THIBET
C'est surtout à Kin-Kiang et Han-Kéou, sur le grand fleuve, que se rendent chaque été les Tea tasters on dégustateurs étrangers, qui sont aussi les acheteurs. Dix ou douze grands vapeurs partent, dans le courant des mois de mai, juin et juillet, avec des chargements complets de thé. Les premiers qui quittent Han-Kéou font entre eux la course, parce qu'une prime attend le premier arrivé en Europe.
États-Unis.— On fait actuellement (1900) dans la partie méridionale des Etats-Unis des essais d'acclimatation de l'arbuste à thé.
Indes anglaises.— Voici les quantités et valeurs de thé exporté de Calcutta pendant les trois dernières années, ainsi que le cours moyen do la livre anglaise établi par le Bureau des statistiques :
Quantité en Valeur en Prix moyen
Années liv. angl. roupies par liv. angl.
1896-97. 143.163.012 77.269.736 8annas8pies. 1897-98. 143.153.648 76.472.131 8 — 3 - 1898-99. 149.337.449 75.633.974 8 — 1 pie. Japon. — D'après les statistiques japonaises, le Japon a produit, en 1899, 34.400 T. de thé, soit 8.000 T. de plus qu'en 1898; l'expert, a été de 18.600 T. en 1898 et de 21.000 en 1899, dont la moitié par Yokohama, principalement à destination des Etats-Unis. On paye à Yokohama de 30 à 40 yen (de 2 fr. 56) le picul (de 60 kilog.) de qualité moyenne. Le revenu moyen d'un hectare de thé au Japon est de 371 fr. ; le salaire journalier des ouvriers agricoles variait (en 1900) de 70 à 93 centimes pour les hommes, de 33 à 40 pour les femmes; le gage annuel moyen de l'homme est de 73 fr., celui de la femme de 41.
Java. — Les plantations de thé n'apparaissent à Java qu'à une altitude de 600 m. au-dessus du niveau de la mer et sur les versants de collines ou de montagnes où le drainage des eaux peut être commodément effectué. Elles se font sur des terres cédées par le gouvernement, soit en location ou en emphytéose, soit en propriété. On y cultive principalement deux sortes : le thé chinois et le thé assam. La cueillette et la préparation des feuilles ont lieu toute l'année ; on les règle suivant l'âge des feuilles, la situation des plants et la température. La récolte annuelle a été en moyenne, de 1887 à 1898, de 3.300.000 à 3.500.000 kilog.; celle de 1897 s'est cependant élevée à près de 4.000.000 de kilog. et celle de 1893 a dépassé 4.800.000.
Les plantations de thé se sont beaucoup développées à Java depuis une dizaine d'années, par suite surtout de l'abaissement des prix du café. L'expert, des thés de Java à destination d'Amsterdam, qui était de 34.000 caisses (de 80 livres ou 40 kilog.) en 1890, s'est élevée à 59.000 caisses en 1894 et 1890, à 65.000 en 1897, à 70.000 en 1898 et 1899. On y distingue commercialement dix qualités, depuis le « Flovery Pecco » (supérieure) jusqu'au « Souchon », dont les cours les plus hauts (à la livre) ont varié en 1899, sur la place d'xVmsterdam, de 1 fl. 52 à Ofl. 38, et les plus bas de Ofl. 33 à Ofl. 29.
Russie. — En Russie la consommation du thé atteint 48.000 T. par an. Un habitant de Saint-Pétersbourg en consomme 1 kilog. 1/2 à 2 kilog. par an ; un paysan, de 130 à 300 gr. Le tlié coûte annuellement aux Russes 300 millions de roubles, soit 1.320 millions de fr.
L'import. a été en 1896 de 16.092.000 roubles, en 1897 de 13.560.000, en 1898 de 16.292.000, dont plus de la moitié en Ihé noir marchand. Le thé en briques ordinaire (en caisses de 110 à 27 briques) représente une valeur de 800.000 à 860.000 r. annuellement; le thé en briques Novi (en caisses de 110 à 48 briques), de 3.320.000 r., qui s'est élevée à 0.891.000 en 1898; enfin le «thé en plitkis» (en caisses de 504 à 432 plitkis ou plaquettes), de 823.000 r. en 1896, a baissé à 029.000 en 1897 et à 163.000 en 1898.
Le gouvernement fait (1900) des essais de culture du thé dans la vallée de Chakra, sur la côte sud-est de la mer Noire. Ce thé ressemble à celui de Ceylan, et les prix sont de 1 rouble 00 à 1 r. 90 le funt (de 392gr. 45), 102 déciatines (de 1 hect. 09) sont plantées (1900) et seront en pleine production en 1905 ; on compte que chaque déciatine pourra donner 600 funts.
Depuis 1883 déjà il existe des plantations importantes faites par des entreprises particulières sur les rives de la
mer Noire, dans le Caucase et notamment aux environs de Batoum, deux, de 300.000 plants chacune, ont produit chacune 600 pouds (de 16 kilog. 380) de thé; la production totale de la région de Batoum est de 20.000 pouds; une commission spéciale divise ces produits en trois catégories, dont les prix sont de 2 roubles, 1 r. 60 et 1 r. par funt.
Dans les trois premières semaines de janvier, près de 20.000 traîneaux traversent la ville de Tomsk (Sibérie)', transportant par caravanes le thé chinois en Europe. Chaque caravane compte ordinairement de 50 à 70 traîneaux, quelquefois 200 et môme 300, et chaque traîneau porte 3 balles de thé, pesant chacune de 30 à 80 kilog. et recouvertes de peaux de boeufs. Un conducteur dirige cinq traîneaux, tirés chacun par un cheval. La caravane s'arrête trois à quatre heures dans les localités habitées pour permettre aux conducteurs de prendre leur repas et de soigner leurs chevaux ; ils ne dorment que sur leurs voitures, en route, par un froid qui atteint souvent — 50°ctg. Ce transport du thé chinois à travers la Sibérie dure un peu plus d'une année; il est cependant beaucoup moins coûteux que la voie de mer, qui n'exige que 6à 7 semaines, à cause des droits de douane élevés qui frappent le thé importé en Russie par cette voie.
Voy. Han-Kkou et Nijni-Novgorod.
TlllBKT. Vaste plateau du centre de l'Asie, élevé de 4.000 à o.oOO m. au-dessus du niveau de la mer et bordé par de hautes chaînes de montagnes qui en rendent l'accès des plus difliciles : les monts- Kouen-Loun, prolongement du Kara-Koroumau N., et l'Himalaya au S. Ce plateau est situé entre le Turkestan oriental au N., la Chine à l'E., l'Hindoustan et la Birmanie à l'O. et au S.
Les grands cours d'eau qui coulent vers l'Inde, l'Indo-Chine et la Chine prennent leur source dans. les hauts massifs du Thibet : le Tsang-Bo (Eau sainte) traverse, en coulant de l'O. à l'E., les provinces méridionales, pour former probablement le Brahmapoutre; les bras supérieurs du Mékong et du Yang-Tsé-Kiang sortent également des montagnes élevées qui bordent le plateau thibétain. La région centrale est parsemée de nombreux lacs dont les fonds sont revêtus d'une couche de sel.
Le Thibet comprend deux provinces : le Thibet antérieur ou oriental, cap. Lhassa, et le Thibet ultérieur ou occidental, cap. Shigatsé. La partie N.-O., sauvage, peu connue, est presque inhabitée; les régions du S.-E. sont plus peuplées. La pop. du Thibet est évaluée à 6.000.000 d'hab., appartenant à la race mongole. Lhassa, la ville sainte du Bouddhisme, en compte enviroo Id.CKX); elle est fermée aux Européens. C'est un rendez-vous de caravanes : elle renferme des fabriques d'étoffes de laine et d'ustensiles de bois.
Le chef suprême du Thibet est le Dalaï-Lama, maître absolu sous la suzeraineté de la Chine, qui reçoit tribut, entretient des résidents à Lhassa et à Shigatsé, et rémunère les fonctionnaires thibétains.
Le climat, sec et très froid en hiver, est tempéré en été. La flore est pauvre, mais les pâturages ne manquent pas et les troupeaux, principale richesse du pays, sont abondants (moutons, chèvres, yacks, etc.). Les échanges portent notamment sur les bestiaux, la laine, le beurre, les tapis et cordes de poil de chèvre, les cuirs, la viande. Le Thibet importe de Chine du thé en briques, des tissus, des fils ie coton et de soie, des porcelaines, du tabac. H y exporte des métaux, des cuirs, des lainages, de» fourrures et des peaux, du musc. Le Thibet est aussi en relations d'échanges avec l'Inde et avec la Russie.