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ARBRES

ARC

Arbitrage, s. m. — Expertise amiable (voy. E. rprrlise).

Arbres. — On a divisé les arbres

en deux catégories : les arbres à hante tige el 1rs arbres à basse tige.

Sont réputés arbres à haute tige : les chênes, frênes, hêtres, ormes, platanes, charmes, châtaigniers, érables, alisiers, merisiers, coudriers, noyers, cormiers, mélèzes, sapins, pins, cyprès, épicéas, tilleuls, \ préaux, trembles, aulnes, peupliers, bouleaux, saules, acacias, aglantes, cytises ou faux ébéniers, ifs, sopboras, sorbiers, sureaux, arbres de Judée, oliviers, néfliers, citronniers, orangers, marronniers , abricotiers , cerisiers , amandiers, guigniers, guindoliers, cognassiers, figuiers, pêchers, mûriers, cornouillers, poiriers, pommiers, pruniers, grenadiers, et généralement tous les arbres qui sont susceptibles de s'élever à plus de 4 mètres (12 pieds) de hauteur (1).

Sont réputés arbres à basse tige, pourvu qu'on ne les laisse pas s'élever au-dessus de 4 mètres (12 pieds) : les framboisiers , groseillers , épines - vinettes, genévriers, grenadiers, bruyères, genêts, ronces, baguenaudiers, vignes, buis, aubépines, lilas, lauriers, houx, rosiers, myrtes, chèvrefeuilles, jasmins, clématites, lierres, saules, osiers, bourdaines et, généralement, tous les arbres mis en quenouilles, buissons, haies, palissades, eh ar m illes. espaliers, etc.

« Il n'est permis de planter des arec bres de haute tige qu'à la distance « prescrite par les règlements particu- « liers existants, ou par les usages « constants et reconnus; et, à défaut « de règlements et usages, qu'à la dis- « tance de ^ mètres de la ligne sépara- « tive des deux héritages, pour les ar- « bres à haute tige, et à la distance « d'un demi-mètre pour les autres ar- « bres el haies vives. » (Code civil, art. 671.)

(1) Code Perrin.

A Paris, on trouve, dans beaucoup de propriétés, i\o> arbres à tonte distance. De temps immémorial, on a donc pris l'usage, dans celle ville, de planter.

sans observer de minimum de distance.

Cet usage étant constant et reconnu, il n'y a pas lieu d'appliquer le minimum indiqué par le Code (Manuel des lois du but i ment).

« Le voisin peut exiger que les arbres « et haies plantés à une moindre dis- « tance soient arrachés. Celui sur la « propriété duquel avancent les brance ches des arbres du voisin peut con- « traindre celui-ci à couper ces brance ches. Si ce sont les racines qui « avancent sur son héritage, il a le « droit de les y couper lui-même. »

(Code civil, art. 672.)

« Les arbres qui se trouvent dans la « haie mitoyenne sont mitoyens comme « la haie, et chacun des deux propriété taires a droit de requérir qu'ils soient « abattus. » (Code civil, art. 673.)

Dans la décoration des jardins, on donne le nom d'arbres verts à ceux que l'hiver ne dépouille pas de leur verdure ; tels sont : les épicéas, les ifs, les houx, buissons ardents et autres, qu'on taille en cône, en pyramide, en boule, en bouquet, etc.

Arbresle (Pierre de V). — Calcaire subcompacte, demi-dur, qui provient des carrières de YArbresle, commune de ce nom. arrondissement de Lyon.

Cette pierre, de couleur gris jaunâtre, est à grains moyens. Sa hauteur d'assise est de 0m,40.

Elle s'emploie notamment à Tarare et à YArbresle.

Arc, s. m. — Construction de forme courbe, destinée à franchir un espace en s'appuyant, par ses extrémités, sur deux points solides et tantôt composée de matériaux, tels que pierres, moellons ou briques réunis avec ou sans ci nt. tantôt formée d'une ou de plusieurs pièces de bois ou de métal.

ARC

ARC

C'est par une suite de tâtonnements que les peuples anciens arrivèrent à la conception de l'arc.

Quand les constructeurs eurent àcouvrir de larges baies ou de vastes chambres <it qu'ils ne trouvèrent pas de blocs assez longs pour porter sur les points d'appui éloignés, ils posèrent les pierres en encorbellement, c'est-à-dire en saillie les unes au-dessus des autres, jusque ce que, se rencontrant, elles vinssent se lier entre elles. La suppression des redents produisit la forme triangulaire fig. 171) et ensuite l'arc aigu. Cette dernière forme se retrouve dans certains

*3Wfe,r" ,^:w,

Fig. 171.

monuments anciens de F Asie-Mineure, de la Grèce et de l'Italie (voy. Voûte) ; abandonnée par les Grecs et les Romains, on la voit reparaître dans les premiers siècles de notre ère, à Ctésiplion, par exemple, en Babylonie; plus tard, aux aqueducs de Pyrgos, près de Byzance; et enfin, chez les Arabes. Mais ce n'est qu'au moyen âge que les constructeurs chrétiens de l'Occident employèrent l'arc aigu pour donner une grande élévation aux baies et aux voûtes voy. Ogive).

L'arc en plein cintre, qui a la forme

demi-circulaire, est d'une origine analogue à celle de l'arc aigu; on le trouve, dans les constructions helléniques primitives, taillé dans des blocs rapprochés à leur sommet (tig. 172) ; on le rencontre même composé de claveaux qui se relient, par leurs faces extérieures, avec l'appareil polygonal de quelques rares

édifices pélasgiques de la Grèce, de l'Italie et de la Sicile ; mais c'est surtout aux Etrusques que l'on doit Yarc plein cintre à claveaux réguliers et extradossés (fig. 173). Les fonctions de cet arc, ainsi appareillé, deviennent indépendantes de celles que remplissent les

Fig. 173.

maçonneries qui le chargent ou qui l'entourent. Ce procédé de construction passa des Étrusques aux Romains, qui, d'abord, appareillèrent les arcs avec la pierre ou le marbre et les composèrent, dans la suite, de moellons ou de briques cimentés. L'architecture romano-byzantine hérita des traditions romaines, et

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son principal caractère est l'usage de l'are en plein cintre, employé alors nonseulement comme partie constitutive de la construction, mais comme élément décoratif.

Après la période romane, Y arc aigu caractérisa l'architecture du xnc au xvic siècle, variant de l'arc en ogive ou en tiers-point (voy. Ogive) à l'arc aplati, qui est formé de parties cintrées ayant

pour centres les sommets d'un carré abaissé de la corde de Yarc et dont les côtés sont égaux au tiers de cette corde (flg. 174). La Renaissance et les modernes ont repris, dans remploi de Yarc, la forme cintrée régulière.

Les diverses modifications des arcs leur ont fait donner des noms différents.

La forme angulaire se retrouve dans l'arc brisé ou en fronton, dit aussi arc angulaire, et qui est très-souvent em-

Fig. 175.

ployé dans l'architecture anglo-saxonne (fig. 175). L'arc Tudor, sorte d'ogive surbaissée (fig. 176), qu'on rencontre dans les constructions anglaises du xvic siècle, est encore un dérivé de l'arc aigu.

Les arcs qui découlent de la forme circulaire comprennent, outre le plein cintre, les arcs surbaissés el les arcs surhaussés, ainsi nommés, suivant que

la ligne qui joint les naissances est plus longue ou plus courte que le double de la hauteur.

Fig. 176.

Parmi les arcs surbaissés, citons :

Y anse de panier ou courbe à trois centres (voy. Anse); Yarc bombé (fig. 177), dans lequel le centre est au-dessous de

la naissance ; l'arc déprimé, plate-bande que deux quarts de cercle raccordent, avec ses pieds-droits (fig. 178).

Au nombre des arcs surhaussés, on

Fig. 178.

distingue : l'arc en plein cintre, dont le centre est au-dessus de la naissance (fig. 179); l'arc outrepassé ou en fer à cheval, dont la circonférence se prolonge

Fig. 179.

au-dessous du diamètre (fig. 180) et qui est surtout employé dans l'architecture

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ara lie. On classe encore dans ces arcs ceux qui sont tonnés d'une demi-ellipse,

Fig. 180.

le petit axe étant k la base (fig. 181); cette espèce (Tare est fort peu en usage.

Fig. 181.

Parmi les arcs dont la forme est à la fois courbe et angulaire, ceux qui se

Fig. 182.

rencontrent le plus souvent dans les édifices sont : Marc en accolade (vov.

Fig. 183.

Accolade-. Yarc en douane (fig. 182), dont le contour est composé de deux

domines (vov. ce mot ; l'arc flamboyant ou contourné, dont la partie supérieure est formée de deux talons renversés et qui se rencontrent dans les découpures à jour des tympans de fenêtres (fig. 183), des balustrades, etc., de la fin du

Fig. 184.

xve et du commencement du xvie siècles; Yarc infléchi ou à contre -courbures, présentant l'aspect de deux talons tangents à leur sommet (fig. 184).

Certains arcs ne sont que la réunion de plusieurs lobes ou portions de cercle,

Fig. 185.

ordinairement en nombre impair : tels sont les arcs trilobés (fig. 18o), ou quintilobés, suivant qu'ils ont trois ou cinq lobes.

Les arcs prennent encore différents noms, suivant leur destination : tels

sont les archivoltes : les arcs-boutants (voy. ces mots) ; les arcs ogives ; les

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ARC

arcs formerets (voy. Doubleau, Ogive, Formeret); les arcs en décharge, cons-

Fig. 187.

Iruits au-dessus d'un linteau (flg. 186), (rime plate-bande et, en général, au-

Fig. 188.

dessus d'un vide ou de parties faibles, pour reporter sur des points d'appui so-

lides la charge iW± constructions supérieures: ces arcs sonl extradossés el

noyés dans la maçonnerie affleurant le nu du mur ou présentant une légère saillie , quelquefois même ils servent , en même temps, à contre-buter (fig. 187); — les arcs renversés, opposés aux précédents, bandés en contre-bas et utilisés, par exemple, dans les sols peu résistants, pour relier et mieux asseoir les fondations de deux piliers de maçonnerie (fig. 188); — les arcs rampants, dont les naissances sont d'inégale hauteur, comme ceux que Ton construit, pour remplacer les murs d'échiffre, sous les escaliers ou pour supporter une galerie rampante (fig. 189).

On appelle encore, d'une manière gé-

Fig. 190.

nérale, arc droit, celui dont les piedsdroits sont d'équerre par leur plan ; arc biais, celui qui, au contraire, est porté sur des points d'appui dont le plan n'est pas rectangulaire (fig. 190) ; arc en

Fig. 191.

talus, l'arc percé dans un mur en talus (fig. 191).

Si nous considérons les arcs au point »lr vue de leur structure même, nous rappellerons, comme nous l'avons dit plus haut, que les Romains construisaient les parties cintrées de leurs édifices, soit à l'aide de claveaux, soit au

ARC

moyen de petits matériaux reliés par du i mortier.

Les architectes du moyen âge, constituant leurs voûtesau moyen de remplissages portant sur des nervures, laissaient à chaque partie de la construction sa fonction el son élasticité propres. Les arcs étaient rendus indépendants, et ce principe se trouve appliqué jusque dans leur structure même : c'est ainsi qu'on voit les arcs destinés à supporter une charge considérable, composés de plusieurs rangs de claveaux extradossés ; [fig. 192), sans liaison entre eux et n'ayant pas plus de 0m.30 à 0m,40 de

Fig. 192.

hauteur. Ce sont autant de cintres fonctionnant séparément et dont l'ensemble est plus résistant et se déforme moins, en cas de tassement. Les coupes des claveaux de ces arcs sont toujours normales à la courbe. Dans les arcs ogives. les joints tendent aux centres des deux cercles ; il faut remarquer l'absence de clef, devenue inutile, puisque les deux arcs se contre-bulent simplement à leur sommet.

Aujourd'hui, l'arc aigu est peu employé et a généralement fait place à Yarc cintré ; mais l'appareil à claveaux est toujours en usage.

Les arcs en pierres de taille sont composés de pierres taillées de manière à former en dessous la courbe du cintre et, par devant, la face du mur dans lequel ils sont pratiqués. Les lits et les joints doivent être perpendiculaires aux surfaces apparentes. Or. comme deux plans perpendiculaires à une même surface courbe tendent à se rencontrer, il en résulte que chacune de ces pierres,

ARC

(pion appelle roussoir ou claveau, a la forme d'un coin et que l'assemblage de ces voussoirs se soutient solidement, sans qu'il y ait besoin de faire intervenir le mortier dans les joints.

Les voussoirs qui forment les arcs peuvent être compris entre deux courbes parallèles. On a donné le nom à'intrados à la courbe inférieure, qui forme le dessous de l'arc, et celui d'extrados à la courbe supérieure, qui forme le dessus des voussoirs. De plus, on appelle joints de coupe les joints perpendiculaires à l'intrados et joints de face ou de tête ceux qui sont tous d'un même côté du parement de l'arc.

Dans la plupart des constructions romaines et surtout dans celles qui furent faites avant le règne de l'empereur Vespasien. les arcs sont extradossés, c'està-dire compris, comme nous venons de l'expliquer, entre deux courbes parallèles. Si les arcs étaient d'une certaine grandeur, ou bien s'ils avaient une forte charge à supporter, les Romains les formaient de plusieurs rangs de voussoirs extradossés et dont les joints étaient en liaison.

Dans les temps modernes, au lieu de faire les arcs extradossés d'égale épaisseur dans toute leur étendue, on termine souvent chaque voussoir, en dessus par un joint horizontal et, de côté, par un joint d'aplomb, afin de raccorder les joints des claveaux avec ceux des assises droites du mur dans lequel Yarc se trouve pratiqué.

Cette méthode, qui a aussi été usitée par les anciens constructeurs, est bonne pour les arcs qui n'ont pas une grande portée et où l'on ne peut faire usage que d'un rang de voussoirs. Mais, s'il s'agit d'un très-grand arc ayant une charge considérable à soutenir et qui soit composé d'un seul rang de claveaux, ceuxci étant formés d'une seule pièce ou même de plusieurs pièces, les inconvénients suivants se produisent : 1° les désunions s'y font toujours en ligne droite, suivant l'épaisseur de l'arc ;

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2° tout l'effort a lieu sur les arêtes des voussoirs, qui se désunissent. Si ces voussoirs se trouvent près de la clef et si Y arc a beaucoup d'étendue et peu de courbure, les arêtes, venant à se rompre, peuvent entraîner la ruine de l'arc.

Mais, si ce dernier est appareillé avec deux rangs de voussoirs en liaison l'un sur l'autre, les deux arcs secondaires qui les composent agissent différemment l'un de l'autre, en cédant inégalement ; il arrive alors que les désunions sont beaucoup moins sensibles et ne sont jamais correspondantes l'une à l'autre, car les parties désunies, étant en liaison l'une sur l'autre, ne perdent presque rien de leur solidité. En outre, ce genre de construction exige des cintres qui peuvent être beaucoup moins forts, parce que le premier arc peut servir de cintre au second.

Dans les arcs en briques, la solidité de la construction est due principalement au mortier qui relie entre elles les briques posées en claveaux. Celles-ci peuvent être agencées de manière à former plusieurs cintres superposés. Quelquefois, les briques sont elles-mêmes moulées en voussoirs.

L'usage des arcs en briques était généralement répandu chez les Romains ; les briques dont ils se servaient étaient plates et à grande surface. On remarque dans les restes des édifices de l'époque romaine impériale des arcs en maçonnerie mixte, c'est-à-dire où plusieurs briques superposées alternent avec «les moellons taillés en claveaux. Ce mode de construction fut particulièrement employé dans les monuments religieux de L'Orient, vers la fin de l'empire et dans les édifices latins de l'Occident.

Les arcs en bois ou en métal servent, en général, pour les grandes portées, telles que celles (\*^ ponts, di^ combles à surfaces courbes, d^> halles de chemins de fer. Ils sonl ordinairemenl composés de plusieurs parties reliées par divers assemblages (voy. Pont. Comble, Ferme, etc< .

Arcade, s. f. — Terme qui désigne une ouverture en forme d'arc, pratiquée dans un mur ou un massif de maçonnerie et qui comprend, à la fois, le vide et le plein, lare et les pieds-droits (fig. 193).

Fig. 193.

Toutes les variétés d'arcs peuvent s'appliquer aux arcades.

On donne à une suite d'arcades qui se répètent, à égales distances, sur une certaine étendue, le nom d'arcades continues ; dans ce cas, les pieds-droits sont des piliers rectangulaires ou des colonnes.

Les édifices civils des Romains qui précèdent l'époque de la décadence offrent de nombreux exemples d'arcades reposant sur des points d'appui rectangulaires ; la partie inférieure des piliers est saillante et se nomme socle ; la partie supérieure, plus ou moins saillante aussi, est l'imposte; la partie bandée en arc est ['archivolte, décorée soit de bossages ou de refends pour indiquer les claveaux, soit de moulures qui en suivent le contour ; l'intervalle de deux arcbivoltes est le tympan .

On voit souvent, dans les villes, des arcades continues à pieds-droits rectangulaires, qui bordent les rues ou les places et ouvrent sur des galeries d'abri pour les piétons.

Les arcades sur colonnes datent des derniers temps de l'empire romain. A

ARCADE

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partir de cette époque jusqu'à la Renaissance, ce mode «le construction de- \int caractéristique de l'architecture chrétienne. Mais, depuis le x\ie siècle, il a perdu de son importance. Les arcades sur colonnes n'admettent pas de refends, ni de bossages dans leurs archivoltes, qui sont diminuées de largeur et même, dans deux arcs consécutifs, se pénètrent avant d'arriver sur la colonne qui doit les recevoir. Quelquefois, une corniche avec architrave sépare du chapiteau la retombée de l'arc : mais c'est là une faute contre la logique •■t en même temps contre la stabilité de l'ensemble.

L'usage d'appliquer des colonnes contre les pieds-droits des arcades est dû aussi aux Romains: les fûts sont engagés de la moitié, mais, plus souvent, d'un tiers de leur épaisseur, et surmontés d'entablements. Les divers ordres entraînent , pour les arcades mêmes, des caractères différents : ainsi. selon Vignole, Y arcade de l'ordre toscan n'a pas d'archivolte, Y arcade dorique a une archivolte à deux faces couronnées, ïarcade ionique a. de plus, une clef en forme de console , et les arcades des ordres corinthien et composite sont encore plus ornées.

Les pilastres appliqués contre les pieds-droits remplacent parfois les colonnes.

Si l'on considère les arcades au point de vue des proportions qui leur conviennent, on peut admettre, d'une manière générale : 1° que leur hauteur doit varier entre une fois et demie et deux fois leur largeur: 2° que la largeur des pieds-droits a pour limites la moitié et le quart de l'ouverture. L'épaisseur des points d'appui est naturellement proportionnelle à la charge à supporter.

Les claveaux des arcades sont quelquefois accusés par des bossages ou des refends. Mais ce genre d'ornementation ne convient pas aux arcades sur colonnes ; car ici les archivoltes sont di-

minuées de largeur, et il peut même arriver que ces archivoltes, dans deux arcs consécutifs, se pénètrent avant d'arriver sur la colonne qui doit les recevoir. Parfois aussi, une architrave sépare du chapiteau la retombée de l'arc : mais cette disposition, qui supprime la fonction naturelle du chapiteau, est vicieuse, au point de vue de la stabilité tant apparente que réelle.

Les arcades sont encore subordon- ! nées, pour la décoration et les proportions, aux divers ordres d'architecture avec lesquels on les emploie souvent.

Par exemple, ces proportions varient, ! quant à la hauteur, en raison même de la hauteur des colonnes qui les accompagnent : ainsi, Y arcade toscane est la plus basse de toutes et Yarcade corinthienne la plus haute. On adapte à rf^ arcades les colonnes avec ou sans piédestaux.

Nous donnerons ici les proportions qui sont indiquées par Vignole pour les arcades des cinq ordres d'architecture, accompagnées de colonnes sans piédestaux.

V arcade toscane, représentée par la

Vis. 194,

figure 194, est composée d'un arc pleincintre, formé de voussoirs non moulurés et de pieds-droits, avec colonnes enga-

ARCADE

ARCADE

gées des 3/8 de leur diamètre. L'entrecolonnement. ou la distance des colonnes, d'axe en axe, est de 9 modules 6 parties ; le rayon du cintre est de 3 modules 3 parties; la hauteur des pieds-droits, au-dessus de l'imposte, est de 9 modules 9 parties; celle de l'imposte de 1 module ; la clef a également 1 module de hauteur. On remarque que cette arcade a précisément en hauteur le double de sa largeur.

Dans Varcade toscane avec piédestal, l'enlre-colonnement a 13 modules 9 parties ; la hauteur totale de rarcade 17 modules 1/2 ; celle du cintre 4 modules 9 parties; la largeur de la base est de 8 modules 3/4 ; celle des piedsdroits de 4 modules.

V arcade de Tordre dorique (iig. 195) a pour hauteur 14 modules, ou deux

Fiff. 195.

fois sa largeur, comme Y arcade toscane; lVutre-colonncment a 10 modules, d'axe en axe des colonnes ; les pieds-droits ont 3 modules ; les colonnes sont en saillie de 1/3 de module de plus que leur demi-diamètre, pour que la saillie des impostes, qui est aussi d'un tiers de module, ne dépasse pas la moitié de la colonne, ce qui doit être d<' règle pour tous les ordres, afin d'éviter que les

colonnes ne soient entamées par les impostes : celles-ci ont 1 module de hauteur.

Dans ïarcade dorique avec piédestal, rentre-colonnement a 15 modules ; la largeur de la baie 16 modules ; la hauteur totale 20 modules, c'est-à-dire le double de la largeur ; les pieds-droits 5 modules; les impostes 1 module.

Varcade d'ordre ionique (fig. 196) a, comme les précédentes, une hauteur double de sa largeur ; les pieds-droits ont 3 modules; Varcade a 8 modules 1/2 entre les pieds-droits, et les colonnes

Kig. 196.

sont engagées d'un tiers de module dans le pied-droit,

Varcade ionique avec piédestal a 15 modules d'axe en axe des colonnes, et 11 modules de largeur; celle des pieds-droits est de 4 modules. La clef a 2 modules de hauteur.

L'arcade corinthienne (fig. 197) a 9 modules de largeur, 12 modules d'axe en axe des colonnes, 18 modules de hauteur et 2 modules pour la clef.

Varcade de cet ordre, avec piédestaux, possède un entr'axe de 15 modules, une largeur de 12 modules et une hauteur de 26 modules.

Varcade composite a les mêmes proportions que Varcade corinthienne.

ARCADE

ARCATURE

On appelle arcade aveugle ou feinte un an- <!<■ décharge formant, avec ses

Fig. 197.

pieds-droits, une saillie sur un mur plein ; on donne aussi aux petites arcades aveugles continues le nom d'arcatures (voy. ce mot).

Les arcades géminées, ter nées, sont celles qui sont composées de deux ou trois petites arcades reposant sur des colonnettes centrales et communes, et qui sont comprises sous une plus grande arcade; le nombre des arcades sccon-

Fig. 198.

daires peut même être plus considérable, comme le montre la figure 498.

Arcanne, s. f. — Craie rouge dont se servent les charpentiers pour tracer leur ouvrage au moyen de la ligne voy. ce mot).

Arcanson,

Colophane.

— Synonyme de

Arcature, s-, f. — Ce mot désigne, en général, les parties d'une construction taillées en forme d'arc.

On désigne surtout ainsi une série de petites arcades peintes ou en relief, servant plutôt de sujet décoratif que d'élément de construction.

On trouve des arcatures dans certains édifices du Bas-Empire ; mais c'est surtout l'architecture du moyen âge qui en offre de nombreux exemples.

Dans son Dictionnaire raisonné de l'architecture française, Viollet Le Duc établit, parmi les arcatures en usage au moyen âge, trois divisions principales ; il distingue :

1° Les arcatures de rez-de-chaussée ;

2° Les arcatures de couronnement :

3° Les arcatures ornement*.

Les arcatures de rez-de-chaussée placées dans les grandes salles, dans les bas-côtés et dans les chapelles des églises, entre les appuis des fenêtres et

Fig. 199.

le sol du rez-de-chaussée, sont portées par des pilastres ou des colonnettes détachées, reposant sur des bancs ou socles continus (fig. 199).

La figure 200 représente Yarcature basse de la nef de l'église de Saint- Denis, dont on voit encore les traces.

ARCATURE

ARCATURE

Ces arcatures, simples dès l'abord, devinrent plus riches vers le milieu du xnr siècle, dans les édifices (Tune certaine importance ; elles furent décorées de bas-reliefs, d'ornements et d'ajours.

Dans les entre-col onnements, les murs

dans quelques églises romanes des bords du Rhin particulièrement, des

galeries basses destinées à éclairer les

Fig. 200.

méiiies reçurent de la peinture, des applications de gaufrures ou de verres colorés et dorés, comme on en voit un exemple à la Sainte-Chapelle Haute du Palais, à Paris.

Nous donnerons ici (fig-. 201) une arcature qui date i\<>* premières années du xme siècle et dont la forme, toute particulière, marque bien cette époque de transition qui précéda l'adoption détinili\e de l'arc en tiers-point.

Dans les édifices appartenant aux xivc et w" siècles, les arcatures n'ont plus leur caractère de soubassement continu: elles forment, en quelque sorte, le prolongement de fenêtres dont la partie basse serait murée. Vers le milieu du xv' siècle, ce système d'ornementation des parties inférieures des murs disparaît pour faire place aux boiseries; de même, les b;incs de pierre sont remplacés par (\(^ bancs de bois.

Les arcatures tic couronnement sont.

Fig. 201.

ebarpentes au-dessus des voûtes en berceau. Dans un grand nombre d'églises du midi de la France, appartenant à la même époque, on voit, à l'extérieur des absides, des séries d'arcades tantôt aveugles, tantôt alternativement pleines et ajourées. En Auvergne et dans les provinces du centre, on trouve des arcatures encadrant des fenêtres dans les parties supérieures des nefs et des pignons des transepts.

Les arcatures de couronnement n'existent plus dans les édifices des xnf, xiv° et xve siècles, parce que la voûte en arcs ogives étant alors adoptée, les archivoltes des fenêtres s'élevaient jusque sous les corniebes supérieures.

Les tours centrales (U^ églises, éle\ées à la hauteur de la nef et du transept, sont souvent décorées, à l'intérieur et à l'extérieur, (Varcatures aveugles, cl cela particulièrement dans les monuments de la Normandie, de l'Auvergne, de la Saintonge et de l'Angoumois appartenant aux époques romane et de transition.

Les arcatures ornements sont celles

ARCATURE

ARC-ROUTANT.

que Ton voit décorer les soubassements des écrasements des portails dans les églises: ces arcatures, êvidées dans des

blocs de pierre, sonl purement décoratives. Nous citerons celles qui ornent les parements des soubassements de la porte centrale, à la cathédrale de Paris: celles du portail sud de la cathédrale

Fig. 202.

d'Amiens (fig. 202). avec des arcs entrelacés et qui datent de 1200 à 1225.

Vers la fin du xme siècle, les arcatwes perdent, en s'amaigrissant, leur caractère particulier et rentrent dans la catégorie des arcatures de soubassement, dont nous venons de parler.

On appelle arcatures en claire-voie

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