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ARABE

Roquefavour, sur lequel les eaux de la Durance franchissenl la vallée d'Àrcq.

Un procédé économique , souvent mis en usage aujourd'hui, consiste à soutenir des siphons en fonte, à l'aide de ponts étroits et légers (voy. Siphon).

Quand on a à débiter de grands volumes d'eau, on se sert de canaux et de ponts-canaux (voy. ces mots). Les canaux voûtés qui passent au-dessous des routes franchissant un ruisseau sont quelquefois construits en aqueducs (voy.

Ponce au).

Législation. Nul n'a le droit, sans concession expresse de l'autorité administrative, de faire une saignée à un aqueduc public pour faire entrer l'eau dans son fonds.

Celui qui veut construire un aqueduc, le long d'un mur mitoyen ou appartenant au voisin, doit établir un contremur, dont l'épaisseur varie suivant la qualité des malériaux, la nature et l'abondance des eaux.

Le droit de faire passer un aqueduc sous l'héritage voisin est considéré comme un droit de servitude ; les travaux et réparations étant à la charge de celui qui possède ce droit, l'emplacement du conduit est généralement déterminé par le titre constitutif de la servitude. Vaqusduc peut être utilisé par les propriétaires des fonds servants ; et, dans ce cas, l'entretien, le curage et les réparations sont à la charge de ceux qui ont droit à Y aqueduc, en proportion de l'intérêt de chacun.

Arabe (Architecture). — Avant Mahomet, les Arabes n'avaient pas, à proprement parler, d'architecture ; c'est de leur contact avec les autres peuples, à la suite de leurs conquêtes, que naquit un art nouveau.

Tout d'abord, leurs édifices empruntèrent de nombreux fragments aux temples antiques. L'influence byzantine se lii sentir ensuite et se retrouve dans l'usage di 's arcs en plein -cintre, des voûtes en cul-de-four, (\(^ coupoles en

pendentifs et jusque dans l'ornementation. Les artistes mahométans ne tardèrent pas cependant à donner à leurs œuvres un caractère tout spécial.

Si nous considérons l'architecture religieuse, nous voyons s'élever, auprès des mosquées , couvertes de dômes ovoïdes, des minarets ou immenses tours à étages, d'où les muezzins appellent les fidèles à la prière. On rencontre, dans ces édifices, l'emploi des arcades en plein-cintre, surhaussées, en fer cà cheval, en ogive, de colonnes simples, accouplées ou même groupées trois par trois ou quatre par quatre et couronnées de chapiteaux se rapprochant souvent des ordres corinthien et composite. Les arcades sont décorées de stucs peints de diverses couleurs, constituant l'ornementation en arabesques (voy. ce mot), où le règne végétal et les formes géométriques sont seuls représentés.

Dans l'architecture civile , les édifices qui ont un caractère original sont les palais, avec leurs cours ornées de fontaines et entourées de portiques richement décorés, les bazars, les caravansérails, les fontaines publiques (voy. ces mots).

Au point de vue de la structure de ces constructions, l'usage de la brique est généralement répandu, et, quand la pierre est employée, elle est revêtue d'une couche de stuc. L'établissement des voûtes ne témoigne pas d'une science approfondie des lois de la stabilité.

En résumé, le côté original de Y architecture arabe, c'est le groupement habile et varié de formes empruntées à des arts étrangers, de façon à produire la légèreté et l'élégance. Cet art se distingue, en outre, dans la décoration, par la finesse et la multiplicité des détails rehaussés par le contraste harmonieux des plus riches couleurs.

On donne aussi à cet art le nom d'architecture mauresque, parce que les monuments élevés par les Maures en Espagne en ont marqué l'époque la plus brillante. L'Espagne est, en effet, le

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pays de l'Europe qui renferme les monuments les plus remarquables appartenant à ce style. Dans cette contrée, l'architecture arabe comprend deux périodes distinctes : la première répondant au kalifat de Cordoue, la seconde, au kalifat de Grenade. D'une manière générale, Tare outrepassé est particulier aux Arabes d'Espagne, tandis que ceux de l'Egypte affectionnaient la forme ogivale. La mosquée de Cordoue est l'exemple le plus célèbre appartenant à la première période de la domination musulmane en Espagne. Les édifices de la deuxième période sont classés dans l'architecture mauresque proprement dite.

Le style musulman se dégage alors complètement des traditions latines ou byzantines ; son chef-d'œuvre est le palais de l'Alhambra, h Grenade.

L'architecture musulmane, à notre époque, ne diffère guère, sous le rapport du style, des édifices arabes, que par l'influence italienne qui s'y manifeste (voy. Maison).

Arabesque, s. f. — On donne ce nom à une classe d'ornements sculptés ou peints, dans lesquels sont réunis, d'une façon arbitraire, des feuillages, des fleurs, des fruits, des motifs d'architecture, des figures d'hommes et d'animaux, etc. On les emploie sur les murs, les panneaux, les montants de portes, les frises, les pilastres, etc.

C'est aux Arabes que les temps modernes doivent le nom, plutôt que le goût de Yarabesque. On doit en faire remonter l'origine à une époque très-ancienne. Quelques auteurs ont cru trouver les premiers principes de ce genre de décoration dans les ornements, composés de feuilles et de fleurs dont les Grecs et même les Égyptiens ont décoré leurs édifices, que l'on voit sur les vases antiques servir de bordure et que, par la suite, on avait composés d'une manière plus variée. Toutefois, l'idée des arabesques semble plutôt avoir été suggérée aux Grecs par les tapisseries

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orientales, qu'ils aimaient beaucoup et sur lesquelles étaient peintes, tissées ou brodées les compositions les plus bizarres de plantes et d'animaux.

Il n'est guère possible de dire, avec certitude, si les Grecs ont employé les arabesques, d'abord pour encadrer les peintures murales à l'intérieur des édifices, ou comme ouvrage de sculpture pour orner l'extérieur. Cette dernière opinion est la plus vraisemblable.

Des Grecs, les arabesques ont passé aux Romains et il est probable que ces derniers ont appris à les connaître à Alexandrie, d'où elles paraissent avoir été introduites à Rome sous le règne d'Auguste.

Vitruve blâme et rejette l'usage de cette innovation :

« On substitue, dit-il, aux colonnes « des roseaux ; aux frontons a succédé « je ne sais quelle espèce d'entortillage « de formes cannelées et bigarrées. On « voit des candélabres soutenir de petits « temples, du faîte desquels sortent, « comme d'une racine, des feuilles dé- « licales et flexibles qui, contre toute « vraisemblance, portent de petites « figures, les unes avec une tête d'ani- « mal, d'autres avec la face humaine...»

Cependant, malgré le jugement de Vitruve, le temps a consacré l'usage des arabesques. Il faut reconnaître, en effet, que ces ornements, lorsqu'ils sont composés et adoptés avec discernement, exécutés avec soin et avec exactitude, produisent d'excellents effets décoratifs, à cause de leur variété, de leurs couleurs, quand elles sont choisies de manière à flatter les yeux, et enfin de la surprise qu'ils procurent et par laquelle ils occupent l'imagination d'une manière agréable. On doit avouer, il est vrai, que les peintures antiques de cette espèce qu'on a trouvées dans les bains de Titus et de Livie, à Rome, dans la villa Adrienne, à Tivoli, dans les édifices d'Herculanum, de Pompéi et ailleurs, sont quelquefois trop chargées ; on conviendra cependant que cette richesse

ARABESQUE

même, cet! i variété infinie dans la composition nous lesrendenl précieuses, en ce qu'elles deviennent, pour l'artiste, une source inépuisable des plus beaux ornements.

Uarabesque s.' soutinl à Rome malgré les censures de Vitruve el de Pline. Le

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