grandes dimensions et possèdentun manteau surmonté d'une hotte, avec ou sans jambages ; on les remplace généralement aujourd'hui par des fourneaux (voy. ce mot).
Législation. Outre les dispositions indiquées ci-dessus et adoptées pour la construction des cheminées, au point de vue de la sécurité générale, il existe des règlements spéciaux imposés par l'autorité et qui ont été résumés dans l'ordonnance de police du 11 décembre 1852,
pour la ville de Paris; nous en extrayons plusieurs articles :
Art. 1er. « Toutes les cheminées, tous « les poêles et autres appareils de « chauffage doivent être établis et dis- « posés de manière à éviter les dan- « gers du feu et à pouvoir être facile- « ment nettoyés et ramonés. »
Art. 2. « Il est interdit d'adosser des « foyers de cheminée , des poêles et « des fourneaux i\ des cloisons dans « lesquelles il entrerait du bois , à « moins de laisser entre le parement « extérieur du mur entourant ces foyers » et les cloisons un espace de 0m,16. »
Art. 3. « Les foyers de cheminée ne « doivent être posés que sur des voûtes « en maçonnerie ou sur des trémies de « matériaux incombustibles. La lon- « gueur des trémies sera au moins « égale à la largeur des cheminées, y « compris la moitié de l'épaisseur des « jambages ; leur largeur est de 1 mètre « au moins, à partir du fond du foyer « jusqu'au chevêtre. »
Art, 6. « Chaque foyer de cheminée « ou de poêle doit, à moins d'autorisa- « tion spéciale, avoir son tuyau parti- « culier clans toute la hauteur du bâtice ment. »
Le titre II de la même ordonnance a rapport à l'entretien de ces appareils.
Art. 15. « Les propriétaires sont tenus « d'entretenir constamment les cheini- « nées en bon état. »
Art, 16. « Il est enjoint aux proprié- « taires et locataires de faire ramoner « les cheminées et leurs tuyaux conduc- « leurs de fumée, assez fréquemment « pour prévenir les dangers du feu. Il « est défendu de faire usage du feu pour • nettoyer les cheminées et les tuyaux « de poêles.
« Les cheminées qui ne présente- « raient pas à l'intérieur et dans toute « la longueur du tuyau un passage d'au « moins 0m,60 sur 0m,25 seront cons- .. truites en briques, en terre cuite ou « en fonte.
« Ces cheminées ne devront être ra-
CHEMINÉE
CHEMINÉE
« monées qu'à l'aide d'écouvillons mus « par une corde. » (Voy. Tuyau.)
Les rapports de mitoyenneté au sujet des cheminées sont également l'objet de prescriptions particulières.
Si Ton veut placer une cheminée ou âtre contre un mur mitoyen ou non, il faut établir un contre-mur de 0m,16 d'épaisseur en tuileaux ou matériaux de même nature. Des contre-murs plus minces, mais avec isolement et courant d'air, offrent une meilleure garantie; des plaques de fonte peuvent aussi remplacer le contre-mur.
2° Cheminée d'usine. Les cheminées d'usines sont de hautes colonnes creuses élevées sur un massif à plan carré, auquel on donne 3m,20 à 4 mètres de hauteur et qui servent à la fois de tuyau d'appel pour activer la combustion dans le fourneau d'une chaudière et de conduit d'échappement pour la fumée.
Ces appareils sont généralement con-
Les fondations sont ainsi formées de bas en haut : 1° un massif en béton de
Fi g. 958.
struils en briques (fig. 958) que l'on dispose souvent de manière à former des dessins décoratifs ; parfois un fort tuyau en tôle remplace la cheminée en briques (fig. 959).
Le massif, qui prend le nom de piédestal, est couronné par une corniche en brique ou en pierre et sa base entre dans le sol, indépendamment des fondations, d'environ 2m,50 pour former la chambre d'appel de la fumée.
Fig. 959.
lm,50 environ d'épaisseur et monté par assises faisant des retraites successives ; 2° un massif de 1 mètre de maçonnerie de moellons durs de roche ou de meulière; 3° une couronne également en maçonnerie , appelée réservoir à cendres, et dont la largeur varie avec les dimensions de la cheminée. Cette couronne est revêtue, à l'intérieur, d'une chemise en briques à laquelle on donne 0m,22 d'épaisseur sur les parois et 0m,ll sur le fond.
Le piédestal possède une ouverture fermée par une porte dite de service et destinée ta permettre l'accès à l'intérieur, pour le nettoyage et les réparations. On garnit cette ouverture d'une cloison en briques de 0m,ll d'épaisseur pour empêcher complètement l'introduction de l'air.
CHEMINÉE
CHEMISE
Le fût, qui a la forme d'un tronc de cône allongé, est construit en briques.
Il est composé de plusieurs couronnes à chacune desquelles on donne une épaisseur uniforme , comme le montre la
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Fig. 960.
coupe représentée par la figure 960, afin de regagner ce que le fruit a fait perdre à la section intérieure de la cheminée.
Le couronnement du fût ou chapiteau est formé soit de briques, soit d'assises en pierres de taille dont les pierres sont reliées entre elles par des cercles en fer méplat avec goujons à scellement.
Certaines cheminées n'ont pas de chapiteau.
A l'intérieur, on scelle, à 0m,35 d'intervalle, des crampons de fer qui permettent l'accès jusqu'au sommet de la cheminée pour exécuter soit le ramonage, soit des réparations.
Nous compléterons cet article par quelques renseignements comparatifs sur les différents modes de construction des cheminées d'usines, renseignements consignés par M. Dittmar, d'Aix-la- Chapelle, dans le Technologiste de 1877.
Comparant les trois méthodes actuellement en usage pour ce genre de construction , à savoir : en briques ordinaires et mortier de chaux, — en briques cintrées et ciment, — en tôle, l'auteur prend comme exemple une cheminée de 25 mètres de hauteur. Une cheminée pareille en briques ordinaires et mortiërde chaux, exige cinq à six semaines pour le montage ; en briques cintrées et ciment, une quinzaine de jours, et en tôle un seul jour.
La cheminée du premier système a, dans le haut, une épaisseur de 0m,22, et tous les 5 mètres on ajoute une demiépaisseur de briques. Le cube total de la maçonnerie est de 70 mètres, le poids de 110 tonnes et le prix de 1,837 francs, le mille de briques coûtant 30 francs.
— Les cheminées en briques cintrées ont, au sommet, une épaisseur de 0m,15, que Ton augmente de 0m,03 tous les 3 mètres. La maçonnerie cube 30 mètres et pèse 46 tonnes, son prix est de 1,625 francs; 1,834 francs, compris les armatures en fer. — Les cheminées en tôle sont épaisses de 0m,005 à la partie supérieure et de 0m,008 en bas; elles pèsent 6,050 kilogr. et coûtent 2.150 fr.; le prix monte à 2,625 francs avec les haubans et les plaques de fondation ; ces dernières cheminées ont une durée de 20 à 25 ans.
Chemise, s. f. — Nom que l'on donne en général à toute espèce d'enduit ou de revêtement. On désigne particulièrement ainsi :
1° La muraille en briques formant l'enveloppe d'un calorifère ;
2° L'enduit que l'on fait autour des tuyaux de terre servant de conduites d'eau;
3° L'enduit île plâtre qui entoure un
CHÊNE
CHÊNE
tuyau de cheminée en poterie ou une suite de chausses d'aisances ;
4° La chape en mortier de chaux ou de ciment qui recouvre le fond et les parois d'un réservoir ;
5° La maçonnerie en pierre, en moellons ou en meulière qui revêt un mur de fortification.
Dans le métré des ouvrages, les chemises en plâtre qui enveloppent les tuyaux en fonte pour chute ou ventouse se comptent, au mètre linéaire, à 0,o0 courant de légers. Celles qui recouvrent les tuyaux de cheminée en poteries Gourlier se comptent, au mètre superficiel, à 30/100 de légers.
Chenal, s. m. — 1° On donne quelquefois le nom de chenal au canal bordant un toit et amenant les eaux à la partie supérieure du tuyau de descente ; mais on dit plutôt chéneau (voy. ce mot).
2° Conduit, dans un moteur hydraulique, qui amène l'eau ou qui sert à lui donner issue.
3° Canal bordé de terres en talus, de murs ou de jetées et qui met un bassin en communication avec une rivière ou avec la mer, de façon à permettre l'accès des navires.
4° Partie la plus profonde et la plus navigable dans une rivière, un port, une rade.
Chêne s. m. — Arbre de la famille des amentacées fournissant le bois de construction le meilleur, au point de vue de la résistance et de la durée.
Le chêne se conserve à l'air pendant plusieurs siècles ; sous l'eau il devient très dur et presque indestructible.
On doit donc l'employer de préférence dans les endroits exposés à l'humidité, comme les faîtages de combles couverts en tuiles, les chevrons de rive, les planchers ou parquets à rez-de-chaussée, les châssis de fenêtre, les encadrements de porte, etc.
La couleur de ce bois est jaune plus
ou moins foncée, légèrement brune et devient grise ou noire, à la suite de son exposition à l'air ou sous l'eau. Quand on le fend suivant un plan passant par l'axe de l'arbre, il présente des plaques brillantes auxquelles les ouvriers donnent le nom de mailles ; cette propriété est utilisée comme effet décoratif dans les ouvrages de menuiserie et dans la sculpture sur bois.
Pour se servir du chêne, les limites d'âge entre lesquelles on doit l'abattre sont 60 ans et 200 ans.
Parmi les nombreuses variétés de cet arbre, les constructeurs en reconnaissent deux principales en Europe : le chêne à gros glands ou chêne rouvre, dit aussi chêne tendre, et le chêne à petits glands réunis par bouquets de trois à cinq et qu'on nomme aussi chêne à grappes ; dans le commerce on l'appelle chêne dur.
La première de ces deux espèces donne un bois élastique et résistant quand le terrain est sec et gras. Quand le sol est. humide, ce bois est facile à travailler et convient très bien aux ouvrages de charpente intérieure et de menuiserie. Son poids spécifique est d'environ 0,760. Ses propriétés sont celles des bois connus dans le commerce sous les noms de chêne de Hollande et de chêne des Vosges ; la première désignation vient de ce que ces bois, tirés en billes de l'Alsace et de la Lorraine, étaient débités en Hollande.
La seconde variété croie dans les terrains pierreux et fournit un bois plus dur, plus résistant et plus durable ; on s'en sert de préférence pour les travaux de fondations et pour l'établissement des constructions exposées aux intempéries de l'air ; sa pesanteur spécifique est en moyenne 0,905.
On a adopté, à Paris, pour les divers échantillons de chêne livrés au commerce, différents noms que nous indiquons dans le tableau suivant, avec les longueurs, largeurs et épaisseurs qu'on leur donne habituellement.
GHÉNEÀU