‹ Dictionnaire des termes employés dans la constructionChapitre 276 sur 278 · CISEAU · texte numérisé non relu

CISEAU

CITERNE

toutes se réduisent à une lige de fer terminée, à Tune de ses extrémités, par un tranchant aciéré et, à l'autre, par un

fr

Fig. 1014.

bourrelet ou champignon ; cet outil sert à former, sur le parement de la pierre, après le travail du poinçon, de la gradine ou de la boucharde, une série de petites cannelures plus ou moins fines ; le ciseau à bourrelet est aussi nommé ciseau à maillet, du nom de l'outil avec lequel on le frappe ; le ciseau à main diffère du premier en ce qu'il n'a pas de champignon ; on frappe dessus avec une masse ;

2° Le ciseau du menuisier ou du charpentier, outil composé d'une lame d'acier fixée dans un manche en bois ; ce manche est cylindrique ou à plusieurs pans (fig. 1015); il porte environ 0m,13 à 0m,14 de longueur ; le fer est plat, un

Fig. 1015.

peu élargi par le bas ; la partie supérieure, dite collet, est évidée, renforcée généralement par une arête et se termine par une embase , qui porte la soie, pointe entrant dans le manche; le tranchant est à un seul biseau et se trouve dans Tune des faces de la lame; le fermoir et le ciseau bec-d'âne ou bédane

(voy. ces mots) sont encore des ciseaux de menuisier ;

3° Les ciseaux du serrurier, parmi lesquels on compte ; les ciseaux pour couper le fer à chaud, appelés ciseaux à chaud ou tranches (voy. ce mot) et les ciseaux à froid qui sont le burin (voy. ce mot), le bec-d'âne, sorte de burin très acéré qui sert à refendre les clefs et à faire les cannelures et les mortaises ;

4° Les ciseaux à ferrer, dont les uns sont à lame plate et large et les autres taillés en bec-d'âne ;

5° Le ciseau du plombier, outil avec lequel on gratte le plomb et on enlève les premières écaillures pour préparer la surface à recevoir la soudure.

Ciselure, s. f. — Bordure régulière, faite au ciseau, sur le pourtour de la face d'une pierre pour en dresser le parement ; on donne à la ciselure 0m.02 ou 0m,03.

Citadelle, s. f. — Forteresse élevée soit dans l'intérieur, soit au dehors d'une ville et pouvant à la fois défendre la place contre l'ennemi et réprimer des séditions intestines.

La citadelle moderne correspond à l'acropole des villes antiques (voy. Acropole).

Aujourd'hui, si la place est fortifiée, la citadelle fait partie de l'enceinte, sur laquelle elle est assise, présentant des fronts de défense du côté de la campagne et du côté de la ville. Deux issues sont également ménagées dans ces directions différentes : l'une permet l'introduction de secours extérieurs , l'autre donne sur un terrain uni et découvert, appelé esplanade, qui sépare la citadelle de la place.

Citerne, s. f. — Réservoir souterrain destiné à recevoir et conserver les eaux pluviales provenant des pentes gazonnées ou sablées des jardins, des aires, des cours ou des toitures de bâti-

CITERNE

CITERNE

ments. Ces eaux sont amenées par des conduits, des ruisseaux ou par les tuyaux de descente qui partent des gouttières ou des chéneaux.

L'usage des citernes est fort ancien.

Les plus célèbres sont : celles d'Alexandrie alimentées par les eaux du Nil ; la citerne appelée les Sept salles, dont les ruines se voient encore à Rome, près des bains de Titus.

On doit surtout citer celle que Ton nomme les Mille colonnes, à Constantinople, dont nous donnons le plan (fig. 1016). Celte citerne fut commencée

JAIA

JLU

'g ■ Il I I I I I I I I I I I i |

Fig. 1016.

sous le règne de Constantin. A Byzance, on lui donna le nom de Basilica (la Royale); les Turcs la nomment aujourd'hui Jerebaltan-Sera'L le palais souterrain. Elle s'étend sous une partie du quartier et sous grand nombre de maisons et de rues. La voûte est soutenue par des colonnes qui diffèrent toutes par le travail, ce qui tendrait à prouver que la citerne a été construite avec des matériaux tirés de divers édifices. Le plan formait autrefois un grand parallélogramme qui avait peut-être une entrée actuellement inconnue; d'ailleurs, dans les citernes antiques qui subsistent on ne trouve point de trace d'escaliers ; on arrive à la surface des eaux par quelque crevasse percée dans la voûte. Les colonnes qui soutiennent la couverture de ce vaste réservoir portent des cintres et des voûtes d'arête en briques ; leurs fûts sont presque totalement plongés dans l'eau. Ces colonnes

sont rangées sur dix files et atteignent le nombre de deux cent soixante.

Chaque entre-colonnement étant de 5m,7o, la citerne occupe une surface de 51m,75 surl43m,7o ou 7,439m,66. Remplie jusqu'aux cintres, elle aurait contenu plus de 44,000 mètres cubes d'eau ; elle alimente toutes les fontaines du quartier de Sainte-Sophie.

On trouve , en Asie-Mineure , les ruines d'une citerne antique des plus remarquables, près d'Isnikmid , l'ancienne Nicomédie. Ce réservoir, appelé maintenant citerne d'Imbaher, a été relevé par M. Texier, dans son voyage en Asie-Mineure. Comme le bassin que nous avons décrit ci-dessus et comme toutes les citernes que les anciens ont construites vers l'époque du Bas-Empire, c'est une vaste piscine dont les voûtes sont soutenues par de nombreux piliers.

Lafigure'1017 représente, en plan, quel-

Fig. 1017.

ques-uns de ces piliers. La construction, toute rustique, semble dater des derniers temps de l'empire byzantin ; mais les ajustements en pendentifs de voûtes que supportent les arcs sont d'un grand intérêt, car on sait que pour les constructions en petit appareil, la voûte en pendentif offre beaucoup plus de résistance et de durée que la voûte d'arête, et les Musulmans, successeurs des Byzantins, ont, de préférence, employé la première dans la plupart de leurs édifices.

CITERNE

CITERNE

La figure 1018 est une coupe sur une travée de cette citerne. A la partie supérieure des arcades, et sur tout le pourtour

Fig. 1018.

du réservoir, est placé l'orifice d'un conduit qui communiquait avec un canal de ceinture aujourd'hui totalement comblé.

On ignore en quel lieu se trouvait la prise d'eau. Placé dans un des hauts quartiers, cet édifice pouvait fournir de l'eau à une grande partie de la ville et aux bains nombreux qui s'y trouvaient.

Les abbayes et les châteaux du moyen âge possédaient souvent aussi des citernes creusées dans le roc ou maçonnées et enduites a l'intérieur. Ces réservoirs étaient généralement voûtés et parfois divisés en plusieurs nefs; ils étaient presque toujours pourvus d'un citemeau, sorte d'auge percée de plusieurs trous et placée à un niveau supérieur à celui du fond de la citerne; cet appareil, rempli de gravier et de charbon, recevait d'abord les eaux et les clarifiait.

Aujourd'hui, on donne aux citernes la forme de cylindres ou de prismes à base carrée ou rectangulaire ; on les construit en murs épais, imperméables, enduits de matières insolubles dans l'eau et hourdés en ciment hydraulique. La couverture doit aussi être étanche ; c'est ordinairement une voûte en pierre.

Cette question étant, d'ailleurs, très importante au point de vue des constructions rurales, nous entrerons ici dans quelques détails, nécessaires pour indiquer le meilleur aménagement que l'on puisse adopter ;pour ce genre de réservoir.

Les eaux les meilleures pour l'alimentation des citernes sont celles que fournissent les toitures en pierre, en ardoise ou en tuile; les couvertures en métal, zinc ou plomb donnent des eaux chargées souvent d'oxydes métalliques et impropres aux usages domestiques.

En effet, l'eau de pluie , inférieure comme boisson aux eaux de sources ou de rivières d'excellente qualité , est cependant bien préférable, sous ce rapport, aux eaux de puits et surtout aux eaux de mares ou d'étangs.

L'utilité des citernes destinées à recueillir les eaux pluviales est donc incontestable, même dans les pays qui ne sont pas absolument privés d'eaux naturelles, et cela particulièrement dans les exploitations agricoles , où il faut souvent pourvoir à l'alimentation d'un nombreux personnel et d'une grande quantité de bestiaux.

Le premier point à examiner, avant d'établir une citerne, est la détermination de son volume. On admet, comme consommation particulière, à savoir :

10 litres par habitant, 30 litres par cheval, 30 litres par bête à cornes et 2 ou 3 litres par bête ovine ou porcine ; mais ces chiffres ne représentent qu'un minimum, acceptable dans le cas où l'on est forcé de compter exclusivement sur l'eau de pluie. Cette consommation, multipliée par le nombre de jours qui peuvent s'écouler entre deux pluies consécutives de quelque importance, indique la capacité qu'il faut donner à la citerne. On admet généralement qu'il pleut au moins tous les deux mois et qu'il suffit de multiplier par 60 le chiffre de la consommation journalière.

D'un autre côté, on évalue, sous notre climat, à 350 ou 360 litres le volume

CITERNE

CITERNE

d'eau qu'on peut obtenir par mètre carré de surface horizontale couverte de toits garnis de. gouttières munies de tuyaux de conduite. On admet, en outre, que la citerne peut se remplir quatre à cinq fois par an, de sorte qu'il suffit de lui donner une capacité égale au 1/4 ou au 1/5 du volume d'eau déduit de la surface couverte (1).

Remarquons qu'il faut tenir compte de la différence des climats, de la fréquence des pluies, de leurs durées périodiques, suivant les diverses contrées où l'on veut établir des ouvrages de cette nature. Disons, en outre, que, d'une manière générale, il convient d'évaluer toujours un peu haut la consommation et, au contraire, de prendre des chiffres un peu faibles pour l'estimation de la quantité d'eau que la pluie peut fournir.

L'emplacement et le mode d'approvisionnement de citernes sont les questions qui se présentent ensuite.

On doit, tout d'abord, placer un réservoir au-dessus de la surface du sol pour que la température de l'eau varie peu, qu'elle ne puisse pas geler en hiver et qu'elle reste fraîche en été.

De même que les couvertures en zinc ou en plomb ne sont pas propres à fournir des eaux de citerne de bonne qualité, de môme les gouttières et tuyaux de descente faits avec ces deux métaux sont inférieurs, pour recueillir ces eaux, aux conduits en fonte ou en tôle étamée ; toutefois, l'eau ne faisant que passer dans les gouttières et les tuyaux, dont la surface est très faible relativement à celle des toits, on peut sans danger les utiliser même lorsqu'ils sont en zinc.

De même, pour le transport des eaux dans les réservoirs, les caniveaux en pierre creusée, en briques ou en tuiles arrondies sont préférables aux ruisseaux en pavés de grès, en cailloutis ou en béton.

(1) Moll, Encyclopédie pratique de V agriculture.

Quelle que soit la forme que l'on donne à la citerne, celle de parallélipipède ou de cylindre, il convient que le fond soit' un peu concave ; il faut aussi éviter les angles vifs et raccorder les surfaces planes par des surfaces cylindriques tangentes de 0m,15 à 0m,20 de rayon au minimum.

Le citerneau dans lequel débouchent les tuyaux de conduite des eaux de pluie et qui sert à la clarification de ces eaux est ordinairement partagé en deux chambres distinctes, séparées par une dalle ou un petit mur vertical , percé de trous à sa partie inférieure.

L'eau arrive dans la première chambre, y dépose contre la paroi de la cloison verticale les impuretés qui nagent à sa surface, pénètre dans la seconde chambre , continue de s'y purifier et passe assez claire par le déversoir du citerneau. Quelquefois non-seulement on clarifie l'eau de cette manière, mais on la filtre en la faisant passer à travers des couches alternatives de gravier, de sable et de charbon concassé, maintenues entre deux claires-voies en bois, en pierre ou en brique.

Outre les tuyaux de trop-plein ou dégorgeoirs dont on munit la citerne et le citerneau pour l'écoulement des eaux surabondantes, on doit, à l'aide de vannes ou de robinets convenablement placés, se réserver le moyen de détourner les eaux, soit dans le cas d'un nettoyage ou d'une réparation, soit pour tout autre motif.

La figure 1019 représente, en plan et en coupe, une citerne avec corps de pompe fixé au mur par des colliers à sdellement. Une ouverture carrée, A, A', de 0m,80 à 1 mètre de côté et recouverte d'une dalle sert au nettoyage. Un citerneauB.B', de la contenance d'un mètre cube environ, précède le réservoir C ; son orifice est muni d'une dalle mobile percée de trous, pour laisser passer l'eau. Les parois de cette construction sont en maçonnerie hydraulique revêtue

CITERNE

Page 1